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18 janvier 2005 : La solidarité selon Jean-Marie Pelt

Président de l'Institut européen d'écologie, Jean-Marie Pelt lance un cri d'alarme en faveur de l'environnement. Et un livre choc.

Propos recueillis par Pierrette Rey (Coopération Mai 2001)

"Vous avez récemment publié «La Terre en héritage», un livre sur l'environnement. Pourquoi est-il si alarmiste?

Jean-Marie Pelt : Mais parce que la situation est alarmante! La preuve: à la télévision, depuis des mois, la chronique écologique occupe près de la moitié des infos. Que ce soit les inondations, les tempêtes, la vache folle, les marées noires, les OGM.

- Votre livre sort au moment où l'on change de millénaire. Est-ce voulu?

- Bien sûr. Je l'ai écrit avec l'idée de donner un bon coup de poing au passage du siècle et du millénaire, pour que l'on se rende bien compte que l'on ne pourra pas gérer la Terre comme on l'a fait au cours des deux derniers siècles. Il y a eu la révolution industrielle, l'exploitation éhontée des ressources naturelles sans souci de leur régénération ni du développement durable. On épuise la Terre, ses ressources, ses moyens, ses hommes. Nous devons être les bons jardiniers de la planète.

- La peur est-elle un motif suffisant pour que nous changions nos habitudes?

- Les hommes sont ainsi faits qu'ils ne réagissent que quand ils ont peur. J'ai dédié mon livre à mes petits-enfants, parce que je me demande à quoi ressemblera la Terre quand ils auront 70 ans. Il n'y aura plus de forêts tropicales, la désertification sera considérable, par conséquent le problème des ressources alimentaires se posera avec une acuité d'autant plus grande. On a réussi à dérégler le climat. Sans parler des centrales nucléaires que nos descendants devront démonter, ce qui coutera effroyablement cher et produira des quantités énormes de déchets dont ils ne sauront que faire.

- Vous considérez le nucléaire comme l'erreur du siècle passé?

- Le tout-nucléaire oui, comme le tout-génétique est l'erreur actuelle. Aujourd'hui, nous vivons sur cette idée incroyable que le gène c'est Dieu. Le gène fait tout, peut tout, il guérit toutes les maladies. En plus, c'est à la mode. Il est impossible de lutter contre les modes, il faut attendre qu'elles se tassent.

- L'ampleur des réformes à accomplir ne risque-t-elle pas de provoquer surtout le désespoir et l'envie de baisser les bras?

- Cette position n'est pas recevable. Nous avons des devoirs par rapport à la Terre et à nos enfants. La Déclaration des droits de l'homme ne parle pas de nos devoirs, mais ils existent quand même. Nous avons donc le devoir de laisser aux générations futures une planète à peu près en bon état.

- Nos descendants feront-ils mieux?

- J'espère qu'ils prendront les choses en main quand leur tour sera venu et qu'ils mettront au point un nouveau système de gestion de la Terre. Au cours des deux derniers siècles, on a considéré la planète comme un réservoir d'où l'on pompe le pétrole, le charbon, le gaz, jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus et comme un dépotoir où l'on jette toutes les ordures que l'on produit. L'optique devra être différente, le dépotoir recyclé et les ressources renouvelées.

- Depuis le nombre d'années que vous oeuvrez dans le milieu écologique, avez-vous constaté des améliorations?

- Globalement, la situation s'est améliorée dans certains domaines, mais dégradée dans d'autres. Par exemple, en matière d'écologie urbaine, des progrès ont été accomplis. Dans l'industrie, on lutte davantage contre les pollutions. Mais en ce qui concerne les ressources naturelles, on les a exploitées et on continue à le faire avec la même insouciance.

- Qu'est-ce qui vous donne la force de continuer à espérer?

- La vie est très belle, je suis croyant, je pense que nous avons une mission à accomplir: faire de la Terre un jardin où l'homme vit en harmonie avec la nature et son Créateur. Si ça ne marche pas, c'est parce que nous sommes de sales gosses! C'est toujours la même histoire: on adore le fric. Et le libéralisme n'a pas arrangé les choses: c'est l'idéologie de l'argent mise en exergue comme le modèle même du développement de la société. Cela me paraît effrayant. Offrir aux jeunes comme idéal une vie d'argent qu'ils vont gagner en créant des « start-up », ça me semble bidon. Et ça engendre un individualisme forcené.

- Comment sort-on de ce système?

- A mon avis, par des accidents. C'est quand on est coincé qu'on bouge, pas avant. On a réagi par rapport à la vache folle quand on a réalisé que l'on pouvait se trouver face à une épidémie dramatique.

- Comment le citoyen moyen peut-il contribuer à améliorer l'environnement?

- On peut par exemple trier ses déchets, être un consommateur actif, lire les étiquettes et refuser ce qui contient des OGM, manger bio, participer à la vie d'une association ou d'un mouvement citoyen, écrire à ses hommes politiques, à son journal et on peut utiliser convenablement son bulletin de vote. L'idée que l'on ne peut rien faire est totalement fausse et désastreuse.

- Au niveau européen, ne serait-il pas possible d'avoir une politique concertée en matière d'environnement?

- Absolument. L'Europe ne doit pas attendre que les Etats-Unis réagissent, mais utiliser les moyens dont elle dispose. En Suisse, vous agissez sans attendre. L'Europe est comme un vieux chewing-gum: elle manque de jus. Chaque Etat est très soucieux de ne pas se faire dominer par son voisin. Il faudrait peut-être que la Suisse entre dans l'Europe pour faire bouger les choses en matière d'écologie. Mais l'écologie est encore considérée comme un luxe que seuls les pays riches peuvent se permettre... Quand il y a une volonté politique et une vision à long terme, l'argent suit toujours.

- Vous avez fondé l'Institut européen d'écologie. Quels sont ses moyens et objectifs?

- Nous avons la capacité de rassembler autour d'une table des gens d'opinions extrêmement différentes dans un lieu totalement indépendant, parce que nos moyens proviennent de collectivités locales et que nous menons une action nationale et internationale. Nous essayons de pousser à la prise de conscience et organisons de grands colloques avec des gens de multiples pays pour tenter de faire avancer les choses. Notre institut est un peu un lieu de ralliement.

- Etes-vous optimiste ou pessimiste face à l'avenir?

- J'ai une vision spirituelle de l'homme et je pense que toutes les époques ont été rendues tragiques par des aspects différents. Les guerres qu'ont vécues nos parents étaient épouvantables aussi. Nous allons nous habituer à mieux gérer l'environnement. Il faudra du temps, mais la situation n'est pas désespérée."

Jean-Marie Pelt: La Terre en héritage, Editions Fayard et Variations sur les fêtes et saisons, Editions Le Pommier.

Trajectoire

Jean-Marie Pelt, 67 ans, est un botaniste-écologiste renommé. Il a commencé sa carrière de professeur à la Faculté de pharmacie de Nancy avant de fonder, en 1972, l'Institut européen d'écologie à Metz où il enseigne aussi la botanique et la physiologie végétale à la Faculté des sciences. Il a effectué de nombreuses missions scientifiques à l'étranger. Le grand public le connaît bien pour ses séries télévisées: L'aventure des plantes,Des plantes et des hommes ou La preuve par cinq. Jean-Marie Pelt a également participé à de nombreuses émissions radio sur le thème des plantes et de l'écologie. Il a d'ailleurs écrit de nombreux ouvrages sur ces deux sujets. Enfin, il est président de la Fondation européenne pour l'homme, la nature et la vie. 

La solidarité selon Jean-Marie Pelt

Par Nicole Duparc


Avec Jean-Marie Pelt, biologiste et professeur émérite de biologie végétale à l'université de Metz



Véritable moteur de la vie, la solidarité est le thème central du dernier livre de Jean-Marie Pelt, professeur émérite de biologie végétale à l'Université de Metz et président de l'institut européen d'écologie. Dans son précédent livre, La loi de la jungle (éd. Fayard), le botaniste de renommée internationale montrait à quel point l'agressivité, expression de l'omniprésente lutte pour la vie reste prégnante dans les sociétés humaines. En effet, "de l'immense majorité des mammifères, l'homme est l'espèce la plus agressive envers elle-même et envers la nature" comme le souligne Jean-Marie Pelt.

 

Mais l'agressivité réciproque n'est pas l'unique loi en ce monde... Son dernier ouvrage, La solidarité chez les plantes, les animaux, les humains (éd. Fayard), explore les innombrables systèmes de symbioses et de solidarité mis en oeuvre par la nature et les hommes. De la pâquerette faisant de l'aide sociale à l'égard de la chicorée en passant par l'acacia qui fournit gîte et couvert aux fourmis, les exemples de symbioses performantes fondées sur la solidarité entre espèces foisonnent ! Les plus agressifs ne sont donc pas forcément les mieux adaptés...


Poissons et oiseaux pratiquent  également des comportements d'entraide témoignant d'un véritable altruisme et il arrive que des relations d'amitié puissent naître entre les espèces les plus hostiles.

 

Quant aux sociétés humaines, elles ont également mis en oeuvre de multiples organisations, représentant ce que Jean-Marie Pelt appelle l'économie solidaire : coopératives, mutualités, assurances, etc.

 

Mais force est de constater qu'aujourd'hui  l'individualisme et le goût de la compétition sont au coeur de la mondialisation: "Chacun est de plus en plus libre de faire n'importe quoi, les marchés ayant toujours le dernier mot. Telle est la loi de la jungle, précisément" écrit encore Jean-Marie Pelt.

 

S'élevant contre une interprétation discutable de l'oeuvre de Darwin imposant la compétition et la lutte comme les moteurs de la vie, Jean-Marie Pelt met en lumière le fonctionnement de symbioses très suggestives à travers lesquelles se déploie l'art et la manière de vivre ensemble....

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