Bulletin n°4 décembre 1999 (Pas d'ascenseur)

INF'OGM Veille citoyenne sur les OGM

Tout en bas! Ascenseur expressLe point de vue...

par Pierre Vuarin,

co-fondateur du réseau Agriculture paysanne, Alimentation et Mondialisation

Seattle, la société civile a bien engagé le 21ème siècle.

Seattle marquera l'histoire. Certains attendaient le triomphe du libéralisme. C'est la société civile qui s'est mis au devant de la scène pour refuser la marchandisation du monde. Trois mouvements ont fait chuter ce nouveau round de négociation de l'OMC : la société civile mondiale qui s'est progressivement organisée depuis une quinzaine d'années, le mouvement non violent de la jeunesse américaine qui a bloqué le centre des conventions, et enfin, les délégués des pays africains et latinos-américains qui ont pris en compte le courage de la rue pour eux-mêmes monter au créneau et refuser un marché de dupes. Mais un point est à noter, les agriculteurs de la National Family Farm Coalition et American Corn Grower Association, association des producteurs de maïs, en ont profité pour déclarer leur refus des OGM. La jeunesse s'est exprimée aussi dans ce sens et le sentiment de solidarité envers José Bové contient ce refus des OGM aux USA. L'une des grandes batailles dans les semaines et les mois prochains concernant la globalisation va être celle contre cette privatisation du vivant et celle contre les OGM. A nous de nous y préparer en appuyant nos amis américains, en renforçant les pôles de résistance potentielle en Afrique, en Amérique latine et en avançant le plus possible et rapidement en Europe.

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Economie et consommation

Fusions : Novartis et AstraZeneca ont annoncé la fusion de leurs activités agriculture dans une nouvelle entreprise : Syngenta. Cette nouvelle entreprise deviendrait le numéro 1 de la protection des plantes et le numéro 3 des semences. Cette création devrait permettre des " économies de couts nets " de 525 millions de dollars par an. La direction d'AstraZeneca avait déjà annoncé la suppression d'environ 3000 emplois en trois ans.

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Communiqué de presse de Novartis, 2 décembre 1999,

http://www.infogm.org

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Position des firmes : Il y a 18 mois, Iceland, une des principales chaînes alimentaires britanniques, a été le premier à retirer les ingrédients génétiquement modifiés de ses propres produits. La viande et autres produits issus d'animaux élevée avec des OGM vont bientôt, à leur tour, être bannis. Quelques jours après cette annonce, près de 760 magasins ont liquidé leur stock d'oeuf. M. Walker, le PDG d'Iceland, a déclaré que "le système alimentaire britannique n'est pas plus mauvais qu'un autre, mais nous y avons ajouté des choses dont nous n'avions pas besoin".

--- Sunday Mirror, 7 novembre 1999,

La firme McCain, qui fournit, entre autres, Mac Donald, ne commercialisera plus de pommes de terre transgéniques.

--- ledevoir.com, journal québecois, 2 décembre 1999

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Communication : L'hostilité croissante des opinions publiques vis-à-vis des OGM est telle que les principales entreprises de biotechnologie deviennent plus offensives et s'allient pour financer des campagnes de communication et organiser des fora d'information destinés à démontrer les bénéfices de cette technologie. Elles multiplient les rencontres avec les représentants des consommateurs et les associations de protection de l'environnement. Les associations du secteur agro-alimentaire participent aussi à cet effort de communication à l'instar des Grocery Manufacturers of America ou des Food Industry Trade Groups et ont ouvert un site d'information : betterfoods.org.

--- New York Times, 12 novembre 1999

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Recul des plantations transgéniques : Au Canada, la demande en semences de colza a été plus faible cette année que l'année dernière. En 1999, 60% du colza cultivé dans l'ouest du Canada était transgénique. Mais Terry Scott, de Brett Young Seeds' LiBred Canola Division, estime que ce chiffre risque de diminuer le printemps prochain, peut-être même de 50%. Du côté des Etats-Unis, même son de cloche. Au moment où les agriculteurs achètent leurs semences, on constate un déclin des achats de semences transgéniques, après trois ans de forte progression. Shonsey, président de la branche semencière de Novartis, a déclaré : "Nous serons contents si nous parvenons à nous maintenir". Wichmann, directeur de Dupont prévoit également "quelques baisses" dans les ventes.

--- Agnet, 11 novembre 1999 et AgBio news, 19 novembre 1999

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Les Eglises partagées : Les experts du Vatican ont exprimé un "oui prudent" au génie génétique, mais ont réaffirmé leurs objections sur le clonage humain et les manipulations de gènes humains. Les membres de l'Académie Pontificale pour la Vie ont présenté le résultat de deux années de discussion et d'étude. "Nous sommes de plus en plus persuadés que les avantages liés aux biotechnologies animales et végétales sont plus importants que les risques. Nous ne pouvons être d'accord avec la position de certains groupes qui disent que de toucher le patrimoine génétique des animaux ou des plantes est contraire à la volonté de Dieu" a déclaré l'Evèque Elio Sgreccia.

En Grande Bretagne, le Central Science Laboratory, principal organe de recherche lié au Ministère de l'Agriculture, avait demandé d'utiliser 61 500 hectares appartenant à l'Eglise britannique pour faire des expérimentations en champs d'OGM. Cependant, fin novembre, le Groupe de travail en recherche éthique a jugé cette requête inacceptable. Et normalement, l'organe décisionnel de l'Eglise devrait ratifier ces conclusions au début de l'année 2000.

Cette décision met en évidence les problèmes du gouvernement pour trouver des terres pour accueillir ces essais. Enfin, il est clair que les Commissaires ecclésiastiques n'ont pas de pouvoir légal pour empêcher leurs locataires de cultiver des OGM et peuvent seulement introduire cette interdiction dans les prochains baux. Dans les faits, les locataires vont sans doute respecter la position de l'Eglise. Actuellement, aucune terre agricole de l'Eglise n'est cultivée en OGM.

--- AgBio news, 9 novembre 1999 et Sunday Telegraph, 5 décembre 1999,

http://www.church-of-england.org/

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Législations et décisions politiques

Japon : 7 nouvelles variétés d'OGM viennent d'être autorisées pour la consommation humaine, malgré les protestations des associations de défense des consommateurs qui demandent un moratoire sur les nouvelles importations. Les variétés en question sont : deux colza résistants à un herbicide (Rhône-Poulenc Agrochimie et Plant Genetic Systems), un coton tolérant à un herbicide et produisant un insecticide (Calgene), trois maïs tolérants à un herbicide (Dekalb Genetics Corp et Monsanto), et une betterave à sucre tolérante à un herbicide (Hoechst Schering AgrEvo GmbH).

--- AgBio news, 15 novembre 1999

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Inde : Pour éviter la biopiraterie, le Conseil Indien de la Recherche Agricole a commencé à relever les empreintes génétiques des variétés végétales pour prouver leur origine en cas de conflit sur des brevets, comme c'est le cas actuellement pour le riz basmati.

--- Nature Biotechnology, novembre 1999, vol 17, n°11

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Mexique : Greenpeace demande l'arrêt immédiat des importations de maïs transgénique en provenance des USA. La question de la biodiversité prend une dimension importante au Mexique. Non seulement ce pays est un des lieux où la biodiversité est la plus élevée de la planète, mais c'est également la terre d'origine du maïs. Des milliers de variétés y existent toujours. Tout le maïs cultivé commercialement dans le monde provient de variétés mexicaines. Pour éviter des risques de pollution génétique et préserver la multitude de variétés anciennes, le Mexique a interdit toute culture de maïs transgénique. Toutefois, plus de 5 millions de tonnes de maïs en provenance des USA, contenant de 25 à 35 % de maïs transgénique arrivent chaque année au Mexique. Une fois sur place, le risque est que ces grains théoriquement réservés à l'alimentation humaine ou animale, soient utilisés pour la culture.

--- Liza Covantes, tél +52 5 690 68 68,

greenpeace.mexico(at)dialb.greenpeace.org

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Europe : La Commission européenne "souhaite promouvoir l'application de la nouvelle directive" 90/220 sur les OGM, soumise au COnseil des ministres européens de l'environnement en juin dernier, en incitant les industriels à appliquer d'eux-mêmes les dispositions révisées, a déclaré Margot Wallström, commissaire à l'Environnement. "Il s'agirait d'un engagement unilatéral d'acceptation des règles et en cas de non respect, on pourrait retirer les autorisations". Mme Wallström attend "des réponses rapides" des Etats membres et du Parlement européen. Cependant, ce texte doit encore passer devant le Parlement Européen pour une deuxième lecture avant d'entrer en vigueur, avant avril 2000.

--- Agence Française de Presse, 24 novembre 1999

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France, diminution des expérimentations transgéniques : La France a réalisé des essais de culture transgénique sur 366 sites lors de la campagne 1998/1999, principalement des betteraves (136 essais, sur 31 hectares surtout dans le nord de la France), du maïs (123 sites sur 31 hectares dans le sud ouest) et du colza (78 essais sur 20 hectares). D'autres cultures comme le soja, le tournesol, la vigne, le peuplier, le coton, le tabac, et la pomme de terre transgéniques ont été expérimentées sur 29 sites. Enfin, les quelques variétés de maïs transgéniques bénéficiant d'une autorisation de mise sur le marché ont occupé 77 hectares et la production de semences de maïs 132 hectares.

En 2000, en France, les cultures d'expérimentation d'OGM seront moins nombreuses. Si 22 départements n'accueillent aucune expérimentation, 9 départements reçoivent chacun plus de 30 essais sur leur territoire, les 2 plus accueillants étant le Loiret et le Lot et Garonne. Seuls les maïs, tournesol, colza, betterave sucrière, peuplier, et tabac seront expérimentés en plein champ.

--- Communiqué de presse des ministères de l'agriculture et de l'environnement (cf. altern.org/infogm/bull4/min-agri_culture99.htm) et http://www.univers-nature.com , dépêches du 11 au 13 novembre 1999

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France : L'association Terre de Semence, qui produit et distribue des semences issues de l'agriculture biologique et bio-dynamique, dénonce la loi qui entoure les semences de variétés anciennes. Terre de Semences présente dans son catalogue près de 1.400 variétés de plantes potagères, mais la grande majorité de ces variétés sont illégales à la vente puisque non inscrites sur le Catalogue Officiel. En effet ne sont inscrites dans le Catalogue Français que des variétés hybrides F1 ou des variétés fixées protégées pendant 20 années. Pour une espèce telle que la tomate, il n'y a dans ce catalogue, que 2 % de variétés fixées dites "du domaine public", à savoir non protégées et en circulation libre. Depuis le début du siècle, la plus grande partie des anciennes variétés ont disparu et cette tendance s'est profondément intensifiée à partir de 1961 et de la création du système des "obtentions végétales" qui a permis aux multinationales de la pétrochimie de racheter un bon millier de semenciers dans l'hémisphère nord. Pour mémoire, une dizaine de multinationales (dont les quatre principales sont Du Pont, Novartis, Limagrain et Monsanto) contrôlent actuellement près de 40 % du marché mondial des semences. L'éradication des anciennes variétés et leur remplacement par des variétés hybrides F1 a généré un marché totalement captif, puisque les caractéristiques de ces variétés F1 ne sont pas stables génétiquement : les jardiniers, les maraîchers et les agriculteurs doivent donc les racheter tous les ans. Afin de "légaliser" le travail de quelques autres semenciers oeuvrant pour la protection des ressources génétiques, un arrêté ministériel, publié au Journal Officiel Français le 26/12/1997, a ouvert un registre "variétés anciennes pour jardiniers amateurs". Mais les conditions pour qu'une variété puisse être inscrite dans ce catalogue de variétés anciennes sont telles que Terre de Semence les qualifie de totalement inacceptables. Terre de semences mène actuellement un combat pour qu'un réseau de protecteurs de variétés anciennes soit légalement constitué.

--- communiqué de Terre de Semences, tél. +33 (0)4 75 93 53 34,

texte intégral à http://www.infogm.org/

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Etiquetage

Etats-Unis : Selon Mark Slibergeld, co-directeur de Consumers Union à Washington, 60% de l'ensemble des aliments frais et transformés consommés aux Etats-Unis, contiennent, à différents degrés, des OGM. Ceci s'explique par le fait que 45% de la récolte américaine de soja et de maïs est génétiquement modifiée et que la ségrégation des grains n'est pas encore bien installée. Nombre d'organisations de consommateurs, d'agriculteurs, comme le groupement des producteurs de maïs (ACGA), de protection de l'environnement ont lancé une campagne auprès de l'administration et du Congrès pour rendre obligatoire l'étiquetage de ces produits. Et une vingtaine d'élus de la Chambre des représentants ont déposé début novembre une proposition de loi prévoyant un étiquetage. De plus, le républicain Dennis Kucinich a déposé devant le Congrès américain un projet de loi intitulé "la loi pour le droit de savoir à propos des OGM" (Genetically Engineered Food Right to Know Act) dans lequel il demande un étiquetage et de nouvelles études scientifiques sur l'impact à long terme. Environ 48 membres du Congrès soutiennent ce projet. Mais, une coalition de 38 groupes d'agriculteurs, de détaillants et d'agro-industriels a manifesté leur opposition à toute forme d'étiquetage dans une lettre au Président Clinton.

--- Agence Française de Presse, 13 novembre 1999

0% d'OGM ? Le Conseil des Normes Alimentaires australo-néo zélandais (Australia-New Zealand Food Standards Council) a concrétisé le projet de législation sur l'étiquetage le 22 octobre. Cette instance régulatrice a rejeté la proposition visant à déterminer un seuil d'acceptabilité de contamination pour la nourriture étiquetée comme "non OGM".

--- Reuters, 4 novembre 1999

La Corée du Sud a voté une loi sur le contrôle de la qualité des produits agricoles et de la mer qui inclut l'étiquetage des OGM. Les produits modifiés dont les caractéristiques diffèrent des conventionnels ou soulevant des problèmes éthiques (comme l'insertion de gènes humains) doivent faire l'objet d'une mention obligatoire. L'étiquetage des OGM reconnus identiques aux produits conventionnels est volontaire. Le ministère de l'agriculture a annoncé le 29 novembre que le soja et le maïs devront être étiquetés avant mars 2001 et un seuil de 5% a été défini. La liste des produits faisant l'objet d'un étiquetage obligatoire n'est pas encore établie. La production coréenne d'OGM est pour l'instant au stade expérimental.

--- Poste d'Expansion Economique de Séoul,

mjyim(at)dree.org

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à propos de l'OMC...

Les Etats Unis ont proposé lors de la rencontre de Seattle de mettre en place un groupe de travail sur les biotechnologies au sein de l'OMC. Il aurait eu pour mission d'examiner les procédures d'approbation des produits issus du génie génétique. Le Japon, le Canada, l'Argentine et le Chili soutenaient cette initiative. Les pays en développement (notamment la Malaisie, la Bolivie, l'Egypte, le Pérou), la Norvège et la Suisse ainsi qu'un grand nombre d'ONG ont condamné cette position car, pour eux, les biotechnologies doivent être discutées dans le cadre du protocole de bio-sécurité de la convention de bio-diversité, prévu pour janvier 2000 à Montréal. C'est également l'avis de Paul Lannoye, porte parole du Groupe Vert du Parlement Européen qui déclare : ce groupe "signifierait que la régulation de la biosécurité serait remise entre les mains des multinationales qui pourrait alors mettre en avant leurs propres intérêts commerciaux. (...) Nous avons besoin d'un protocole de Biosécurité, non pas d'une charte sur le Biocommerce (BioTrade Charter)". Le négociateur pour l'Union Européenne Pascal Lamy, avait accepté cette propostion, mais il a été désavoué par 5 ministres de l'environnement européens (dont la France) et il s'est rétracté. Finalement, Seattle n'a abouti à aucun accord. Le prochain rendez-vous des 135 Etats membres de l'OMC est prévu pour janvier 2000 à Genève, avec l'impératif de trouver un accord dans les quatre ans.

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En bref...

Amérique du Sud : Suite à un procès mené par les peuples indigènes de 9 pays d'Amérique Latine, l'Office des Brevets et des Marques américain vient d'annuler le brevet sur l'ayahuasca. Cette plante est utilisée par des populations amazoniènes dans des rites sacrés et la préparation de remèdes. Les différents organismes à l'origine de ce procès "demandent que l'Office change ses règles afin de prévenir de futures plaintes sur les brevets basés sur des savoirs traditionnels et sur l'utilisation de plantes par les peuples indigènes".

---les volatiles de l'environnement, novembre 1999, www.rio.net/cgi-bin/

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Japon : D'après une enquête réalisée par le plus important quotidien économique japonais Nikkei Shimbun, 66% des compagnies agro-alimentaires interrogées ont décidé ou sont en train de réfléchir à se convertir à des ingrédients non transgéniques. Selon un sondage réalisé par Nihon Keizai Shimbun, 43% des firmes (sur 472 firmes interrogées, 323 ont répondu à ce sondage) vont répercuter la hausse du prix d'achat des matières premières (soja et maïs) sur le prix de vente aux consommateurs.

--- Reuters, 2 novembre 1999

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En juin 1992, la Belgique a signé la Convention sur la diversité biologique, dont les objectifs sont la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité ainsi que le partage équitable des bénéfices découlant de l'utilisation des ressources génétiques. La ratification de cette Convention impose de mettre en oeuvre un processus dont l'utilisation durable de l'écosystème est la clef de voute. L'Institut Royal des Sciences Naturelles, point focal de la Convention, a organisé, le 17 novembre, le premier colloque belge sur la mise en oeuvre de la Convention : "La Belgique face au défi de la biodiversité". Le colloque s'est conclu sur d'importantes promesses du Ministère de l'Environnement et de la Direction générale de la Coopération internationale, de se lancer dans une mise en oeuvre beaucoup plus active des objectifs la Convention, notamment en développant un meilleur partenariat avec les pays du Sud.

--- P.BAUTE, tél : +32 2 627 45 87,

Pascal.Baute(at)kbinirsnb.be, www.kbinirsnb.be/bch-cbd/home.htm

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Etats-Unis : Sur 1000 personnes interrogées par la Caravan Opinion Research, en octobre dernier, seulement 30% pensent que Kellogg's pourrait utiliser des OGM dans ses produits et 56% ont déclaré qu'elles n'achèteraient pas de produits d'une firme qui vend des produits non-OGM exclusivement à l'étranger. Or, Kellogg's, qui s'est engagée auprès des consommateurs européens à ne pas leur vendre d'OGM, refuse d'offrir aux américains la même promesse. Charles Margulis, spécialiste OGM à Greenpeace, signale que "Kellogg's ne pourra pas longtemps garder la confiance des américains s'il n'applique pas les mêmes normes partout".

--- Communiqué de presse de Greenpeace, 16 novembre

http://www.greenpeaceusa.org/

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Lettre au médiateur européen : Suite à la proposition de définition d'un seuil de 1% pour l'étiquetage des OGM (cf inf'ogm n°3), M. Dussandier, pour le Collectif Internet OGM Danger, a écrit au médiateur européen, soulignant notamment les contradictions entre la réglementation européenne sur l'agriculture biologique (0% d'OGM) et ce projet de loi. Le médiateur ne pouvant donner suite, M. Dussandier a déposé cette plainte sous forme de Pétition auprès du Parlement Européen.

--- midier(at)wanadoo.fr 

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Santé et environnement

Round Up : Bill Vencill, de l'Université de Georgia à Athène, a découvert que le soja résistant à un herbicide de Monsanto s'accordait mal avec les climats chauds. En effet, il a constaté que si la température du sol dépassait les 30°C, alors toutes les tiges du soja transgénique se fendaient dès l'apparition des premières feuilles (contre seulement 50 à 70% pour le soja traditionnel) et on observait une perte de rendement d'au moins 40%. Vencill suppose que ce phénomène est le résultat de changement dans la physiologie de la plante du fait de l'introduction des gènes qui rendent ce soja tolérant au glyphosate. Les plantes ayant une telle modification génétique produisent 20% de plus de lignine, une forme de cellulose. "Nous pensons que cela va rendre les plantes plus cassantes", a déclaré Vencill. Les plants résistants à un autre herbicide, le gluphosinate, ne semble pas affectés par la chaleur.

--- New Scientist, 20 novembre, article complet à http://www.infogm.org/

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Recombinaison : Le virus de la mosaïque du chou-fleur (CaMV en anglais) sert souvent comme vecteur lors des transferts de gènes dans un OGM. Or, selon certains scientifiques, ce virus est capable de réactiver des virus endormis ou de créer de nouveaux virus dans les espèces où il est introduit. De plus, l'instabilité de la transgénèse augmentent le risque que l'expression des gènes soit inappropriée, ce qui peut aussi être cause de cancer. Ces scientifiques demandent donc que tous les OGM contenant le CaMV ou des promoteurs similaires soient immédiatement retirés autant de la vente que des expérimentations en champs.

--- "Cauliflower Mosaic Viral Promotor - A recipe for Disaster?", Mae-Wan Ho, Angela Ryan, Joe Cummins, (chercheurs à l'Université Ouverte d'Angleterre et à l'Université du Western au Canada) publié dans le numéro de décembre de la revue Microbial Ecology in Health and Disease. Voir www.scup.no/mehd/ho

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Vandana Shiva, dans une lettre ouverte à l'association de solidarité internationale, Oxfam, déplore le fait que cette ONG, après avoir participé en Angleterre à la campagne pour un moratoire sur les OGM, encourage les gouvernements à entreprendre des recherches pour utiliser les OGM dans les pays du tiers monde. Oxfam s'était exprimé dans un document intitulé : "GM crops, WTO and Food security".

--- IATP, fax: +1 612-870-4846, iatp(at)iatp.org  

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La région des Andes comprise entre le Pérou, la Bolivie et l'Equateur est la terre ancestrale de la pomme de terre. Des scientifiques du service de recherche agronomique (en anglais ARS) de l'USDA) viennent de réduire, par génie génétique, le niveau de glycoalcaloïde d'environ 40% au cours de leur premier essai en champs. Quelques communautés andines utilisent une technique de traitement pour enlever le glycoalcaloïde mais cette dernière réduit en même temps les protéines et les vitamines. L'ARS a le brevet de cette technique et a vendu la licence à la firme américaine Small Potatoes.

--- Plant Breeding News n°107, 29 novembre 1999,

William R. Belknap, wrb(at)pw.usda.gov     

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Le Bt en question : D'après des chercheurs danois, la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt) dont certaines toxines sont maintenant produites directement par des plantes transgéniques, échange une partie de son ADN avec celui d'autres bactéries apparentées. Cette dernière est, à quelques plasmides près, identiques aux bactéries Bacillus cereus et Bacillus anthracis qui provoquent, chez l'homme, des vomissements et des problèmes respiratoires. De récentes analyses, réalisées au Canada et aux Etats Unis, prouvent que des souches commercialisées de Bt produisent des toxines pathogènes analogues à celles de Bacillus cereus. L'agriculture moderne pourrait avoir favorisé des recombinaisons génétiques entre les trois Bacillus.

--- new scientist et le monde 16 novembre 1999,

Des chercheurs de l'Université de New York et de Caracas (Venezuela) viennent de montrer que la toxine sécrétée par le maïs Bt s'échappe par les racines de la plante, se fixe pendant au moins 234 jours dans le sol et reste mortelle pour les insectes ravageurs pendant 25 jours. "Il pourrait y avoir un risque que les insectes non visés, voire d'autres organismes d'ordre supérieur dans la chaîne alimentaire, soient affectés par la toxine", déclarent ces chercheurs. Dans la nature, la toxine Bt est sous forme de protoxine et nécessite 7 étapes de clivage dans l'oesophage des insectes pour être activée. Dans le maïs Bt de Novartis, le gène de la bactérie est tronqué et code donc pour une toxine Bt raccourcie qui, elle, est directement active chez les insectes. Ceci explique qu'elle est moins sélective.

--- Nature, vol. 402, p 480, cf http://www.infogm.org/

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Animaux-usines transgéniques : Après 20 années de recherche, les premiers médicaments produits par des animaux transgéniques sont prêts à être commercialisés. Ces animaux sont capables de synthétiser dans leur sang, leur lait ou leur sperme des protéines humaines. Selon le cabinet Arthur D, le marché mondial des médicaments contenant des protéines recombinantes (protéines humaines créés par génie génétique) était de l'ordre de 66 milliards de francs en 1997, et ce marché est de plus en plus fleurissant. Auparavant ces protéines recombinantes étaient principalement l'oeuvre de bactérie ou de levures transgéniques, mais cela ne permettait pas de produire de protéines trop complexes. Les firmes qui occupent le marché sont au nombre de trois : l'américain Genzyme Transgenics, l'écossais PPL Therapeutics et le néerlandais Pharming. PPL Therapeutics a annoncé le 29 novembre les "premiers essais encourageants avec une alpha-1-antitrypsin produite dans le lait d'une brebis transgénique et présentée sous forme d'un spray nasal pour lutter contre une affection grave des poumons". Et Pharming vient d'inaugurer la première ferme - pharmacie aux Etats-Unis dans laquelle 80 vaches produiront dans leur lait des protéines de plasma humain. De plus, à l'aide du clonage (Pharming a acquis en 1998 la technique de clonage par transfert de noyau auprès d'Infligen), cette firme peut "générer de petits troupeaux transgéniques, exclusivement femelles et sans élevage préalable, ce qui réduit d'au moins deux ans le temps nécessaire pour la mise en marché d'une protéine thérapeutique", a déclaré le président de Pharming.

D'autres manipulations génétiques d'animaux sont aussi à l'essai, comme le mouton australo-néozélandais transgénique qui produit plus de laine ou les souris modifiées pour mimer les maladies humaines. Au niveau de l'alimentation humaine.

--- Le Monde, 11 décembre 1999, texte complet sur http://www.infogm.org/

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ACTIONS CITOYENNES

OCDE : Suite à la demande des pays du G8, une première réunion consultative a eu lieu le samedi 20 novembre 1999 à Paris, autour de trois grands thèmes: les inquiétudes des consommateurs, les problèmes environnementaux et les préoccupations du secteur agro-alimentaire. Dressant le bilan de cette réunion, M. Johnston a déclaré : " de profondes divergences demeurent sur de nombreux aspects des biotechnologies intervenant dans la production alimentaire, en particulier leurs conséquences sur l'environnement". De même, pour E. Vernet, d'Ecoropa, "cette réunion n'a fait qu'entériner le gouffre qui sépare les partisans des opposants aux OGM. Les constats de départ sont à l'opposé, les uns partant d'une logique de marché et les autres en appellant au principe de précaution". Dans la continuité, l'OCDE organisera, à Edimbourg (du 28 février au 1er mars 2000), une conférence scientifique internationale sur les aspects scientifiques et sanitaires des aliments transgéniques. L'OCDE est censée proposer des recommandations à la prochaine réunion du G8 prévue en juillet 2000 à Okinawa (Japon).

--- Communiqués de l'OCDE des 2 et 22 novembre 1999

http://www.infogm.org

http://www.oecd.org/subject/biotech/

*****Transparence : Suite à une demande faite, il y a 7 mois, par Les Amis de la Terre et France Nature Environnement, le Ministère de l'Agriculture vient d'envoyer les fiches d'informations du public relatives aux essais en champs d'OGM. Cependant n'ont été envoyées que les fiches-types correspondant aux 97 dossiers ayant donné lieu à disséminations (un dossier peut donner lieu à plusieurs disséminations) et sur lesquelles a été effacé le nom de la commune. Ces deux associations "persistent à dire que la transparence en matière d'OGM est notoirement insuffisante". Pour y remédier, elles diffusent sur internet toutes les informations collectées au niveau local sur les cultures expérimentales d'OGM (www.amisdelaterre.org/campagnes/OGM/ogm-sites.htm). En mettant à jour ce site, elles se sont rendu compte de la contradiction des données des Directions Départementales de l'Agriculture et de la Forêt et de la CGB. En effet, certains essais répertoriés par les DDAF ne l'étaient pas par la CGB, et réciproquement.

--- Communiqué des Amis de la terre et FNE du 26 novembre 1999, A. Castelain, +33 (0)1 48 51 32 22 et C. Hosy, +33 ( 0)3 88 32 91 14.

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Nantes : En novembre, une manifestation ouverte par la banderole "Ni OMC, ni OGM : non à l'agro-business", a rassemblé 200 personnes. Les manifestants ont sorti, de Carrefour, quatre chariots remplis de produits contenant des OGM pour en faire une pyramide. Des listes de produits avec et sans OGM ont été distribuées aux clients.

---Comité, +33 (0)6 14 87 48 31, winrun(at)club-internet.fr

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Le groupe ATTAC-OGM d'Ile-de-France poursuit ses actions toujours sur le même principe : il installe une table garnie de produits avec OGM devant un supermarché et proposer aux clients une pétition adressée à la direction qui demande le retrait des produits issus d'OGM. En quatre actions, le groupe a recueilli quelque 700 signatures.

--- Nicole, tél :+33 (0)1 42 45 84 48, nicthi(at)imaginet.fr 

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Afrique : Des représentants de la société civile viennent d'organiser un atelier panafricain, d'une vingtaine de personnes, sur "l'impact des OGM et les droits de propriété intellectuelle sur l'agriculture en Afrique". A l'issue des travaux, les participants ont décidé d'adresser une lettre dans laquelle ils dénoncent, entre autres, la contradiction entre les accords ADPIC (voir inf'ogm n°1) et la convention de biosécurité, aux responsables politiques africains en charge des questions de Droit de Propriété Intellectuelle (organisation africaine de la propriété intellectuelle, Assemblées Nationales, ministres du commerce). Cette lettre est disponible à infogm/bull4/letAPMAf.htm

--- J. Minla Mfou'ou, tél +237 21 53 89, apm(at)camnet.cm

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Canada : 21 groupes ont rendu publiques, le 16 novembre, des propositions pour rendre l'étiquetage obligatoire. Il s'agit pour eux de faire pression à la veille de la première rencontre du comité pour l'étiquetage volontaire des aliments issus de la biotechnologie. Ce comité a été créé conjointement avec le Conseil canadien de la distribution alimentaire et doit servir de cadre aux négociations entre le gouvernement et l'industrie pour l'établissement d'une norme relative à l'étiquetage volontaire. De plus, un projet de loi (pour rendre l'étiquetage obligatoire) est actuellement proposé aux députés : http://www.parl.gc.ca/

private/C-309/C-309_1/362326bF.html

--- Jennifer Story, Conseil des Canadiens, tél : +1 613 795-8685

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Etats-Unis : Le 12 novembre, une coalition d'environnementalistes et de scientifiques a publié un document, , appelant à la suspension de toute nouvelle dissémination d'OGM. Cette déclaration décrit les défaillances des agences américaines dans l'examen prospectif à long terme sur l'environnement et la santé humaine des OGM et demande que soit mis en place un réel système de régulation pour assurer au public l'accès à une nourriture saine et que les praticiens du génie génétique soient rendus responsables pour de possibles conséquences négatives.

--- Marc Lappé, tél : +1 707 884-1700, mlappe(at)mcn.org

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A l'initiative des Médecins et Scientifiques pour une Application Responsable de la Science et de la Technologie (en anglais, le PSRAST), une pétition sous forme de lettre ouverte va être envoyée aux gouvernements pour demander le retrait de tous les produits transgéniques approuvés sur la base du principe d'équivalence substantielle. La lettre du PSRAST peut être lue à : http://www.psrast.org/psrlet.htm. La version française est disponible à http://www.infogm.org/

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Greenpeace et le réseau Info-conso continue sa pression sur les fabricants pour qu'ils retirent les OGM de leur produits. Une nouvelle campagne a été lancée : il s'agit désormais de faire pression pour que les animaux soient nourris sans OGM, seule garantie pour que la chaine alimentaire soit exempte d'OGM. La denière mise à jour de la liste comprend les premières marques de volailles nourris sans OGM. Greenpeace était d'ailleurs, début décembre, à Brest afin de faire pression sur la firme Cargill et empêcher des importations de soja transgénique des Etats Unis.

--- Info-conso, fax : 01 42 66 56 04, info.ogm(at)diala.greenpeace.org

Liste des produits sans OGM au 01 53 43 85 70.

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Lire et écrire

Un nouveau bulletin d'information, en espagnol, sur les risques potentiels de l'ingénierie génétique.

Pour s'inscrire : http://www.egroups.com/list/ 

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Interview de Klaus Ammann, Directeur du Jardin botanique de l'université de Berne, "Les OGM : entre mensonge et hystérie", dans le numéro de novembre de la Recherche.

--- http://www.infogm.org

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Dans la lettre d'information électronique pakistanaise intitulée Waterline, publiée par Development VISIONS, du 30 novembre, vous pouvez trouver beaucoup d'informations sur les OGM.

Pour s'abonner waterline-subscribe(at)egroups.Com

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Un rapport intitulé The GM food mess - why it's gone wrong and how to get it right (" Nourriture transgénique : le désordre ") vient d'être publié par le Conseil de la recherche sur l'économie et la science anglais. Il s'appuie sur huit années de recherche en sciences sociales sur les rapports entre la science, les risques et la société.

--- http://www.gecko.ac.uk/gm-contents.html

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Génomique et informatique : l'impact sur les thérapies et sur l'industrie pharmaceutique, Frank Sérusclat, oct. 1999, 55 FF, librairie du Sénat français (tél : +33 (0)1 42 34 21 21, 20, rue Vaugirard 75291 Paris cedex 06)

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Site internet du Département Américain de l'Agriculture (USDA) sur les biotechnologies appliquées à l'agriculture.

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L'OCDE a ouvert un site Internet (en anglais) sur lequel on peut donner son avis à propos des biotechnologies.

--- http://www.oecd.org/subject/biotech  

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Calendrier

20 au 28 Janvier, à Montreal, négociations (finales?) pour le protocole sur la prévention des risques biologiques (dit protocole de bio sécurité).

*****Mars 2000, à Bruxelles, les amis de la Terre et Oxfam organisent une conférence internationale sur l'agriculture durable et l'impact des biotechnologies sur les pays en voie de développement.

--- Olivier Christ, fax : +32 2 537 55 96, olivier.christ(at)foeeurope.org

*****

Du 27 au 31 mars, à Trieste (Italie), atelier organisé par l'International Centre for Genetic Engineering & Biotechnology sur les questions de bio-sécurité.

--- Micaala Di Blas, tél : +39 040 3757333, courses(at)icgeb.trieste.it

http://www.icgeb.trieste.it

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Inf'OGM est le bulletin de l'association : Inf'OGM - Veille citoyenne sur les OGM.

Directeur de publication : Thierry Raffin

Rédacteur en chef : Christophe Noisette

Comité de rédaction : Thierry Raffin, Arnaud Apoteker, Frédéric Prat, Jacques Mirenowicz, Jean-Pierre Leroy, Bob Brac de la Perrière, Isabelle Tarradellas, Pierre Vuarin, Hélène Ilbert.

Mise en page : Christophe Noisette

Abonnement : mensuel gratuit (pour l'instant)

Ecrire à :Inf'ogm, Christophe Noisette

2b, rue Jules Ferry 93100 Montreuil

Tél : +33 (0)1 48 51 65 40, fax : +33 (0)1 48 51 95 12

mél : infogm(at)altern.org

Ce bulletin est aussi disponible sur http://www.infogm.org

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La suite sur : http://www.altern.org/infogm - Organismes luttant contre les OGMMaison

Inf'OGM 09/1999 - 10/1999 - 11/1999 - 12/1999    " OGM : La guerre du troisième millénaire!

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