Recul du lobby nucléaire : un "essai" à transformer?

 

Tout en bas! Ascenseur expressLa campagne commune aux 481 associations regroupées au sein du Réseau " Sortir du nucléaire " a servi de véritable détonateur. L'enjeu du renouvellement du parc nucléaire français, avec le réacteur nucléaire franco-allemand EPR, est devenu au fil des semaines un véritable enjeu politique. Ce thème a largement été développé et commenté dans les médias. Nous ne pouvons que nous féliciter d'avoir été à l'initiative de cette montée en puissance contre un projet couteux, dangereux et inutile.  Plus bas!

Au 6 octobre 1999, 68 908  signatures avaient été recueillies en provenance de la France entière et de nombreux pays étrangers sur les quatre continents. La synergie qui continue à se créer avec d'importantes organisations nationales et internationales est une nouvelle historique : pour la première fois depuis de très nombreuses années, l'ensemble du mouvement antinucléaire se retrouve derrière une même campagne. En Allemagne, toutes les plus importantes organisations (BBU, BUND ...) ont accepté de se mobiliser : 25 000 exemplaires sont en cours de diffusion et des traductions circulent en anglais, en espagnol, en italien et en breton ! Cette diffusion se rajoute aux 130 000 exemplaires qui continuent à être diffusés en France, sans compter les dizaines de milliers de documents sur le sujet diffusés par d'autres organisations nationales.   Plus bas!


Un récent sondage IPSOS des 20 et 21 août , paru fin août dans l'Evénement, nous encourage à élargir notre action : 54,1 % de la population se dit favorable à l'abandon progressif de l'énergie nucléaire contre 39,1 % défavorable (6,7 % ne savent pas).

Le prototype EPR : un cadeau de 25 milliards à Framatome

Nous avons  découvert dans un rapport de janvier 1999 (1) qu'EDF prévoit, en remplacement des centrales nucléaires actuelles, le fonctionnement de 35 réacteurs de 1750 MW de type EPR à l'horizon de 2050 ! Sans commentaire.    Plus bas!


Dans France Soir du 24 août 99, François Bouteille, responsable du programme EPR à Framatome, déclarait " il y a urgence, le processus de qualification et la construction d'une centrale demande du temps entre la décision et la mise en service." D'où l'inquiétude des responsables de Framatome pour qui "un refus d'engagement du gouvernement sur l'EPR serait lourd de conséquences." D'après l'Usine Nouvelle du 9 septembre 99, le site probablement retenu pour cet investissement de 25 milliards de francs serait Penly dans la Seine Maritime, mais Flamanville (Manche), Bugey (Ain) et Creys-Malville (Isère) restent en lice.

Pourtant la réalité de la situation énergétique de la France montre qu'il n'y a pas d'urgence à prendre une décision de renouvellement du parc nucléaire. En effet, la France est excédentaire pour sa production d'électricité et 10 réacteurs travaillent pour l'exportation. EDF investit plusieurs centaines de millions de francs pour remplacer les parties vieillissantes de ses centrales (générateurs de vapeur etPlus bas! couvercles de cuves fissurés) avec l'intention de maintenir ses réacteurs en fonctionnement pendant 40 ans. De plus, le   développement des technologies de la cogénération (production de chaleur et d¹électcité) et de l'efficacité énergétique en Europe devrait limiter la demande en électricité nucléaire. Dans ces conditions, le renouvellement du parc nucléaire ne devrait pas être envisagé avant 2025 et le prototype EPR ne serait en réalité  qu'un cadeau de 25 milliards avec de l'argent public à Framatome.

Un été aux multiples rebondissements   Plus bas!

Le 29 juillet 1999, le gouvernement annonçait le renforcement du contrôle public du capital de Framatome qui passe ainsi de 51 % à 80 % en rachetant les parts d'Alcatel qui se retire de ce secteur. Le montage consiste notamment à augmenter la participation de la COGEMA (compagnie générale des matières nucléaires), premier producteur mondial de combustible nucléaire, dans celui du numéro un mondial de la production de centrales nucléaires, Framatome. Dominique Strauss-Kahn, ardent défenseur des privatisations dans d'autres domaines, se fait l'avocat de la montée en puissance de l'Etat dans le capital de Framatome : "Nous sommes dans une bonne position stratégique pour pouvoir préparer des alliances dans le domaine du nucléaire" déclare dans La Tribune le ministre de l'Economie et des Finances, qui souhaite une industrie européenne du nucléaire. Et le ministre de se féliciter de la signature le 9 juillet dernier, de l'accord entre Framatome, EDF et la firme allemande Siemens en vue de renforcer leur coopération dans le domaine nucléaire et plus particulièrement pour le développement du projet EPR. Cet accord prévoit que Siemens et Framatome se partageront la fabrication de la centrale nucléaire tandis qu'EDF assurera l'ingénierie du système.   Plus bas!


Pour arracher la décision de lancement du programme EPR, le lobby s'efforce d'occulter les multiples défaillances des centrales en fonctionnement. Ainsi, le 27 juillet, un décret autorise le chargement du combustible du second réacteur de la centrale nucléaire de Civaux (Vienne). Inutile et dispendieux, la France étant déjà en situation de surproduction électrique, ce chargement s'avère en outre dangereux.
Le réacteur  numéro 1  de cette centrale, censé servir de modèle à l'EPR, a connu un sérieux incident le 12 mai 1998 à la suite d'une fuite du circuit de refroidissement.   Plus bas!


Fin août, à l'occasion des journées d'été des Verts, Dominique Voynet a estimé que si  "une décision irréversible était prise sans débat dans le domaine de l'énergie nucléaire alors, la première explosion nucléaire serait celle de la majorité plurielle". Elle marquait ainsi son inquiétude de voir le lobby nucléaire parvenir insidieusement à ses fins en poussant le gouvernement à accepter la construction d'un réacteur EPR. Le Premier Ministre a alors répondu qu' "aucune décision de cette importance ne saurait être prise sans un grand débat scientifique et démocratique " alors que de son côté, Jean Pierre Chevènement affirmait qu' "il faut faire l'EPR " se moquant de ceux qui entretiennent des " peurs millénaristes ". Marc Blondel a surenchéri estimant que " le vrai débat, c'est de savoir si la France persiste dans le progrès et la modernité ".

Recul du lobby nucléaire : un "essai" à transformer.    Plus bas!

Face à la volonté du lobby nucléaire industriel d'obtenir une décision du pouvoir politique de construire un prototype EPR avant la fin de l'année 1999, nous avons assisté à une montée en puissance du mouvement antinucléaire.

La volonté d'unir nos forces, pour ne pas se laisser imposer un nouveau réacteur nucléaire, s'est concrétisée par l'accord de nombreuses organisations politiques et associatives au projet des Verts d'organiser une manifestation le 28 novembre 1999 "contre un nouveau programme nucléaire et pour une alternative énergétique". La presse avait déjà relayé cette initiative et les militants organisaient déjà des bus dans la plupart des départements. Mais, lors d'un débat, le 13 octobre, organisé par le journal "Les échos", les dirigeants d'EDF et de Framatome, contrairement aux déclarations   Plus bas!
précédentes, annoncent qu'aucune décision politique n'est nécessaire pour l'EPR avant 2003. Ce revirement stratégique dans les demandes du lobby fait la une du journal "Libération" du lendemain puis l'objet d'un long article dans "Le Monde".

En dehors des raisons techniques et économiques déjà évoquées ci-dessus, d¹autres raisons ont certainement aidé à repousser le lancement de l¹EPR : opinion publique de plus en plus hostile au nucléaire, menace de départ de Dominique Voynet du gouvernement, montée en puissance de la mobilisation ...    Plus bas!


Dans ces conditions, le lobby nucléaire estime plus prudent de repousser le lancement de l¹EPR, après la présidentielle de 2002, plutôt que de prendre le risque d¹un recul du pouvoir politique. Nous ne sommes pas dupes. Le repli stratégique des industriels du nucléaire n'empêche pas Framatome et Siemens, après leur récent rapprochement dans les activités nucléaires, de continuer à travailler non seulement sur l'EPR mais aussi sur un autre type de réacteur de moindre puissance (réacteurs à haute température) qui serait plus facilement exportable. Pour toutes ces raisons, ce recul du lobby nucléaire doit être perçu comme un sursis plutôt que comme une victoire...   Plus bas!


Après cette annonce, la presse a relaté la position de Dominique Voynet   d¹envisager sérieusement l'annulation de la manifestation. Cette attitude a entraîné la volonté du Collège exécutif des Verts de la "reporter". Une majorité des membres du conseil d'administration du Réseau était au départ favorable au maintien d¹une manifestation, selon des axes à redéfinir, à condition que l'ensemble des organisations y participent. Dans la logique unitaire qui avait été engagée, le retrait des Verts remettait en cause les conditions de réussite d'une telle manifestation. Greenpeace et le Réseau ont alors pris la décision de ne plus appeler à manifester pour le 28 novembre. Nous reconnaissons volontiers que cette décision a été prise trop rapidement alors qu¹une consultation plus large aurait été nécessaire. Nous en prenons acte pour l¹avenir.

Poursuivre la montée en puissance        Plus bas!


Nous avons la certitude qu'un mouvement antinucléaire existe à nouveau en France et qu'il peut marquer des points contre le lobby nucléaire et continuer à le faire reculer. La dynamique engagée dans un travail commun avec toutes les organisations associatives ou politiques ne doit pas faiblir.
Il est indispensable de continuer à nous organiser pour rebondir, au printemps 2000, par une nouvelle initiative commune. Pourquoi pas autour du 26 avril 2000, date anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl ? Nous attendons vos propositions.

Qu¹en sera t-il du " large débat démocratique et scientifique " promis par Lionel Jospin ? L'idée en soit est bonne mais, pour l¹instant, rien n¹est venu expliciter ses propos. Ce large débat est attendu par les antinucléaires depuis le lancement du programme nucléaire. Une question quand même : donnons-nous le même sens que le premier ministre au mot : " débat " ?   Plus bas!


Ce débat citoyen nous l'amorçons avec la pétition contre le second programme nucléaire. Les 100 000 signatures sont sur le point d'être atteintes. Continuons à la faire signer. L'évolution de l'opinion publique ainsi que le temps dont nous disposons pour accentuer la mobilisation sont des atouts dont il nous appartient de tirer le meilleur parti.    Plus bas!


Le Conseil d'Administration du Réseau Sortir du nucléaire

Nous attendons vos réactions à : rezo@sortirdunucleaire.org  ou sur notre liste de diffusion : rezo.fr@netacces.com

Associations de défense du VivantRetour au sommet de la page

Energies propres; énergies sales

Jardin de la base


Vous avez aimé cette page. Partagez-la
avec vos ami(e)s sur les réseaux sociaux

Partager avec vos amis sur le réseau social Google Plus Partager avec vos amis sur le réseau social Linkedin S'abonner gratuitement au fil d'info RSS du vaisseau-mère de Demain l'Homme, ex SOS-planete


   

  











Citations d'Hommes justes

Vous pouvez nous envoyez les phrases
(d'Anciens ou non) qui vous semblent
aller de soi et participer à l'ouverture
des consciences


 

Wiki sur Terre - Sois acteur du changement - Demain l'Homme


 

NEWSLETTER

Abonnement gratuit à la
newsletter bimensuelle
confidentielle de Demain l'Homme

BOX EXPRESS

Transmettez par cette
voie votre récolte d'infos vraies
(lesquelles seront vérifiées)
 


Cet annuaire est mis à jour régulièrement par Cédric, président de l'Association. Il est facile d'y inscrire GRATUITEMENT votre site


Exprimez-vous librement sur ce site



LIVRE D'OR. Expression libre


Suivre le Flux RSS de Demain l'Homme
Accès aux 150 derniers articles de Demain l'Homme pour mobiles et PC