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Hubert Reeves

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    Source : http://www.consommateur.qc.ca/acefest/300.htm

Conférence d'Hubert Reeves organisée par l'ACEF de l'Est et Equiterre

17 octobre 2000

Salle Marie-Gérin-Lajoie de l'Université du Québec à Montréal

"Bien sûr, si vous êtes ici ce soir c'est que vous êtes déjà convaincus de l'importance de l'écologie et de la lutte contre la pollution. Je ne vais donc pas simplement essayer de vous alarmer ou de vous alerter puisque vous savez très bien que la situation est alertante et alarmante. C'est pour cela que j'ai accepté cette conférence avec deux pôles importants qu'on ne met pas toujours ensemble mais qui sont fondamentaux : d'une part le problème de la détérioration de l'environnement et, d'autre part, le problème social, c'est-à-dire la mauvaise distribution des richesses dans le monde.

Nous savons que 10 % des personnes possèdent la majorité des biens. Parmi ces 10 % il y a nous, il faut bien le dire nous sommes des privilégiés. Pendant ce temps, 80 % de la population mondiale est très mal lotie. En effet, la fraction de gens qui vivent sous le seuil de pauvreté augmente tous les ans, et c'est une très mauvaise nouvelle. Pourquoi ? Parce que la misère engendre la guerre et le terrorisme. Le problème que nous rencontrons est autant un problème écologique d'épuisement des ressources naturelles, de détérioration et de pollution que ce problème social.

Comment empêcher une fraction toujours plus grande des gens d'aspirer à avoir accès à un minimum de richesse ? Quand vous avez soif, vous allez prendre de l'eau au robinet mais, vous savez, plus d'un milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau et sont obligées de marcher des kilomètres vers des puits de plus en plus pollués.

Notre planète est dans un mauvais état et je vais essayer de vous donner un résumé de sa situation globale. En même temps, je crois que c'est important de ne pas prendre une position défaitiste et de se dire que c'est foutu, qu'il n'y a rien à faire. Pour moi, les deux organismes qui sont à l'origine de cette soirée sont justement des exemples vivants qu'il est possible de poser des actions. C'est pour cela que j'ai accepté avec plaisir cette invitation. Il y a des gens qui font des choses et il y a des choses qui donnent des résultats. C'est très important d'avoir ce sentiment que tout n'est pas perdu, qu'il y a des choses à faire. Non seulement au niveau international, car sur ce plan nous ne pouvons pas forcément grand chose, mais au contraire à un niveau très local.

Vous connaissez sans doute la fameuse phrase de Charles Dubos qui disait : "Il faut penser globalement et agir localement." On ne changera pas le monde, on n'améliorera pas toute la situation mais nous pouvons, chacun dans notre sphère et en nous associant, former des contre-pouvoirs. Bien sûr, nous sommes face à d'énormes pouvoirs économiques et à ce que nous appelons la mondialisation qui nous inquiète à juste titre.

Je crois que ce qu'il y a à faire contre la mondialisation c'est précisément de développer des contre-pouvoirs qui soient à l'échelle nationale et internationale. Quelqu'un disait un jour, de façon assez pessimiste, que la mondialisation c'est le renard libre dans le poulailler libre. Certains ont répondu que le poulailler peut apprendre à se défendre même si le fermier n'est pas là pour veiller sur les poules.

En l'absence de fermier pour apprendre aux poules à se défendre, c'est actuellement aux poules à le faire elles-mêmes. En ce sens la mondialisation du contre-pouvoir, c'est l'ensemble des poules qui apprennent ensemble à se défendre contre les renards même s'il n'y a plus de contrôles gouvernementaux. Je crois qu'il ne faut pas considérer la mondialisation de façon uniquement négative.

D'abord c'est inutile puisque qu'elle est en train de se faire. Il faut la voir comme un pouvoir important qui suscite des contre-pouvoirs permettant d¹établir un certain équilibre.

En tant qu'astronome et physicien, je vais tenter de remettre cette crise que nous vivons depuis quelques décennies en perspective avec l'ensemble de l'histoire de l'évolution. Les problèmes que nous vivons sont en effet récents. Jamais aucun Romain vivant à la période de l'empire romain ne s'est alerté parce que les ressources naturelles s'épuisaient. D'ailleurs, ils ne connaissaient même pas la quantité de ressources disponibles.

C'est donc un phénomène récent que celui de la mondialisation des problèmes mais aussi celui de la mondialisation de l'écologie. Nous sommes dans une grande bataille entre l'économie, qui à l'extrême vise à faire de l'argent à tout prix et rapidement - par exemple en coupant les forêts ou en vendant l'eau du Québec - et l'écologie. Je vais essayer donc de replacer cette bataille, cette crise récente dans un contexte plus général, plus cosmique.

À l'échelle cosmique, on peut se dire que si ça devait mal se terminer ce serait à la limite un grand drame pour les êtres humains sur la terre mais que l'univers est grand et qu'il y a des quantités de planètes où il se passe autre chose. On pourrait penser que c'est, somme toute à l'échelle de l'univers, quelque chose d'assez provincial qui nous arrive. D'après moi, ce qui se passe a une beaucoup plus grande portée au niveau cosmologique que ce qui nous arrive à nous en tant qu'humains.

Je voudrais d'abord vous montrer un document qui m'a beaucoup impressionné. C'est une photo de la terre vue de l'espace, la nuit. Elle est assez préoccupante parce qu'elle nous renseigne sur l'importance de l'impact de notre activité et de notre consommation humaines sur la planète. Elle nous montre que notre interaction avec la planète a atteint un niveau planétaire. C'est ce qu'Albert Jacquard appelle parfois le "temps de la planète finie".

Nous avons toujours vécu dans l'idée que la planète était infinie, c'est-à-dire que l'on pouvait pomper autant de ressources qu'on voulait et qu'il en resterait toujours. Maintenant, nous sommes confrontés à un fait très simple, c'est que la planète n'est pas infinie, que ses ressources ne le sont pas non plus et que nous sommes passablement avancés dans leur épuisement.

Sur cette photo, nous pouvons voir l'éclairage urbain, les autoroutes et les villes visibles de nuit à une distance d'environ 100 km au-dessus de la terre. Cet éclairage est évidemment concentré en Europe et en Amérique du Nord. C'est une indication de notre utilisation du pétrole tant par nos voitures que dans les centrales thermoélectriques. Nous pouvons y voir également les puits de pétrole, que ce soit en Algérie, en Libye, au Proche-Orient, en Russie, au Venezuela. Nous estimons que nous avons extrait, en un siècle, à peu près la moitié du pétrole disponible. Si nous regardons l'Afrique et l'Amazonie, nous voyons une grande bande mauve qui représente les feux de forêts.

Au niveau de cette ressource, nous savons que
nous avons, là aussi, coupé à peu près la moitié des forêts et que l'autre moitié, pour sa part, n'est pas en très bonne santé. Un autre élément visible sur cette photo ce sont les zones de pêche à la lampe. La mer du Japon est remplie de bateaux qui pêchent à la lampe et ce n'est pas la seule région où l'on retrouve cette pratique. Pour ce qui est des poissons, aujourd'hui, nous savons maintenant qu 'il se pêche davantage de poissons qu'il ne s'en reproduit. On peut se demander où nous allons avec ça ? C'est donc à la grandeur de la planète que nous sommes en train d'épuiser les réserves naturelles et c'est très préoccupant.

Tout le pétrole brûlé produit du gaz carbonique qui crée un effet de serre. En effet, la lumière du soleil pénétrant jusqu'au sol, le gaz carbonique fait comme une serre empêchant le rayonnement infrarouge de ressortir, ce qui augmente la température de la planète. Nous avons aujourd'hui des preuves assez probantes pour dire qu'il y a eu , depuis le siècle dernier, une augmentation de la température d'à peu près un degré. Cela peut paraitre peu mais, sur le plan de la climatologie, c'est énorme. Ce changement exacerbe les manifestations climatologiques qui sont par exemple les sécheresses, les inondations...

Bien qu'il faille être très prudent sur ces questions, il semble que l'effet de serre produit une dérégulation des climats qui fera que les tempêtes seront plus tempêtes, les inondations plus inondations et que nous sommes déjà entrés dans cette réalité depuis une vingtaine d'années. Certaines manifestations très importantes se sont produites entre 1990 et 2000 telle la tempête de verglas ou, en France, une tempête qui a déraciné des arbres centenaires. Ce qui est plus inquiétant c'est que cela risque de se produire à l'avenir plus souvent qu'avant.

Toujours à propos du gaz carbonique, un document important publié la semaine dernière dans la revue Nature révèle les résultats d'un prélèvement de sol au Groenland ayant permis de remonter jusqu'à 400 000 ans pour analyser l'histoire de l'atmosphère Cette étude démontre que jamais, depuis 400 000 ans, il n'y a eu autant de gaz carbonique sur la Terre. Que le gaz carbonique soit responsable de l'augmentation de la température semble assez incontournable.

Parlons maintenant de la couche d'ozone. Il faut comprendre d'abord que la couche d'ozone se situe entre 20 km et 40 km d'altitude au-dessus de la terre et qu'elle a pour effet d'absorber le rayonnement ultraviolet du soleil. Cette couche d'ozone n'existait pas il y a deux milliards d'années. La Terre n'avait alors pas une atmosphère d'oxygène mais de gaz carbonique comme Mars ou Vénus. C'est grâce aux êtres vivants (plancton marin) que le gaz carbonique s'est transformé en oxygène et en ozone. Le rôle fondamental d'absorption du rayonnement ultraviolet de l'ozone a permis à la vie de sortir de l'eau.

Maintenant, nous arrivons à un point où cette couche d'ozone est menacée par des productions humaines (les CFC, les gaz en aérosol). À ce sujet, les nouvelles sont encourageantes et on peut dire que ce problème est en train de se régler. Pourquoi ? Parce qu'il y a eu des moratoires. D'ailleurs, c'est à Montréal qu'a eu lieu en 1989, le premier moratoire pour arrêter la production de ce gaz CFC.

La couche d'ozone devrait se reformer à l'échelle d'un siècle environ. Aux dernières nouvelles, spécialement au Pôle Sud, il semble incertain que le processus soit aussi rapide mais la situation est tout de même beaucoup moins grave. C'est un des exemples des actions possibles. Dans ce cas, le moratoire est venu du fait que certaines personnes se sont alarmées, ont fait pression auprès des compagnies et ont obtenu des résultats.

Si on considère maintenant l'aspect social du problème, regardons ce qui en est du côté des réserves en eau potable. La situation entre 1950 et 1995 s'est détériorée, et ce surtout dans les pays où elle était déjà mauvaise, soit dans les pays tropicaux. Ces pays se retrouvent aujourd'hui dans une situation tout à fait critique. D'ailleurs il y a maintenant des guerres entre l'Angola et son voisin. On peut penser que ce phénomène se répétera peut-être ailleurs.

L'eau deviendra une denrée si rare qu'elle pourrait occasionner des conflits importants entre les pays. Au Québec, ce n'est pas encore un problème mais c'est tout de même une situation qu'il faut suivre de près. Il y a en ce moment ici une association, Eau Secours, qui justement veille à ce qu'on préserve l'eau potable, pendant qu'on en a encore, et qu'on ne se mette pas dans une situation critique. Si il y a une telle
association c'est que déjà il existe des signaux d'alarme.

Si la situation d'approvisionnement en eau potable s'est détériorée dans certains pays, une prévision de la situation en 2025 nous montre que ce phénomène de répartition inégale des richesses pourrait atteindre un seuil de crise très critique susceptible de remettre en cause la stabilité politique, déjà précaire, de la planète.

Nous voyons donc que le problème n'est pas qu'écologique mais également sociologique et politique. Aujourd'hui nous sommes six milliards de personnes Vers 2050, nous prévoyons que la population sera autour de dix milliards et que vraisemblablement elle plafonnera pour ensuite peut-être même décroitre.

La question qui se pose est la suivante : est-ce qu'on peut faire vivre convenablement avec un confort suffisant (de la nourriture, de l'eau chaude...) dix milliards de personnes sans abîmer complètement la planète ? C'est une question très difficile. La réponse est probablement "oui " à condition qu'on s'y mette. C'est sans doute la plus grande crise que l'humanité ait rencontrée. L'humanité a rencontré beaucoup de crises.

Les êtres humains sont géniaux et font des choses extraordinaires comme d'envoyer des fusées sur Saturne ou découvrir le Big Bang ou fabriquer
la bombe atomique - bien que je ne sois pas d'accord avec la bombe atomique il faut reconnaître que cela représente une prouesse- . Donc, quand les êtres humains s'y mettent ils sont géniaux. Mais pour arriver à faire vivre une vie convenable à dix milliards de personnes, il va falloir qu'ils s'y mettent sérieusement. Et l'échéance n'est pas loin, 2050 ce sont vos enfants ou vos petits-enfants.

Face à cela, deux enjeux se posent. Il y a un enjeu d¹engineering qui est celui de savoir comment gérer tout cela, comment garder la planète verte. Mais le problème le plus grave et celui qui me préoccupe le plus personnellement est le problème politique. Ce problème est beaucoup plus grave parce si nous avons d'un côté des pays comme le nôtre où règne la démocratie, où les enjeux se discutent et où des groupes de pression peuvent avoir une influence au gouvernement, il y a par ailleurs des pays où, comme en Chine, un écologiste est un dissident que l'on met en prison.

Or, la Chine, c'est un milliard deux cent millions de personnes. Dans ces pays, il y a donc un réel problème à faire comprendre et faire passer ces messages. Ici, c'est encore possible parce que la télévision accepte de passer des messages même s'ils contestent de grandes compagnies, mais là-bas, non. En Arabie, c'est pareil, il est interdit de tenir des discours qui s'opposent à l'utilisation du pétrole.

Pour ce qui est du problème d¹engineering, les questions qui se posent sont de trouver de nouvelles formes de nourriture, de transport en commun, de développer tout ce qui paraît raisonnable dans le but de ne pas épuiser les richesses naturelles pendant qu'il en reste encore et de ne pas polluer complètement la planète par les gaz toxiques, les déchets nucléaires...

C'est une dimension qu'on pourrait envisager de régler à l'échelle mondiale s'il se faisait un consensus. Nous avons déjà connu les conférences de Rio et de Kyoto qui ont été des premiers pas dans ce sens. Par contre, si l'on regarde le rapport de Rio, 5 ans après, c'est très décevant. Huit des dix promesses adoptées à Rio ont été totalement ignorées. Les argents prévus pour certaines actions n'ont été investis que lorsque des gens y trouvaient un profit immédiat. Malgré tout, il ne faut pas être totalement négatifs ou pessimistes.

Je considère que Rio est un premier pas. Rio a été l'occasion où l'humanité entière a entendu le mot écologie. Ici, on l'entend depuis longtemps mais, si vous viviez en Inde ou au Kenya, il n'est pas sûr que vous l'auriez entendu avant Rio. À la conférence de Kyoto, les Américains, qui sont les principaux pollueurs, ont refusé pratiquement de diminuer leur émission de gaz carbonique .

Cela donne cependant lieu à une bataille en règle aux États-Unis. M. Clinton se retrouve coincé entre deux groupes : les grandes compagnies pétrolières, qui ne veulent pas en entendre parler, et des groupes écologistes et de citoyens qui au contraire exigent de plus en
plus des changements et ce, avec de plus en plus d'énergie.

Donnons maintenant à ces questions une portée un peu plus astronomique. Prenons une image de l'univers, obtenue récemment par le télescope Hubble qui est resté pointé dans une direction pendant 14 jours afin d'observer les objets, les astres et les galaxies les plus lointains qui existent. Nous y voyons donc la limite de l'univers observable. Vraisemblablement, l'univers est beaucoup plus vaste mais on parle ici de la limite de ce que nous pouvons actuellement observer.

Cette image nous montre des galaxies. Chaque galaxie est un ensemble de 100 milliards d'étoiles comme le soleil. En astronomie, on calcule la distance en années-lumière. Une année-lumière représente la distance parcourue par la lumière en un an. La lumière parcourt 300 000 km par seconde, en une année elle fait 10 000 milliards de
km. Les galaxies les plus lointaines observées sont à 10 milliards d'années lumière. Cela nous donne une idée de la dimension de l'univers.

Une autre image prise par le satellite COBE nous donne l'image de ce
qu'était l'univers il y a 15 milliards d'années. Vous savez, nous avons la confirmation aujourd'hui que l'univers n'a pas toujours existé, qu'il a environ 15 milliards d'années. Ce qui est important est de constater qu'à cette période, il était extrêmement différent d'aujourd'hui. L'univers d'aujourd'hui est très structuré : galaxies, planètes, étoiles, animaux, êtres humains, atomes, molécules. Il y a une grande quantité de structures à des échelles variées.

L'image que nous avons ici nous montre l¹univers à l'âge d'environ 300 000 ans. À cette période, il était totalement désorganisé. Il ne contenait aucune des structures que j'ai nommées tantôt. Ni étoile, ni galaxie, ni planète, pas de terre, ni d'être vivant, pas d'eau, de gaz carbonique, pas de fer. Tout ce qu'il y avait était un magma inconstitué de ce que nous appelons les particules élémentaires, par exemple les électrons, les photons, les grains de lumière. Il y a une vingtaine de ces particules élémentaires.

On peut comparer les particules élémentaires aux lettres de l'alphabet pour comprendre comment l'alphabet s'est constitué en langage. L'association des lettres crée les mots, les mots associés font des phrases qui, elles-mêmes s'associent pour donner des paragraphes, puis des chapitres, des livres, des collections. On peut comparer l'univers des premiers temps à une immense soupe à l'alphabet. N'existaient alors que les éléments fondamentaux (les lettres) qui se sont associés pour former des atomes, eux-mêmes s'associant pour former des molécules, puis des cellules vivantes, des organismes vivants et en parallèle à grande échelle, des galaxies qui ont formé des étoiles qui ont formé des planètes.

L'histoire de l'univers est celle du passage de cet état chaotique (la soupe à l'alphabet) à l'état extrêmement organisé dans lequel il est actuellement (l'équivalent de nos grandes bibliothèques). À chaque étape de l'évolution, les éléments sont composés de ceux de l'étape précédente et composent les éléments de l'étape suivante. Les particules élémentaires s'associent pour faire des protons et des neutrons qui s'associent pour faire des atomes, des molécules, des cellules, des organismes et, à un niveau plus élevé, des écosystèmes. Cette organisation est un phénomène historique et on peut dater
l'apparition des premiers éléments de chaque étape.

Les premières cellules vivantes apparaissent il y a 3 milliards 800 millions d'années, les premiers organismes multicellulaires, il y a 500 millions d¹années. Ensuite viennent les poissons, les amphibiens, les mammifères, les singes, les hominiens. L'histoire de l'univers est donc celle de la croissance de la complexité.

Pendant ce temps, à l'échelle astronomique, on observe des collisions de galaxies qui produisent une prodigieuse quantité d'étoiles que l'on appelle des géantes bleues caractérisées par leur grande production d'oxygène. C'est cet oxygène qui peut être repris dans une étoile en formation et se retrouver sur une planète comme la Terre pour donner naissance à l'eau jouant un rôle fondamental dans l'apparition de la vie. Nous venons de loin !

L'histoire de l'apparition de la complexité nous amène jusqu'à tout ce que nous connaissons, tout ce qui nous entoure. Pour que la vie apparaisse sous ces formes aussi variées, il a fallu des phénomènes gigantesques dont l'élaboration s'est étendue sur des milliards d'années-lumière et dont nous sommes, en quelque sorte l'aboutissement. Le cerveau humain est la grande merveille de la nature et le drame actuel est que cette merveille se menace
elle-même.

En quelques dizaines d'années, nous en sommes venus à menacer la vie à tel point qu'on peut se demander si il y aura encore des êtres humains dans 100 ans. C'est très peu 100 ans Il est évident que si on continue la détérioration de la planète dans son actuelle lancée (business as usual comme disent les Américains) il y a de bonne chance qu'il n'y ait plus d'humains sur la Terre ou en tout cas qu'ils soient dans un état lamentable.

La Terre n'est pas en danger mais les humains et les grands mammifères le sont. Les insectes, pour leur part, ne sont pas en danger. Je crois qu'ils s'organisent très bien avec la pollution mais l'intelligence, la conscience, la capacité de se poser des questions et de créer de grandes oeuvres, tout
cela est menacé.

On pourrait se dire que peut-être sur d'autres planètes il y a d'autres civilisations. On est alors dans le plausible et non dans le certain mais supposons une autre planète comme la Terre où la vie apparait et se développe. Il existe un phénomène fondamental de la vie sur la Terre qui est la compétition, c'est-à-dire que les êtres vivants doivent manger et risquent de l'être à leur tour.

Dans le cadre des études biologiques de Darwin, on voit très bien que la croissance de la complexité, c'est-à-dire l'évolution biologique, est beaucoup axée autour de ces phénomènes de compétition, d'escalade pour la survie. Dans cette escalade, les êtres favorisés sont ceux qui possèdent certains avantages. Ce peut être de longues dents ou des griffes, mais, pour les êtres humains, l'avantage qui nous a permis non seulement de survivre mais de menacer toutes les autres
espèces animales, c'est l'intelligence.

L'intelligence développe la science, qui un jour ou l'autre développe l'industrie, l'énergie nucléaire... On peut penser que ce qui se passe chez nous s'est vraisemblablement passé ou va se passer dans à peu près n'importe quelle planète habitée. Encore une fois, ce n'est qu'une hypothèse mais c'est une hypothèse plausible. Si c'est le cas et si la logistique de la vie amène systématiquement l'apparition de
l'intelligence et des oeuvres de l'intelligence (technologie, industrialisation...) on peut penser que nous ne sommes pas les seuls dans cette situation.

Il y aurait alors beaucoup d'autres planètes habitées qui ont vécu ou vivront des heures semblables et, si on faisait un voyage à travers la galaxie, on trouverait différentes planètes avec deux grands cas de figure. Dans le premier cas, il y aurait les planètes qui ont passé l'examen que nous sommes nous-mêmes en train de passer pour déterminer si nous sommes capables de survivre à notre puissance ou si l'intelligence est un cadeau empoisonné qui nous mène nécessairement à la catastrophe.

Sur ces planètes, la vie produira toutes les merveilles qu'elle peut produire et dont on n'a pas la moindre idée pour l'avenir. Dans l'autre cas, on trouverait les planètes où les gens n'ont pas réussi l'examen. Ce seraient des planètes mortes, contaminées, radioactives, polluées, etc.

Pour terminer sur une note positive, j'aimerais maintenant vous parler des pluies acides. Vous vous souvenez qu'il y a une vingtaine d'années, nous avions au Québec un problème très grave de pluies acides. Les grands lacs du Nord étaient stérilisés par l'acidité des pluies. Il y a eu aux États-Unis dans les années 1990, sous la pression des consommateurs, un règlement gouvernemental obligeant les grandes usines avec à mettre des filtres sur leurs cheminées.

Le résultat est très positif. Selon les données récentes, les pluies acides ont beaucoup diminué en Amérique. En Europe, ce n'est pas
encore le cas car l'Europe de l'Est est encore très polluée. La Chine pour sa part, en tant que grande productrice de charbon, est en train de polluer les Japonais qui commencent à s'intéresser très sérieusement à l'écologie quand ils voient leurs belles forêts sacrées perdre leurs feuilles.

Cette dernière donnée se situe dans l'esprit de ce que je mentionnais au début. Il faut être lucides et comprendre que la situation dans laquelle nous sommes constitue un drame à l'échelle cosmique puisque 15 milliards d'années d'évolution sont menacées. En même temps, il faut prendre conscience que l'on peut poser des actions et faire des pressions ayant une influence réelle sur les gouvernements. On peut faire des choses à petite échelle tel le commerce équitable, dont parle Equiterre et que j'admire beaucoup, où les gens prennent eux-mêmes en main des situations comme la vente du café ou autres.

Cet aspect d'action à échelle individuelle et personnelle illustre bien qu'il n'y a pas un grand problème mais des millions de petits problèmes. Chacun de ces petits problèmes écologiques et sociaux peut être pris en main par des gens et on peut obtenir des résultats
positifs.

Merci"

Hubert Reeves

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