Yvan Marzin

TOUT EN BAS! Ascenseur expressPlus de 15600 espèces menacées sur la Liste rouge 2004

 

 

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auteur : Union mondiale pour la nature. 18/11/2004

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Du puissant requin à l'humble grenouille, force est de constater que la diversité biologique de la planète s'appauvrit à un rythme sans précédent. Il incombera aux mille et quelque organisations membres de l'UICN participant au 3 ème Congrès mondial de la nature de l'UICN , qui débute aujourd'hui à Bangkok, de rechercher des moyens pour mettre un terme à cette crise grandissante de l'extinction.

L'état de la diversité biologique mondiale s'aggrave nettement et les 4000 à 5000 participants, représentant notamment le secteur privé et des organisations gouvernementales et non gouvernementales, chercheront des moyens de renverser cette tendance. Ils attireront notamment l'attention de la communauté internationale sur le fait que la disparition des espèces a des implications cruciales pour le bien-être de l'homme et que la préservation de la diversité biologique est indispensable pour gérer les risques que cela peut engendrer pour le développement durable.

Il y a de bonnes nouvelles. Les mesures de conservation ont déjà donné des résultats positifs et un quart des espèces d'oiseaux menacés de la planète en ont bénéficié. Mais il faut les multiplier et mieux les cibler grâce aux informations toujours plus précises dont nous pouvons disposer. Il faut donc davantage de ressources, les utiliser de façon plus efficace, et créer de nouvelles coalitions à travers tous les secteurs de la société.

Voici quelques uns des principaux messages que l'on peut retirer de l'ouvrage intitulé A Global Species Assessment, basé sur la version 2004 de la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées et publié conjointement avec celle-ci. Il s'agit de la plus importante évaluation jamais entreprise de l'état de la diversité biologique mondiale. Cette évaluation est le fruit du travail du Consortium de la Liste rouge, composé de l'UICN et de sa Commission de la sauvegarde des espèces, de Conservation International et de son Center for Applied Biodiversity Science, de BirdLife International et de NatureServe.

Ce document met en évidence les tendances en matière de diversité biologique sur les quatre dernières années depuis la dernière analyse d'envergure, réalisée en 2000, et comprend, pour la première fois, une évaluation complète des amphibiens, des cycadées (un ancien groupe de végétaux) et des conifères, ainsi que des études de cas régionales. Elle met également en évidence les espèces dont le risque d'extinction est majeur, en précisant leur aire de répartition et les menaces auxquelles elles sont confrontées .

"Les gouvernements commencent à apprécier la valeur de la diversité biologique et son rôle essentiel pour le bien-être des populations. Les espèces fournissent des aliments, des médicaments, des combustibles et des matériaux de construction; elles contribuent à filtrer l'eau, à décomposer les déchets, à produire les sols et à féconder les plantes cultivées. Cette réalité est de plus en plus admise mais les gouvernements doivent mobiliser beaucoup plus de ressources. Le secteur privé a également un rôle central à jouer en veillant à rechercher et en promouvant une utilisation durable des ressources naturelles vivantes de la planète," a déclaré M. David Brackett, Président de la Commission de la sauvegarde des espèces de l'UICN.

Le Congrès de l'UICN, le plus important forum environnemental démocratique au monde, joue un rôle essentiel puisqu'il permet d'apporter au processus décisionnaire en matière de développement les connaissances relatives à la diversité biologique. Il établira les priorités de conservation pour les quatre prochaines années.

En 1996 il avait été indiqué qu'une espèce d'oiseaux sur huit (12%) et une espèce de mammifères sur quatre (23%) étaient menacées d'extinction (entrant dans les catégories En danger critique d'extinction, En danger ou Vulnérable). A cette sinistre énumération s'ajoute maintenant une espèce d'amphibiens sur trois (32%) et près de la moitié (42%) des espèces de tortues, qu'elles soient terrestres ou aquatiques.

Les amphibiens dépendant de l'eau douce, leur déclin catastrophique doit être interprété comme un signal d'alarme pour ce qui est de l'état des ressources en eau de la planète. On connaît moins l'état des habitats d'eau douce que celui des habitats terrestres mais les données disponibles montrent qu'il est tout aussi dégradé. Plus de la moitié (53%) des poissons d'eau douce endémiques de Madagascar sont menacés d'extinction.

Les profondeurs océaniques n'offrent qu'un refuge limité aux nombreuses espèces marines proches de l'extinction du fait d'une surexploitation. Parmi les espèces de requins et de raies qui ont fait l'objet d'une évaluation, près d'une sur cinq (18%) est menacée.

De nombreuses espèces végétales ont également été évaluées, mais seuls les conifères et les cycadées l'ont été de façon exhaustive, avec 25% et 52% d'espèces menacées respectivement.

Pour la première fois, l'évaluation comprend l'Indice liste rouge, un nouvel outil permettant de mesurer les tendances en matière de risque d'extinction. Il met en effet en évidence, pour un groupe particulier, l'évolution globale de la menace dans le temps (risque d'extinction projeté) . Cet indice deviendra un outil majeur pour mesurer les modifications de la diversité biologique. Un indice liste rouge est actuellement disponible pour les oiseaux et les amphibiens et montre que leur état s'est constamment dégradé depuis les années 1980.

«On sait déjà que 15.589 espèces sont menacées d'extinction mais il s'agit là d'une sous-estimation importante de leur nombre véritable car seule une petite partie des espèces connues ont fait l'objet d'une évaluation. Beaucoup reste à faire pour mieux connaître des habitats particulièrement riches en espèces, tels que les forêts tropicales ou les écosystèmes d'eau douce ou marine, ainsi que certains groupes revêtant une importance majeure pour la diversité biologique, comme les invertébrés, les végétaux et les champignons » a déclaré Craig Hilton-Taylor, Chargé de Programme pour la Liste rouge.

Que ce soit directement ou indirectement, le déclin des espèces est essentiellement dû à l'homme. La destruction et la dégradation des habitats constituent les principales menaces mais il faut y ajouter la surexploitation aux fins de production alimentaire ou pour le commerce des animaux de compagnie ou des produits médicamenteux, l'introduction d'espèces, la pollution et les maladies. Le changement climatique est également de plus en plus incriminé.

"Il est évident que les menaces pesant sur nos espèces sont sérieuses et s'aggravent. Nous pouvons continuer à évaluer et à déplorer la perte de la biodiversité mondiale ou nous pouvons agir ! Nous devons redéfinir et repenser la manière dont la société doit réagir à cette menace mondiale" estime Achim Steiner, le Directeur général de l'UICN.

"L'Homme est responsable de la plupart des menaces qui pèsent sur la biodiversité et l'Homme seul pourra permettre d'éviter que de nombreuses espèces ne s'éteignent. Il y a de nombreux exemples d'espèces sauvées alors qu'elles étaient au bord de l'extinction comme le rhinocéros blanc du Sud et le putois à pieds noirs et, tout autour de la planète, des milliers de personnes totalement dévouées font de leur mieux pour renverser la tendance actuelle. Mais cela ne peut pas continuer à être la responsabilité de la communauté environnementale uniquement. Les gouvernements et les entreprises doivent également s'investir" a-t-il ajouté.

Depuis la publication de la Liste rouge 2003, 15.633 entrées ont été ajoutées et 3.579 espèces ont fait l'objet d'une nouvelle évaluation. La Liste des espèces menacées compte maintenant 7.266 espèces animales et 8.323 espèces de végétaux et de lichens. Au total, 784 espèces animales et végétales sont aujourd'hui considérées comme éteintes et 60 espèces supplémentaires ne survivent qu'en captivité ou en culture.

Depuis 2003, la Liste a connu quelques changements significatifs, notamment quelques sérieuses aggravations, comme pour l'olivier de St Hélène (passant d'Eteint à l'état sauvage à Eteint), la corneille d'Hawaï (de En danger critique d'extinction à Eteint à l'état sauvage), le puffin des Baléares (de Quasi menacé à En danger critique d'extinction), un grand lézard de l'île d'Hispaniola, Celestus warreni (de Quasi menacé à En danger critique d'extinction), et un bégonia africain, Begonia oxyanthera (de Quasi menacé à Vulnérable).

Mais il y a également eu des cas d'amélioration, comme pour la loutre d'Europe (de Vulnérable à Quasi menacé) et le pigeon impérial de l'île Christmas (de En danger critique d'extinction à Vulnérable).

L'analyse de 2004 montre que les espèces menacées sont souvent concentrées dans les zones à forte densité démographique, et notamment dans une grande partie de l'Asie et dans certaines zones d'Afrique. L'un des principaux défis de la conservation consistera donc à concilier la pression exercée sur l'environnement par de grandes populations humaines et la protection de la diversité biologique dont tant de gens dépendent.

L'analyse souligne également l'importance du soutien international en matière de sauvegarde de la diversité biologique. De nombreux pays présentant une forte concentration d'espèces menacées ont un faible revenu national brut (RNB) par personne et sont incapables de mettre en oeuvre les mesures de conservation requises sans aide internationale.

Principaux résultats figurant dans l'ouvrage 2004 IUCN Red List of Threatened Species™ - A Global Species Assessment

Le nombre d'espèces menacées progresse dans presque tous les grands groupes taxonomiques.

L'environnement marin n'est pas aussi bien connu que l'environnement terrestre mais les premiers résultats montrent que les espèces marines sont tout aussi vulnérables que les espèces terrestres.

On connaît également mal les habitats d'eau douce mais de récentes études ont montré que de nombreuses espèces aquatiques sont menacées d'extinction.

La plupart des oiseaux, mammifères et amphibiens menacés peuplent des zones tropicales - Amérique centrale et du Sud, Afrique subsaharienne et Asie du Sud et du Sud-Est. C'est dans ces régions que l'on trouve les forêts de feuillus tropicales dont on estime qu'elles abritent la majorité des espèces terrestres et d'eau douce de la planète.

L'Australie, le Brésil, la Chine, l'Indonésie et le Mexique abritent des nombres particulièrement élevés d'espèces menacées.

Le Brésil, le Cameroun, la Chine, la Colombie, l'Equateur, l'Inde, l'Indonésie, Madagascar, le Pérou et les Philippines sont des pays abritant beaucoup d'espèces menacées et ayant un RNB relativement faible.

La liste des extinctions documentées depuis l'an 1500 augmente, passant de 766 en 2000 à 784.

Bien que les estimations en la matière soient très variables, les taux d'extinction actuels sont entre 100 et 1 000 fois supérieurs aux taux pouvant être qualifiés de "naturels".

Au cours des 20 dernières années, on a pu documenter 27 extinctions ou extinctions à l'état sauvage, mais il s'agit probablement d'une sous-estimation du véritable nombre de cas.

Si la vaste majorité des extinctions depuis l'an 1500 ont eu lieu sur des îles océaniques, les extinctions continentales sont devenues tout aussi courantes que les extinctions insulaires au cours des 20 dernières années.

Les hommes ont été les principaux responsables des extinctions et ce sont eux qui continuent à faire peser les principales menaces sur les espèces en danger d'extinction.

La perte d'habitat, l'introduction d'espèces et la surexploitation constituent les principales menaces, le changement climatique dû à l'homme posant des problèmes de plus en plus graves.


Notes

Les gouvernements se sont engagés à lutter contre l'appauvrissement de la diversité biologique lors du Sommet mondial sur le développement durable de 2002 en se fixant l'objectif de parvenir à une réduction significative du taux de perte de diversité biologique d'ici 2010, faisant ainsi écho à un objectif similaire adopté un peu plus tôt la même année par les Parties à la Convention sur la diversité biologique. Entre-temps, l'Union européenne a adopté l'objectif plus ambitieux de mettre un terme à l'érosion de la diversité biologique d'ici 2010.

L'établissement de ces objectifs a attiré l'attention sur les besoins en informations pour lutter contre la perte de diversité biologique. Quel est l'état général de la diversité biologique, à quel rythme s'appauvrit-elle, où constate-t-on les pertes et quelles en sont les causes? Ces informations sont nécessaires pour concevoir et mettre en oeuvre des stratégies de conservation efficaces et la Liste rouge UICN des espèces menacées en est une des principales sources. C'est un outil majeur pour évaluer les progrès accomplis en matière de réalisation des objectifs et les dernières informations disponibles montrent que nous sommes encore loin du but.


En savoir plus

Un dossier d'information détaillé incluant le profil de certaines espèces, des études de cas, des photos et des graphiques est disponible sur le site Internet de l'UICN (en anglais)

La Liste rouge est disponible sous forme de base de données interrogeable en ligne (en anglais)

http://www.notre-planete.info/actualites/lireactus.php?id=449

Anne EsperetLogo de Terre sacrée. Louis Rocquin.environnement, nature, écologique, bio

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