Le 19 septembre 2006 : Un travail bénévole de S. M. que nous remercions vivement.

TOUT EN BAS! Ascenseur express

TPE sur les Kayapo d'Amazonie

 

S. M., le 19 mars 2007

Le 20 décembre 2006, un travail bénévole de S. M..

S. M., le 31 janvier 2007

S. M., le 31 janvier 2007

De Catherine Bourgeois, le 24 mars 2007 :

voilà ce qu'on écrit des élèves suite à l'article paru dans Terre sacrée sur les
Kayapo ... et à leur entrée en contact avec moi sur le sujet. En leur demandant
leur accord, peut-être peux-tu insérer cela dans le site (...)
bises
cat


Selon emeline Léoni :

" Bonjour,
" Si vous vous souvenez encore de moi, je vous envois un message car nous
" avons enfin terminé notre dossier de TPE concernant les Kayapò.

" Je vous joins d'ailleurs le dossier que nous avons constitué. Ne vous
" inquiété pas il n'est pas présenté de cette façon en réalité. Ce que je vous
" envois correspond seulement à ce que nous avons écrit sur eux. En réalité
" nous avons acheté un album dans lequel nous avons donc bien sûr mis ce que
" vous pourrez lire mais également de superbes photos et une décoration très
" indienne.

" Voilà je vous raconte tout ça pour vous remercier, car vous avez été en
" parti la seule à me répondre très gentiment et en nous donnant des pistes en
" plus. Donc merci beaucoup.
" Je voulais également vous dire qu'avec ce dossier, notre investissement et
" notre prestation orale, les professeurs nous ont donné une notre de 19/20 !

" Cela nous fait donc 18 points d'avance pour le bac ce qui n'est pas
" négligeable !

" Donc voilà je pense vous avoir tout dit concernant ce sujet. En étudiant ce
" peuple nous nous sommes vraiment intéréssés pour la cause des Kayapò. Leur
" culture ne mérite pas de disparaitre. Nous allons certainement faire un
" article dans le journal de notre lycée pour faire connaître aux nombreux
" élèves les problèmes qui touchent ce peuple. Certes cela ne fera pas
" beaucoup avancer les choses mais pour l'instant nous n'avons que ça à
" offrir.
" Sur ce je vais vous laisser.
" Je vous souhaite un bon weekend.
" Et encore merci pour votre aide !!!

 

 

 

TPE sur les Kayapos

 

La forêt amazonienne est un véritable trésor pour la planète.

Elle s'étend à perte de vue sur les berges d'un fleuve impressionnant : l'Amazone.

Ici, au Brésil, tout est grand, et pourtant il n'est pas toujours facile de s'y faire une place. Depuis des siècles de nombreuses ethnies vivant sur les terres brésiliennes cohabitent avec la nature.

Avant l'arrivée des portugais au 16ième siècle, les indiens d'Amazonie étaient de l'ordre de six millions. Aujourd'hui, ils sont réduits à 380 000; c'est à dire que 94% de la population indigène a disparu.

Le processus de colonisation qui est toujours en marche, a entraîné l'extermination de centaines de peuples indigènes (il n'en reste plus que 220 aujourd'hui).

Cette colonisation leur a également causé de nombreux problèmes que connaissent encore de nos jours les peuples rescapés.

Une de ces minorités, les Kayapo, vivant dans la région du Para, luttent afin de conserver leur culture particulièrement originale.

Comment cette minorité indienne parvient-elle à sauvegarder son identité culturelle face aux menaces qui pèsent sur elle?

Nous nous interesserons tout d'abord à ce qui caractérise cette minorité. Par la suite, nous porterons notre réflexion sur les types de menaces qui pèsent sur elle, ainsi que sur sa détermination à défendre sa cause.

 

 

I / Comment se caractérise cette minorité ?

A. Leurs origines :

Le terme « kayapò » qui signifie « ceux qui ressemblent aux singes », leur a été attribué au XIXéme siècle par les groupes voisins (les Yanomami, les Borroro... ) qui les avaient vu effectuer leurs danses rituelles avec des masques de singes. Cependant, ils préfèrent le terme Mebêngôkre qui signifie dans leur langue « peuple venu de l'eau ».

La dénomination regroupe de nombreux sous groupes comme les Kayapò Gorotire, les Xicein, les Metuktire ou encore les Kuben-Kran Ken qui vivent sur les terres indigènes Kapot et Jarina. Depuis le XVéme siècle, ces 4000 Kayapò sont dispersés dans 15 petits villages.

Le Mebêngôkre est l'une des cinq langues existantes de la famille Jê. Par ailleurs, il n'existe pas d'écriture dans cette société : l'expression orale est fondamentale car elle assure à elle seule la transmission des connaissances, de génération en génération.


B. Identité culturelle de ce groupe ethnique :

1. Au coeur de cette société :

Dans leur communauté, les Kayapò se divisent en plusieurs catégories :
- Meprire (enfants de 0 et 13 ans)
- Menoronyre (de 13 à 20 ans)
- Mekrare (de 20 à 40 ans)
- Mebataj (de 40 à 60 ans)
- Mêbêngêt (plus de 60 ans)
Il y a également un chef par village qui coordonne toutes les activités et qui transmet ses connaissances aux plus jeunes.

Comme dans toute société, on leur attribue des noms ; les leurs font référence à un élément naturel, à un objet ou à une expérience vécue. Ce sont les parents qui les choisissent. Chaque indien en possède entre cinq et trente.
Exemple de noms : Mekaro (esprit)
Ropni (chienne)
Jabuti (tortue)
Na (pluie)

Malgré le mode de vie communautaire de cette ethnie, les femmes et les enfants sont séparés des hommes : elles ont leurs histoires , leurs pleurs, leurs chants, tous bien différents de ceux des hommes.
Le village Kayapò témoigne de cette vie en communauté : les habitations, construites en rondins de bois et en feuilles de palmes, sont organisées sous la forme d'un camp circulaire. Ces petites huttes abritent uniquement les hamacs des indiens et leurs réserves de nourriture. Le centre du village, qui est le lieu de travail, s'appelle le Ngab : c'est ici que se réunissent les femmes pour leurs activités quotidiennes et que les hommes parlent de politique et font de l'artisanat.

Ce centre est un endroit symbolique, c'est l'origine et le coeur de l'organisation sociale et rituelle des Kayapò. Claude Lévi-Strauss, dans Tristes Tropiques, écrivait à propos du village indien Borroro : « La structure du village ne fait pas que permettre le jeu raffiné des institutions, elle résume et assure le rapport entre l'homme et l'univers, entre la société et le monde surnaturel, entre les vivants et les morts... ».

Comme dans la plupart des civilisations dîtes « primitives », ce sont des préoccupations religieuses, rituelles ou fonctionnelles qui fondent leur culture.

2. Rites et croyances :

Toutes les occasions sont bonnes chez les Kayapò pour célébrer une fête ou une cérémonie. Les célébrations rythment la vie en communauté ; il en existe de nombreuses pour différentes occasions :
- Le rituel d'appellation : composé de cinq rites majeurs, il est destiné à conférer les noms ancestraux aux jeunes membres de la tribu, qui à partir de là sont considérés comme des « êtres humains entiers ». Ils ont sept ans lorsqu'ils sont honorés.

- La cérémonie après la chasse : celle-ci est célébrée par reconnaissance de la nourriture apportée par les hommes.

- La fête initiatique, le « bemp » : durant celle-ci, les Kayapò réaffirment avec des chants et des danses leur attachement à leurs traditions.

Ils essaient aussi de conjurer les forces obscures du « mystérieux » univers qui les entourent. Selon leur vision de l'univers, tous les êtres vivants, le cosmos, les plantes, l'eau, les animaux, sont intimement liés et forment un tout indissociable .Les Kayapò croient fortement aux esprits. D'après eux, les mauvais esprits rôdent la nuit dans la forêt et peuvent attaquer les indiens pour leur infliger des maux et des punitions.

Par exemple, s'il arrive que les Kayapò se baignent après avoir mangé du singe, ils ont peur de se transformer en singe.
Pour soigner ces maladies, qui sont dans leur croyance causées par les esprits, les indiens font non seulement appel aux plantes médicinales mais aussi au guérisseur du village : le « Wayanga » qui signifie chaman.
A la mort d'un des leurs, ils placent le corps du défunt dans un espace très précis, en dehors du cercle du village, le visage toujours orienté vers l'Est .La famille y dépose les objets personnels du défunt ainsi que de la nourriture pendant quelques semaines, car selon eux, l'esprit du mort ne trouve pas immédiatement le chemin pour aller au village des morts.

Leur vision de la vie après la mort est la suivante : « Lorsqu'un indien quitte ce monde , il se rend dans le village des morts, là où les hommes dorment le jour et chassent la nuit. Là encore où les vieillards rajeunissent et où les enfants mûrissent. »

La vie des Kayapò dépend donc en partie de leurs croyances vis à vis des esprits. Elle est principalement orientée par les présages du chaman. Mais leur vie est aussi fondée sur une relation très étroite avec la nature.


3. Les coutumes et l'art des Kayapò :

Par définition, c'est un peuple qui « vient de l'eau ». C'est pour cela que la pêche est une activité très pratiquée dans les terres indigènes, et ceci, surtout en début de saison sèche, car le niveau d'eau est au plus bas.
Pour pêcher, ils utilisent des tiges de Timbo : les hommes les battent pendant des heures, le liquide obtenu modifie momentanément le niveau d'oxygène de l'eau et donc les poissons deviennent des proies faciles.

Mais pêcher n'est pas aussi productif que la chasse. Ainsi, les hommes sont chargés d'attraper le gibier (singe, oiseau).Il est difficile de conserver de grandes quantités de viandes dans la forêt tropicale, c'est pourquoi les tortues fournissent l'alternative la plus simple.

Pour les porter plus facilement, étant donné qu'ils les chassent par dizaines, ils les placent côte à côte entre deux poteaux de bois où il en tient entre quatorze et dix-huit. Ce système s'appelle « Kapran Ka-yry ».

Les récoltes de la chasse sont toujours partagées ; ils font continuellement des échanges avec d'autres habitants du village. De plus, ils ne reviennent pas au village avant d'avoir rassemblé assez d'animaux pour tenir un banquet, ce qui peut durer des semaines.

Les repas sont donc principalement composés de poissons, de viandes mais aussi de fruits (bananes, papayes) et de légumes (pommes de terre douces, tomates). Ces repas sont préparés par les femmes, sur le feu au centre du village.

Elles sont aussi chargées de cultiver le manioc et les autres plantes pour la cuisine ainsi que le « genipa » pour les peintures corporelles .Durant leur temps libre, les femmes fabriquent des bijoux avec des perles, discutent, ou vont se baigner dans le fleuve.

Malgré cela, la plupart du temps, à l'aide de fleurs de palmiers et de fins stylets, elles se peignent le visage et le corps entre elles. Chez les Kayapò, le vêtement est avant tout la peinture corporelle, symbolique et décorative. C'est une partie intégrante du costume traditionnel .Appliqués en bandes ou en rayures, ces ornements dépendent de l'âge et du sexe : pour les adultes, c'est une composition géométrique noire, faite avec du genipa, une plante qui est écrasée, mélangée à un peu d'eau et des fruits. Cette préparation agit comme un tatouage au henné sur la peau (celui-ci reste deux semaines sans le retoucher). Les enfants, eux, sont littéralement couverts de perles par leur mère.

Pour ces peintures, les femmes s'inspirent des carapaces de tortues, des pelages d'animaux ou encore de silhouettes de guêpes ou d'abeilles. En effet, les Kayapò pensent que leurs ancêtres ont appris à vivre en société grâce aux insectes.

Leur art est avant tout fondé sur des éléments naturels .Il faut aussi savoir que les Kayapò, étant très proches de la nature, ne craignent ni le froid, ni la faim, ni la soif, ni la douleur : c'est un peuple guerrier.


C. Une société qui se détache du monde occidentale :

Les Kayapò ont longtemps refusé tout contact avec les blancs afin de se protéger. Ils attaquaient tous ceux qui approchaient leur territoire : ils étaient les indiens les plus belliqueux d'Amazonie. Mais avec le temps, ils se sont adoucis et rentrent peu à peu en contact avec notre société, même s'ils sont toujours considérés comme inférieurs.

« Inférieurs » par leur mode de vie, leurs coutumes et leur méfiance à l'égard des sociétés occidentales. Ils se laissent rarement « approcher » et c'est pour cela que leur existence est peu connue.
Sans réellement les connaître, les blancs ont répandu des jugements qui sont devenus de fausses vérités. Face à l'autorité de l'opinion des Européens, les peuples amazoniens peuvent difficilement réagir.

Mais est-ce que leurs différences sont des preuves de leur infériorité ?

A cause d'un ethnocentrisme, les indiens ont été décrétés « primitifs » et considérés comme sauvages.
Les blancs se croient donc supérieurs. En outre, les occidentaux auraient tort de sous estimer les peuples d'Amazonie.
En effet, le savoir botanique des kayapò est extrêmement développé. Ils pensent notamment que le remède contre le sida se trouve dans la grande forêt amazonienne. De plus, ce sont les amérindiens qui, depuis des millénaires, cultivent les haricots rouges, les pommes de terre, les tomates, le café ou encore le tabac. S'ils n'avaient pas été aussi savants, les européens ne connaîtraient pas aujourd'hui le ketchup, la purée, les pizzas ! ! !
En quoi même, seraient faites nos semelles de chaussures, comment roulerait-on en voiture, sans le caoutchouc provenant des terres brésiliennes?

Ces jugements et considérations ne sont malheureusement pas les seuls problèmes...



II / Quelles sont les menaces qui pèsent sur eux ?

A. Histoire et origines des menaces :

Les Kayapò ont été découverts à la période de l'exploration de l'Amazonie par les colons portugais vers l'an 1500. Ils ont envahi les terres des Indiens avant tout par désir d'acculturation des peuples indigènes. Ce fut le début d'une ethnie en péril.

Les Kube (« Blancs » dans la langue Kayapò), après avoir traversé une partie de l'Amazonie, voulurent pénétrer sur les terres des Mebêngôkre. Ils massacrèrent beaucoup de femmes et d'enfants alors que les hommes luttèrent contre les Kube en tentant de les repousser. Les colons portugais voulaient les terres, l'or, les diamants, le bois et le caoutchouc.

Au fil du temps, les peuples qu'ils découvraient les fascinèrent, avant tout parce qu'ils les croyaient sauvages, et différents des nations policées, « des êtres sans âme, sans éducation, sans religion. »

Dans un bon nombre d'oeuvres littéraires du XVIIème et XVIIIème siècles, les auteurs avaient pour but de critiquer l'intolérance des européens vis à vis de ces peuples « inférieurs ». De Montaigne à Voltaire en passant par Montesquieu, les réflexions philosophiques et remises en question de la pensée humaine ont marqué les esprits. Diderot dans le Supplément au voyage de Bougainville, se permet de critiquer sa propre société totalement avide de biens imaginaires, de besoins factices et d'argent. De même, Claude Lévi-Strauss dans Tristes tropiques (1955) tente de briser l'image d'un peuple « hargneux, hostile et repoussant » et ainsi de dénoncer cet ethnocentrisme qui dure encore.

Les tribus amazoniennes ont été ensuite les victimes de la « chasse aux Indiens » lancée par le colon Antonio Pires Campos au 18ème siècle. Certains indiens étaient capturés, d'autres vendus pour travailler dans les mines et dans les fermes. Au fil des siècles, ils n'ont pas cessé d'être traités en esclaves au Brésil. Soit on les tuait, soit on les menaçait pour qu'ils fuient. Mais on venait aussi pour faire d'eux des « civilisés », en les incitant à gommer leur personnalité et à apprendre les « bonnes manières occidentales ». Cette pratique d'acculturation fut aussi imposée aux ancêtres des Kayapò.

De plus, les Européens ont, sans s'en rendre compte, véhiculé de graves maladies qu'ils ont infligé à beaucoup d'Indiens : des peuples entiers (comme les Kreen Akrore) en sont morts. La période de colonisation fut terrible pour tous les Amazoniens.
Bilan : 1477 peuples se sont éteints, 70 sont gravement menacés de disparition.

Malheureusement, le cours de l'Histoire n'a pas changé les choses. Cela fait cinq siècles que les colons et les Indiens ont du mal à écrire ensemble l'Histoire de leur pays car leurs intérêts ne sont pas toujours compatibles.

B. De réelles menaces AUJOURD'HUI:

Avec l'avancée du front de colonisation de la forêt amazonienne, des fermes et des petites villes se sont en effet construites au-delà des terres indigènes. Des immensités plates (où vivaient autrefois des peuples autochtones) sont de nos jours occupées par des Européens. C'est la déforestation. On supprime des forêts entières pour y installer des champs de soja, de cannes à sucre, des pâturages, mais aussi des propriétés privées, des fermes.

Le véritable problème qui se pose est la notion de « protection » des terres indigènes. En effet, des zones en Amazonie ont été décrétées « protégés » par le gouvernement.

Or, le Président de la République du Brésil, Lula, ne semble pas concerné par la cause des Indiens. Le droit de propriété foncière leur est refusé car ils sont toujours considérés comme des mineurs aux yeux du gouvernement. Pour que leur soit au moins reconnu le droit de vivre sur ces terres, ces dernières sont délimitées par des piquets, des panneaux de signalisation...

Cependant il est inutile de vouloir de fixer des limites lorsque l'on sait avec quelle facilité les exploitants de bois ou les fermiers les franchissent : sur la totalité des terres démarquées, 85% des terres sont sujettes aux invasions.

Les problèmes qui touchent les peuples indigènes du Brésil ont des répercutions dramatiques sur notre planète. Durant les trente dernières années, la déforestation a frappé 14% de la forêt amazonienne brésilienne, soit une superficie plus grande que la France. En 1997, 1.7 millions d'hectares ont été détruits.
Heureusement, les terres des Kayapò sont difficilement accessibles, sans quoi la machine destructrice des exploitants aurait fait les mêmes ravages qu'en Afrique chez les Massaï et les Pygmées, ou en Nouvelle-Guinée chez les Papous.

Cependant même si les Mebêngôkre disposent d'un territoire d'environ 635 hectares, les Kube ne cessent de couper et de leur réclamer toujours plus. En octobre 2003 par exemple, sous la pression et les menaces de mort des fermiers alentours, les Indiens Mebêngôkre, situés dans le Sud de l'Etat Parà, ont dû leur céder 307000 hectares de terres.

Aristote disait que : « L'argent produit l'argent, de telle sorte que cette manière d'acquérir des richesses soit la plus contraire à la nature. »

Il arrive parfois que des petits groupes se fassent assassiner par des fermiers, des bûcherons ou des chercheurs d'or qui pénètrent illégalement les zones « protégées ». C'est comme cela qu'une partie des Yanomami, peuple voisin des Kayapò, a péri en 1996.

Par ailleurs à cause des déchets que rejettent les grandes villes et des engrais toxiques employés par les fermiers, de plus en plus de cours d'eau et de fleuves traversant les terres indigènes, sont pollués. Et encore une fois, les quelques indiens qui vont en ville pour tenter de se faire soigner, repartent la plupart du temps avec d'autres maladies encore plus dangereuses liées au contact d'un monde urbain, fortement industrialisé.

Il y a encore peu de temps, les peuples indigènes du Brésil disposaient d'une eau douce parfaitement consommable. Mais les produits chimiques toxiques utilisés dans les plantations agricoles, et le mercure avec lequel les orpailleurs filtrent l'or gagnent petit à petit les cours d'eau qui traversent leurs terres et s'infiltrent dans les nappes phréatiques.

Pour exemple, une étude menée en 1992 chez les Indiens Mebêngôkre du village de Kikretum, a révélé que le sang de 88% des personnes examinées était contaminé par le mercure.

Il est vrai que c'est non seulement la flore mais aussi l'eau qui est menacée et qui est pourtant essentielle à la survie des tribus amazonienne.

Un projet a été mis en place en avril 2006 par l'administration du Brésil : construire un barrage le long du fleuve Xingu. Une fois auparavant, cette idée avait déjà été proposée. Nous verrons plus tard de quelle manière les Mebêngôkre se sont déterminés à empêcher cette construction. Un des membres du groupe avait d'ailleurs déclaré : « Nous, les Kayapò sommes conscients que les problèmes qui menacent la vie de nos communautés de la vallée du Xingu mettent également en danger la vie des autres peuples indigènes : la solution à ces problèmes est donc la réelle protection de notre fleuve et de notre forêt, et tout cela fait partie d'une lutte commune ».

En outre, tous les moyens sont bons pour faire fléchir les indigènes : meurtres, menaces ou au contraire promesses, réponses à leurs besoins, offres de nouveaux services... En effet, on leur propose souvent de laisser étudier la faune et la flore en « échange » du contrôle des frontières de leurs terres.

Une fois aussi, le gouverneur avait promis de leur offrir de nouveaux bateaux et des formations pour les jeunes indiens qui pouvaient ensuite aller travailler sur ces bateaux. Il est vrai que ces adolescents se posent de nombreuses questions sur le fonctionnement du monde des Blancs et sont donc attirés par une telle société (argent, voiture, beaux vêtements, nourriture à profusion). Ce sont peut-être ces quelques Indiens qui, au contraire des plus anciens qui restent sceptiques, seraient tentés par les propositions des politiques du Brésil, elles-mêmes motivées par les pays occidentaux.

Même s'ils restent sceptiques à l'avancée de la modernisation, ils acceptent de recevoir des éléments étrangers à leur culture tels que la radio, les chaussures ou des vêtements civilisés. Ils agissent de la sorte pour renouer des liens amicaux avec les sociétés occidentales, mais leurs efforts sont limités car ils redoutent les abus des Blancs.
C'est pour cela que face à la progression des nouvelles générations, les Kayapò redoublent de force et de courage pour lutter contre la menace d'un avenir malheureux. C'est aux grands-parents et aux parents de transmettre la culture indigène car celle-ci leur permet de protéger la terre et la forêt.

Raoni qui est le chef des Indiens Metyktire (sous-groupe du peuple Kayapò) déplore la situation actuelle des peuples indigènes :
« Jusqu'à aujourd'hui je me bats pour protéger les peuples indigènes, pour protéger les forêts, les fleuves et les animaux afin qu'ils puissent continuer à vivre selon leurs traditions et qu'ils restent heureux. Les Blancs ont déjà détruit la terre de beaucoup d'Indiens. Moi-même j'ai été témoin de la destruction de plusieurs d'entre elles. Les premiers peuples indigènes qui furent contactés par les Blancs s'ils ne sont pas disparus n'ont aujourd'hui que de toutes petites terres sur lesquelles il n'y a plus de tapirs, de tatous ni d'oiseaux. »


III / Comment agissent-ils pour sauvegarder leur identité ?

A) Une détermination à défendre leur culture par eux-mêmes :

Certaines civilisations tentent de garder vivantes leurs traditions en dépit des menaces qui pèsent sur leur survie.
Pour se sortir de cette situation qui n'a jamais été aussi critique, les différents peuples indigènes échangent leurs expériences et s'unissent de façon à devenir plus forts, ce qui renforce donc leur identité ethnique.

Reprenons l'exemple du barrage hydroélectrique sur le fleuve Xingu contre auquel se sont opposés plusieurs groupes de Mebêngôkre : ils étaient en effet 200 à se mobiliser.

Ils veulent être entendus, c'est leur seul moyen pour ne pas perdre leur langue, leurs terres et leurs coutumes car leur plus grande peur est de vivre comme les Blancs.

Les vingt et une communautés ont d'abord commencé par se réunir pour discuter de ce projet qui selon eux aurait un impact dévastateur sur l'environnement et inonderait leurs terres. Beaucoup d'entre eux ont manifesté leur colère sur le fait que le gouvernement n'ait pas consulté les communautés touchées par ce projet. Ils ont donc décidé de mettre en place des alliances locales.

Le jeune organisateur des rencontres qui est un membre de la communauté Kayapò, a déclaré : « Nous appelons tous les habitants de la vallée du Xingu à nous rejoindre pour protester contre le barrage de Belo Monte et tous les autres que la compagnie d'électricité Electronorte à l'intention de construire dans la vallée, et pour exiger le développement de nos propres sources de production et de nos cultures ».

Comme nous l'avons mentionné précédemment, les Kayapò sont des guerriers : ils ont utilisé leur chant de guerre pour faire pression sur le gouvernement, en lui annonçant que celui-ci s'engageait dans un conflit avec le peuple des Kayapò s'il persistait dans son projet de construction du barrage.
Outre cette ferme opposition, les représentants de chaque communauté du Xingu ont aussi mis en cause la pollution du fleuve et ont exigé que l'Etat réglemente ces activités afin d'éviter la destruction de l'écosystème.

Sans véritable soutien extérieur, les Kayapò ont su montrer qu'ils se battraient jusqu'au bout, comme ils se sont toujours battus, afin de conserver leurs terres et leurs traditions dont ils sont très fiers. Mais une aide s'avère être indispensable, heureusement elle existe...

B) Un soutien qui s'organise en diverses associations grâce à des personnes influentes :

1.Raoni Metyktire : (« Ropni » dans la langue Kayapò)

C'est le chef des Indiens Metyktire, un sous-groupe des Kayapò. Sage et très charismatique, il est le leader le plus respecté de la cause indigène au Brésil et est reconnu mondialement. Sa parole fut en effet portée au-delà des frontières du Brésil. Il voyagera dans plus de dix-sept pays afin d'alerter et de sensibiliser au maximum les gens des menaces qui pèsent sur la forêt amazonienne.

On compte parmi ses rencontres Sting, Jean Paul II, François Mitterrand, Jacques Chirac.... Le chanteur Sting l'a par exemple aidé et à médiatiser la fondation Rainforest, crée par Raoni lui-même en 1989. Cet organisme de défense des droits indigènes agit non seulement en Amérique Latine mais aussi aux Etats-Unis, en Norvège et en Afrique... Son message fut entendu car grâce à lui, en 1993, près de 4.5 millions d'hectares de forêt furent « légalement » reconnus comme terre indigène ; démarquée et protégée. Grâce à lui également douze fondations ont été crées dans le monde dans le but de récolter des fonds pour la création en Amazonie d'un parc national de 180 000 km2 , c'est-à-dire un tiers de la France.

Par son discours dans lequel il décrit la situation des peuples indigènes, il redonne la force et de l'espoir à tous ces Indiens, afin de continuer la lutte et de résister face aux menaces.

2. Megaron Tyukarramae :

Megaron est le neveu du chef Raoni. C'est un homme de négociation et de raison, il est connu pour apaiser les conflits entre indigènes et non-indigènes. Il fut le leader en autre de l'événement du barrage qui menaçait le fleuve Xingu : il a en effet organisé le rassemblement des 200 représentants des peuples indigènes.

3. Emilie Barrucand :

Passionnée depuis petite par les populations amérindiennes, cette jeune ethnologue française âgée de 26 ans a séjourné pendant de longues périodes au Brésil chez les Kayapò. Elle est considérée là-bas comme la fille adoptive de Raoni.
La situation de ce peuple, avec qui elle a partagé deux années de sa vie, l'a poussée à réagir, pour que les droits, les terres et la culture des Mebêngôkre ne soient pas en péril. Elle a crée en 2004, avec l'aide de Raoni, l'Association Wayanga et en a aussi fait un livre: "Amazonie en sursis", qui traite de son expérience avec les Kayapò ainsi que de la nécessité d'agir pour eux.

Les associations :

* Wayanga :

L'objectif principal de cette organisation est de donner les moyens aux populations indigènes de mettre en place elles-mêmes leur politique de défense. Aussi, toute action ou tout projet seront soutenus foncièrement par l'association, le but étant de mener à bien les programmes les plus bénéfiques pour la protection des Indiens.

Elle a aussi pour mission de sensibiliser l'opinion publique et d'établir un réseau de soutien abondant. En effet, la médiatisation est fondamentale.
Wayanga n'impose aucun projet aux Indiens, elle n'est qu'un outil, une base à leur service.

Epaulée par d'autres ethnologues, Emilie Barrucand tente d'établir des relations entre les communautés et la société nationale. De là est née l'idée d'un nouveau projet:

* La "Solidarité Interethnique" :

C'est avec les Indiens que l'association Wayanga a élaboré ce projet. Au cours de ce programme, plusieurs rencontres seront organisées et se dérouleront successivement dans les villages des différents peuples indigènes concernés. Chacun d'eux pourra faire partager ses expériences, ses souffrances aux autres, leur faire prendre conscience qu'ils peuvent aussi être touchés par les menaces actuelles. En réfléchissant ensemble à leurs problèmes, aux possibilités de les résoudre, ils rédigeront un document qui sera ensuite transmis aux autorités de l'Etat du Mato Grosso, afin que les politiques soient modifiées et que des actions contres les menaces qui pèsent sur eux soient mises en place.

D'autres actions et sensibilisations sont aussi prévues comme la réalisation d'un film documentaire, ou l'organisation d'événements culturels (concerts, musées, théâtre) au profit des Indiens;
L'action de Wayanga passe aussi par la publication du livre d'Emilie Barrucand, par des conférences données dans les grandes villes étrangères ou brésiliennes afin de sensibiliser les populations.

*La FUNAI :

En 1910 fut crée le Service de Protection des Indiens (SPI); aujourd'hui il est remplacé par la FUNAI, la Fondation de l'Indien. Son but est de mettre en place une politique républicaine de protection des populations autochtones. Elle s'occupe en particulier des terres des Mebêngôkre et lutte pour le respect de leurs droits et de leur culture. Cette fondation est en mouvement : des équipes vont sur le terrain, elles sont envoyées pour "pacifier" les occupants installés inégalement dans les terres indigènes. Certains surveillent les routes qui ont récemment percé des territoires protégés, d'autres sont chargés d'aller distribuer aux Kayapò des équipements (la radio par exemple) pour que ces derniers les préviennent en cas de danger, d'attaque.

La FUNAI organise aussi beaucoup de conférences. Les Indiens qui veulent se rendre utiles pour leur communauté peuvent se présenter en tant que leader du groupe. Ainsi tous les représentants, avec le soutien de l'association Wayanga, voyagent dans le monde pour se "montrer", convaincre les gens et les politiques de la nécessité d'agir pour le respect de leurs droits. Ils sont épaulés par des ethnologues comme Rafael Pessoa, qui était lors d'une conférence à Paris (en décembre 2005) accompagné d'un groupe de Kayapò et ont pu ainsi parler de leur culture et de leurs conditions de vie.

D'où le rôle important des médias. Il est vrai que cela favorise le soutien d'autres associations. Par exemple, au terme d'une conférence à Paris, la TV, la radio et la presse ont inévitablement influé des associations comme Amnesty International, Greenpeace pour participer à la défense de la cause indienne.

C) Les résultats d'un tel combat :

1. Des victoires... :

Outre les médias qui commencent à rendre "célèbres" les protecteurs de l'Amazonie, on a pu constater ces dernières années, des améliorations et engagements pour les peuples indigènes.

Le 5 Janvier 2007 fut une journée mémorable pour tous les Kayapò : en effet, ils ont obtenu le Label de gestion durable FSC pour leur forêt, qui est une des plus menacée par la déforestation.

Avec près de 1,5 millions d'hectares de superficie éco certifiée, il s'agit d'une grande victoire, d'une profonde satisfaction pour eux. Grâce à cette certification, les Indiens Kayapò prouvent au monde que ce sont bien les peuples indigènes qui sont les véritables gardiens et protecteurs des forêts amazoniennes. Ils montrent ainsi qu'il existe des possibilités pour repousser l'exploitation des bois tropicaux.

De plus, avec ce Label internationalement reconnu, les Indiens Mebêngôkre pourront vendre leurs produits sur les marchés nationaux. Les terres qu'ils réussissent à conserver et les blancs qu'ils "repoussent" leur redonnent de l'espoir.

2. ...qui cependant n'ont pas de réelles finalités :

Il n'y aura en effet de gestion durable des forêts tropicales que lorsque l'on reconnaîtra les droits des peuples indigènes à gérer leur forêt eux-mêmes. Les politiques sont élaborées par des "non-indigénistes". Etant donné que le président Lula n'a fait qu'aggraver la situation, - il instaure des programmes d'aide aux pauvres et aux populations noires- et qu' il ne prend au contraire aucune mesure en faveur des Indiens, ces derniers ne peuvent pas compter sur le gouvernement. Il paraît évident que si les parlementaires se ralliaient à la cause des Amazoniens, ils pourraient préserver à leur manière l'écosystème brésilien.


En réalité, on ne peut pas dire que les Kayapò soient aidés par la nation brésilienne, comme par les autres pays; les aides financières manquent aussi. La FUNAI et
l'Association Wayanga ont besoin de récolter des fonds pour la poursuite des projets. Mais « la plupart des gens qui promettent de les aider ne font que parler. Or pour continuer à défendre la forêt, nous avons besoin d'aide » affirme le chef Raoni.




Comment peut-on agir?

Les peuples indigènes du Mato Grosso ont besoin d'urgence de partenaires financiers, politiques et médiatiques. Mais chacun d'entre nous, quel que soit notre âge, notre nationalité, notre profession..., nous pouvons faire quelque chose. En effectuant des dons, certes, mais également en organisant dans nos écoles, nos bureaux de travail ou notre village des évènements de solidarité; en mettant nos savoirs et notre volontarisme au profit de l'association Wayanga et des peuples tels que les Kayapò.
 

 

S. M.

Bonobo : Qu'est-ce que c'est que ce binz?Anne Esperet

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