Bulletin n°2 octobre 1999 (Pas d'ascenseur)

INF'OGM Veille citoyenne sur les OGM

Point de vue : Eveiller les consciences par Jean Pierre Leroy, Confédération Paysanne

Tout en bas! Ascenseur expressRarement un sujet n'a autant suscité de débats que les OGM, et cela à l'intérieur des structures sociales les plus diverses.

La remise en cause de la transgénèse en agriculture n'a pas été spontanée. Il a fallu aider la mise en débat public par des actions déterminées. Mais qui aurait parié, il y a deux ans, sur l'échec de la mise en culture de semences génétiquement modifiées en France et en Europe, voire sa remise en cause, là où cette technologie est déifiée ? Le recul de Monsanto de généraliser dans un avenir proche l'utilisation des semences modifiées pour être stériles (procédé dit Terminator) démontre que de solides arguments, portés par des actions précises, ciblées et directes ont toutes les valeurs et justifications pour la mise en débat. La lutte que nous, paysans de la Confédération Paysanne, avons menée, avec beaucoup de nos amis environnementalistes, a fait plier les firmes transnationales qui se croyaient hors d'atteinte des citoyens noyés dans un océan de désinformation.

L'objet d'Inf'ogm est d'éveiller les consciences face à un avenir que nous prépare une recherche scientifique soumise à des fins mercantiles et mettant une grande partie de la planète dans un état de déshérence scandaleuse. Cette conscience doit nous permettre de réclamer une recherche plus humaine et porteuse d'un avenir plus équitable.

Les actions citoyennes en cours

Actions dans des supermarchés : sensibiliser le consommateur.

Pamiers, Ariège : Une soixantaine de personnes, à l'appel des Verts, de la Confédération Paysanne, de l'association Droit Paysan, du Comité écologiste de l'Ariège, ont investi le samedi 25 septembre un supermarché. Munis de la liste établie par Greenpeace, ils ont d'abord collé des autocollants OGM Danger sur les produits contenant des OGM ; ils ont ensuite réuni ces différents produits sur une table au milieu du magasin afin d'informer les clients et d'exiger leur étiquetage systématique.

--- Contact : Didier Leboeuf, 05 61 66 74 34

Paimpol, Côte d'Armor : Le groupe de Guingamp DU RU TY, a investi un supermarché Carrefour. Vêtus de blouses blanches, les membres du groupe ont rempli ostensiblement plusieurs caddies de produits contenant des OGM.

--- La Presse d'Armor , 7 octobre 1999

Langon, Gironde : Des membres d'AC ! (Agir contre le Chômage), de Sud (un syndicat), de la Confédération Paysanne, du Groupe d'action écologique du Réolais, de la Coordination de la défense de l'environnement, ont organisé une action dans un supermarché Leclerc, le samedi 2 octobre. Ils ont rempli des caddies de produits contenants des OGM, étiqueté les rayons, distribué des tracts.

--- Contact : acsudgironde@free.fr

Angoulème, Charente : Le Collectif "OGM : nous voulons savoir"1 a distribué des tracts devant les supermarchés. Cette action a été précédée par un envoi de courriers à Leclerc, Casino, Auchan et Carrefour. Seul ce dernier a accepté un entretien, court mais courtois.

[1] Charente Nature, Confédération Paysanne, Coordination Nationale pour la défense des semences fermières, Coordination Rurale, Groupement des agriculteurs bio, Maison de l'agriculture bio, MODEF, UFC Que Choisir, les Verts

--- Contact : Chantal BOURRY, 05 45 69 06 50

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ATTAC : Plusieurs groupes locaux de l'association ATTAC (Action pour une taxation des transactions et l'aide aux citoyens) se sont organisés thématiquement afin d'intervenir de façon ponctuelle avant la réunion ministérielle de l'OMC. Le groupe ATTAC-OGM a organisé une première action le samedi 16 octobre : une dizaine de personnes ont distribué devant 5 supermarchés parisiens le tract rédigé par les Sels de Paris1 et le texte de JP Berlan "hold-up sur le vivant"2. Ils ont aussi fait signer une pétition, remise ensuite aux directeurs des supermarchés, demandant le retrait des produits contenant des OGM.

[1] une chaine contre les OGM, C/o Sel de Paris, 75 rue de Lagny 75020 Paris

[2] http://perso.wanadoo.fr/jpe.berlan

--- Contact : Nicole Thiers, tél/fax : 01 42 45 84 48, round-ogm@attac.org

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Italie : Une campagne "Comune Antitransgenico" (Municipalités libres de cultures transgéniques) vient d'être engagée par le Comité contre les Manipulations Génétiques dans l'Alimentation afin de convaincre les mairies d'interdire les expérimentations et l'introduction d'OGM dans l'agriculture.

--- Contact : Renato, nessun-ogm-nel-piatto@rfb.it  www.rfb.it/comuni.liberi.ogm  site en italien.

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Etats-Unis : Le groupe "Reclaim the Seeds" (reconquérons les semences) a mené une cinquième action contre les OGM, à l'Université de Californie en détruisant 5 rangées de melons transgéniques, 16 de noyers transgéniques et 6 de tomates résistantes à un pesticide. "Cette université qui a l'un des plus grands programmes de recherche biotechnologique du monde, fournit aux industries des biotechnologies des données lucratives obtenues grâce à l'argent public", a déclaré un agriculteur bio. L'année dernière, il y a eu 40 actions de destructions de semences transgéniques en Grande Bretagne et en France, d'autres en Inde et au moins onze aux Etats Unis.

Pour en savoir plus : www.tao.ca/~ban/ar.htm

--- Contact : Jeffrey Tufenkian, email: jeffrey@towardsfreedom.com  fax : +1 619-528-1449

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Mexique : Un projet d'information sur les OGM, démarche similaire à Inf'ogm, est né au Mexique, animé par le Groupe d'Etudes Environnementales, Greenpeace Mexique, LaNeta et Radio Education.

--- Contact : Gerardo Alatorre, tél/fax: +52 28 40 57 07, geajalapa@laneta.apc.orghttp://www.laneta.apc.org/ogt

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Equateur : En lien avec l'ONG Accion Ecologica, un réseau de diffusion d'informations sur les OGM via le web s'est créé : la Red por una america latina libre de transgenicos.

--- E. Bravo, ebravo@hoy.net

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Pétitions contre le brevetage du vivant : Plusieurs pétitions contre le brevetage du vivant sont actuellement en circulation. Par exemple, The Institute for Science in Society (IsiS) a lancé la déclaration mondiale des scientifiques pour un moratoire et l'interdiction des brevets sur le vivant signée déjà par 126 scientifiques dans 24 pays. Une version française a été traduite et diffusée par Ecoropa.

--- Contact : the ISiS : i-sis@dircon.co.ik  Ecoropa : ecoropa@magic.fr  tél : +33 (0)1 43 38 38 17

Et la pétition pour que l'Unesco déclare les gènes "patrimoine mondial de l'humanité" lancée par A. Tardif.

--- Contact : A. Tardif : naturebio@waika9.com tél : +33 (0)1 40 09 06 59.

CONSOMMATION et ECONOMIE

France : D'après un sondage BVA, sur 1.018 personnes interrogées du 16 au 18 septembre, 65% affirment soutenir les actions des agriculteurs contre Mc Donald, symbole de la mondialisation et des ambitions hégémoniques des Etats-Unis. Elles sont également 78% à se sentir solidaires des actions des agriculteurs français contre l'introduction desOGM dans l'agriculture.

--- Agence Française de Presse, 21 septembre 1999

La production de soja française ne couvre que 5% de nos besoins nationaux. Sur ces 5%, un cinquième sera, cette année, garanti sans OGM (soit 50 000 tonnes, voir inf'ogm n°1), même si, de fait, aucun soja transgénique n'est autorisé à la culture en Europe. La société Extrusel, filiale de quatre coopératives céréalières de Bourgogne et de deux fabricants d'aliments pour bétail, est le partenaire industriel de cette filière soja certifiée non OGM. Pour être certain de la non-contamination, Extrusel ne travaillera qu'avec ses propres coopératives. Le directeur a précisé que l'intérêt pour le non transgénique exprimé par les groupes Glon Sanders et Bourgoin a été déterminant. Autre argument de poids : Extrusel a reçu l'assurance, pour ce soja certifié non-OGM, d'un prix supérieur de 10 à 12% par rapport à celui du soja non certifié.

--- le Monde, 14 septembre 1999

Les producteurs français de maïs étaient réunis à Toulouse pour leur 50e congrès annuel. Christophe Terrain, président de l'Association Générale des Producteurs de Maïs, AGPM, a déclaré : "La peur des OGM correspond à une forme de paranoïa collective que rien ne vient justifier. (...) Notre sentiment, c'est que de ce côté-ci de l'Atlantique, nous entendons un peu trop les anti-OGM. De l'autre côté, c'est exactement le contraire." Selon les producteurs de maïs, l'avenir de la culture du maïs transgénique, en France, reste incertain. La plupart des intervenants ont réclamé un effort "accru" de recherche, ainsi qu'une meilleure information pour les consommateurs. Le président de l'AGPM a réclamé la fixation d'un "seuil de présence fortuite" d'OGM, estimant qu'il y avait "urgence". "Sans la fixation de ce seuil, on ne peut pas annoncer le lancement d'une filière 'sans OGM'.

--- Agence Française de Presse, 16 septembre 1999

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Grande Bretagne : Christian Aid a écrit, dans un rapport publié1 cette année, que les OGM n'ont aucun impact sur la faim dans le monde, que ces nouvelles technologies donnent trop de pouvoir sur l'alimentation à un trop petit nombre de personnes et enfin que trop peu d'investissements sont réellement réalisés pour aider les petits paysans à produire des aliments de façon durable ou biologique.[

1] "Selling Suicide - farming, false promises and genetic engineering in developing countries",

http://www.christian-aid.org.uk/

Action Aid, l'une des plus grandes associations humanitaires britanniques, a mis en garde, lors de la Conférence Mondiale sur les Semences à Cambridge (6-8 septembre), contre la fausse vérité prônée par les firmes de biotechnologie sur leur capacité à nourrir le monde grâce aux OGM. Pour Action Aid, les OGM et les brevets sont une menace pour la sécurité alimentaire de millions de personnes.

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Russie : Du maïs Novartis Bt a été importé illégalement des Etats-Unis en Russie, profitant de l'absence de contrôle efficace. "Novartis n'a même pas pris la peine de faire une demande d'autorisation d'importation pour son maïs transgénique, alors qu'il l'avait fait pour l'Union Européenne" a déclaré Ivan Blokov, directeur de campagne pour Greenpeace Russie.

--- Greenpeace, communiqué de presse du 16 septembre 1999

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Australie : Environ 40% des agriculteurs australiens se disent sceptiques quant aux bénéfices financiers des OGM et 72% estiment que l'introduction des biotechnologies entraînera une domination des industries agro-chimiques. Enfin, 90% des agriculteurs interrogés sont favorables à un étiquetage et 55% pense que l'Australie devrait imposer un moratoire de 5 ans sur la mise en culture d'OGM. D'autre part, la Fédération des Agriculteurs de l'Ouest Australien, qui représente 6000 agriculteurs, a exprimé clairement son opposition aux manipulations génétiques.

--- AGRA Press Hebdo, 4 octobre 1999 et Rural Press Report, 15 septembre 1999.

http://www.waff.org.au

Le 14 septembre, un nouveau consortium australien a décidé de lancer, avant fin novembre, un label et un processus de certification pour l'alimentation sans OGM. Cette initiative sera organisée par l'un des plus grands cabinets comptables du monde, KPMG, en lien avec le laboratoire américain qui a développé des méthodes d'analyse d'OGM : Genetic ID et une dizaine d'industries agro-alimentaires.

-- AP, 14 septembre 1999, www.kpmg.com.au,

Roger Hussey, tél : 61 (3) 9288 5106

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Thaïlande : La Grèce et les Pays Bas ont récemment rejeté des importations de thon à l'huile de soja venant de Thaïlande, à cause de la présence d'OGM. La Thaïlande explique cette présence par l'importation massive de soja américain. Le Ministre de l'agriculture, Newin Chidchob, a alors décidé de créer des zones exemptes d'OGM garanties par l'Etat. Il espère pouvoir élargir rapidement ces zones à l'ensemble du territoire. Cependant, la Thaïlande n'a pas pour le moment les moyens d'effectuer ces contrôles. Mais toute personne surprise à introduire des semences transgéniques est passible de deux ans de prison.

--- Japan Economic Newswire, 27 septembre 1999

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Japon : Le Japon est devenu le 1er importateur de produits agricoles génétiquement modifiés, mais l'étiquetage obligatoire et la mobilisation des consommateurs commencent à freiner ce marché. Dans une lettre ouverte, l'Union des Consommateurs Japonais et quinze autres associations ont écrit : "Il faut que les cultivateurs d'Amérique du Nord plantent suffisamment de maïs, soja, coton et pommes de terre non génétiquement modifiés pour répondre à la demande de leurs marchés à l'exportation". Cette requête a été appuyée par deux millions de signatures et a été envoyée outre-Pacifique "au moment critique où les agriculteurs doivent sélectionner les semences pour la prochaine récolte" explique Setsuko Yasuda, secrétaire générale de la campagne "Non aux OGM ". Par ailleurs, le prix du soja génétiquement modifié importé a perdu 49% depuis un an sur le marché japonais, ce qui entraîne une diminution des revenus des agriculteurs américains.Enfin, les associations japonaises réclament aussi l'arrêt des ambitieux programmes d'expérimentations d'OGM

.--- Agence Française de Presse, 7 octobre 1999

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Deux firmes d'alimentation pour chien et chat, Royal Canin et Iams, ont annoncé qu'ils n'incorporeront plus aucun OGM dans leurs produits.

--- Agence Française de Presse, 15 septembre 1999 et Télérama, N°2595

Etiquetage

Europe : Le 21 octobre, le Comité permanent des produits alimentaires a entériné la proposition de la commission européenne de rendre l'étiquetage obligatoire au-dessus d'un seuil de 1% d'OGM dans un produit. Ce seuil devrait s'appliquer à chaque ingrédient pris individuellement.

--- le Monde, 22 octobre 1999

France : Le 10 septembre, la fédération nationale des coopératives de production et d'alimentation animales (ou SYNCOPAC) qui compte 100 coopératives et pèse la moitié de la production française d'aliments du bétail, s'est déclarée "favorable à un étiquetage clair, informatif et contrôlable". Elle a demandé aux fournisseurs de matières premières importées "d'appliquer un étiquetage adéquat (...) afin qu'il puisse être répercuté sur l'étiquetage des aliments du bétail" et a réclamé aux pouvoirs publics la mise en place de filières d'importation spécifiques bien identifiées pour le soja d'outre-Atlantique.

--- Communiqué de presse du SYNCOPAC, 10 septembre 1999, fax : 01 43 29 13 22

Grande Bretagne : En application au règlement européen 1139/98/CE, une loi, entrée en vigueur le 19 septembre, oblige les restaurants, les pubs, les traiteurs à mentionner la présence d'OGM dans les plats. Toute fraude est passible d'une amende de 5000£. La plupart des restaurants ont préféré supprimer les OGM de leur menu.

Russie : La Russie s'est dotée d'une réglementation sur l'étiquetage des produits agricoles et pharmaceutiques contenant des OGM. La loi, signée par le premier vice-ministre de la Santé, entrera en vigueur le 1er janvier 2000.

--- Agra Press Hebdo, 11 octobre 1999

Canada : Le Conseil Canadien des Distributeurs de l'Epicerie (Canadian Council of Grocery Distributors) - qui représente 80% des détaillants, et le Bureau des Normes Canadiennes (Canadian General Standards Board) vont s'engager dans un projet d'étiquetage volontaire de la nourriture issue des biotechnologies, a déclaré le ministre de l'Agriculture, Lyle Vanclief. Le Canada n'a pas voulu rendre cet étiquetage obligatoire.

 

--- Reuters, 17 septembre 1999

Etats-Unis : Sous la pression du marché européen, lors d'une rencontre officielle, les agences gouvernementales (The U.S. Department of Agriculture (USDA), the Food and Drug Administration (FDA) et the Environnement Protection Agency (EPA)) ont consenti à développer un plan d'étiquetage pour la nourriture issue d'OGM, a déclaré Charles Benbrook, consultant pour l'association de défense des consommateurs, The Consumers Union.. La FDA a annoncé, le 18 octobre, qu'elle allait réexaminer l'innocuité des OGM et étudier l'opportunité de les étiqueter.

--- Reuters, 24 septembre 1999 et 19 octobre 1999

LÉGISLATION et DÉCISIONS POLITIQUES

Erratum...Europe : Nous avons écrit dans le bulletin n°1 que la Commission Européenne avait autorisé trois nouvelles variétés d'OGM, à savoir deux colzas résistants au Basta et une betterave fourragère résistante au RoundUp. En réalité, la Commission avait proposé que ces trois demandes d'autorisations soient soumises au vote du Comité de l'article 21 (de la Directive 90/220). Cette procédure, dite de comitologie, est utilisée quand un ou plusieurs Etats membres présentent des objections. La prochaine réunion de ce comité aura lieu le 29 octobre. Le gouvernement français a confirmé qu'il s'opposerait et, selon toute probabilité, vu les résultats du dernier conseil des ministres européens de l'environnement, il y aura une minorité de blocage pour refuser ces autorisations.

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Europe : Le Parlement du Conseil de l'Europe, qui regroupe 41 Etats membres, a émis le 23 septembre une recommandation très ferme sur le brevetage du vivant. Il considère que cette question doit répondre aux obligations de la Convention internationale sur la biodiversité et qu'il faudrait tenir compte des intérêts des pays en développement dans les accords sur les aspects des droits de propriété intellectuelle liée au commerce (ADPIC). Enfin, il recommande qu'aucun gène, tissu, cellule ou organe ne puisse être considéré comme une invention ni sujet à un brevet d'exclusivité.

--- Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, recommandation 1425,

Suède : La première demande d'autorisation de culture transgénique en Suède est une pomme de terre manipulée afin d'être utilisée dans l'industrie du papier. Le Bureau National de l'Agriculture suédois et l'Administration Nationale de l'Alimentation ont approuvé cette pomme de terre sur la base des tests réalisés par la compagnie créatrice, Amylogene HB. Cette compagnie, dont le capital est détenu en partie par BASF, pense pouvoir aussi utiliser la pomme de terre pour l'alimentation animale, ce qui n'est pas spécifié dans la notification. En Suède, aucune législation n'existe à propos de l'alimentation animale. De plus, le produit final ne contiendra aucune cellule vivante et donc n'est pas sujet à l'étiquetage.

--- Biotech Mailout, vol 5, n°6.

Gill Lacroix, fax : +32 2 537 55 96 et email : 100717.1155@compuserve.com

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Grande Bretagne : Les Amis de la Terre ont obtenu de la Haute Cour de Londres, le 2 septembre 1999, l'autorisation d'attaquer en justice le gouvernement, accusé de n'avoir pas respecté la loi en matière d'autorisation pour des expérimentations d'OGM en champs. En effet, AgrEvo avait obtenu une première autorisation en 1998, qui a été reconduite cette année alors que les superficies en jeu (quatre fois plus en 1999), la durée, ainsi que les variétés testées (colza d'hiver au lieu de colza de printemps) sont différentes. Suite à ces remous, le Ministre de l'Environnement, Michael Meacher, a reconnu que l'autorisation donnée à AgrEvo était illégale, mais qu'il n'est pas question de revenir en arrière "parce qu'AgrEvo a agi en toute bonne foi sur la base de notre consentement". De même, la Cour n'a pas ordonné la destruction des champs illégaux. AgrEvo avait déclaré qu'elle ensemencerait son dernier essai comme prévu initialement. Mais l'agriculteur qui devait louer sa terre à AgrEvo s'est désisté : l'essai n'aura finalement pas lieu.

--- Biotech Mailout, vol 5, n°6.

Gill Lacroix, fax : +32 2 537 55 96 et email : 100717.1155@compuserve.com

Suite à la plainte déposée par des associations environnementalistes, telle la Société Royale pour la Protection des Oiseaux, contre 13 publicités de Monsanto, l'autorité britannique en matière de publicité (The Advertising Standards Authority - ASA) a conclu que quatre d'entre elles étaient effectivement mensongères : deux qui exagéraient le nombre de pays où étaient autorisés certaines variétés transgéniques, une qui affirmait à tort que que ses produits étaient testés pour leur sécurité depuis 20 ans (l'ASA a découvert qu'avant 1983, aucune étude n'avait été entreprise pour évaluer les risques sur la santé et l'environnement), et enfin une dernière utilisant des citations d'experts dont l'ASA a estimé qu'elles ne reflétaient pas les controverses scientifiques.

--- The Independent, 11 août 1999

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Equivalence Substantielle : Dans un article récent de Nature, des scientifiques britanniques ont sérieusement remis en cause les tests "d'équivalence substantielle". Pour Erik Millestone, de l'Université du Sussex, "C'est un concept vague dont on se sert comme d'une excuse pour ne pas mener des tests appropriés". La notion d'équivalence substantielle, définie, entre autres, par l'OCDE en 1993, est utilisée, depuis 1996, par la FAO (l'Organisation de l'Agriculture et de l'Alimentation) et l'OMS (l'Organisation Mondiale de la Santé) et par la plupart des autorités réglementaires pour juger les demandes d'autorisation d'OGM. Cette notion consiste à considérer qu'un produit transgénique est équivalent à son homologue conventionnel dès lors que les analyses chimiques sont identiques. Or, "la toxicité de la nourriture génétiquement modifiée ne peut pas être prédite à partir de sa composition chimique. (...) Cette approche devrait être abandonnée au profit d'une autre qui incluerait des tests biologiques, toxicologiques et immunologiques plutôt que simplement chimiques". Cette critique, si elle est retenue, modifiera considérablement les dossiers d'autorisation d'OGM.

--- Nature, 7 octobre 1999, vol. 401, numéro 6753

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Gènes humains : Tony Blair et Bill Clinton négocient actuellement un accord bilatéral pour protéger les 100 000 gènes humains et permettre ainsi une plus grande avancée de la médecine. La mesure, plus expéditive que l'adoption, en bonne et due forme, de lois nationales dans leur pays respectif, aurait un poids juridique comparable. Blair veut s'assurer que les bénéfices de la recherche sur les gènes humains ne profitent pas seulement à quelques entreprises mais soient disponibles gratuitement pour tous afin de combattre et d'éliminer les maladies. En 1987, 8000 gènes humains étaient cartographiés et en 2003, tous nos gènes devraient l'être. Cet accord obligerait tous les chercheurs, les laboratoires et les instituts à renoncer à leur droit sur les gènes découverts et cartographiés. Dans cette bataille pour ou contre les brevets sur le génome humain, les deux parties ne manquent pas d'arguments. Pour les opposants, les brevets nuiraient à la recherche puisque leurs propriétaires pourraient légitimement bloquer la recherche sur certains gènes et exiger des redevances exorbitantes ; les partisans, principalement des compagnies pharmaceutiques, font valoir que le développement de nouveaux médicaments coute cher et que seule l'exclusivité qu'assure un brevet permet d'espérer un retour sur investissement.

--- The Guardian, 20 septembre et cyberscience, http://www.cybersciences.com

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Etats-Unis : Face à l'opposition croissante internationale contre les OGM, des scientifiques et des organisations professionnelles agricoles sont venues défendre ce dossier devant le Sénat. Pour les scientifiques, les OGM sont la solution à la famine dans le monde et à de nombreuses maladies. Quant aux représentants des organisations agricoles (notamment l'association américaine du soja (ASA) et l'organisation des céréaliers et de l'alimentation animale (NGFA)), ils ont demandé au gouvernement de les aider à vendre les OGM, tout en se déclarant "opposés à tout étiquetage obligatoire".

--- Agence Française de Presse, 6 et 7 octobre 1999

Sous la pression des scientifiques, des écologistes et des agriculteurs biologiques, les firmes et les cultivateurs américains de maïs Bt (résistant aux insectes) ont accepté de réserver, en l'an 2000, 20% des semis à des cultures non transgéniques pour servir de refuge aux insectes et éviter l'augmentation rapide d'insectes super-résistants au Bt. L'Union of Concerned Scientists (UCS) fait remarquer que les superficies des zones refuges acceptées sont de quasiment 50% inférieures à celles recommandées par les experts. Mais, une étude américaine1 démontre que le gène de la résistance de la pyrale n'est pas récessif : on peut alors douter que cette mesure soit utile, quelque soit la taille des zones refuges.

[1] "Inheritance of Resistance to Bacillus thuringiensis Toxin (Dipel ES) in the European Corn Borer" by F. Huang, L. L. Buschman, R. A. Higgins, and W. H. McGaughey, Science 284 p 965-967, Tel: +1 (785) 532 6154 ou rhiggins@oz.oznet.ksu.edu

--- Gene Exchange, avril 1999, genex@ucsusa.org

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Thaïlande : Monsanto est accusée, par l'association Biothaï, d'avoir diffusé illégalement aux agriculteurs des semences de coton transgénique Bt. Des échantillons suspects, prélevés par des paysans, ont été testés par PCR dans les laboratoires universitaires de Nakhon Pathom et ont révélé la présence du gène Bt. Biothaï et une coalition d'organisations de la société civile thaïlandaise appellent donc à une action en justice contre Monsanto.

--- Biothaï, biothai@wnet.net.th

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Pakistan : L'ex-gouvernement pakistanais travaillait sur un projet de loi sur l'obtention des variétés végétales (the Plant Breeders Rights Act). Cette loi aurait permis "aux agriculteurs de sauvegarder, conserver, échanger les semences tout en interdisant de les utiliser pour une exploitation commerciale". Elle obligerait également le propriétaire d'une variété transgénique à payer des compensations pour les dommages occasionnés par celle-ci. Monsanto avait aussitôt réagi en envoyant un fax à ce gouvernement pour qu'il enlève cette clause de sa loi.

--- IPS News Bulletin, 31 août 1999, www.ips.org,

--- Contact : ayeshah@aaidpk.sdnpk.undp.org

SANTE et ENVIRONNEMENT

Terminator : Dans une lettre à la Fondation Rockfeller1, le président de Monsanto, Robert Shapiro, a annoncé qu'il renonçait à commercialiser des semences devenues stériles par l'insertion d'un gène (surnommé Terminator par l'ONG Rafi) : "Nous avons pris cette décision pour prendre en compte les souhaits exprimés par votre organisation et une large représentation d'experts et de parties prenantes". Ces semences auraient obligé les agriculteurs à en racheter chaque année, alors que, selon la FAO, la survie de 1,4 milliards d'individus du Tiers Monde dépend de la conservation des semences fermières. Cependant, Monsanto n'arrêtera pas ses recherches sur la stérilité des plantes. Déjà en juin, une autre firme de biotechnologie, Astra Zeneca avait annoncé officiellement qu'elle ne commercialiserait pas des graines stériles et les gouvernements d'Inde et du Zimbabwe avaient interdit formellement l'usage d'une telle technologie sur leur territoire. Les associations écologistes (Greenpeace, les Amis de la Terre, etc...) ont réagi à cette annonce avec scepticisme : premièrement, Monsanto ne peut commercialiser cette semence tant qu'il n'a pas terminé l'acquisition de Delta and Pine Land, firme détentrice du brevet. Deuxièmement, Monsanto n'exclut pas de commercialiser des produits similaires dans les mois ou les années à venir. Enfin, d'autres firmes multinationales, comme Novartis, ont aussi développé une technologie analogue. Selon Pat Mooney, de l'ONG Rafi, une douzaine de firmes et d'instituts publics posséderaient déjà au moins 31 brevets sur la stérilisation des semences. Il ajoute que sans une législation qui rejette fermement ces technologies, elles seront commercialisées sous peu.

[1] http://www.monsanto.com/

--- The Agribusiness Examiner, n°51, 13 octobre 1999

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Pusztai : Le chercheur Arpad Pusztai qui avait signalé les dangers sanitaires de pommes de terre transgéniques - contenant un transgène qui produit une lectine (Galathus nivalis) issue du perce-neige1 - suite à une expérience sur des rats, avait été mis à la retraite anticipée par son employeur, l'Institut de Recherche de Rowett en Ecosse, le 12 août 1998, et la Société Royale avait condamné ses travaux, contenant selon elle "des failles de conception, d'exécution et d'analyse". La prestigieuse revue médicale The Lancet a cependant publié ses travaux. Richard Horton, le rédacteur en chef, a précisé que cette décision avait été prise malgré un avis mitigé de la part des experts chargés d'examiner l'expérience afin d'attirer l'attention scientifique sur ce domaine (les OGM) et d'ouvrir le débat. 1Aucun OGM contenant un tel transgène n'est commercialisé.

--- Communiqué de presse de The Lancet, 16 octobre 1999,

fax : +44 (0)224 663002, h.a.kuiper@rikilt.wag.ur.nl

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Monarque : Après le maïs Bt, une nouvelle étude de l'Iowa State University montre que les variétés transgéniques tolérantes aux herbicides pourraient aussi être une menace pour le papillon Monarque. En effet, la facilité d'utiliser des herbicides à large spectre sur les cultures transgéniques "résistantes" pourrait en augmenter dangereusement l'emploi et, par conséquent, provoquer le déclin des plantes adventices, seules sources de nourriture du Monarque.--- B. Hartzler, Monarch butterflies and herbicid resistant crops,

www.weeds.iastate.edu/

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Thérapie génique : Selon le journal USA Today, un jeune homme de 18 ans est décédé à l'hôpital de l'Université de Pennsylvanie à Philadelphie le 17 septembre au cours d'une thérapie génique. Il faisait partie d'un groupe de 18 patients traités avec cette thérapie génique approuvée par la Food and Drug Administration (FDA). Le Pr. James Wilson, responsable des essais, a décidé, d'arrêter aussitôt les recherches sur les 17 autres malades en attendant plus de précisions sur les circonstances de ce décès

.--- Ambassade de France de Washington, Mission Scientifique et Technologique, 29 septembre 1999,

fax : +1 202 944 62 44 et stpresse@amb-wash.fr

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Pomme de terre fluorescente : A l'université d'Edimbourg, des chercheurs ont mis au point une pomme de terre qui se mettrait, grâce à un gène de fluorescence issu de la méduse, à luire lorsqu'elle a besoin d'eau ou d'engrais. Cette plante, si elle est un jour autorisée, ne serait prête à la consommation que dans 6 ans.

--- http://www.sac.ac.uk

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Du plastique de plante : Kenneth J. Gruys et ses collègues, chercheurs à Monsanto, ont créé deux plantes génétiquement modifiées capables de produire dans leurs cellules des copolymères biodégradables. Pour cela, ils ont dû intégrer quatre gènes différents aux génomes d'Arabidopsis thaliana et de Brassica napus (colza) afin de recréer la chaine complète de fabrication du copolymère à l'intérieur même des cellules végétales. Ces plantes-usines ont des rendements très faibles et le plastique est difficile à extraire.

--- Info Science, octobre 1999

LIRE ET ECRIRE SUR LES OGM

Quelques bulletins d'informations...

Les Amis de la Terre Europe publient toutes les 6 semaines un bulletin gratuit d'information sur les OGM, en anglais : Biotech Mailout.

Abonnement : Gill Lacroix.

---100717.1155@compuserve.com   fax : +32 2 537 55 96

Les Amis de la Terre Espagne publient un bulletin gratuit sur les OGM en espagnol : Boletín OMG.

--- juan.lopez@foeeurope.org

Ecologistas en Acción publie un autre bulletin d'information sur les OGM, en espagnol et uniquement via internet : TransXgenia.

--- ecologistas.estatal@nodo50.org

France Nature Environnement publie un bulletin gratuit trimestriel : Biotechnologies info.

--- FNE Mission biotechnologies, 18 rue du 22 nombre 67000 Strasbourg, France,

tél : +33 (0)3 88 22 31 74.

*****

Guide d'action sur les OGM : 10 FF en timbres,

--- Action OGM : 4, rue Bodin 69001 Lyon, France.

*****

Génie Génétique, des chercheurs citoyens s'expriment, ouvrage collectif avec notamment des articles de JM. Pelt, Mae Wan Ho, GE. Séralini, éd. Ecoropa et Sang de la Terre, 164 pages, 1997, 89 FF. Ce texte est disponible sur ECOROPA.

****

La France face au défi des biotechnologies : quels enjeux pour l'avenir, rapport du Conseil Economique et Social, présenté par Philippe Rouvillois et Guy Le Fur, éd. des Journaux Officiels, 284 pages, 1999, 70 FF.

Ce livre est disponible sur www.conseil-economique-et-social.fr/

Et toujours des forums :

La Cité des sciences : http://www.sciences-museo.tm.fr/

Monsanto : http://www.monsanto.fr/discussion/

QUELQUES DATES A RETENIR

Le dimanche 7 novembre, au salon de Marjolaine, Paris, plusieurs débats : les OGM ou la fin de la bio, avec H. Le Meur, le point sur les OGM, évaluation des risques, avec A. Apoteker, PH. Gouyon, et les OGM : main basse sur le vivant avec JP. Berlan.

--- aappfp, tél : +33 (0)1 43 43 92 95

*****

Le 10 novembre à Paris, conférence organisée par OGM Dangers avec Mme Rieusset-Lemarie, professeur à Paris en science de l'information et de la communication, sur le thème : Enjeux éthiques de la transgénèse : standardisation et hybridation. Rendez-vous à 20h au 46 rue de Vaugirard.

--- Herve.LEMEUR@math.u-psud.fr, tél : +33 (0)1 69 15 60 32

*****

18 et 19 novembre, à Lille, colloque sur les OGM organisé par l'Université Verte, l'Institut de Genech et l'Institut Supérieur d'Agriculture. Au programme, les connaissances actuelles sur les OGM, les domaines d'applications dans l'industrie, ou la position de la grande distribution face aux attentes et aux craintes des consommateurs.

--- Mlle Mélanie GIVAUDANfax : 03.28.38.06.54 , melanie_givaudan@hotmail.com

*****

Les 23 et 24 novembre, à Paris, séminaire : comment reconstruire la confiance entre les industries de l'alimentaire et les consommateurs, organisé par l'ANVIE... Prix : 11457 FTTC.

--- Alice Bertrand, 01 49 54 21 16 (fax 17).

*****

Du 10 au 21 janvier 2000, à Montpellier, France, formation sur "Biodiversité, agricultures paysannes et implication des organismes génétiquement modifiés" par Maya Leroy et Bob Brac de la Perrière.

--- CNEARC : tél +33 (0)4 67 61 70 00, fax +33 (0)4 67 41 02 32 ou prosperi@cnearc.fr

Inf'ogm est le bulletin de l'association loi 1901 : Inf'ogm - Veille citoyenne sur les OGM.

Directeur de publication : Thierry Raffin. Rédacteur en chef : Christophe Noisette.Comité de rédaction : Thierry Raffin, Arnaud Apoteker, Frédéric Prat, Jacques Mirenowicz, Jean-Pierre Leroy, Bob Brac de la Perrière, Isabelle Tarradellas, Pierre Vuarin. Mise en page : Christophe Noisette

Mensuel gratuit (pour l'instant) sur abonnement.   Ecrire à : Christophe Noisette Inf'ogm , 2b, rue Jules Ferry - 93100 Montreuil Tél : +33 (0)1 48 51 65 40, fax : +33 (0)1 48 51 95 12 Courriél : infogm@altern.org

Tiré à 1500 exemplaires

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Le point sur les OGM

http://www.altern.org/infogm - Organismes luttant contre les OGMMaison

Inf'OGM 09/1999 - 10/1999 - 11/1999 - 12/1999 " OGM : La guerre du troisième millénaire!

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