POUR UNE AGRICULTURE DURABLE

 Tout en bas! Ascenseur expressASSEMBLEE NATIONALE. 28 mai 1999

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Champ de coton transgénique après passage de RoundupL'agriculture durable est bien un vocable de circonstance face à l'agriculture industrielle et chimique qui nous conduit dans des impasses multiples : concentrations, faillites, désertification, pollution, atteinte à la santé, etc...

Au coeur de ce processus , la semence est une cible stratégique.

En France, une lutte sans merci et souvent souterraine, est engagée depuis plusieurs décades. Il s'agit de la conquête du marché de la semence des céréales à paille, par les semenciers et les firmes phyto-pharmaceutiques.

La semence qui est le premier maillon de la chaine alimentaire est un enjeu considérable tant du point de vue économique que politique. Qui détient la semence possède une arme de domination redoutable, puisqu'il s'agit de la nourriture des hommes. Ce qui se passe en France est révélateur de a stratégie mondiale que développent les firmes semencières.

J'évoquais à l'instant le marché des semences de céréales à paille. Pourquoi seulement les céréales à paille ? Simplement, pour le maïs et le tournesol, autres semences de grandes cultures, le marché est déjà totalement dans les mains des grandes firmes internationales (Pionner, Dekalb, Cargill, etc ... ). Il n'y a plus sur le marché aucune semence locale, il ne reste que des variétés hybrides quasiment stériles, obligeant les paysans à racheter chaque année leur semence aux conditions édictées par les firmes qui les produisent et se trouvent ainsi pieds et mains liés, exemple, pour le maïs : la semence hybride pour 1 Ha coute à l'agriculteur 1 000 F. S'il avait la possibilité de faire sa semence, cela lui coulerait seulement 50 F/Ha.

Pour les céréales à paille, la technique d'hybridation n'a pas marché, malgré les lourds investissement faits dans ce sens. Les agriculteurs peuvent donc encore semer chaque année, le blé, l'orge, l'avoine, le seigle, à partir de leur récolte. Cette pratique millénaire comporte pour eux des avantages. Elle contribue au maintien de la diversité génétique, elle est économiquement intéressante, permettant de diminuer les charges de semences de 50 % par rapport à l'achat dans le commerce de la semence dit certifiée. A contrario, pour la filière industrielle de semences certifiées, c'est un manque à gagner important puisque près de 50 % du marché lui échappe. Pour s'approprier la totalité du marché, la filière semences de plus en plus dominée par l'agro -chimie mondiale, met en oeuvre des moyens considérables.

La stratégie repose sur le triptyque suivantCoton transgénique

- faire évoluer la réglementation et le droit de propriété du vivant en leur faveur exclusive.

- mettre en oeuvre des technologies de production et de reproduction de semence, inaccessibles aux agriculteurs.

- déployer une communication tendancieuse et mensongère, et refuser la transparence, le tout, avec la complicité des Pouvoirs en place.

1 - Concernant le droit :

La pratique millénaire des paysans à auto-produire leur semence, à partir de leur récolte, est un fait, une réalité qui a permis de cultiver, de développer et conserver la biodiversité. C'est un patrimoine qui appartient à l'humanité. Jamais les paysans n'en n'ont réclamé la propriété, ils veulent seulement poursuivre librement cette pratique.

- Les semenciers eux la considèrent comme un frein au développement de leur activité et s'évertuent à faire mettre en oeuvre des lois et règlements qui renforcent leur domination. Leur puissant looby est infiltré dans toutes les instances de décisions aussi bien à Paris qu'à Bruxelles et ailleurs. Pour mémoire j'en citerai quelques éléments : la création de lu. P. 0. V. en 6 1, qui protège les nouvelles variétés, la loi de 70 sur la propriété intellectuelle qui considère la reproduction à la ferme comme une contrefaçon. En 1989, l'accord du 4 juillet, avec l'aval du Ministère de l'Agriculture, qui interdit aux agriculteurs d'avoir recours à l'entreprise pour trier leur semence de ferme, les condamnant ainsi à acheter la semence du commerce. C'est cette interdiction qui a provoqué la colère des paysans et donné naissance à la C.N.D.S.F. et mis en échec ce règlement.

- C'est aussi la création d'un règlement Européen sur la semence prévoyant la taxation des semences de ferme, avec parallèlement en France un projet de loi au même objectif, qui fort heureusement n'a pas aboutit, grâce, il faut le dire, en grande partie à notre action.

-Deux exemples précis au niveau de Bruxelles d'attaques contre la semence de ferme:

1- Dans le règlement P.A.C. 94, une petite phrase glissée dans ce document dit ceci :"les Etats peuvent s'as le souhaitent subordonner l'octroi des primes PAC à l'utilisation de semences certifiées". 2- En 97, dans le nouveau règlement blé dur,est introduit l'obligation d'utiliser des semences certifiées pour bénéficier de la prime blé dur,et cela est applicable dès 99.

II - Le 2ème axe de la stratégie des firmes, les technologies de production de semence.

- Nous l'avons vu, la technologie hybride pour le mais qui nous vient des Etats-Unis a été facilement imposée à la fin des années 50. A l'époque, cela a même été considéré comme un progrès. En réalité, ce plus était davantage le résultat d'un différenciel avec nos variétés qui n'avaient bénéficiées d'aucun travail de sélection. A ce jour, d'éminents chercheurs dénoncent la mystification hybride, technologie permettant surtout d'empêcher l'auto-reproduction de la semence par les agriculteurs.

- Avec les 0. G.M. nous en sommes à un autre stade de mise en dépendance des paysans:

1 - parce qu'en introduisant un gène dans une plante, c'est un pas vers le brevet, donc la propriété de la plante.

2 - La mise au point du brevet Terminator donne l'arme absolue au producteur de semence et la dépendance des paysans qui accepteront ou seront obligés d'entrer dans le système.

Enfin cette dépendance ne touche pas seulement les paysans mais aussi les consommateurs, car dans ce processus, et compte tenu des couts de ces technologies, seulement quelques firmes y auront accès, et se seront elles en définitive qui décideront des plantes qui seront développées et donc, du contenu de nos assiettes, cela est inacceptable.

IH - Le 3ème axe de cette stratégie de domination c'est la communication: ou l'art de la désinformation.

A tous les niveaux l'information déployée équivaut à de l'intox. Quelques exemples:

L'accord du 4 juillet 89 visant à interdire la semence de ferme: "c'est pour favoriser la recherche en achetant des semences certifiées". La réalité était d'accélérer la recherche en hybride et O.G.M. autrement dit, nous faire payer pour nous rendre prisonniers.

Dans les années 80, on nous annonçait les O.G.M. comme une révolution technologique sans précédent avec des plantes sur mesure, résistantes aux maladies, à la sécheresse, fixant l'azote de l'air, etc... que nous propose-t-on ? des plantes résistantes au désherbant qu'il nous faut acheter en paquet cadeau !

Depuis le lancement des O.G.M. on nous vante leur fiabilité, leur totale innocuité etc... Pourtant, il ne passe pas de semaine sans que cela soit démenti, le dernier en date, n'est-ce pas ce papillon migrateur le monarque" qui est sensible au pollen du mais B.T. ?

L'absence de transparence dans les essais pratiqués en France, ne sont pas de nature à nous rassurer, exemple : à Péré, petite commune de Charente Maritime, le maire informé qu'il existait un essai Monsanto sur sa commune, n'a pu obtenir aucune information sur la nature de l'essai. Pourtant Monsanto n'a pas été avare de pub pour endormir les consommateurs, à l'automne dernier. Même problème dans la commune de "Pouzier en Touraine", Indre et Loire, avec un essai de colza transgénique.

Le comble du mensonge n'est-il pas de prétendre que ces techniques couteuses que sont les O.G.M-, vont sauver les pays du sud ?

A cette stratégie s'ajoute la complicité et les ententes entre firmes phyto et semencières, pour lesquelles la société Novartis agro a été condamnée le 14 avril dernier, suite à une plainte de la C.N.D.S.F. et de ses membres.

Coton transgéniqueEn conclusion, aujourd'hui et dans l'état actuel des connaissances, nous ne pouvons que refuser les O.G.M. qui sont en fait un moyen de domination, et un instrument au service de l'agriculture industrielle. Les inconnus au niveau de la santé et de l'environnement ajoutent au refus.

Les O.G.M. sont incompatibles avec l'agriculture durable que nous voulons voir se développer qu'elle soit raisonnée ou biologique.

Les doutes, les interrogations, les refus qui se manifestent sur tous les continents, doivent servir à rassembler, pour faire contre-poids à cette nouvelle dictature financière et technologique.Copyright Médi GRIBI terresacree(at)francimel.com

Yves Manguy, Porte-Parole de la C.N.D.S.F. Tél. 05.45.31.03.69 Fax 05.45.29.65-00 D.S.F. : Coordination Nationale pour la Défence des Semences Fermières, B.P. 37 16700 Retour au sommet de la pageRUFFEC. Tél. 05.45.31.29.26. Fax 05.45.31.35.43

Bon pour impression. Texte communiqué par l'auteur.

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