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Le 19 septembre 2006 : Un travail b�n�vole de S. M. que nous remercions vivement.


TOUT EN BAS! Ascenseur express

R�veil spirituel et volont� �thique

Albert Schweitzer
Le 20 d�cembre 2006, un travail b�n�vole de S. M..



 S. M., le 31 janvier 2007

S. M., le 31 janvier 2007

S. M., le 31 janvier 2007

S. M., le 19 mars 2007

Le 20 d�cembre 2006, un travail b�n�vole de S. M..

S. M., le 31 janvier 2007

S. M., le 19 mars 2007

Le 20 d�cembre 2006, un travail b�n�vole de S. M..

S. M., le 31 janvier 2007

par Albert Schweitzer

 

Texte d�nich� par Malika, lanceuse d'alertes pour terresacree.org.



Asservissement de l'Homme moderne

L'aptitude de l'Homme moderne � la culture a baiss� parce que les conditions d'existence o� il est plac� le brident et alt�rent son psychisme.

Un pionnier de la civilisation, c'est-�-dire un Homme de pens�e clairvoyante et d'action, doit, de toute �vidence, �tre un esprit � la fois profond�ment r�fl�chi et ind�pendant. Plus ses activit�s sont domin�es de quelque fa�on par un souci de lutte pour la vie, plus les tendances �gocentristes font taire les aspirations d�sint�ress�es. L'int�r�t personnel s'immisce alors dans l'id�al culturel et le corrompt.

L'ind�pendance mat�rielle et la libert� de penser sont intimement li�es entre elles. Toute civilisation est bas�e sur le pr�alable de l'ind�pendance . Seul des hommes libres sont capables de prendre des initiatives r�fl�chies et de les appliquer.

Mais de nos jours, la libert�, comme le temps de la r�flexion, sont en r�gression.

Si le d�veloppement �conomique avait permis � des cercles de plus en plus �tendus d'acc�der � une aisance modeste et durable, la civilisation en aurait b�n�fici� bien davantage que de toutes les conqu�tes mat�rielles dont on se glorifie en son nom. Sans doute ces performances contribuent � rendre l'humanit� plus libre que par le pass� � l'�gard de la nature, mais, en m�me temps, elles r�duisent le nombre des existences ind�pendantes : par les machines, le ma�tre-artisan est supplant� par l'ouvrier d'usine ; le commer�ant ind�pendant est de plus en plus remplac� par les employ�s salari�s des grandes entreprises.

L'ali�nation de l'individu qui en r�sulte est encore aggrav�e par les imp�ratifs de l'emploi, concentr� dans les grandes agglom�rations, o� s'entassent des foules sans cesse grossissantes, arrach�es au sol nourricier, � la maison familiale, � la nature. Elles subissent ainsi un traumatisme psychique grave et la sentence - qui veut que la perte de son champ et de sa maison marque le commencement d'une vie anormale - n'est que trop vraie.

Certes, les luttes des classes ouvri�res dress�es contre la commune menace de l'asservissement de l'individu contiennent �galement des revendications culturelles - dans la mesure o� elles r�clament, parall�lement � l'�l�vation du niveau de vie, l'am�lioration du d�veloppement de l'esprit. Mais elles nuisent � la puret� de la repr�sentation du concept culturel en soi, parce que, dans la formulation de ses revendications, l'int�r�t g�n�ral de l'humanit� prise dans son ensemble n'est pas d�terminant. En raison des int�r�ts personnels divergents et contradictoires, qui s'affrontent au nom du progr�s de la civilisation, les r�flexions sur la culture en tant que telle passent � l'arri�re-plan.



Surmenage entra�nant la r�gression de la r�flexion personnelle

A l'asservissement s'ajoute le surmenage. Depuis deux ou trois g�n�rations, quantit� d'individus ne sont plus que des machines de production et non des Hommes. Tout ce qu'on raconte sur la valeur morale et culturelle du travail ne signifie plus rien pour eux. L'esprit de l'Homme moderne s'enlise dans l'accumulation d�mesur�e d'occupations accablantes, et cela dans tous les milieux sociaux. L'enfant est d�j� la victime indirecte de ce surmenage. Ses parents, prisonniers de l'inexorable lutte pour la vie, ne peuvent pas se consacrer normalement � lui, ce qui le prive de choses irrempla�ables pour son d�veloppement. Plus tard, submerg� lui-m�me par des occupations incessantes, il est pouss� � rechercher des distractions ext�rieures faciles. Passer ses maigres loisirs en t�te-�-t�te avec lui-m�me, � r�fl�chir et � lire, ou bien en compagnie d'amis � s'entretenir de sujets int�ressants, exigerait de lui un effort qui lui r�pugne. Ne rien faire, se distraire pour se changer les id�es et pour oublier, tel est son besoin physique de d�tente ; il aspire � ne plus penser � rien.

La mentalit� des gens qui gaspillent et ne savent plus canaliser leur pens�e, se r�percute sur les organismes qui devraient servir � promouvoir la culture et donc aussi la civilisation. L'attrait du th��tre est en baisse au profit des lieux de plaisir, tout comme le livre s�rieux vient apr�s le livre divertissant. Les revues et les journaux doivent flatter de plus en plus les go�ts de leur client�le et choisir la pr�sentation la plus spectaculaire et la plus facile � assimiler. La comparaison entre la presse moyenne d'aujourd'hui et celle d'il y a cinquante ou soixante ans, montre � quel point elle doit s'adapter pour plaire.

Une fois envahies par l'esprit de superficialit�, les institutions dont la mission �tait de d�velopper la vie spirituelle, exercent � leur tour, par ricochet, une influence sur la soci�t� qui les a r�duites � cet �tat, et tuent en elle l'esprit de r�flexion.

Cet �tat d'esprit produit par une soci�t� qui ne r�fl�chit plus, se r�pand parmi nous avec la force d'une mar�e montante et engendre une image d�pr�ci�e de l'Homme. Chez nous et chez les autres, la seule chose qui compte, c'est le taux de rendement du travailleur. Et quant au reste, nous nous r�signons � ne pas valoir grand-chose.

Pour ce qui est du manque de libert� et d'esprit de concentration, les conditions d'existence se pr�sentent sous leur jour le plus d�favorable pour les habitants des grandes villes. C'est pourquoi ce sont eux qui sont le plus menac�s spirituellement. Les grandes villes ont-elles d'ailleurs jamais favoris� l'�panouissement d'une haute spiritualit� de l'individu ?en tout cas, aujourd'hui la situation est telle que la vraie civilisation a besoin d'�tre sauv�e de la contamination de l'esprit des grandes villes et de leurs habitants.



Sp�cialisation et cloisonnement des individus

A cette ali�nation de l'Homme et � son impuissance � se concentrer s'ajoute un autre obstacle psychique au d�veloppement de la civilisation : le cloisonnement. Les progr�s �normes de la science et de ses applications impliquent la n�cessit� de limiter le champ d'activit� de l'individu � un domaine pr�cis et restreint. Il en r�sulte une organisation du travail bas�e sur la sp�cialisation qui r�duit les Hommes � n'�tre plus que des fragments d'eux-m�mes. Les r�sultats obtenus sont certes magnifiques, mais la signification spirituelle du travail pour le travailleur en souffre : comme il n'est fait appel qu'� des capacit�s partielles et non � la personnalit� toute enti�re du travailleur , ce r�tr�cissement d'horizon se r�percute sur sa mentalit�. Les forces qui stimulent la personnalit� dans une oeuvre d'envergure tombent en sommeil lorsque les t�ches se restreignent et se vident d'intelligence au sens large du terme. L'artisan d'aujourd'hui n'embrasse plus le cycle de sa profession dans son ensemble, comme le faisait son pr�d�cesseur. Sa r�flexion, son imagination, son savoir ne sont plus tenus en �veil par les probl�mes qui surgissent toujours � nouveau. Ses dons de cr�ateur et d'artiste s'atrophient. Au lieu de prendre normalement conscience de sa valeur devant une oeuvre qui est enti�rement le fruit de sa r�flexion et de sa personnalit�, il doit se contenter de jouir d'une fraction de sa capacit� de r�ussite parfaite qui, au-del� de la perfection fragmentaire du d�tail, ne voit pas l'imperfection de l'ensemble.

Dans toutes les branches il apparait de plus en plus que la sp�cialisation � outrance menace aussi bien l'individu que la vie de l'esprit en g�n�ral dans la soci�t�. On a d�j� pu remarquer que les ma�tres charg�s de l'enseignement de la jeunesse n'ont plus la culture g�n�rale n�cessaire pour lui faire sentir les connexions �troites entre les diff�rentes sciences et pour �largir ses horizons jusqu'� leurs dimensions naturelles.

Dans l'administration, l'enseignement, les entreprises de toute sorte, l'espace vital naturel n�cessaire � toute activit� est encore r�tr�ci aussi �troitement que possible par des contr�les et des d�crets. Quelle diff�rence entre la suj�tion actuelle des instituteurs dans certains pays et la libert� dont ils jouissaient autrefois ! Et que toutes ces consignes ont rendu l'enseignement mort et impersonnel !

C'est ainsi que, par nos m�thodes de travail, nous subissons une chute de notre spiritualit� en tant qu'individus, dans la mesure o� la production mat�rielle de la soci�t� est mont�e en fl�che. L� aussi se v�rifie la loi tragique qui veut qu'� chaque gain correspond quelque part une perte.



D�shumanisation de l'Homme

L'Homme ali�n�, surmen�, d�personnalis� et cloisonn� est en outre expos� au danger de tomber dans la d�shumanisation.

Notre comportement normal d' Homme � Homme nous est rendu difficile. L'agitation de notre mani�re de vivre, l'augmentation des d�placements, la promiscuit� dans le travail et dans l'habitat, au milieu des gens entass�s sur un espace restreint, nous rendent sans cesse et de mille mani�res, �trangers les uns aux autres.

Les conditions de vie ne permettent plus d'avoir entre nous un comportement spontan�. Les contraintes qui p�sent sur la manifestation naturelle de notre sympathie humaine sont si g�n�ralis�es et si fr�quentes que nous nous y habituons, jusqu'� ne plus voir combien notre indiff�rence est contre-nature. Nous n'�prouvons plus de regret lorsque la situation est souvent telle qu'elle nous emp�che de t�moigner d'Homme � Homme notre compr�hension et nous finissons par nous l'interdire, m�me quand il serait facile et opportun de le faire.
Par la force des choses, c'est le psychisme de l'habitant des grandes villes, qui est le plus gravement perturb�, et, � son tour, il agit dans le sens le plus d�favorable sur la mentalit� g�n�rale de la soci�t�.

Tout sens de notre affinit� avec le prochain nous �chappe. D�s lors, nous nous engageons sur le chemin de l'inhumanit�. Chaque fois que la conscience de la solidarit� qui doit nous unir directement dispara�t, la culture et l'�thique sont �branl�es. L'instauration d'une inhumanit� syst�matiquement implacable n'est plus alors qu'une question de temps.

Se distancer des inconnus par un glacis de froideur, et rester insensible � toute sympathie, ne passe plus pour de la rustrerie, mais pour de la biens�ance. Notre soci�t� a �galement cess� de reconna�tre � tous les Hommes la valeur et la dignit� d'Homme en tant que tel. Des portions enti�res de l'humanit� sont class�es pour nous � mat�riel humain � et � objets humains �. Si, depuis quelques d�cennies il a �t� possible de parler, avec une l�g�ret� grandissante, de guerres et de conqu�tes comme de manoeuvres de pi�ces sur un �chiquier, c'est parce que l'id�e s'�tait r�pandue que le sort des individus n'entrait pas en ligne de compte, mais, seuls, les chiffres et le mat�riel qu'ils repr�sentaient. Lorsqu'une guerre �clate, toute l'inhumanit� qui est en nous se d�cha�ne.

Dans l'enseignement actuel et dans les livres scolaires, le sentiment humanitaire est rel�gu� dans un coin obscur, comme s'il ne devait plus aujourd'hui �tre le point de d�part essentiel de la formation de la personnalit� et m�riter pour notre g�n�ration d'�tre maintenu � contre-courant de l'�volution en cours. Jadis il en �tait autrement. Le sentiment humanitaire s'imposait, non seulement � l'�cole, mais dans la litt�rature et jusque dans les romans d'aventures : le h�ros de De Fo�, Robinson Cruso�, s'inspire continuellement de cet esprit humanitaire ; il se sent si directement concern�, qu'il se pr�occupe, m�me en cas de l�gitime d�fense, d'�pargner le plus de vies humaines possible. Il est si loyalement fid�le � cet esprit humanitaire qu'il y puise sa raison d'�tre de son esprit d'aventurier. O� trouverions-nous de nos jours, dans des oeuvres de ce genre, pareil mobile d'action ?



Super-organisation de la soci�t�

Autre obstacle � la culture : une super-organisation des structures administratives.

Si indispensable que soit la r�glementation, � la fois comme pr�alable et comme cons�quence de la civilisation, il est �vident aussi qu'� partir d'un certain degr�, l'organisation se fait au d�pens de la vie de l'esprit. Les personnalit�s et les id�es sont alors assujetties aux institutions, au lieu de les dominer et de leur insuffler de la vie.

Lorsque dans un domaine quelconque, une organisation d'envergure cr�e du neuf, les d�buts sont brillants ; mais dans la suite, ils p�lissent. Tout d'abord les ressources existantes sont mises en valeur, puis les influences pr�judiciables � la vie et l'originalit� de chacun se font sentir. Plus l'organisation est fortement structur�e et plus son action paralysante freine l'activit� cr�atrice et spirituelle des individus. Il y a des nations civilis�es qui ne r�ussissent pas � se remettre ni �conomiquement ni spirituellement des r�percussions d'une centralisation administrative trop envahissante, remontant � un pass� trop lointain.

La transformation d'une for�t en un parc soigneusement entretenu peut �tre utile dans bien des cas. Mais c'en est fini alors de la riche v�g�tation qui assurait naturellement le maintien des essences pour l'avenir.

Des collectivit�s publiques, religieuses, �conomiques s'efforcent aujourd'hui de se donner une structure interne propre � leur conf�rer � la fois un maximum de coh�sion int�rieure et le maximum d'efficience dans leur rayonnement ext�rieur. R�glements, discipline, dispositions techniques, tout est pouss� � un degr� de perfection inconnu autrefois. Le but envisag� est atteint. Mais inversement et dans la m�me mesure, toutes ces collectivit�s cessent d'�tre des organismes vivants et ressemblent toujours davantage � des machines perfectionn�es. Leur vie int�rieure perd de sa richesse et de sa diversit�, parce que les personnalit�s y d�p�rissent n�cessairement.

L'Homme moderne se dilue �trangement dans la masse. C'est peut-�tre l� son trait le plus caract�ristique. La d�valuation de la r�flexion personnelle le rend pathologiquement r�ceptif aux id�es toutes faites mises en circulation par la soci�t� et ses organes. Comme, en outre, gr�ce � une structuration pouss�e, la soci�t� s'est acquis une puissance inconnue jusqu'alors dans la vie de l'esprit, l'ali�nation de l'Homme � l'�gard de l'ensemble, est devenue telle qu'il cesse presque d'avoir une vie spirituelle propre. Il est flasque comme une balle de caoutchouc ramollie qui garde l'empreinte de toutes les pressions. La collectivit� dispose de lui, et lui endosse comme du pr�t-�-porter toutes les opinions dont il a besoin pour vivre, qu'il s'agisse de collectivit�s nationales et politiques, ou de communaut�s croyantes ou incroyantes.

En renon�ant ainsi aux droits �l�mentaires de l'individu, notre g�n�ration se rend incapable de faire na�tre des id�es nouvelles, ou m�me de r�adapter efficacement celles qui ont cours ; elle assiste passivement � la prise de pouvoir des id�es conformistes, dont l'exclusivisme unilat�ral et les cons�quences derni�res d�bouchent sur l'extr�misme le plus dangereux.

Voil� comment nous sommes tomb�s dans un nouveau Moyen-Age. Par une d�cision collective, la libert� de penser a �t� mise hors d'usage, parce que la majorit� s'interdit de se former des opinions personnelles et se contente de suivre en toutes choses le mouvement, uniquement selon son appartenance � tel ou tel groupe politique ou autre.

Nous ne retrouverons notre libert� de penser que lorsqu'un nombre suffisant d'individus aura recouvr� son ind�pendance spirituelle et lorsqu'il aura su �tablir avec les organisations qui ali�naient son �me, des relations naturelles dans la dignit�. Notre lib�ration de ce nouveau Moyen-Age sera beaucoup plus difficile que celle de jadis, dont l'humanit� europ�enne avait triomph�. A cette �poque-l�, c'�tait un combat contre l'emprise d'autorit�s ext�rieures impos�es par les donn�es historiques. Aujourd'hui, il s'agit d' amener la grande masse des individus � vouloir se frayer un passage par une sortie de secours hors de la d�pendance spirituelle o� elle s'est emmur�e elle-m�me. Peut-il y avoir t�che plus ardue?

On n'a pas encore pris la mesure de notre pauvret� spirituelle. D'ann�e en ann�e, les collectivit�s am�liorent leur technique de bourrage de cr�ne, vide de pens�e. Les m�thodes d'action ont �t� pouss�es � un tel point de perfection et ont trouv� une adh�sion si massive, que la certitude de r�ussir � �lever les pires absurdit�s au rang d'opinions accr�dit�es - quand l'opportunit� s'en fait sentir - n'a pas besoin d'�tre justifi�e au pr�alable.

En renon�ant � l'ind�pendance de notre pens�e, nous avons perdu en m�me temps - ce qui �tait in�vitable - notre foi dans la v�rit�. Notre vie spirituelle s'est d�sorganis�e. La super-organisation qui r�git le domaine public aboutit � l'organisation du vide int�rieur.

Non seulement intellectuellement, mais aussi moralement, les relations entre l'individu et la soci�t� sont perturb�es. En m�me temps qu'� ses propres opinions, l'Homme d'aujourd'hui renonce � son propre jugement �thique. Pour trouver bon ce que la soci�t� d�clare tel en paroles et en actes et pour condamner ce qu'elle trouve mauvais, il �touffe les scrupules qui l'envahissent : il les fait taire non seulement devant les autres, mais aussi au dedans de lui-m�me. Il n'y a pas de scandale que son sentiment d'appartenance � la collectivit� ne finisse par admettre et m�me par approuver. Son sens critique se noie dans l'opinion de la masse, de m�me que son sens moral dans les conventions admises.

Un Homme asservi, surmen�, d�shumanis�, r�duit � n'�tre qu'un fragment de lui-m�me, un Homme qui ali�ne son ind�pendance d'esprit et son jugement moral � la soci�t� super-organis�e, un Homme victime des entraves de tout genre qui font obstacle � sa culture, tel est celui qui chemine actuellement sur le sombre sentier d'une sombre �poque. Pour les dangers qui le menacent de tous c�t�s, la philosophie n'a montr� aucune compr�hension. Elle n'a rien fait pour lui tendre une planche de salut. Elle n'a m�me pas donn� l'alarme en le poussant � r�fl�chir � la situation nouvelle qui lui �tait faite.

La terrible v�rit� selon laquelle avec le progr�s de l'histoire et du d�veloppement �conomique continu, la civilisation se trouve non pas encourag�e mais entrav�e, n'a jamais r�ussie � se faire entendre.



Les individualit�s, seuls agents de r�g�n�ration

Le renouveau de la civilisation bute sur le fait que seules les individualit�s peuvent entrer en ligne de compte pour promouvoir ce mouvement, � l'exclusion de tout autre facteur.

Ce renouveau n'a rien � voir avec des mouvements �motionnels de la masse, car ceux-ci ne sont jamais que des r�actions � des circonstances ext�rieures. La civilisation, au contraire, ne peut se r�g�n�rer que si, en toute ind�pendance de la mentalit� collective r�gnante et en opposition avec elle, il na�t chez un grand nombre d'individus une orientation nouvelle des id�es qui peu � peu gagne l'opinion des masses et finit par la d�terminer. Seul un sursaut �thique serait capable de nous sortir de notre inculture actuelle. Or, l'�thique n'est jamais con�ue que par des individus.

La d�cision finale engageant l'avenir d'une soci�t� ne d�pend pas de la perfection plus ou moins pouss�e de son organisation, mais de la valeur plus ou moins grande de ses membres. Dans l'�volution de l'histoire, le r�le le plus important et le moins facilement d�celable, ce sont les changements non ostentatoires mais vastes qui se font jour dans la mentalit� propre d'un grand nombre d'individus. Ce sont l� les pr�misses qui pr�parent les �v�nements. C'est pourquoi il est si difficile de comprendre les Hommes et les �v�nements du pass�. Nous ne pouvons donc faire aujourd'hui que des pr�somptions conjecturales sur la valeur personnelle de l'�lite d'alors et sur la fa�on dont cette �lite s'ins�rait dans la soci�t�, en recevait des influences et r�agissait sur elle.

Mais une chose est claire. L� o� la collectivit� a une emprise plus forte sur l'individu que l'individu sur la collectivit�, c'est la d�cadence, parce que la grandeur dont tout d�pend, c'est-�-dire la valeur intellectuelle et morale de l'individu, est alors n�cessairement entrav�e. Il en r�sulte un appauvrissement de la pens�e et de la moralit� de la soci�t� tout enti�re, qui la rend incapable de comprendre et de r�soudre les probl�mes auxquels elle doit faire face. T�t ou tard, elle s'effondre en catastrophe.

Puisque nous en sommes l�, c'est aux individus � prendre plus fortement conscience de la grandeur de leur mission et � remplir � nouveau la fonction qu'ils sont seuls � pouvoir assumer, � savoir mettre sur pied un id�al �thique et spirituel. Si cet appel n'est pas entendu par un grand nombre d'individualit�s, rien ne pourra nous sauver.

Une opinion publique nouvelle devra se former sans intervention officielle. L'opinion publique actuelle n'est entretenue que par la presse, la propagande, les organisations et les pressions exerc�es par le pouvoir et par l'argent qui se mettent � sa disposition. A cette propagation artificielle des id�es doit s'y opposer une autre, naturelle, d'Homme � Homme, bas�e uniquement sur la justesse de la pens�e et la r�ceptivit� de l'auditeur � la v�rit�. Sans arme, � la fa�on des premiers combattants de l'esprit, elle devra affronter sa rivale qui marche contre elle comme Goliath contre David, avec l'armure puissante des temps d'aujourd'hui.

Le corps � corps qui va s'engager n'aura aucune commune mesure avec d'autres analogies historiques. Sans doute, le pass� a connu des affrontements de penseurs ind�pendants, dress�s isol�ment contre une coalition d'opinions inv�t�r�es. Mais jamais le probl�me ne s'est pr�sent� comme aujourd'hui, parce que cet esprit qui se manifeste partout dans les organisations modernes, dans l'irr�flexion moderne, dans les passions populaires modernes, est un ph�nom�ne sans pr�c�dent.

Dans les cas d�sesp�r�s, c'est l'esprit qui est l'instance supr�me

L'Homme d'aujourd'hui aura - t'il l'�nergie n�cessaire pour accomplir ce que son intelligence exige de lui, et que les temps d'aujourd'hui veulent lui rendre impossible ?

Dans les collectivit�s super-organis�es qui le tiennent de mille mani�res en leur pouvoir, il devra redevenir une personnalit� ind�pendante et r�agir contre elles. Au moyen de tous leurs organismes, elles tenteront de le maintenir � leur d�votion en faisant tout pour le d�personnaliser. Si elles craignent tant les caract�res forts, c'est parce qu'avec eux, la voix de l'intelligence et celle de la v�rit�, qu'elles voudraient museler, risqueraient de se faire entendre. Leur pouvoir tyrannique n'a d'�gal que leur peur.

Les conditions �conomiques forment avec les collectivit�s une tragique alliance. Avec une cruaut� f�roce, elles font de l'Homme moderne un �tre sans libert�, sans r�flexion
personnelle, sans ind�pendance, sans largeur de vues ni esprit humanitaire. Elles constituent les derni�res choses que nous puissions changer.
A quelle t�che immense les forces de l'esprit vont devoir s'attaquer ! Elles devront sensibiliser les peuples � l'�coute de la v�rit� vraie, alors qu'aujourd'hui les seules v�rit�s qui ont cours sont les slogans de la propagande. Elles devront destituer le patriotisme n�faste et introniser un patriotisme noble ayant les yeux fix�s sur les buts que l'humanit� doit atteindre. Elles devront faire reconna�tre � nouveau que la civilisation est l'affaire des individus et de l'humanit� toute enti�re, � laquelle les peuples doivent participer, alors qu'actuellement la civilisation nationale est adul�e comme une idole et que la notion m�me d'humanit� civilis�e s'est effondr�e. Elles devront diriger l'attention des peuples vers la primaut� de la culture, alors que les difficult�s croissantes de la vie accaparent toujours davantage les esprits par des soucis mat�riels, si bien que le reste n'est plus que fantasme. Elles devront nous rendre la foi au progr�s, alors que l'emprise de l'�conomique sur le spirituel devient de jour en jour plus d�sastreuse et entretient une d�moralisation grandissante.

Elles devront nous redonner de l'espoir, alors que non seulement les institutions et les associations la�ques et religieuses, mais aussi les Hommes �minents et admir�s, se d�robent en toute occasion, alors que des savants et des artistes se distinguent par leur inculture et que des c�l�brit�s, qui passent pour �tre des penseurs et se prennent pour tels, se comportent dans les instants critiques comme de simples �crivains de m�tier ou comme des universitaires conformistes.

Tout cela se jette en travers de ceux qui veulent refaire la civilisation. Un sourd d�sespoir plane sur nous. Comme nous comprenons maintenant les Hommes de la d�cadence gr�co-romaine, qui, incapables de r�sister aux �v�nements et abandonnant le monde � son sort, se sont repli�s sur eux-m�mes ! Comme eux nous restons stup�fi�s devant ce qui nous arrive. Comme eux nous entendons la voix insidieuse des sir�nes qui nous disent que la seule mani�re de supporter la vie est de se laisser couler au fil des jours. Ne plus penser � ce qui nous arrive et ne plus rien attendre de la vie... Dormir en paix dans la r�signation...

En comprenant que la civilisation est fond�e sur la conception que nous nous faisons du monde et qu'elle ne peut na�tre que d'un r�veil spirituel et de la volont� �thique du grand nombre, nous serons bien forc�s de nous repr�senter clairement les difficult�s d'une r�g�n�ration qui �chapperaient � une r�flexion superficielle. Mais, en m�me temps, cette prise de conscience nous �l�ve au-dessus de toutes les notions de possible et d'impossible. Si l'esprit �thique suffit � d�terminer l'�volution des �v�nements dans le sens du progr�s culturel, nous acc�derons de nouveau � la civilisation, pour peu que nous retrouvions une conception du monde et une disposition d'esprit susceptibles d'aboutir au renouveau.

L'histoire de notre faillite aura au moins le bon c�t� de proclamer cette v�rit� : dans les cas d�sesp�r�s, c'est l'esprit qui est l'instance supr�me. A nous de donner � l'avenir, par notre action, une preuve �clatante de cette v�rit� !

Texte �crit en 1915 par Albert Schweitzer (1875 - 1967)

Une ent�te r�alis�e b�n�volement par Ren�e-Andr�e ORABONA que nous remercions vivement.

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