Yvan Marzin que nous remercions du fond du coeur pour son excellent travail b�n�vole (juillet 2002).

TOUT EN BAS! Ascenseur expressLes m�decines traditionnelles, entre gu�rison et initiation

 

 

Traditional medicines, between curing and initiation

nature, environnement, �cologie, bio, vertTraditional medicines, between curing and initiation

 

 

Vos r�actions � ce sujet :

De Dana  dana@mascaret.org le 21 juillet 2005 : merci pour cet article intelligent, pos� et plein de bon sens. C'est un vrai bonheur que de pouvoir lire et partager des choses aussi justes.
Merci  � Catherine Bourgeois du fond du coeur.

 

De J.Y. Gauthier, le 14 ao�t 2006 : Le sujet m�decines traditionnelles entre gu�rison et initiation est trait� de mani�re excellente par Catherine Bourgeois et m�rite des �loges . Il est �crit avec simplicit�, pertinence et une grande rigueur . Voil� un tr�s bel article plein de bon sens et si int�ressant � lire.
J.Y. Gauthier
 

De Catherine bourgeois pour Terre Sacr�e le 21 Juillet 2005.

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Les gu�risseurs d'Amazonie disent qu'ils ont acquis leur savoir au contact des plantes qui leur parlent. Pour acc�der � cette compr�hension, il est n�cessaire de mettre en veilleuse transitoirement notre envahissante rationalit� et un sens critique exacerb� et d'accepter de nous laisser guider. Le gu�risseur lui-m�me passe par un processus d'initiation qui le confronte � son ombre, � sa mort ou � ses morts...

Donc, les plantes parlent !

Dans le cadre de cette approche des m�decines traditionnelles le travail se fait d'abord sur le corps et � travers lui, secondairement, sur les affects et le mental. Le corps garde les archives de notre histoire personnelle et bien au-del� une sorte d'engrammation des h�ritages des parents, des anc�tres, de la culture, des fondements de l'�tre humain, de l'univers et de la vie en g�n�ral. L'homme porte le monde en lui. Un certain nombre de techniques utilis�es par les gu�risseurs permettraient, en quelque sorte, une relecture ou une lecture des archives inscrites dans notre corps.

L'initiation servirait � relire son pass�, � d�coder son avenir et � int�grer dans un sens et dans un contexte beaucoup plus vastes celui de notre propre existence. Parvenir � se replacer dans une dimension universelle permettrait ainsi le surgissement de la vraie gu�rison.

Les traditions enseignent qu'au-del� de ce "monde-ci", du quotidien, de la manifestation incarn�e,  existe un "monde-autre", celui du Soi, des Dieux, du Ciel, des Arch�types, de l'Inconscient ... toujours pr�sent et actif mais pas accessible de fa�on permanente, sauf lors du franchissement  d'un seuil de conscience, d'une porte symbolique. Ce passage peut se faire de mani�re spontan�e, par le r�ve ou par exemple lors d'un accident d'anesth�sie pendant une intervention chirurgicale.

En m�decine traditionnelle, ce franchissement se r�alise intentionnellement au moyen de pratiques rituelles induisant une sortie de la conscience ordinaire et o� souvent les plantes jouent un r�le central. L'id�e est donc de visiter ce "monde-autre" pour ensuite proc�der � l'int�gration dans ce "monde-ci � des informations acquises lors du � voyage �. Les �tats modifi�s de conscience dans cette perspective ne sont pas simplement des fuites et des envol�es du r�el mais ont toujours comme finalit� le retour � l'ici et maintenant. Donc il s'agit au bout du compte de se recentrer dans l'int�gration au pr�sent, dans notre incarnation.

Le "monde-autre" est un monde peupl�, habit� par un certain nombre de forces, �nergies, �tres manifestant un degr� d'autonomie envers notre univers et qu'on nomme aussi dieux, esprits, d�mons, entit�s ou arch�types... En passant ce seuil, le contact peut ainsi s'�tablir avec ces puissances invisibles susceptibles de nous informer et d'intervenir sur nous et dans notre vie. Cette communication peut donc �tre ou enrichissante ou dangereuse, d'o� l'importance de ne pas faire d'explorations dans le "monde autre" de mani�re anarchique ou chaotique mais en instituant un cadre rituel pr�cis et efficient qui requiert de l'exp�rience et une grande  ma�trise.

L'int�r�t en est de comprendre que l'homme est ins�r� au sein d'un vaste univers avec d'autres portes, d'autres entit�s, d'autres �nergies, d'autres dimensions avec lesquelles l'homme doit g�rer des relations, n�gocier, communiquer.

S‘il y a beaucoup de plantes en Amazonie, la plante principale symbolisant les m�decines traditionnelles est l'Ayahuasca du vocable quechua � aya � (mort) et � huasca � (corde). L'Ayahuasca est donc la � corde des morts ou de la mort �, la liane qui permet la communication avec le monde situ� au-del� de la mort.

Traditionnellement dans la culture amazonienne, une des fonctions essentielles de l'Ayahuasca est de permettre d'entrer en contact avec des personnes d�c�d�es, de converser et d'�changer avec elles.

Le breuvage Ayahuasca est le m�lange de deux plantes : la liane Ayahuasca et un additif qui est souvent  constitu� des feuilles de l'arbuste Chacruna. La Chacruna prise seule donne surtout des ph�nom�nes lumineux mais structure assez peu le mat�riel visionnaire. L'information, l'apprentissage est fourni essentiellement par la liane Ayahuasca qui, de ce fait, donne son nom au m�lange. Les alcalo�des de la Chacruna (DMT) sont inhib�s au niveau digestif par une enzyme, la Mono-amine-oxydase (MAO). Les alcalo�des de l'Ayahuasca inhibent � leur tour cette MAO et ainsi laissent passer la DMT dans le flux sanguin. La � lumi�re � de la chacruna va alors � �clairer � les informations de l'Ayahuasca, donnant ainsi des visions coh�rentes pour le sujet. On comprend qu'il s'agit l� d'une haute technologie qui ne rel�ve ni du hasard ni de l'improvisation. On ne peut que s'�tonner que cette sophistication biochimique d'une rare efficacit�, r�cemment d�couverte en Occident, soit connue depuis des mill�naires par les indiens d'Amazonie. 

L'alcalo�de principal de l'Ayahuasca a �t� d�couvert dans les ann�es 1920 et a d'abord �t� appel� � t�l�pathine � du fait de ses effets �tonnants sur le psychisme observ� par les scientifiques. La forme naturelle d'usage de l'ayahuasca garantit l'intervention d'un ph�nom�ne d'autor�gulation par le respect des barri�res naturelles de l'organisme, digestive et neurologique. L'Ayahuasca, comme toutes les pr�parations visionnaires v�g�tales (avant mal d�sign�es par le qualificatif p�joratif et faux � d'hallucinog�nes �), n'induisent aucun ph�nom�ne de d�pendance. Il n'existe donc pas d'addiction � l'Ayahuasca qui, par ailleurs, n'est jamais mortelle, m�me � tr�s hautes doses.

Au vu de cette complexit�, on comprend que la ma�trise de l'Ayahuasca requiert bien davantage que  d'avoir assist� � quelques sessions. Les difficult�s de l'exploration du monde-autre demandent humilit� et patience et la pr�sence d'un guide �clair� et exp�riment�. La formation prend des ann�es et demande de longues p�riodes de di�tes, je�nes et abstinence sexuelle, avec un exigent travail sur soi-m�me, autrement dit une puissante vocation, toujours � renouveler.

Les initiations dans les tribus ou groupes ethniques amazoniens sont pr�c�d�es de l'enseignement aux enfants et aux jeunes des grands mythes de la cosmogonie amazonienne.

Les rites de passage � l'adolescence ou � la pubert� font appel � l'usage ritualis� de plantes psychoactives o�, � travers les visions et �tats modifi�s de conscience, ils peuvent v�rifier l'authenticit� de ces figures de la mythologie qui leur a �t� transmise.

Les m�decines traditionnelles amazoniennes, dans leur forme la plus �volu�e, supposent l'induction contr�l�e de modification de la conscience permettant d'explorer l'univers int�rieur de l'individu qui co�ncide au sein de l'exp�rience avec les structures de l'univers ext�rieur. Les formes du "monde-autre", esprits de la nature ou entit�s spirituelles refl�tent symboliquement les forces internes qui nous habitent. De ce fait, la dualit� ext�rieur/int�rieur se dissout.  

La majeure partie des plantes utilis�es dans le contexte initiatique amazonien sont purgatives, induisant vomissements, diarrh�es, sueurs ... L'Ayahuasca, simultan�ment a ses effets visionnaires permet un travail de nettoyage du corps et � ce titre est appel�e � purga � (la purge) par les gu�risseurs. Ils consid�rent que leur travail n'est pas tant d'induire des �tats modifi�s de conscience mais plut�t de permettre au corps d'�tre de plus en plus propre et ainsi que les � canaux � puissent �tre d�bouch�s aux fins de recevoir l'information de l'int�rieur. Le travail sur le corps est donc essentiel  et passe par la purgation ou purification. Ce travail sur le corps doit n�cessairement �tre suivi d'un travail d'int�gration des informations acquises, une concr�tisation dans le quotidien.

Tout travail initiatique d'exploration du monde-autre dans le concept des m�decines traditionnelles est bas� sur le � on y va, on en revient et on int�gre �. Les grands gu�risseurs amazoniens sont des paysans, ils se l�vent le matin, vont cultiver leurs champs, ont une famille et s'occupent de leur maison... et puis une fois par semaine, deux fois, trois fois, ils font leurs exp�riences. Ils ont des phases d'isolement dans la for�t o� ils acc�dent � des �tats modifi�s de conscience induits par diff�rentes techniques et par les plantes, puis ils reviennent � leur vie quotidienne. Ce va-et-vient, ce contrepoint ou passage entre les mondes est permanent. L'�change ne cesse jamais. Le travail initiatique n'est donc pas une �vasion vers des r�alit�s diff�rentes mais l'acceptation pleine de l'incarnation. Il s'agit d'une exploration lointaine ex�cut�e rituellement pour mieux en revenir et ainsi enrichir la vie quotidienne.

Pour acc�der � ce v�cu, le rite est absolument n�cessaire. L'�ventuelle complexit� des manifestations sensibles d'ordre symbolique (mots, gestes, parfums, chants...)  rel�ve d'une rigoureuse � technologie du sacr� �, op�ratoire et appropri�e au contexte et, dans ce cas, � la plante utilis�e. La forme ou structure rituelle permet d'instaurer un lieu sacr� qui sert de � sas � entre les mondes et o� peuvent co�ncider les espaces-temps. L'ouverture de cette porte permet d'entrer et circuler dans le "monde-autre" mais surtout d'en revenir.  

L'Ayahuasca sous cet angle peut �tre d�finie comme une plante-v�hicule qui permet d'entreprendre ce voyage.  La conduite de ce v�hicule, donc le rituel,  est en partie impos�e par la structure �nerg�tique de la plante. Chaque plante poss�de une structure tr�s particuli�re, une matrice �nerg�tique que les gu�risseurs d�signent pr�cis�ment du nom de � madre � (m�re). L'Ayahuasca montre une �nergie typiquement f�minine non rationnelle et est souvent visualis�e sous la forme symbolique d'une "femme sans t�te".

L'usage correct de l'Ayahuasca peut permettre un meilleur discernement sur sa propre vie et par l� m�me d'op�rer des choix latents, de d�finir des options plus claires. L'acc�s au � monde-autre � r�v�le une dimension transcendante de notre existence et de la vie en g�n�ral.

La disparition en Occident des espaces d'initiation authentique et de sacralit� induisent les adolescents � qu�ter � sauvagement � par eux-m�mes des rites de passage. Cette aspiration � l'exploration du � monde-autre � semble une n�cessit� intrins�que � la nature humaine. Non satisfaite, cette soif de sens, de transcendance, conduit � des tentatives maladroites voire dangereuses d'auto-initiation. La disposition massive sur le march� de la consommation moderne de substances psychoactives, l�gales ou ill�gales, facilite sinon encourage le passage � l'acte. Cependant, toutes les pr�cautions du savoir-faire mill�naire indien sont n�glig�es : usage de substances inad�quates, addictives, mal dos�es, sans guide, sans pr�paration pr�alable, sans rituel rigoureux, sans int�gration ult�rieure des exp�riences... La toxicomanie na�t de cette ignorance-arrogance occidentales en ce qui concerne la ma�trise des ph�nom�nes de la conscience. Dans le m�me temps, la reprise correcte de ces auto-initations sauvages chez des toxicomanes par des techniques correctives avec usage de plantes purgatives et psychoactives non addictives, comme l'Ayahuasca, montrent des r�sultats extr�mement encourageants dans des exp�riences de terrain.

Le temps est sans doute venu o� les savoirs ancestraux sont � m�me de nous permettre de red�couvrir comment respecter la nature et notre propre nature humaine. Ceux-ci n�cessitent aussi notre aide afin de sortir de l'ostracisme dans lequel ils se trouvent, de r�cup�rer leur dignit�, de pr�server leurs territoires et leurs traditions, de s'�largir � l'in�vitable dimension de l'universalit� sans y perdre leur �me. La rencontre des m�decines traditionnelles et du monde occidental peut devenir un enrichissement mutuel et une source de f�condation r�ciproque.

environnement, nature, �cologique, bio

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