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(Pas d'ascenseur) Mise à jour du dimanche 13 janvier 2002

TOUT EN BAS! Ascenseur expressSommaire de la page : Le "haricot vert" - Notes sur la réglementation des semences - Le chant du maïs

Le Haricot vert

Photo anne.esperet@free.fr Autres oeuvres superbes sur le site .« LE HARICOT VERT » n°1, (extraits 01/1999)

Historique historique .

En fait, les plantes transgéniques ne sont pas tombées de la dernière pluie, au contraire, le terrain leur avait été diaboliquement et efficacement préparé. Voici des renseignements que l'on ne trouve pas partout, mais qui éclaireront ceux et celles qui ne comprenaient pas pourquoi leurs parents ou grands-parents parlaient de toutes ces variétés potagères qu'on n'arrive
plus à trouver aujourd'hui : que sont-elles devenues ? Pourquoi les avoir
laissées disparaitre ?

Un peu d'histoire, mais pas de celle des manuels scolaires ni  des médias en
tous cas.

. « .C'est le 2 décembre 1961 que la première offensive de la « Guerre des
semences » débuta officiellement, lors d'une convention, à Paris, qui donna
naissance à un organisme international siégeant à Genève, L'U.P.O.V  ( Union
pour la Protection des Obtentions Végétales ) dont le but est de promouvoir
et de coordonner les législations du monde relatives aux brevets sur les
nouvelles variétés de plantes potagères, céréalières, fourragères et arbres
fruitiers.

La France promulgua en 1970 une loi relative à la protection des obtentions
végétales selon laquelle toute obtention végétale nommément désignée peut
faire l'objet d'un titre appelé « certificat d'obtention végétale ».

Aux USA , malgré une vive opposition publique, le Sénat vota des amendements
afin de pouvoir s'aligner sur les législations européennes et devenir membre
de l'UPOV.

L'Angleterre devint membre après avoir promulgué le 1er juillet 1973  le
«  Seeds Regulation  » interdisant à la vente toute variété de plante non
inscrite sur « le catalogue commun » de la Communauté Européenne . De
courageuses associations de jardiniers biologiques s'opposèrent aux brevets
végétaux, mais en vain ou trop tard : quand ils eurent enfin réuni les fonds
nécessaires, la plupart des variétés potagères qu'ils espéraient sauver
avaient disparu.

En effet, l'établissement d'un système de brevets sur les plantes - qui
préparait déjà le terrain aux brevets OGM -  ouvrit toutes grandes les
portes des grainetiers aux multinationales jusqu'alors peu intéressées par
ce secteur.

Les plus gros achetant les plus petits, Royal Dutch Shell devint du jour au
lendemain, la plus grande firme mondiale de l'agro-chimie et du secteur des
semences après avoir racheté 74 compagnies productrices de semences en
Angleterre.

Entre 1970 et 1984, quelques 839 firmes productrices de semences furent
ainsi rachetées de par le monde par Shell Oil, Occidental Petroleum , Sandoz
( futur Novartis ), Monsanto etc. Ainsi, après avoir maîtrisé totalement les
secteurs de la fertilisation (engrais), de la phyto-pharmacie ( pesticides
etc) le dernier maillon de la chaine était - et est toujours - contrôlé par
les multinationales.

La destruction du patrimoine génétique elle, ne faisait que commencer :
selon une estimation de 1990,  près de 60 000 espèces sont condamnées à
disparaitre. Sur les dizaines de milliers de plantes comestibles que recèle
le monde végétal, seulement trois mille d'entre elles ont été utilisées dans
l'histoire de l'humanité. Sur ce nombre, seulement 150 espèces sont
inscrites au registre du commerce international. Actuellement, une trentaine
de ces 150 pourvoient à plus de 90% des ressources alimentaires de l'
humanité : les céréales, légumineuses, tubercules (pomme de terre etc), les
fruitiers et quelques plantes oléagineuses et sucrières.

Pour donner un exemple de cette  désertification de l'agriculture mondiale,
en juillet 1980, lorsque la législation sur « la protection des obtentions
végétales » prit pleinement son effet, 2126 espèces potagères devinrent
illégales à la vente. Ainsi, 80% des variétés potagères disparurent des
catalogues. On prévoyait en 1991 que plus de ¾  des variétés de légumes
cultivés en Europe auraient disparu à cause de la législation des brevets.

Par exemple, le National Seed Storage Laboratory, une banque de gènes gérée
par le gouvernement  des USA, avoue ne plus conserver que 3% de toutes les
variétés potagères qui étaient disponibles sur les catalogues américains des
années 1901-1902.

Sur les catalogues de graines d'Allemagne fédérale en 1982, il ne restait
plus que 5% de variétés non protégées par des brevets. En France, il n'est
que de consulter des catalogues  nationaux ou de regarder les rayonnages des
grandes jardineries pour constater la pauvreté de choix de variétés pour une
même espèce potagère. »

(d'après Dominique Guillet : « Semences de paix » in « La rose et la
passiflore » Ed. Rose et Passiflore.1992
Dominique Guillet s'occupe de Terre de semences, qui produit et diffuse des
graines rares et bio, Terre de Semences. Chemin de Parenove. 30100. Alès.
Tel : 04.66.30.64.91 / Fax : 04.66.30.61.21
Bibliographie : Grall et Lévy : « La guerre des semences ».Fayard.1985.
(avaient déjà TOUT compris en 1985 )

Exemple du maïs.

« .Après en avoir dépossédé les indiens du Mexique, les grandes firmes
américaines ont mis au point l'hybridation systématique du maïs, dans les
années 1920-1930. Très vite, les paysans ont été obligés d'acheter des
semences aux trusts de l'époque. Le système d'esclavage moderne a tellement
bien fonctionné que par la suite, le maïs est devenu le symbole d'une
agriculture triomphante, remplaçant au fur et à mesure les autres céréales
dans l'alimentation du bétail, aussi bien en grains que sous forme d'
ensilage.

La naissance, en 1994, de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) a rendu
possible l'uniformisation encore plus poussée du modèle industriel en
agriculture. Ayant capitulé devant les USA, l'Europe a accepté de placer l'
échange des biens agricoles au même niveau que les biens manufacturés. L'
abandon de fait d'une partie de la protection communautaire et de la
spécificité agricole transforme radicalement la forme des échanges. Elle
institutionnalise les prix mondiaux de dumping, comme seuls régulateurs des
flux de marchandises.( .)

L'objectif est clair : rendre l'approvisionnement pour les paysans
obligatoire en produits manipulés. Mais si la résistance s'intensifie, si le
refus des éleveurs d'accepter ces produits se renforce en lien avec les
consommateurs, les pertes financières des grands groupes pourront modifier
leur choix d'investissements. C'est pourquoi la Confédération Paysanne s'
investit dans ce combat. L'avenir de l'agriculture paysanne se joue en cette
fin de siècle.Refuser aujourd'hui le brevetage du Vivant, c'est faire le
choix de l'avenir, c'est refuser que la vie ne se transforme à son tour en
marchandise, étape ultime du capitalisme mondialisé. »      ( extrait de :
José Bové, Confédération Paysanne, in Greenpeace Automne 98 ).

Sommaire de la page

NOTES SUR LA REGLEMENTATION  DES SEMENCES

« Les semences biologiques » François Delmond

François Delmond est producteur de semences biodynamiques depuis 1987 à :
Germinance. Les Rétifs, 49150. St Martin d'Arcé. Tel/fax : 02.41.82.73.23
extraits d'un article de Biocontact n°65. Sept.97

« .Les consommateurs pensent qu'en bio les semences sont biologiques : ce n'
est bien souvent pas le cas.
Organisation de la production de semences conventionnelles en France :

La France : 1er  producteur en Europe et 2ème dans le  monde, après les USA.
L'organisation de la production de semences est à peu près la même dans tous
les pays de la CEE.

- En dehors de quelques plantes particulières ( tabac, chanvre..) n'importe
qui a le droit de produire les semences de toutes espèces et de toutes
variétés pour son usage personnel, tant que ça ne gêne personne.

- Il est interdit de laisser monter à graines une friche envahie de chardons
ou de cultiver certaines plantes au voisinage de cultures portes-graines etc
.

-Par contre, personne ne peut produire des semences en vue de les
commercialiser et personne ne peut vendre des semences sans autorisation.

En France,  le Ministère de l'Agriculture a chargé le G.N.I.S  ( :
groupement interprofessionnel des semences, 44. rue du Louvre.75001.
aris.  ) de développer la filière semences et plants, et de veiller à l'
amélioration de la qualité des semences et à la diffusion du progrès
génétique.

Il ne rassemble que des professionnels, de l'obtenteur ( créateur de
nouvelles variétés) à l'agriculteur utilisateur, en passant par l'
agriculteur de semences.

On peut constater qu'en son sein ne siègent aucun représentant des
utilisateurs amateurs de semences (jardiniers.) ni de consommateurs, dont la
santé découle, on l'a vu de la qualité des semences, ni des nutritionnistes
ni bien entendu des agriculteurs biologiques.

Le G.NI.S a surtout mis en place une organisation et une réglementation qui
a surtout tenu compte du point de vue des professionnels et donc de leurs
intérêts..

Il y a des dérapages qui auraient pu être évités : disparition du commerce
des variétés anciennes.   mise au point de variétés hybrides rentables pour
les sélectionneurs (car brevetables ), pour les producteurs de semences (
car les agriculteurs doivent racheter chaque année de la semence), pour les
agriculteurs ( production plus homogène et plus lourde ), pour les
commerçants ou industriels ( .longue conservation, belle présentation ) mais
qui n'ont aucun intérêt pour les jardiniers  ( variétés délicates,
exigeantes.), ni pour les consommateurs.

Pour être producteur de semences, il faut obtenir une carte professionnelle
du G.N.I.S et pour cela répondre à certains critères de taille : au moins 5
ha de cultures de semences potagères fines par exemple, mais pas de
compétence !
.Les petits producteurs de semences potagères ont tous peu à peu
disparu.Limagrain a mis tout le monde d'accord en rachetant les 3 plus gros
et plus anciens : Vilmorin, Tézier et Clause.

Limagrain, coopérative agricole de la plaine de la Limagne, a fait fortune
avec les premiers hybrides de maïs mis au point par l'INRA avec des fonds
publics.

Limagrain a de nombreuses filiales et plusieurs laboratoires de
biotechnologies et pratique le lobbying intensif à Bruxelles pour faire
assouplir la réglementation en matière de variétés transgéniques.

Limagrain est devenu le 1er producteur de semences ( toutes cultures en
Europe ).

Le G.N.I.S est aussi à l'origine de la réglementation sur les variétés.

Dans chaque pays de la CEE, les variétés sont inscrites sur un catalogue.

Une variété inscrite dans au moins un des pays de la CEE est autorisée dans
tous les autres.

Une variété ne peut rester inscrite que si au moins un producteur de
semences se charge de son maintien ( de sa sélection conservatrice ).

Cela ne pose pas de problème pour les variétés récentes, en général l'
obtenteur se charge de son maintien.

- Pour les variétés anciennes, ( au moins 20 ans, parfois plus de 100 ans) :
la variété est « domaine public ». Si plus aucun producteur en Europe ne la
produit : elle est rayée définitivement : commercialisation interdite sous
forme de semence et sous forme de plant...

- Un maraîcher ne peut vendre ( à un maraîcher ou à un jardinier ) que des
plants de légumes de variétés inscrites.

- C'est très difficile de réinscrire une variété rayée ( dossier compliqué
etc. ) et l'obtenteur doit payer 10 000 F pour inscrire sa variété  ( de
quoi décourager ) qui, une fois inscrite sera protégée : Pendant  20 ans,
personne ne peut la multiplier sans lui verser des droits.

Ensuite, elle est domaine public, tout producteur peut la multiplier, à
moins que l'obtenteur ne demande sa radiation parce qu'il en a trouvé une
autre équivalent entre temps. ( pour qu'il n'y ait plus de concurrence. )

Le G.N.I.S freine ainsi la diffusion du « progrès génétique » de la nature
(s'il y en  a un ).

- Nouvelles variétés : Seules les grandes firmes font de la sélection pour
obtenir de nouvelles variétés, dans des conditions de laboratoire, et avec
comme seuls critères de sélection le rendement etc.

- on essaie à tout prix de créer des variétés hybrides : pour être obligé de
racheter les graines chaque année.

- Priorité à la prise en compte de la résistance aux maladies et
insecticides etc. ( recherche génétique, OGM . )

La production des semences conventionnelles :

La multiplication des semences ainsi obtenues par les sélectionneurs se fait
sous contrat chez des agriculteurs multiplicateurs : industrialisation,
désherbage, fongicides, hormones. etc. On fait de moins en moins de semis en
pépinières, on sème directement sur de grandes surfaces et on récolte à la
moissonneuse-batteuse. On en fait aussi dans l'hémisphère sud pour obtenir 2
récoltes de graines par an (maïs, haricot.).

Les semences sont ensuite nettoyées, calibrées, et éventuellement enrobées :
couches d'argile contenant différents produits de traitement et un colorant
( pour éviter de les confondre avec des graines à consommer ).

Les semences pour jardiniers sont moins traitées, mais sont enfermées dans
des sachets en aluminium et plastique. Une fois ouvertes, elles perdent
rapidement leur pouvoir germinatif.

La profession de maraîcher :

Industrialisation, mécanisation.avec variétés adaptées aux demandes de la
grande consommation : hybrides F1 etc. utilisation de plastiques sur les
cultures pour récolter plus tôt ou plus tard. (cf. les légumes qu'on trouve
toute l'année ) etc.
Parallèlement se sont développés les semis en motte ( utilisation massive de
tourbe, destruction des tourbières.) achetés tous prêts.

Le maraîchage biologique :

Environ 3000 producteurs de légumes bio  ( la plupart n'ont pas échappé à la
mécanisation ci-dessus ). On peut les classer en 3 catégories :

- maraîchage de plein champ : culture sur plusieurs ha, mécanisée,
expédition aux grossistes.

- maraîchage intensif : plein champ,  avec serre, tunnel, sur quelques ha de
10 à 20 cultures différentes. Plants en motte. Expéditions, vente au détail.

- maraîchage traditionnel :  sur de petites surfaces, circuits courts. vente
directe.

Depuis l'été 1995, une réglementation oblige les maraîchers bio à utiliser :

- des plants de légumes produits selon les règles de l'agriculture bio, par
lui-même, ou par un producteur certifié AB.

-    des semences bio dans la mesure où elles sont disponibles. Elles
doivent avoir été produites pendant au moins une génération sur des fermes
en bio.

Cette réglementation est difficile à appliquer : peu de producteurs de
plants et de semences bio, mais c'est un progrès par rapport à avant .

En France : il y a une dizaine de producteurs de semences bio. Pour les
semences de céréales, 2 producteurs produisent quelques variétés sur
quelques dizaines d'ha. Il y a aussi les semences produites par les
agriculteurs eux-mêmes, c'est peu.
Aucune production en bio pour les grandes cultures (maïs, tournesol, colza,
fourragères.). 2 producteurs bio pour les pommes de terre.

Ferme de ste Marthe et Terre de semences : vendent surtout  aux jardiniers.

Biau Germe et Germinance : jardiniers et maraîchers.

Tout cela ne représente que quelques %  des besoins en semences chez les
bios : le reste vient du conventionnel.
En Europe ( la plupart sont en biodynamie ) :

Allemagne : 1 gros producteur à Bingenheim, en partenariat avec le
conventionnel Hild.

Suisse : 4 producteurs. Le plus important : Ekkharthof, en relation avec le
producteur allemand. Fournit les maraîchers .
Pays-bas : 2 producteurs de semences, 1 producteur de plants de pommes de
terre, 2 de bulbilles d'oignons. Autres pays : rien ou presque.

En France (suite) : contrairement aux semenciers conventionnels, les
producteurs de semences bio sont des agriculteurs qui produisent eux-mêmes
leurs semences en bio.

Rappel : il n'existe pas de cahier des charges de la production de semences
biologiques. La seule obligation ( CEE. 1995) est que les semences aient été
produites pendant au moins une génération en bio. ( c'est bien le minimum !
Il faudrait au moins 2 ou 3 générations pour être vraiment bio.)

La production de semences bio est artisanale et faite avec beaucoup de soin,
comme pour du jardinage ou du petit maraîchage à l'ancienne. Les semences
ainsi produites reviennent donc beaucoup plus cher, les jardiniers l'
acceptent volontiers, les maraîchers bio pas toujours, bien qu'on leur fasse
des conditions..

Ce sont les ventes aux jardiniers qui permettent à des producteurs comme
Germinance de vivre.

Le stockage des semences bio se fait au frais, dans des matériaux naturels
( bois, papier, tissu). Elles sont conditionnées dans des sachets en kraft.

Des variétés fixées traditionnelles :

Les producteurs de semences bio n'ont pas accès aux banques de semences.

La production démarre souvent à partir d'autres producteurs bio ou du
commerce, d'où une sévère sélection conservatrice sur 1 ou 2 générations.
Ensuite, ils réutilisent le meilleur de leurs propres semences (sélection
attentive des plus beaux porte-graines.)

Ils produisent surtout des semences de variétés anciennes (au moins 20 ans)
sélectionnées avec des critères rigoureux ( rusticité, goût.).pour les
variétés récentes ; les hybrides étant trop compliqués à produire, ils ne
multiplient que les variétés fixées.

Mais hélas, les sélectionneurs ont mis au point des variétés hybrides pour
beaucoup d'espèces et les maraîchers bio ont pris l'habitude de les
utiliser.

- Pour multiplier les semences de variétés récentes fixées, il faut l'
autorisation de l'obtenteur (qui ne l'accorde pas souvent), et lui payer des
droits. Quand il donne son autorisation (par ex. :Hild en Allemagne), les
producteurs bio doivent reprendre chaque année la semence de base à l'
obtenteur. ( d'où des semences qui n'ont qu'une génération en bio, comme si
elles étaient en continuelle reconversion ). C'est mieux que rien.

Attention aux variétés très récentes qui sont passées par les
biotechnologies, et en portent encore les traces sans qu'on le sache et sans
qu'on le voit.

Il y a aussi toute une série de variétés qu'ils n'ont pas le droit de
produire car non inscrites au catalogue officiel :variétés anciennes,
locales, ou bien qui n'ont jamais été inscrites, bien que connues et
utilisées ( courge spaghetti par ex.) Les pouvoirs publics se montrent
tolérants.

La gamme de semences bio rappelle celle de l'ancien temps où l'on n'
utilisait peu d'engrais etc. Pour les variétés récentes plus adaptées aux
maraîchers ( sous-abri, rendement etc), ils n'ont pas encore le droit de les
commercialiser : il faudra attendre une dizaine d'années pour que certaines
soient dans le domaine public.

- Au sujet de la réglementation des variétés anciennes, il en disparaît
chaque année quelques unes. Les pouvoirs publics ne veulent pas prendre en
charge le patrimoine végétal commun.Il y a très peu d'associations de
sauvegarde pour les légumes (alors qu'il y en a beaucoup pour les fruits).

Ces variétés  disparues ne subsisteront plus que dans les banques de
semences où les particuliers n'ont pas accès. On parle de plus en plus de ne
plus conserver en banques des graines, mais des cellules végétales en
éprouvettes stériles.ce qui avec la pratique des bouturages excessifs
conduira vite à la dégénérescence des variétés anciennes, et à leur
disparition.

L'espoir :

Choisir des semences bio, c'est faire reculer les biotechnologies, et
sauvegarder le patrimoine végétal de l'humanité.

Actuellement, les maraîchers bio sont plutôt réticents pour utiliser des
semences bio : peur des mauvaises germinations, méconnaissance des variétés,
manque d'information, pas ou très peu de structures officielles en bio qui
fassent des essais comparatifs dans le domaine des semences.Le prix plus
élevé des semences bio compte aussi, bien que ce soit relatif.
Le manque de réflexion aussi : dépendance de l'agriculture traditionnelle
pour les semences, l'organisation professionnelle ne s'est jamais beaucoup
penchée sur ce sujet non plus. C'est seulement une minorité d'agriculteurs
bio qui est concernée et qui permet petit à petit le développement de la
filière.

Le consommateur : s'il est jardinier, à lui de se prendre en charge et de
commander par catalogue les semences qu'il a peu de chances de trouver
ailleurs.

Le consommateur bio : par ses achats, il va choisir un certain type d'
agriculture et de distribution : légumes bio hors saison, via chambres
froides etc.
________________

En résumé d'une conversation téléphonique avec François  Delmond :

- Plantes potagères : on ne peut produire que des plantes inscrites au
catalogue, le reste (médicinales etc.) : libre

- Un agriculteur déclaré ne peut commercialiser des plantes issues de
semences hors catalogue que s'il est semencier ( autorisation à demander au
G.N.I.S : une carte de semencier . )

Catalogue officiel : beaucoup de variétés jamais inscrites ( perdues etc ) :
on n'a pas le droit de les commercialiser mais c'est toléré. Donc : il y a
quelques variétés illégales

En 1998, la réglementation s'est durcie : obligation à une inscription
légale pour commercialiser certaines variétés : c'est injuste.

Domaine public : si la semence a moins de 20 ans, c'est son obtenteur qui en
a l'exclusivité

Au delà de 20 ans, c'est dans le domaine public et on a le droit de les
commercialiser..

Législation :

G.N.I.S : groupement interprofessionnel des semences ( toutes les semences )
44. rue du Louvre.75001. Paris. S'adresser à eux pour législation.

Autre info (à vérifier) : d'ici 2 ans (2001 ) tout agriculteur bio qui
voudra vendre sa production et toucher la prime accordée par la CEE devra
acheter des semences bio « certifiées », une certification de qualité des
semences et ce sont les multinationales comme Cargill, Monsanto, Novartis
etc. qui détiennent le droit de certifier.

Et les petites maisons productrices de semences bio ? Et leur indépendance ?

- Extrait  de François Delmond, courrier aux usagers de Germinance ( article
repris dans Nature et Progrès 09/99 mais en partie seulement  ) :

La réglementation des semences standard a été mise en place par et pour des
professionnels semenciers.

Réglementation « variétés anciennes pour jardiniers amateurs » : voir Nature
et Progrès Sept 99.

Les  petits producteurs de semences doivent, depuis le 26 décembre 97 :
inscrire les variétés anciennes qu'ils veulent continuer à vendre, et
arrêter d'en produire d'autres tant qu'elles ne sont pas inscrites au
catalogue.

L'inscription de ces variétés oblige le producteur :

-à payer des frais de dossier de 1450 FF par variété

- à cultiver ces variétés dans un jardin d'essai pour pouvoir les faire
visiter et évaluer par les autorités compétentes ( GEVES).

- à les décrire en détails sur des fiches ad hoc. Et à apporter la preuve
que les variétés ont plus de 15 ans .

- S'engager à les cultiver et à les maintenir conformes à la fiche
descriptive de départ : la variété figée n'a plus le droit d'évoluer !

- Fournir à ses frais aux autorités compétentes et sur simple demande, des
échantillons pour alimenter leurs banques de semences.

« Bref, il s'agit pour le petit semencier d'avoir à assumer, sans
contre-partie, de nombreuses obligations, de faire bénévolement un travail
de préservation du patrimoine commun qui depuis longtemps, devait être
organisé et financé par les pouvoirs publics, de gagner moins, et de payer
plus. »

 Citations diverses :

.- «  Je suis chargé de procéder à l'élimination de la culture rurale et de
la paysannerie, commença le rapporteur.

-         «  Et pourquoi précisément de la paysannerie ? » demanda le
médecin.« Parce que l'existence  de l'humanité commence et se termine avec
la paysannerie. ».              ( Günther Schwab : « La danse avec le
Diable » Ed. du Vieux Colombier, 1963 /Le Courrier du livre, Paris ).

- « .Deux fois dans ce siècle, la science a franchi une barrière qu'elle
aurait du craindre. Dans les deux cas, un noyau fut maltraité : le noyau
atomique et le noyau cellulaire. » ( Erwin Chargaff, biochimiste, cité par
Max Labbé, dans  «  Le soja, cette étonnante légumineuse ». auto-édition,
Auvers sur Oise,1997 )

Sommaire de la page

Le chant du maïs

« C'était le mois de juillet, il y a plusieurs années de cela, j'étais
invité pendant quatre semaines à Third Mesa, dans le pays Hopi. Cela faisait
trois semaines qu'il n'avait pas plu et les terres suffoquaient sous l'
emprise des chaleurs torrides. C'était le milieu de la journée et mon hôte s
'était assoupi paisiblement dans la fraîcheur de sa maison de pierre. Je ne
pouvais pas rester en place. Je fermai doucement la porte moustiquaire
derrière moi et je m'enfonçai dans la chaleur de la kisnovi, la place du
village.

Je cherchai du regard à déceler un quelconque mouvement mais tout était
aussi calme qu'à minuit. Seul un chien remua pour ne rien perdre du peu d'
ombre de midi. Tout le reste du village semblait respecter le rituel de la
sieste profonde que Tawa, le Père-Soleil, leur imposait quotidiennement.

- « Juste les chiens fous et les anglais au soleil de midi » murmurai-je d'
un ton rêveur. Je ne savais même pas où j'allais en descendant le bord de la
mesa, sur un sentier qui avait été, il y a longtemps, picoré dans les roches
tendres, durant des jours plus frais.

Lorsque j'atteignis le bas de la falaise, je vis un lézard qui se faufilait
hâtivement sur un chemin poussiéreux. Je le suivis alors, comme si cette
créature me guidait. Après une marche d'environ un quart d'heure, le sentier
bifurqua soudain vers le nord, autour d'un tas d'éboulis. Avant que je
puisse voir de l'autre côté des rochers, j'entendis faiblement une voix qui
chantait. Je ralentis mon pas et risquai un regard.

Il y avait devant moi une étendue de maïs, la plus vaste qu'il m'ait été
donné de contempler dans cette région. Elle était si grande qu'elle ne
semblait pas pouvoir être Hopi. Je ne voyais encore personne mais le chant
devint plus clair.
Je devinai que c'était la voix douce et puissante d'un vieillard. Mais où
était-il donc ? J'attendis encore quelques minutes, en écoutant ce champ de
maïs qui chantait. Et puis soudain, des touffes vertes de maïs émergea une
tête blanche qui au fil des  rangs, se mouvait lentement sans cesser de
chanter.

Ce champ de maïs, en plein milieu de l'été, était magnifique et luxuriant.
Il y avait à peu près une douzaine d'épis qui mûrissaient dans chaque
touffe, et une évaluation rapide m'indiqua qu'il y avait sans doute 1200
touffes de plants de maïs.
Le sol était sec et parcheminé à la suite de la longue sécheresse et,
cependant, le maïs ne montrait que peu de signes de fléchissement, au
contraire de la plupart des autres champs que j'avais pu observer tout
autour du village. Les plaintes que j'avais entendues de la part des
fermiers vivant près de la maison où je demeurais m'avaient laissé penser
que tout le maïs dépérissait de soif. Pourtant, ce champ semblait tout juste
avoir été béni par la pluie !

Je remontai tranquillement le long du chemin menant au village, sans être vu
par le vieillard. Mon hôte était éveillé et me demanda où j'étais allé.
Lorsque je lui expliquai ce que j'avais vu et entendu, l'intérêt qu'il
témoignait pour l'objet de mes errances se transforma en sourire amusé.

- « Je vois que tu as trouvé le champ de Titus » dit-il, en émettant un
petit rire étouffé.

- « Mais pourquoi ce champ est-il si resplendissant ? Possède-t-il une
source d'eau secrète ? »

Grand-père se contenta de rire. - « Bien sûr que non. Mais il possède
Navoti. »

- « Qu'est-ce que cela ? » demandai-je en pensant que peut-être il existait
un fertilisant secret accessible seulement à certains clans.

-         « Il possède la Voie Hopi » m'expliqua Grand-père, après une pause
pensive.

-   « Il connaît les vieux chants qui rafraîchissent ses enfants maïs. Il
récite ses prières correctement pendant le semis. Et, ce qui est plus
important que tout, il sait qu'il ne faut pas se faire du souci, car l'
angoisse nuit aux plantes tout autant que la sécheresse. Plutôt que d'
angoisser, ce qui rendrait ses enfants nerveux, il va vers eux dans la
chaleur du jour et il leur chante les vieux chants qui sont, pour ses
enfants, source de courage. »

- «  Mais Grand-père, les autres hommes s'aperçoivent sûrement de la
différence de son maïs. Pourquoi n'apprennent-ils pas ses chansons et
pourquoi ne les chantent-ils pas ? »

Mon vieux maître Hopi soupira.

- « Cela ne servirait à rien. Navoti ne vit plus dans les semences des
autres. »

A la fin de ce mois important que je passai sur la mesa, je repartis en
voiture vers le nord, en longeant la vallée du Rio Grande, pour rejoindre
Taos, la ville où je demeurais. Lors de mon passage à travers chacun des
dix-neuf  Pueblos, je ressentis comme si quelque chose m'appelait. Je m'
aperçus, peut-être pour la première fois, combien peu les anciennes cultures
étaient pratiquées, même la luzerne.

Je ressentis comme si c'étaient les semences qui m'appelaient. Je pris
conscience que la course du pouvoir que je ressentais était piégée dans les
appentis, les pots de terre, dans les boîtes de café et dans les seaux
remisés dans des coins sombres ; elle l'était  également dans les vieux
tapis de maïs tressé.

Les graines qui m'appelaient étaient les vieilles graines, récoltées avant
la venue des supermarchés, avant la venue des petits sachets en aluminium
que l'on trouve sur les étagères des boutiques au début de chaque printemps.

C'étaient les graines dont Grand-père m'avait parlé ; celles qui possédaient
encore le Navoti des âges passés. Après quelque cinquante années, leur
vitalité était intacte. Le climat sec des hauts-plateaux avait favorisé la
conservation d'un ancien pouvoir qui vivait à l'époque où les hommes
chantaient pour leurs plantes. C'est vers moi, maintenant, que ces semences
envoyaient leurs chants dans l'espoir d'être entendues, avant de s'évanouir
pour toujours dans l'oubli. »

Extrait de l'histoire de John Kimney, ethnobotaniste, professeur et
fondateur d'une école à Santa Fé, qui était alors l'hôte de David Monongye,
chef religieux et ancien de la tribu des Hopis.

Tiré de « Seed Savers Exchange : The first Ten Years. Kent Whealy. Seed
Saver's Publications. 1986. Traduction de D. Guillet. In « La Rose et la
Passiflore ». 1992. Cité dans le catalogue de 1999 de  « Terre de semences»,
chemin de Parenove. 30100. Alès.

Les Hopis sont un peuple vivant dans les régions arides de l'Arizona et du
Nouveau Mexique. Chez les indiens Hopis ( hopi, dans leur langue, signifie
« pacifique »), un personnage mythologique, du nom de Kokopelli, est associé
à la fertilité et à la germination. Les autres peuples indiens le
connaissent souvent comme « le joueur de flûte bossu ». Sa silhouette unique
a été dépeinte, au fil des siècles, sur de nombreuses pierres et poteries
des deux Amériques. Pour beaucoup, la bosse de son dos est un sac de
semences qu'il sème à tous vents. Quant à sa flûte, elle est la source de l'
esprit insufflé dans chacune des graines.

Suite au durcissement de la nouvelle législation concernant les semences,
Terre de semences « a déposé le bilan » puisqu'elle n'avait pas les moyens d
'inscrire ses centaines de variétés « oubliées » au catalogue officiel, mais
elle est réapparue en 2000 sous forme d'association, à usage des jardiniers
et des particuliers « KOKOPELLI » toujours à Alès, et toujours avec son
catalogue de graines libres.

Merci de tout coeur à Mireille pour ce dossier.

"Il devient indispensable que l'humanité formule un nouveau mode de penser si elle veut survivre et atteindre un plan plus élevé." Albert Einstein.

flechhan.gif (4956 octets)Non aux brevets sur la vie (Autocollants à commander via http://www.resistanceisfertile.com)

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