Inf'OGM

Bulletin n°1 septembre 1999 (Pas d'ascenseur)

Tout en bas! Ascenseur expresspar Thierry Raffin, Président d'Inf'OGM

Le premier bulletin de la veille citoyenne sort ; c'est toujours un petit moment de bonheur et de fierté après les turbulences de sa gestation. Pourtant nous nous doutons bien qu'il ne saurait être totalement abouti. Il lui faut l'épreuve de la réalité. C'est à dire votre lecture. En effet, les OGM - organismes génétiquement modifiés - sont devenus un objet médiatique, et il n'a pas été facile de faire une sélection dans cette matière... Nous pensons que la part faite à la science aujourd'hui dans ce débat "pour ou contre" les OGM est sans doute trop large. Les OGM sont une question de société et le débat doit alors intégrer les dimensions économiques, socio-culturelles, éthiques et environnementales pour permettre à chacun de comprendre les enjeux à ces différents niveaux. Ce faisant il y a une question sous-jacente : comment peut-on mettre dans les assiettes des consommateurs une alimentation à base de produits transgéniques sans que ces derniers soient réellement avertis, mais surtout sans que le citoyen soit consulté sur ce devenir social que nous dessine l'industrie agro-alimentaire appuyée sur les sciences et la technologie génétique ? Nous espérons que ce bulletin vous permettra d'y voir plus clair. Pour les bulletins suivants, nous serons bien sûr attentifs à vos remarques et à vos besoins, afin de les rendre toujours plus pertinents.

Si vous souhaitez les recevoir, merci de nous le signaler.

Abonnement : mensuel gratuit (pour l'instant) sur abonnement. Ecrire à : Christophe Noisette Inf'ogm - 2b, rue Jules Ferry - 93100 Montreuil. Tél : +33 (0)1 48 51 65 40 - Fax : +33 (0)1 48 51 95 12. Courriél : infogm(at)altern.org

Les actions citoyennes en cours

En pied de page d'autres infos

France : pas d'OGM dans les cantines...

Plusieurs campagnes ont été lancées pour demander que les cantines scolaires n'utilisent pas d'OGM... Différents courriers ont été adressés aux maires et aux fédérations de parents d'élèves (voir notamment, http://www.infogm.org  ).

Au niveau local, cette campagne a donné quelques résultats. Plusieurs villes (dont Calais, Lorient, Brest...) ont déclaré ne plus utiliser d'OGM dans la préparation des repas. De même, une cantine de Grenoble a mis au point une charte avec ses fournisseurs pour qu'ils garantissent des produits exempts d'OGM. Enfin, la région Ile de France va demander une étude visant à la création d'un "kit régional de sécurité alimentaire" pour éviter la présence d'OGM dans l'alimentation des cantines, a indiqué Jean Paul Huchon, président PS de la région. L'ARENE (Agence Régionale de l'Environnement et des nouvelles énergies) en liaison avec l'Observatoire régional de santé pilotera cette étude.

--- d'après Agence Française de Presse du 1/7/99 et Ogm Danger.

Par ailleurs, en Grande-Bretagne, les Conseils Régionaux (Country Council) du Kent et du Cambridgeshire ne serviront plus que des repas sans OGM dans leur cantine.

*****

Les destructions de parcelles plantées avec des OGM continuent

Le 13 août, c'est une parcelle utilisée par la firme Monsanto pour des essais sur du maïs résistant aux herbicides qui a été détruite à Péré, près de Surgères, en Charente Maritime. Des actions similaires ont visé des plantations de colza à Bassanes (Gironde), à Gaudiès (Ariège) et des parcelles de maïs à Rodez (Aveyron) et Porcaro (Morbihan). Fait nouveau, en Californie, des parcelles de maïs transgéniques ont été également détruites par deux groupes d'activistes : les Lodiloppers et les Cropatistas.

*****

France : José Bové libéré

Acte 1 : l'Europe refuse d'importer le boeuf aux hormones nord-américain.

Acte 2 : les Etats-Unis soutenus par l'OMC appliquent des mesures de rétorsion contre certains produits agricoles européens.

Acte 3 : la Confédération Paysanne participe au démontage d'un Mc Donald en construction à Millau. À la suite de cette action, José Bové et quatre de ses compagnons sont incarcérés puis libérés contre le paiement d'une forte caution (plus de 500 000 F en tout). Entre temps, des organisations paysannes et citoyennes françaises et du monde entier se sont mobilisées pour réclamer sa libération. Suite à de telles actions, le gouvernement français a exprimé à plusieurs reprises qu'il sera ferme sur la nécessité d'appliquer le principe de précaution en ce qui concerne les OGM ou les hormones dans les prochaines négociations de l'OMC à Seattle.

--- confpays(at)globenet.org

*****

France : Débat public citoyens / chercheurs

Le journal Libération du 3 septembre publie une nouvelle contribution du " Collectif citoyen Internet OGM danger " sur les missions de la recherche publique par rapport aux OGM. On se souvient qu'un dialogue s'était établi, via Libération, entre ce collectif et des scientifiques (337 scientifiques au départ, puis 182, leur dernière réponse n'étant signée que par 5 d'entre eux).

*****

France : Le député Aschieri s'est vu confier une mission par le Premier Ministre aux fins d'examiner " les risques sanitaires liés aux perturbations de l'environnement et de proposer les adaptations à apporter (...) nécessaires à l'établissement d'un dispositif efficace ". Le député Aschieri a alors créé le Collectif pour une Loi Santé - Environnement pour soutenir son projet de loi.

aschieri(at)imaginet.fr

*****

Etats-Unis : Dans son édition du 13 septembre, le Financial Times annonçait que des actions antitrust seront intentées d'ici à la fin de l'année contre les principaux semenciers par la Foundation on Economic Trends (dirigée par Jeremy Rifkin), par la National Family Farm Coalition et, à titre individuel, par des agriculteurs d'Europe, d'Asie, d'Amérique Latine et du nord. Plus de détails dans notre n°2.

--- Contact : J. RIfkin, +202 429 9602 oujrifkin(at)foet.org

*****

Brevetage du vivant :

Le Third World Network a lancé un soutien aux propositions du groupe africain (cf. p3) sur la révision de l'accord sur la propriété intellectuelle à l'OMC qui a rencontré un large écho auprès des ONG du monde entier.

--- twnet(at)po.jaring.my , http://www.twnside.org.sg/

*****

Algérie : L'association AREA-ED a organisé un premier atelier d'information en juillet 1999 pour introduire le débat sur la question des OGM en agriculture et des droits de propriétés intellectuelles sur le vivant. L'atelier a réuni une cinquantaine de participants (agriculture, recherche, santé et journalisme).

--- Contact : Mounir Bencharif, area(at)wissal.dz

*****

Sénégal : ERMURS est une équipe de chercheurs en sociologie de l'Université G. Berger de St Louis. Ermurs a lancé les activités de la cellule "biodiversité naturelle et culturelle", PROBIO, par un atelier national "les réponses africaines à la question des OGM, un débat citoyen" qui s'est déroulé fin juillet 1999.

--- Contact : Prof Laleye, laleye(at)ugb.sn

------------------

CONSOMMATION et ECONOMIE

Vers des filières non OGM...

Archer Danields Midland (ADM) collecteur et exportateur de maïs et de soja, est, avec Cargill, l'une des plus importantes sociétés agro-alimentaires des Etats-Unis. Le 1er septembre, ADM a demandé à ses fournisseurs en blé et en soja de séparer les produits génétiquement modifiés du reste des récoltes. A deux semaines du début de la récolte de maïs dans la corn belt, c'est la consternation. En effet, dans le centre de l'Illinois, plus de la moitié de la production locale de maïs et de soja est génétiquement modifiée. Dans un communiqué, ADM a expliqué vouloir "répondre à la demande" des consommateurs, de peur qu'ils ne trouvent "des sources alternatives pour obtenir ces ingrédients", bien qu'ADM soit "favorable aux progrès scientifiques en matière de biotechnologie". L'ACGA, American Corn Growers Association, qui a récemment encouragé ses adhérents à se tourner vers des productions exemptes d'OGM, a salué positivement cette décision, et souhaite que les collecteurs payent les récoltes non modifiées au prix fort.

--- d'après Nature, 9/9/99, vol 401, n°6749, page 107

Le groupe agro-alimentaire Eridania Béghin-Say (EBS) lance aussi une filière non OGM pour ses clients européens. Suite aux demandes des industriels de l'agro-alimentaire et des distributeurs, Cerestar, filiale amidon du groupe franco-italien, a décidé d'utiliser du maïs non transgénique pour les produits destinés à l'Europe. Cereol, la filiale européenne de transformation des oléagineux d'EBS, a, quant à elle, participé à la création de la première filière de soja non OGM "tracée". En effet, le fabricant morbihannais d'aliments pour animaux Glon-Sanders et le groupe de volaille fraîche Bourgoin sont demandeurs d'une filière garantie sans OGM. Pour cette année, ce sont 50 000 tonnes de soja français non OGM qui seront produits par 2000 producteurs (et l'on prévoit déjà 100 000 tonnes pour l'année prochaine). Enfin, au début du mois d'août, les Fermiers de Loué (Sarthe) ont décidé de construire leur propre usine d'aliments pour en maîtriser la composition.

--- d'après l'Agence Française de Presse, 1 septembre 1999

*****

Japon : Honda Trading va investir 600 millions de yens dans la construction d'une usine dans l'Ohio (USA) pour pouvoir avoir ses propres semences de soja non modifiées. La capacité annuelle devrait être de 20 000 tonnes. Cette année, Honda a négocié 118 contrats avec des fermiers américains qui se sont engagés à fournir 15 000 tonnes de graines de soja non modifiées. En effet, vu les changements législatifs (voir ci-contre) au Japon, c'est un énorme marché qui s'ouvre pour cette firme.

--- d'après Reuters. (29/8/99)

*****

Produits sans OGM, la liste s'allonge.

Paradoxalement, Novartis n'utilisera plus de composants OGM dans la fabrication des aliments pour bébés vendus sous la marque GERBER. Gerber annonce qu'il va utiliser principalement du maïs issu de l'agriculture biologique pour ses céréales, et recherche actuellement des sources d'approvisionnement en soja "bio". De même, le 30 juillet, HJ Heinz a décidé de garantir l'absence d'OGM dans tous ses aliments pour bébés. De son côté, Rewe, second distributeur allemand, s'est engagé à ne plus vendre sous sa propre marque de produits contenant des OGM.

Au Japon, les brasseries Kirin Co et Sapporo ont déclaré qu'elles cesseront d'utiliser du maïs OGM à partir de 2001 sans augmenter leur prix de vente bien que le passage vers du non transgénique augmentera le prix des ingrédients. Les deux autres brasseries japonaises, Asahi et Suntory, pensent suivre. Dernièrement, le plus grand producteur de protéine de soja, Fuji Oil a annoncé qu'il n'utilisera plus de soja GM à partir d'avril 2000.

--- d'après La Tribune (3/8/99), Reuters (26/8/99 et 1/9/99)

*****

Le Centre Français du Riz a décidé le 9 juin de jouer la carte de la qualité, vu les difficultés de la riziculture camarguaise, en abandonnant ses projets de riz transgénique. Lors de la Fête du Riz, les associations (Greenpeace, Nature & Progrès, Attac, la Confédération Paysanne, Mas de granier, le Collectif Internet Ogm Danger, l'association OGM Dangers) ont publiquement félicité les riziculteurs de l'abandon du riz transgénique. Le CIRAD, de son côté, suite aux destructions de ses serres, a annoncé que "certaines lignées de riz transgénique pourront être à nouveau semées"(CIRAD Info n°96, juillet août 1999, page 3).

--- Contact : Guy Ruiz, ruizg(at)club-internet.fr

*****

Une enquête réalisée par le Département d'Economie Rurale de Ecole polytechnique fédérale de Zurich, aidé de l'Université de Los Banos aux Philippines, pour comprendre les raisons du refus des OGM par les Philippins, révèle que l'opposition des ONG se renforce avec des propositions pour un programme alternatif de lutte intégrée. A cause de cette opposition, l'Institut International de Recherche sur le Riz, basé aux Philippines, devra délocaliser les essais en champs. En Asie, des programmes sur les riz transgéniques sont aussi conduits en Chine, Thaïlande et Indonésie.

--- d'après Biotechnology and Development Monitor, n°38, Juin 1999 pp19-21, Philipp.Aerni(at)iaw.agrl.ethz.ch

*****

ETIQUETAGE

Japon : Après consultation des professionnels et des consommateurs, le Ministère de l'Agriculture japonais préconise, contre l'avis des transformateurs, le recours à l'étiquetage obligatoire de certaines catégories de produits alimentaires, selon des modalités qui devraient entrer en vigueur au printemps prochain, avec un an de période transitoire. Les catégories d'aliments visées sont les produits agricoles destinés à la consommation domestique et les trois premiers ingrédients incorporés à plus de 5% du poids total des produits transformés. L'étiquetage doit mentionner l'utilisation d'OGM quand leur usage modifie la composition nutritionnelle. Quand la composition n‘est pas modifiée et que subsistent de l'ADN et/ou des protéines, l'étiquetage devra mentionner selon les circonstances: usage, non classifiable, non usage (optionnel). Enfin, quand la composition n'est pas modifiée, et que ne subsiste plus d'ADN et/ou de protéines, l'étiquetage ne sera pas obligatoire et la mention " non usage " optionnelle. De fait, l'étiquetage va devenir obligatoire pour à peine une trentaine de denrées alimentaires, a précisé à Inf'ogm l'Ambassade de France au Japon.

La Suisse a voté une loi rendant l'étiquetage obligatoire pour les produits contenant plus de 1% d'OGM.

Le Conseil des Normes Alimentaires d'Australie et de Nouvelle Zélande a adopté le 3 août une réglementation pour rendre l'étiquetage obligatoire. Cependant la fédération australienne des agriculteurs voit dans cette mesure une entrave au commerce. Des amendements doivent encore être mis au point sur les questions du seuil pour aboutir à une réglementation définitive en octobre. L'Afrique du Sud s'est aussi prononcée en faveur de l'étiquetage.

--- d'après Financial Times (5 août 1999)

Dan Glickman, ministre de l'agriculture américain, a réaffirmé sa demande d'ouverture du marché européen aux OGM. Cependant, s'il n'exclut pas des mesures de rétorsion, notamment douanières, il a demandé aux groupes agro-industriels américains de procéder volontairement à l'étiquetage. Il a en outre reconnu qu'il fallait réaliser des études d'impacts à long terme sur l'environnement et la santé. D'ailleurs, le Washington Post (15/8/99) nous apprend que les Américains remettent en cause la base de la politique sur les OGM qui consiste à dire qu'un OGM ne nécessite pas d'étude particulière puisqu'il est "substantiellement équivalent" à un organisme traditionnel. Le New York Time rappelle que la Food and Drug Administration ne réclame qu'une déclaration formelle des producteurs d'OGM assurant que leurs produits sont sains. De plus, cet article rappelle que l'opposition aux OGM se développe aux Etats-Unis (allant jusqu'à des destructions de champs) et que plus de 90% des Américains sont favorables à un étiquetage explicite. Enfin, dans son journal Consumer Report, l'association Consumer Union demande clairement l'étiquetage.

--- d'après l'Ambassade de France à Washington, le 15/7/99

Difficultés financières dans le secteur des biotechnologies.

Le groupe Aventis, né de la fusion de Rhône-Poulenc et de Hoechst, prévoit de supprimer 1400 emplois en Europe, soit environ 20% des effectifs européens des activités agro-chimiques de ces deux firmes. Citons pour mémoire les licenciements survenus récemment dans les autres firmes : Novartis, 1100 ; DuPont, 800 (soit 14,5% de sa filière) ; Monsanto, 2500. A l'instar de DuPont, AstraZeneca ou American Home, Novartis est en butte à de sérieuses difficultés dans le secteur de l'agro-chimie. Le titre Novartis a chuté de 18% depuis le début de l'année. Ainsi Novartis a décidé de lancer un programme de rachats d'actions pour 4 milliards de francs suisses. La firme suisse envisage même de se désengager de la biotechnologie végétale.

Par ailleurs, dans un rapport envoyé aux 7000 plus grands investisseurs institutionnels dans le monde, la Deutsche Bank, la plus grosse banque européenne, conseille d'éviter le secteur des biotechnologies. On peut lire, dans ce rapport1 que "Monsanto a dépensé plus de 1,5 milliard de dollars pour persuader les consommateurs anglais du bien fondé de sa position, mais hélas, sans résultat". Concrètement, lors des six derniers mois, les actions de Monsanto ont chuté de 11% et celles de Delta Pine and Land Co, la firme détentrice du brevet du gène terminator, de 18%. Ce rapport est un coup dur pour le Parti Travailliste britannique qui a investi ses fonds de pension dans deux grandes firmes de ce secteur : AstraZeneca et Novartis.

---d'après la Tribune, 30/08/99 et The Guardian, 25/8/99.

1 Rapport téléchargeable à http://www.biotech-info.net/Deutsche.html

LÉGISLATION et DÉCISIONS POLITIQUES

International : Les négociations mondiales en vue d'adopter un protocole sur la biosécurité (dans le cadre de la Convention sur la Biodiversité de l'ONU), définissant les règles de sécurité pour la commer-cialisation des OGM ont repris, du 15 au 19 septembre à Vienne. Ces négociations avaient échoué en février 1999 à Carthagène, Colombie. Le Groupe de Miami (Etats Unis, Canada, Australie, Argentine, Chili, Uruguay) avait rejeté en effet toute contrainte portant sur le commerce international des OGM, l'Europe étant accusée de protectionnisme. Le litige porte sur le champ d'application du protocole, la procédure d'information préalable à l'importation d'OGM, la question de la responsabilité, l'obligation d'une identification claire et la compatibilité avec les accords internationaux. Au départ, ces négociations devaient se faire à huis clos, mais dernièrement les ONG ont réussi à s'y faire inviter.

En conclusion, si tous les pays ont renforcé leur engagement politique vers un protocole de biosécurité, - ce qui est vital -, tous les contentieux n'ont pas été réglés. En effet, le Groupe de Miami s'est opposé à inclure les matières premières alimentaires dans le Protocole et ils désiraient que les décisions à propos des OGM soient traitées comme des questions commerciales par l'OMC, ce que refusent la plupart des autres pays. Enfin, les PVD ont insisté sur leur droit à refuser les importations de matières premières alimentaires génétiquement modifiées.

--- d'après Agence Française de Presse, 2/8/99 et Greenpeace

*****

L'OCDE va entreprendre une étude sur les questions liées à la sécurité de l'alimentation, notamment sur les OGM, comme lui en a donné mandat le sommet du G8 réuni à Cologne fin juin.

--- d'après Agence Française de Presse, 15/7/99

*****

Le Japon a voté une loi, identique au Bayth-Dole Act voté aux Etats-Unis en 1980, qui permet aux universités et aux laboratoires publics d'accorder de façon exclusive ses brevets aux firmes privées avec qui ils sont en partenariat.

--- nature, 2/9/99, vol 401, n°6748, page 1

*****

Paraguay : La commission de biosécurité, sollicitée par le ministère de l'agriculture, a décidé en août 1999 de recommander la non introduction des OGM et de déclarer le Paraguay "libre d'OGM".

--- d'après altervida(at)mmail.com.py

*****

Brésil : Les scientifiques qui assistaient à une réunion de la Société Brésilienne pour le Progrès de la Science (SBPC) à Porto Alegre, le 2 août 1999, ont condamné la décision du gouvernement d'interdire les OGM. Francisco Mauro Salzano, un éminent généticien de l'Université Fédérale de Rio Grande do Sul a décrit l'attitude du gouvernement comme "médiévale" et l'a comparée à l'attitude de Staline vis-à-vis de l'agronome Lyssenko. Mais le gouverneur de l'Etat, Olivio Dutra, a répondu, lors de la cérémonie d'ouverture du SBPC : "Nous ne voulons pas de la dictature de Staline, de même que nous ne voulons pas de la dictature de Monsanto." La SBPC a tout de même demandé un moratoire de cinq ans.

--- d'après Nature, 5 août 1999, vol 400, n° 6744, p.495

*****

Europe : Malgré la volonté politique, exprimée par le Conseil des Ministres de l'Environnement du 25 juin 1999, de suspendre toute nouvelle autorisation d'OGM, la Commissaire européenne à l'environnement sortante, Ritt Bjerregaard, a approuvé, le 7 juillet 1999, trois nouvelles variétés. Il s'agit du colza résistant au Basta créé par Hoescht/AgrEvo, du colza résistant au Basta créé par Plant Genetic Systems/Hoescht/AgrEvo et de betterave fourragère résistante au RoundUp créée par DLF-Trifolium/Monsanto/Danisco.

*****

La Commission européenne a ouvert le 7 juillet une procédure contre la France pour n'avoir pas autorisé la mise sur le marché de deux variétés de colza (autorisées par l'UE en 1997). En effet lorsque la Commission donne son accord pour la mise sur le marché d'un OGM, tous les pays européens doivent donner leur consentement par écrit ou faire jouer la clause de sauvegarde. La Commission a aussi entamé une procédure contre le Luxembourg "pour avoir traîné les pieds dans la présentation d'un calendrier de transposition dans son droit national d'un nouveau texte européen" sur les OGM.

--- d'après l'Agence Française de Presse (7/7/99)

*****

Le Bureau Européen des Brevets (European Patent Office - EPO) a adopté de nouvelles règles pour se conformer à la directive européenne (98/44/CE) qui autorise le brevetage des plantes et des animaux transgéniques. 100 demandes sont en attente depuis 1995. Mais l'autorité la plus haute de l'EPO, le Conseil Elargi d'Appel, pourrait changer les règles s'il les trouve incompatibles avec la convention européenne sur les brevets de 1973, base juridique de l'EPO.

---d'après Nature, 5 août 1999, vol 400, n° 6744, page 496 et H. Ilbert (+33 (0) 4 99 23 22 80 )

*****

La France entre recherche et prudence

Claude Allègre avait chargé François Gros de faire un état des lieux techniques de la génomique en France et des perspectives de cette nouvelle discipline. Le rapport, publié par l'Académie des Sciences le 7 juillet, recommande de "compléter et développer les investissements et les implantations industrielles françaises et étrangères à la Génopole d'Evry, d'encourager les recherches au Génoscope, (...) de développer au plus vite d'autres génopoles en régions". D'importants fonds vont être débloqués.

Jacques Chirac, lors d'un discours au Québec, le 2 septembre, a affirmé que, face à la pression américaine sur les OGM et le boeuf aux hormones, "nous ne céderons pas, tout simplement parce que nous estimons qu'il n'est pas possible, moralement possible, de mettre en cause ce que nous appelons le principe de précaution, c'est-à-dire de donner libre cours à un commerce qui pourrait mettre sur le marché des biens qui s'avéreraient ultérieurement nuisibles à la santé des habitants".

*****

Question de transparence...

Le maire de Péré, commune de 3100 habitants en Charente Maritime, s'est vu menacé de poursuite par la Direction Départementale de l'Agriculture et de la Forêt s'il divulguait le lieu exact de la parcelle plantée en OGM ou le nom de l'exploitant. Cette parcelle de maïs a d'ailleurs été "fauchée" par des activistes (cf. p1).

Si le gouvernement britannique avait décidé de mener au grand jour ses expérimentations sur les OGM et s'il a publié, le16 août, la localisation précise de quatre fermes-test, il est actuellement revenu sur sa décision, notamment suite à des actions de Greenpeace. Nous savons cependant que 75 sites expérimentaux seront opérationnels l'année prochaine.

--- d'après l'Agence Française de Presse (16/8/99)

 *****

Belgique : Magda Aelvoet, chef de file des Verts flamands et Ministre de la Santé Publique et de la Protection des Consommateurs, s'est attelée à la création d'une Agence Fédérale pour la Sécurité des Aliments. Cette agence centralisera tous les contrôles du champ à l'assiette. Elle sera effective à partir du 1er janvier 2000 et directement placée sous sa responsabilité politique.

--- Contact : Antoinette Brouyaux

antoinette.brouyaux(at)skynet.be

PVD : pour un aménagement de la brevetabilité du vivant

En juillet, les pays africains ont pris position sur le réexamen de l'Accord de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) sur les Aspects des Droits de Propriété Intellectuelle qui touchent au Commerce (ADPIC, TRIPS en anglais), notamment sur l'article 27.3b qui réglement la brevetabilité du vivant et la possibilité d'avoir des lois nationales "sui generis" sur cette question. D'une part, le Conseil des Ministres de l'Organisation de l'Unité Africaine (lors de sa session du 6 au 10 juillet à Alger) et, d'autre part, le Groupe africain à l'OMC ont demandé que l'Accord sur les ADPIC précise que tous les organismes vivants et leurs parties ne peuvent pas être brevetés, et que les procédés naturels d'obtention de végétaux, d'animaux et d'autres organismes vivants ne devraient pas non plus être brevetables. A l'OMC, le groupe africain demande également que l'Accord précise que toute loi 'sui generis' sur la protection des variétés végétales puisse protéger les droits des agriculteurs et des communautés locales et indigènes prévus par la Convention des Nations Unies sur la Biodiversité et l'engagement international de la FAO sur les Ressources Phytogénétiques. Ces propositions sont extrêmement importantes et sont en phase avec l'analyse récemment articulée par la prestigieuse Académie des Sciences du Tiers-Monde (Third World Academy of Sciences, Trieste) ainsi que celle du Programme des Nations Unies sur le Développement (Rapport sur le développement humain 1999). L'Inde, le Brésil, le Costa Rica, l'Honduras, l'Indonésie, le Pakistan et les Philippines soutiennent également cette proposition. De plus, l'Inde demanderait lors du Round de Seattle la révision de certains articles de l'ADPIC pour les harmoniser avec la Convention sur la Biodiversité afin que les Etats puissent protéger les produits d'appellation contrôlée, comme le riz basmati.

--- d'après GRAIN, Renée Vellvé, grain(at)baylink.mozcom.com , fax : +34 93 301 16 27

RECHERCHE et SANTE

OGM : des espoirs déçus

Les résultats d'une étude du Département Américain à l'Agriculture, publiés dans le Daily Mail1, nous apprennent que, dans 12 cas sur 18, les semences génétiquement modifiées n'ont pas de meilleurs rendements que les traditionnelles. De même, on apprend que les agriculteurs, dans 7 cas sur 12, n'ont pas réduit l'usage des pesticides.

1, Famine solution claims by GM firms exposed, Daily Mail, 8 juillet 1999

Par ailleurs, une étude réalisée par le Dr. Charles Benbrook, membre de l'Académie des Sciences des Etats Unis, démontre que le soja RoundUp Ready n'a pas de meilleur rendement que le soja traditionnel.

---d'après New Scientist, du 7 septembre 1999, benbrook(at)hillnet.com

*****

OGM et antibiotiques

D'après trois chercheurs de l'Université Rockefeller de New York, il est possible d'éviter d'utiliser des gènes de résistance aux antibiotiques dans l'élaboration d'OGM pour identifier les cellules qui ont intégré le transgène. Cette fonction peut être assurée par un gène qui produit seulement une hormone de croissance de la plante, la cytokinine, et qui doit, en outre, être active par une molécule chimique. Munies de ce nouveau marqueur, les cellules transformées sont repérées non plus grâce à leur résistance à un antibiotique mais plus simplement par leur réponse à une molécule chimique, la dexaméthasone, qui active le gène de l'hormone de croissance.

Or, l'usage des gènes résistants aux antibiotiques est controversé. Pour les experts comme Patrice Courvalin, de l'Institut Pasteur, l'utilisation de ces gènes de résistance est révélatrice d'une totale "ignorance de l'écologie de la résistance aux antibiotiques et des mécanismes de résistance et de leur évolution". En effet, R. Havenaar, de l'institut de Recherche sur la nutrition à Zeilst (NL) a créé un intestin articifiel, TIM, pour modéliser la digestion. Il a alors découvert que l'ADN des bactéries avait une durée de vie de 6 minutes dans le gros intestin et que, affirme-t-il, cela est suffisant pour transmettre le gène modifié aux bactéries intestinales. Même si cette transformation a une chance sur 10 millions d'avoir lieu, ce n'est pas anodin, puisqu'il y a mille milliards de bactéries dans l'intestin.

--- d'après Nature Biotechnology, septembre 1999.

*****

La résistance au Bt

Yong-Biao Liu a démontré que la stratégie de zones refuges ne permet pas d'éviter l'apparition d'insectes résistants au Bt. Le Bt, en effet, ralentit la maturation sexuelle des larves et donc empêcherait le croisement attendu entre souches résistantes et souches non résistantes au Bt. Cela est valable autant pour le maïs Bt que pour le coton Bt.

-- d'après Nature (5 août 1999, vol 400, n°6744).

*****

Transgène : une insertion aléatoire

D'après les travaux du Dr Pusztai, l'insertion d'un même gène dans deux plants de pommes de terre identiques peut produire des produits relativement différents (variation de 20% du taux de protéine, par exemple). En effet, on ne peut pas prévoir avec précision quelle place le gène inséré va occuper sur l'ADN. Or, c'est autant la place que la nature du gène qui semble déterminer ses qualités.

--- Source GM-Free, vol 1, n°3, août /septembre 1999 

*****

Porcs transgéniques

Des chercheurs de l'université de Guelph (Ontario) viennent d'annoncer la naissance de porcelets génétiquement modifiés, appelés Enviropig, susceptibles de produire un purin dont la teneur en phosphore serait inférieure de 20% à 50% à la normale. Cette recherche a été financée, entre autres, par la fédération des éleveurs de porcs de l'Ontario, Ontario Pork qui a obtenu en échange les droits exclusifs sur la commercialisation de ce porc transgénique.

--- source : Agence Française de Presse, 26 juin 1999

*****

Miel thérapeutique

Des chercheurs du Centre de recherche en culture et reproduction des plantes à Wageningen ont fait butiner des abeilles sur des plantes transgéniques afin de produire des médicaments plus agréables à ingérer. En effet, il a été constaté que, du nectar au miel, les protéines passent directement sans être digérées par l'abeille. La première concrétisation a été de modifier un pétunia pour lui faire produire un vaccin contre une maladie du chien.

--- d'après le monde le 29 juin 1999,

manoury(at)lemonde.fr

Lire et écrire sur les ogm

L'association ATTAC - Action pour une Taxation des Transactions et l'Aide aux Citoyens - a lancé depuis le 6 septembre un forel - forum électronique - sur les OGM. Le but est de mettre en place des actions citoyennes.

--- Pour s'inscrire : http://attac.org/

*****

Sur la base de données de Agriculture and Biotechnology Strategies (www.agbios.com), on trouve des informations (description biologique, autorisation officielle) pour tous les OGM introduits au Canada et dans d'autres pays.

*****

A Seed (Action for Solidarity, Equality, Environment and Development) a publié un annuaire des militants anti-OGM principalement européens et des documents sur les principales entreprises de biotechnologies.

--- groundup(at)aseed.antenna.nl , fax : +31 20 468 2275

*****

Biotechnology and Development Monitor, n°38, Juin 1999 consacre son dossier sur les limites de l'évaluation des risques biologiques. L'éditorial discute sur l'impossibilité du risque zéro scientifiquement évalué et de l'intérêt d'un moratoire sur les OGM, non pas pour atteindre le risque zéro, mais pour créer l'espace de discussion entre différents acteurs sociaux. Ce qui transformerait l'exercice de l'évaluation scientifique des risques, en un processus de négociation sur le développement technologique.

*****

---------

Quelques dates à retenir...

Solagral organise une journée débat ouverte au public le 5 octobre à Paris. Le thème : environnement et négociations commerciales multilatérales. Le but est "de clarifier les différentes positions et de formuler quelques recommandations pour les négociations de l'OMC".

--- Hélène Ilbert, tél : +33 (0)4 99 23 22 80

*****

Un atelier panafricain de formation et d'échanges sur les OGM et les droits de propriété intellectuelle (DPI) en agriculture se tiendra à Yaoundé (Cameroun) du 8 au 13 novembre 1999. Il est organisé par le réseau d'organisations paysannes africaines APM avec l'IRAD et le Canadel. Il accueillera une trentaine de participants (agriculteurs, scientifiques, ONG) de toute l'Afrique.

--- Jeanot Minla Mfou'ou, fax : +237 20 55 20, apm(at)camnet.cm 

*****

Conférence ministérielle de l'Organisation Mondiale du Commerce du 26 novembre au 3 décembre 1999 à Seattle, début d'un nouveau round de négociations commerciales, où le volet "environnement" prend une place importante. Les OGM sont au programme. Une mobilisation citoyenne se prépare, pour les Etats-Unis, vous pouvez contacter : rvanstaveren(at)iatp.org , pour la France : jesover(at)attac.org .

Inf'ogm est le bulletin de l'association loi 1901 : Inf'ogm - Veille citoyenne sur les OGM.

Directeur de publication : Thierry Raffin. Rédacteur en chef : Christophe Noisette. Comité de rédaction : Thierry Raffin, Arnaud Apoteker, Frédéric Prat, Jacques Mirenowicz, Jean-Pierre Leroy, Robert Ali Brac de la Perrière, Isabelle Tarradellas, Pierre Vuarin.. Mise en page : Christophe Noisette

Abonnement : mensuel gratuit (pour l'instant) sur abonnement. Ecrire à : Christophe Noisette Inf'ogm - 2b, rue Jules Ferry - 93100 Montreuil. Tél : +33 (0)1 48 51 65 40 - Fax : +33 (0)1 48 51 95 12. Courriél : infogm(at)altern.org  Tiré à 1500 exemplaires. Impression : BLFP Communication

N.B : Nous essayerons, dans la mesure du possible, de préciser, en bas de chaque article, nos sources et de vous proposer une personne ressource, pour vous permettre d'en savoir plus. Pour des compléments, n'hésitez pas à nous contacter.

Autorisation pour 16 aliments génétiquement modifiés pour animaux

 BERNE (Suisse), 7 sept (Agence Française de Presse) - Le ministère suisse de l'Agriculture a autorisé l'importation de seize nouveaux aliments génétiquement modifiés pour animaux, a révélé mardi soir la télévision suisse alémanique.

 Selon le texte de l'ordonnance, toutes les sortes "autorisées dans l'Union européenne, aux Etats-Unis et au Canada" seront admises, à la condition que les importations soient sous forme de produits transformés.

Melchior Ehrler, directeur de l'Union suisse des paysans (USP), a affirmé que la façon "discrète et silencieuse" de l'office fédéral (ministère) d'autoriser ces aliments pour animaux génétiquement modifiés le dérangeait beaucoup.

 Les associations paysannes veulent autant que possible recourir à des aliments pour animaux exempts d'organismes génétiquement modifiés, mais la puissance commerciale américaine leur rend la tâche difficile, a-t-il expliqué.Retour au sommet de la page

http://www.altern.org/infogm - Organismes luttant contre les OGMMaison

Inf'OGM 09/1999 - 10/1999 - 11/1999 - 12/1999 - OGM : La guerre du troisième millénaire!

Jardin


Vous avez aimé cette page. Partagez-la
avec vos ami(e)s sur les réseaux sociaux

Partager avec vos amis sur le réseau social Google Plus Partager avec vos amis sur le réseau social Linkedin S'abonner gratuitement au fil d'info RSS du vaisseau-mère de Demain l'Homme, ex SOS-planete


 










Accès aux 150 derniers articles de Demain l'Homme pour mobiles et PC