TOUT EN BAS! Ascenseur expressh 25.05.2002

La naissance annoncée des premiers clones humains

  Le gynécologue italien Severino Antinori

"Nous avons donc décidé que l'annonce ne sera faite que lorsque dix enfants issus de cette technique auront atteint l'âge de deux ans. "

Source : ARTICLES PARUS DANS L'EDITION DU MONDE DU 25.05.2002

Dans un entretien au "Monde", le professeur Severino Antinori affirme que
trois enfants conçus par clonage verront le jour en décembre 2002 ou en
janvier 2003. Le spécialiste italien n'est plus le seul à postuler que ce
procédé permettra de lutter contre la stérilité.
 
Sabaudia (Italie) de notre envoyé spécial

Lors du congrès médical international qu'il a organisé du 19 au 22 mai à
Sabaudia, station italienne renommée de la côte tyrrhénienne, le très
controversé professeur Severino Antinori (université Torvergata, Rome) a
confirmé son intention de développer au plus vite le clonage reproductif
dans l'espèce humaine afin de pallier certaines formes, aujourd'hui
incurables, de stérilité.

Il a aussi affirmé que trois femmes, actuellement enceintes d'embryons
conçus selon cette technique, doivent accoucher en décembre 2002 ou janvier
2003. Après s'être rendu célèbre pour avoir permis à de nombreuses femmes
ménopausées de donner naissance à des enfants, le gynécologue-obstétricien
romain relance donc une nouvelle fois la controverse sur le clonage
reproductif, pratique unanimement condamnée par l'ensemble des institutions
nationales et internationales.

Consacrée aux progrès présents et à venir dans la lutte contre la stérilité,
la rencontre de Sabaudia a permis de montrer que le professeur Antinori
n'était pas, tant s'en faut, le seul spécialiste à estimer que le clonage
reproductif ne justifiait pas l'anathème international dont il fait l'objet
et que le jour n'était pas si lointain où cette technique ferait
officiellement partie de l'arsenal de la lutte contre la stérilité et
l'infertilité humaines.

C'est d'ailleurs pour défendre ce point de vue que le professeur Antinori
vient de créer l'"association mondiale de la médecine reproductive", qu'il
préside avec Paul Dmowsky (Chicago), Izu Eibschitz (Haïfa) et Yuri Verlinsky
(Chicago). Plusieurs dizaines de spécialistes, jusqu'alors adhérents d'une
autre association internationale qui regroupe les meilleures équipes
travaillant dans les centres privés de reproduction assistée, ont rejoint
ses rangs.

Lors d'un "forum" organisé à Sabaudia, les membres de cette nouvelle
association mondiale de la médecine reproductive ont développé leurs
arguments en faveur du clonage reproductif. "Nous estimons, a expliqué le
professeur Eibschitz, que le clonage de l'espèce humaine permettra de lutter
contre certaines maladies et d'aider les couples stériles. Cette technique a
de très grandes potentialités. Mais, a-t-il précisé, en matière de
reproduction, le choix d'avoir ou non recours au clonage ne pourra résulter
que d'un débat ouvert et multidisciplinaire dans lequel les couples
concernés devraient avoir droit à la parole." Les participants à ce forum
ont cependant rappelé que rien, en pratique, ne séparait la technique du
clonage thérapeutique de celle du clonage reproductif et que l'on ne pouvait
pas, en toute logique, être favorable au premier et condamner le second.
Dans les deux cas, il s'agit de procéder au transfert du noyau d'une cellule
prélevée sur un organisme adulte dans un ovocyte énucléé, de manière à
obtenir un embryon humain in vitro.

RÉPONSE THÉRAPEUTIQUE

Lors d'un clonage thérapeutique, on détruit cet embryon à un stade précoce
de son développement de manière, d'une part, à obtenir et à développer des
lignées de cellules souches et, de l'autre, à mettre au point de nouvelles
thérapeutiques régénératrices contre des affections aujourd'hui incurables.
Pour le professeur Antinori et ceux qui partagent ses convictions, les
embryons ainsi obtenus peuvent également fournir une forme de réponse
thérapeutique à la stérilité d'un couple dès lors qu'au lieu de les détruire
on procède à leur transfert in utero. Tout en exposant dans le détail les
arguments avancés par tous ceux qui, pour des raisons éthiques ou
scientifiques, s'opposent à la création d'êtres humains par clonage les
participants au forum de Sabaudia estiment être en mesure de démontrer que
les leurs doivent prévaloir.

Le clonage reproductif serait condamnable, affirment certains, du fait que
l'enfant serait le " jumeau"de la personne chez laquelle on a prélevé la
cellule ? C'est oublier, rétorquent d'autres, que son patrimoine héréditaire
comportera une fraction issue de la femme chez qui on aura prélevé un
ovocyte. Le clonage menacerait-il l'équilibre familial ? C'est faire bien
peu de cas de la liberté de choix de chacun et des couples, soulignent les
promoteurs du clonage.

LA LIBERTÉ DE LA RECHERCHE

Condamner le clonage reproductif serait aussi s'opposer à la liberté de la
recherche scientifique et interdire la possibilité d'une perpétuation de la
vie en cas de catastrophe, naturelle ou provoquée par l'homme. Et, à ceux
qui invoquent les limites techniques actuelles du clonage, les scientifiques
participants à ce forum rappellent que les procédés actuels de procréation
médicalement assistée nécessitent également de grandes quantités d'ovocytes.
Ils soulignent également que la plupart des anomalies observées chez les
animaux clonés sont le fait de mauvaises conditions des cultures
embryonnaires alors que les milieux de culture des embryons humains ont,
depuis un quart de siècle, fait l'objet de nombreux et notables progrès. Ils
rappellent enfin les grandes différences existant dans la physiologie de la
reproduction chez les mammifères et qui font que la manipulation des
cellules sexuelles apparait beaucoup plus aisée chez l'homme que dans
d'autres espèces.

Quoi qu'on pense de la position qu'ils défendent, les partisans du clonage
reproductif présents à Sabaudia développent ainsi des arguments qui peuvent
sans doute être contestés, mais qui ont le mérite de s'inscrire dans une
démarche objective à visée thérapeutique. Ils se démarquent de ce fait d'une
autre entreprise de clonage humain, annoncée par l'Eglise raélienne.

Dans les couloirs du palace où était organisée la rencontre, on a aussi
longuement évoqué les tentatives secrètes de clonage humain qui seraient en
cours dans différents pays comme le Brésil et la Chine et qui, réussies ou
non, ne devraient pas, à court terme du moins, faire l'objet de
communications scientifiques.

Jean-Yves Nau
 

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L'enfant à venir de l'Eglise raélienne

 
En matière de clonage humain, il faut compter avec l'Eglise raélienne, un
mouvement fondé sur la croyance dans l'existence de plusieurs mondes habités
et de visiteurs de l'espace et d'extraterrestres. Pour celui-ci, les acquis
de la biologie, et notamment de la biologie moléculaire, sont autant
d'éléments plaidant en faveur de ses thèses, opposées à la théorie
évolutionniste.

 

La matérialisation du projet raélien de clonage humain
résulte d'une rencontre avec un couple américain qui a perdu un enfant de
dix mois à la suite d'une erreur médicale. Ces parents - qui ont déjà deux
autres enfants - tiennent à "recréer" ce bébé afin qu'il "poursuive sa vie"
prématurément et injustement interrompue. Ils ont décidé de consacrer à ce
projet les sommes importantes provenant du procès qu'ils ont gagné contre
l'hôpital où est décédé leur enfant. En juin 2000, ils ont pris contact avec
les raéliens. Et quoiqu'ils n'appartiennent pas à la secte, un accord a pu
être trouvé : c'est leur enfant que les raéliens tentent actuellement de
cloner.

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU MONDE DU 25.05.2002

La secte des Raëliens tente les premières grossesses

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"A moyen terme, le clonage trouvera sa place"

Depuis plusieurs mois, vous multipliez les déclarations concernant la
possibilité d'avoir recours à la technique du clonage dans l'espèce humaine
pour lutter contre certaines formes de stérilité résistant à toutes les
thérapeutiques actuellement disponibles. vous annoncez également que des
femmes sont enceintes après transfert in utero d'embryons conçus in vitro
par cette technique. qu'en est-il exactement ?

Je confirme que trois femmes sont aujourd'hui enceintes, deux en Russie et
la troisième dans un autre pays, après implantation in utero d'embryons
humains obtenus à partir de la technique du transfert nucléaire, et que les
naissances devraient survenir en décembre 2002 ou en janvier 2003.

Il y a un an déjà, une telle grossesse avait été obtenue, en Russie, mais
elle s'était conclue par une fausse couche. Pour le reste, je sais que de
nombreuses rumeurs circulent évoquant l'existence d'autres grossesses
similaires, mais je n'en ai aucune confirmation même si les informations en
provenance de Chine semblent très vraisemblables.

Etes-vous, directement ou non, impliqué dans l'obtention des trois
grossesses que vous évoquez ?

Je suis effectivement à l'origine d'un réseau de spécialistes qui souhaitent
pouvoir mettre en ouvre la technique du transfert nucléaire comme méthode
permettant de lutter contre certaines formes de stérilité. Ce réseau
multidisciplinaire compte, entre autres spécialistes, le biologiste
américain Pavos Zanos ainsi que deux chercheurs britanniques de grand renom
qui souhaitent conserver l'anonymat. Nous tenons compte du fait que certains
pays n'interdisent pas la mise en ouvre de cette technique sur leur sol.
Malheureusement, depuis l'annonce de cette initiative, nous sommes devenus
la cible de tous les talibans qui entendent s'opposer au progrès.

Les médias seront-ils informés des naissances de ces enfants ?

Dans un tel contexte, vous comprendrez que nous devons faire preuve de la
plus grande prudence. Qui, face à une telle opposition mondiale, aurait le
courage d'annoncer la naissance d'un enfant obtenu après clonage au
lendemain même de sa naissance ? Quel couple aurait le courage de dire à la
face du monde que son enfant est le premier à avoir été conçu de la sorte ?
Ce serait en outre exposer cet enfant à une pression si forte qu'il ne
pourrait qu'en pâtir. Nous avons donc décidé que l'annonce ne sera faite que
lorsque dix enfants issus de cette technique auront atteint l'âge de deux
ans. Nous ferons alors une conférence de presse dans le cadre d'un grand
congrès médical et scientifique mondial.

Que répondez-vous à ceux qui estiment que vos déclarations répétées sur le
thème du clonage après vos "premières" contestées concernant la gestation de
femmes ménopausées sont avant tout le fruit de préoccupations mercantiles ?

Mes cinq avocats veillent à ce que je ne sois pas victime de propos
diffamatoires. Pour ma part, j'ai été profondément surpris, déçu, choqué, de
certaines déclarations, comme celles de Bernard Kouchner me qualifiant dans
vos colonnes de "docteur Foléthique". Il est dans le même camp que ceux qui,
il y a un quart de siècle, condamnaient Robert Edwards et sa première
tentative réussie de fécondation in vitro. J'ai porté plainte contre lui
devant le tribunal de Rome pour provocation et incitation à la violence.

Comprenez bien que je le fais pour aider la France à lutter contre
l'évolution autoritariste dont elle souffre. Je suis malheureux de voir des
patientes françaises faire le voyage à Rome pour me demander de mettre en
ouvre ce qu'on leur refuse dans leur pays. Vos lois de bioéthique stipulent
que les techniques d'assistance médicale à la procréation ne peuvent
bénéficier qu'aux couples composés d'un homme et d'une femme en âge de
procréer, elles ne sont plus adaptées à l'évolution du savoir, des
techniques et de nos sociétés. Au-delà des fantasmes de la duplication des
êtres, je suis intimement convaincu qu'à court ou moyen terme le clonage
trouvera sa place dans l'arsenal des techniques contre la stérilité humaine.
Contrairement à ce que laissent entendre mes ennemis, je ne suis pas fou et,
en tant que médecin, je suis fier et heureux de pouvoir continuer à
participer au développement de la science et du progrès.

Propos recueillis par Jean-Yves Nau

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L'exemple même du faux progrès

Interrogé par Le Monde à propos de la plainte déposée contre lui par le
professeur Antinori, Bernard Kouchner a déclaré ne pas vouloir polémiquer
avec ce médecin italien qu'il qualifie d'"apprenti sorcier". "En matière de
clonage, j'accompagne ce que je considère comme étant le vrai progrès
scientifique et médical, c'est-à-dire le clonage thérapeutique. Je l'ai fait
alors que le gouvernement auquel j'appartenais avait fait malheureusement un
choix contraire, explique M. Kouchner. Pour moi, le clonage reproductif est
l'exemple même du faux progrès, du progrès qui aliène, qui assujettit
l'enfant à une personne et lui interdit d'être issu d'un couple." Pour
l'ancien ministre de la santé, le clonage reproductif ne peut être présenté
comme un traitement de la stérilité.

"L'impossibilité d'avoir un enfant ou le désir exacerbé d'enfant ne doit pas
ici prévaloir, estime M. Kouchner. La France et l'Allemagne ont, face aux
menaces qui se précisent, déjà engagé une démarche en ce sens. Une première
réunion s'est tenue en août 2001 à l'ONU, une convention est prévue en
septembre et, après une discussion très approfondie devant l'Assemblée
générale des Nations unies, nous nous dirigeons fort heureusement vers une
prohibition universelle du clonage reproductif dans l'espèce humaine."


ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU MONDE DU 25.05.2002

Merci à Catherine Roux "rcathe4213@wanadoo.fr"

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https://www.terresacree.org   

L'actualité des clones

Le saviez-vous? Les forêts tropicales perdent plus de 17 millions d'hectares par an, l'équivalent du tiers de la France. En 2020, il ne devrait plus rester aucune trace de cet environnement naturel, le plus diversifié de la planète.


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