environnement, nature, vert, écologie, biologique, planète TerreREFLEXION

Compte-rendu du colloque sur le nucléaire et les biotechnologies organisé par Alternative Libertaire, Ecologie sociale et A contre courant

Tout en bas! Ascenseur express Samedi 4 décembre 1999, à Montreuil, avait lieu un colloque centré sur deux des thèmes majeurs qui intéressent l'écologie : le nucléaire et les O.G.M. A l'origine de cette initiative, que coorganisaient Ecologie sociale et A Contre-Courant, se trouvaient Alternative Libertaire, et en particulier Miguel Chueca, animateur de la revue Débattre et modérateur du colloque. La pluralité comme la qualité pédagogique et politique des différentes interventions ont fait de cet après-midi un précieux moment d'auto-formation et de réflexion collective.

Le débat sur le nucléaire réunissait cinq intervenants. Abraham Béhar, de l'Association des Médecins Français pour la Prévention de la Guerre Nucléaire, a montré qu'on ne pouvait dissocier les luttes contre le nucléaire militaire et les mobilisations contre le nucléaire civil. Car la volonté de mettre en place un armement nucléaire passe souvent par le développement de l'énergie nucléaire civile. Par ailleurs, certains pays signent des textes contre les armements nucléaires au niveau international, tout en destinant éventuellement "leur " propre bombe à un pays voisin (on pense aux relations conflictuelles entre l'Inde et le Pakistan).

Yann Cochin, de SUD-Energie, a insisté sur le "tournant commerçant " d'EDF, qui a consisté à trouver des débouchés pour la surproduction d'électricité. Il a, aussi, fait part des difficultés à militer au sein d'EDF pour un militant antinucléaire confronté aux "réflexes " productivistes de certains syndicats...

Notre ami Cyrille Gallion, de Poitiers, a ensuite expliqué comment, suite à l'accident survenu à la centrale de Civaux en mai 1998, s'était constitué un collectif d'individus, le C.L.A.P. (Collectif de Lutte Antinucléaire Poitevin), voué à la sensibilisation et à la mobilisation des habitants contre la centrale tandis que le collectif Stop-Civaux se dirigeait davantage vers une résistance de type juridique. C. Gallion a utilement rappelé le rôle qu'avait pu jouer "l'arrosage " financier des communes situées autour de Civaux par E.D.F.

Puis Jean Forchantre, de A Contre-Courant et du Collectif contre l'Enfouissement des Déchets Radioactifs (CEDRA), a décrit les différents types de déchets radioactifs, avant de rappeler les trois directions de recherche, en matière de déchets, que fixait la loi Bataille : - le stockage en surface  - la réduction de la radioactivité  - le stockage en profondeur. Très vite, 50 % des investissements prévus sont allés aux stockages en profondeur... D'où la recherche de sites, et, vu les mobilisations hostiles à leur implantation, la promesse faite par Bataille de verser 60 M de francs aux départements retenus (en l'occurrence la Meuse, la Vienne, le Gard) : la réaction des vignerons du Gard, notamment, a semble-t-il partiellement préservé ce département - qui accueillera peut-être un site en surface... Mais c'est Bure, dans la Meuse, qui a été choisi pour l'enfouissement des déchets radioactifs. L'ANDRA a refusé tout débat public, dissimulé certains aspects géologiques, et a "corrompu " la région en toute légalité, en l' "arrosant " financièrement.

Enfin, Roger Belbéoch, du Groupement des Scientifiques pour l'Information sur l'Energie Nucléaire (G.S.I.E.N.), a conclu le débat par une approche originale de la question, fondée sur la responsabilité juridique d'un éventuel accident nucléaire : il a montré qu'un certain nombre de dispositions limitaient la responsabilité des exploitants et des Etats en cas d'accident nucléaire (en France, le reversement aux victimes ne dépasserait pas... 5 milliards de francs). Il a rappelé, aussi, que la prise en compte des couts liés au programme nucléaire avait été tardive (c'est treize ans seulement après la création de la commission P.E.O.N. qu'un représentant du ministère des Finances y a été intégré). Et la possibilité de répondre à un accident grave - que les responsables d'E.D.F. n'excluent pas est drastiquement limitée par le fait que l'entreprise responsable est censée opérer elle-même la première évaluation des risques !

Le débat sur les OGM réunissait trois intervenants, le représentant de la Confédération Paysanne n'ayant étrangement pas été "autorisé " par ses amis à venir participer au colloque, semble-t-il et cela, d'une façon tout à fait inattendue.

Laurent Dianou est intervenu en tant que chercheur au CNRS. Il a dans un premier temps expliqué comment, aux Etats-Unis, bon nombre d'agriculteurs, qui jusque-là croyaient en la toute-puissance de l'agrochimie, ont "perdu la foi" quand ils ont réalisé que le rendement des cultures de coton transgénique etait inférieur a ce qui leur avait été promis. C'est selon lui une avancée considérable car, contrairement à celle de l'Europe, la réglementation américaine est faible. Il a ensuite mis en avant la dérive de certains scientifiques qui travaillent pour le secteur public et qui (suite à la baisse des investissements publics dans la recherche génétique) ont des liens et des intérêts communs avec des laboratoires pharmaceutiques ou du domaine agricole (C. Allègre leur ayant permis d'être a la fois consultants et gestionnaires). Ces chercheurs perdent ainsi leur indépendance et ignorent les citoyens. Enfin il a dénoncé la marchandisation du vivant, qui place la propriété au centre des recherches, et la mise sur le marché des OGM sans test préalable de leur innocuité : l'illustration de cette absurdité est un appel d'offre envisagé il y a peu, dans le but d'évaluer les risques des OGM sur l'environnement, la faune et la santé de la population à moyen et à long terme ! Pourquoi y penser seulement maintenant ?

Arnaud Apoteker (chargé de mission sur les OGM par Greenpeace, auteur du livre "Du poisson dans les fraises")a décrit les risques relatifs aux OGM, qui sont d'ordre :

-écologique, car ces organismes qui n'ont pas de prédateurs naturels, peuvent aboutir à une invasion quand l'éco-systeme est différent de l'original. A long terme, les mauvaises herbes qui accompagnent les cultures résisteront aux herbicides. Le maïs transgénique supposé réduire l'utilisation d'insecticide est un échec, puisqu'il déverse dans le sol des résidus de toxines en permanence.

- sanitaire, à cause des risques d'allergies dues aux nouvelles protéines et au flou en matière d'étiquetage.

- socio-économique : l'agriculteur n'est plus qu'un ouvrier au service d'une dizaine de firmes dans le monde.

- éthique, enfin, car si la vie n'est plus qu'une question de gènes, que devient la notion d'humanité ?

Philippe Boursier (Ecologie sociale) a montré que la question des OGM est indissociable de celle de l'expansion de la logique capitaliste :

  • le déploiement du capital vers les biotechnologies et le recentrage des firmes chimiques vers l'agroindustrie sont liés à une stratégie de restauration des taux de profits 
  • la banalisation des semences transgéniques vise à accroitre l'intégration et la dépendance de l'ensemble des paysans de la planète 
  • les OGM s'accompagnent d'une extension du domaine marchand et du droit de propriété à de nouveaux domaines du vivant.

Aux Etats-Unis, cette stratégie des firmes est soutenue par les politiques publiques. En Europe, la moindre diffusion des OGM est due à la plus grande résistance des citoyens et non à la présence de ministres verts dans quelques gouvernements. En France, c'est D.Voynet qui a annoncé l'autorisation du maïs Novartis. L'impuissance écologique des ministres "verts " produit néanmoins des effets idéologiques : d'une part le dévoiement du principe de précaution, d'autre part la mise en forme de nouvelles justifications du néo-libéralisme. Mais la résistance des mouvements citoyens aux OGM porte des perspectives nouvelles de transformation sociale car elle :

  • réhabilite l'action directe non-violente 
  • pose la dimension politique de la consommation 
  • suscite de nouvelles alliances (paysans, consommateurs, écologistes, etc.)
  • participe à la construction d'un nouvel internationalisme 
  • favorise le développement d'alternatives concrètes de production et de distribution.

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