Yvan Marzin

TOUT EN BAS! Ascenseur express«Dans l'eau des fontaines, nous avons détecté du blé»

 

 

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PROPOS RECUEILLIS PAR VIRGINIE POYETTON

Paru le Vendredi 27 Février 2004

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Les organismes génétiquement modifiés se propagent par l'eau. Deux
chercheurs de l'Institut Forel mettent en garde contre les dangers d'une
contamination massive.


Alors qu'il y a à peine une année la controverse sur la culture en plein
champ du blé transgénique de l'Ecole polytechnique de Zurich faisait rage,
deux chercheurs de l'Institut Forel[1] à Versoix viennent de découvrir que
l'ADN d'un organisme génétiquement modifié peut être disséminé par l'eau,
par infiltration ou par écoulement. La preuve de la contamination d'autres
plantes par cet ADN transgénique n'est pas établie. Mais si le principe de
précaution n'est pas respecté, les scientifiques prédisent le pire.
Rencontre.

Le Courrier: A travers votre recherche, vous démontrez que les OGM se
propagent par l'eau.


- Walter Wildi: En effet, notre idée de départ était de rechercher les OGM,
et plus particulièrement l'ADN des OGM, dans l'environnement. Jusqu'à
présent, les scientifiques ont surtout parlé de la propagation par
pollinisation. Or, ce n'est pas le seul chemin possible. Quand la plante
transgénique est fauchée, des restes peuvent persister sur le sol. Quand ils
se dégradent, avec l'arrivée de la première pluie, ils peuvent soit
ruisseler à la surface de la terre, soit s'infiltrer. Dans ce cas-là, on ne
s'intéresse plus aux débris de plantes entières mais à l'ADN, c'est-à-dire à
la partie génétique de l'organisme.


- John Poté[2]: Quand il y a relâchement de l'ADN, le mécanisme de transport
est similaire à d'autres substances. Si une séquence de gène modifiée
rencontre une bactérie capable d'intégrer l'ADN - comme l'acinetobactérie -,
cette bactérie sera naturellement transformée. La séquence d'ADN va alors
s'exprimer en elle.


Quant au passage de l'ADN de la bactérie à celui de la plante, nous ne
sommes pas encore sûrs que le gène modifié, inséré dans la bactérie, puisse
s'intégrer dans la plante.


- Walter Wildi: Ce qui est sûr c'est que la bactérie intègre le cycle
naturel. Et les autres organismes la consomment. Le gène - par exemple un
gène de résistance à un antibiotique - sera alors repris par un autre
organisme, tel que l'eau ou l'être humain. La modification introduite va
ainsi se propager plus loin et concerner tout le cycle vital, voire
alimentaire.


Jusqu'à quelle distance les OGM peuvent-ils être transportés par l'eau?
- John Poté: Nos expériences en laboratoire ont montré qu'un gène
biologiquement actif peut être transporté sur de longues distances en milieu
saturé en eau.


- Walter Wildi: Nous avons fait des essais en laboratoire avec de l'ADN
transgénique introduit dans une colonne de terre. Pour observer le passage
de la matière génétique, nous avons considéré la colonne de sol comme milieu
poreux saturé ou non saturé. Dans les deux cas, les gènes transformés ont pu
être détectés à la sortie de la colonne.


Nous nous sommes ensuite demandé comment le processus pouvait être
expérimenté dans la nature. Et nous avons mené une nouvelle expérience. Non
pas en observant des plantes génétiquement modifiées en plein champ, mais
des plantes ordinaires dans des surfaces cultivées.


- John Poté: Nous avons mené cette expérience dans la région de la Champagne
genevoise. En premier lieu, nous voulions comprendre ce qui pouvait se
passer avec l'ADN des plantes non transgéniques qui s'infiltrait jusqu'à la
nappe phréatique. Pour ce faire, nous avons procédé à l'extraction de l'ADN
à différentes profondeurs. Ainsi, nous avons trouvé que les plantes
cultivées à la surface relâchaient leur ADN, et que ce dernier pouvait se
retrouver jusque dans les nappes phréatiques et finir par couler dans les
fontaines. Dans nos échantillons d'eau, nous avons détecté du blé, du colza,
de la vigne et des mauvaises herbes.


- Walter Wildi: La décomposition de l'ADN est souvent moins rapide quand ce
dernier est lié aux particules du sol qui le protège contre la dégradation
microbienne. Il est donc normal que l'ADN ressorte dans l'eau.


Quelle durée de vie a le gène génétiquement modifié?


- John Poté: Nos expériences réalisées avec du tabac transgénique montrent
que le gène de résistance aux antibiotiques (streptomycine et
spectinomycine) est détectable quatre ans après l'enfouissement des
fragments de feuilles dans le sol. Cet ADN demeure biologiquement actif
après son absorption par des particules du sol qui le protègent.


- Walter Wildi: Selon le sol, l'ADN a une durée de vie plus ou moins longue.
On ne peut pas généraliser pour tous les sols de la planète. Jusqu'à
aujourd'hui, les scientifiques ont fait très peu de recherches dans ce sens.
Pour l'instant, nous devons considérer que si nous voulons connaître le
processus de contamination des OGM, il faut des études approfondies. Notre
idée de base était de faire des expériences avec des OGM exclusivement en
laboratoire. Certains processus tels que le relâchement et le transport d'un
OGM est à 99% semblable à celui d'une plante normale.


Votre découverte est révolutionnaire!


- Walter Wildi: Dans les faits, les résultats de la recherche sont banals.
Tout environnementaliste vous le dira. Quand vous relâchez quelque chose
dans la nature, cette substance va se propager dans l'environnement. La
véritable question est: dans quelles conditions, à quelle vitesse et avec
quel impact? Ce qui distingue un organisme génétiquement modifié d'un autre
organisme, c'est que, par l'introduction d'un transgène, on arrive à mettre
dans l'environnement une matière génétique issue d'un milieu complètement
différent. Et que cette action serait impossible sans l'intervention de
l'homme. Vous pouvez par exemple implanter une matière génétique marine sur
le continent. Il faut à ce moment-là considérer ces substances comme une
contamination.


Les scientifiques ont de la peine à parler d'OGM. Comment rendre sa
publicité au débat?


- Walter Wildi: Nous avons rendu publiques les conclusions de notre
recherche dans deux revues. Beaucoup d'études commencent par ailleurs à être
menées dans ce domaine à la suite de notre expérience.


Avez-vous été victimes de la censure du fait du sujet traité?


- Nous avons soumis un article à une revue spécialisée largement distribuée,
dont les responsables nous ont dit qu'ils ne publiaient plus de recherche
sur les OGM car ils subissaient de fortes pressions. De manière générale,
les revues scientifiques subissent des pressions économiques énormes. Or, je
tiens à souligner que notre recherche n'a pas été subventionnée par des
fonds privés, mais par les réserves de l'institut.


Si on pousse plus loin le raisonnement, il est possible que dans quelques
années nous découvrions que les OGM sont néfastes pour l'homme. Mais il sera
trop tard.


- Walter Wildi: Ce que démontre notre recherche, c'est qu'il faut être
extrêmement prudent et ne pas utiliser certains types d'OGM avant d'avoir la
certitude qu'ils ne nuisent pas. Les OGM auront un développement dont on ne
connaît pas les limites, bonnes ou mauvaises. La technique génétique peut
servir autant au bioterrorisme qu'à changer la couleur des tulipes.
Diaboliser les OGM n'est pas la solution. De la vigilance, mais pas de
panique.


[1]Internet: www. Unige.ch/forel/


[2]John Poté, originaire de la RD Congo, défendra sa thèse de doctorat ès
sciences (interdisciplinaire) le 12 mars prochain à l'Université de Genève
sur le thème: «Devenir de l'ADN d'origine végétale dans les comportements
environnementaux». La recherche a été réalisée en collaboration avec le
Laboratoire de microbiologie de l'Université de Lyon (P. Simonet et T.
Vogel) et avec l'Antenne romande du WSL (W. Rosselli).

http://lecourrier.programmers.ch<

Anne EsperetLogo de Terre sacrée. Louis Rocquin.environnement, nature, écologique, bio

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Le saviez-vous? Selon le site de la Convention sur la biodiversité, 34.000 plantes et 5.200 espèces animales, dont un huitième des espèces d'oiseaux, sont en voie d'extinction.


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