Le 19 septembre 2006 : Un travail bénévole de S. M. que nous remercions vivement.

 

TOUT EN BAS! Ascenseur expressLe mythe de la Croissance et du Développement Durable

 

Le 20 décembre 2006, un travail bénévole de S. M..

Par Marie Martin-Pécheux

Webmestre de www.citerre.org

 

La notion de croissance implique qu'un corps peut croitre indéfiniment, comme un ballon qui poursuit son expansion jusqu'à l'infini, alors que notre Terre est limitée en taille, et en ressources. Nous le constatons depuis une cinquantaine d'années, elle ne peut plus supporter nos impacts dévastateurs. Comme la grenouille de la fable, qui voulait se faire plus grosse que le boeuf, elle risque bien d'exploser de notre inconscience !

« Notre planète finie ne peut pas soutenir un système économique basé sur la croissance infinie. Pourtant, le principe de la mondialisation est qu'il faudrait encourager encore plus de monde à adhérer à ce système destructeur. » (Nicholas Georgescu-Roegen)

Selon la bioéconomie la Croissance - avec un grand C -, que les politiciens nous vendent à longueur d'antennes pour justifier leurs prise de décisions anti-Vie, est un mythe d'une extrême dangerosité.

« Depuis 1946, nous [occidentaux] avons connu un taux annuel de croissance moyen de 4,5 %, ce qui est sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Les experts économiques prétendent que pour éviter une augmentation du chômage, un taux de croissance minimum de 3 % est nécessaire. Si ce taux était maintenu, notre consommation serait multipliée par 19 durant un siècle, multipliée par 370 durant 2 siècles et multipliée par 7100 durant 3 siècles. Inutile d'aller plus loin, l'absurdité de ces chiffres nous fait comprendre que, non seulement notre développement n'est pas durable, mais que notre modèle actuel n'est même pas exportable à l'ensemble des pays de la planète. » (Patric Kruissel « Imaginer une autre société »)

Si, par le passé, quand il y avait plusieurs corps sociaux sur la Terre, la croissance était possible, désirable, envisageable, aujourd'hui il n'y a plus qu'un seul corps social planétaire. Aucun humain ne peut plus vivre sans être connecté à l'ensemble de l'humanité.

La taille et le développement matériel du groupe social planétaire sont nécessairement liés à la taille de la planète, des ressources de cette dernière et de ses capacités à s'autoréguler.

Tout être vivant, est d'abord enfant, puis grandit, passe par l'adolescence, jusqu'à arriver à sa taille adulte. Le mythe de la croissance matérielle implique que nous pourrions ainsi croitre démesurément. Or, toutes les études le prouvent, si nous vivions tous comme les Etasuniens, il nous faudrait plusieurs planètes pour combler nos besoins. Ces planètes, nous ne les avons évidemment pas. Nous avons donc deux solutions : diminuer notre impact environnemental par une décroissance soutenable, une simplicité volontaire ou, comme l'exprime Pierre Rabhi par une « sobriété heureuse » et réduire drastiquement notre natalité, par la mise à disposition gratuite de tous les moyens contraceptifs et de vigoureuses campagnes d'information.

Car, si le système monétaire dément régnant au XXIème siècle est la cause de bien des problèmes, la seconde source est bien la démographie galopante de l'espèce humaine. Parce qu'un jour, un chef de tribu a transmis à ses contemporains « Croissez et multipliez », quand ceci était utile pour la survie de sa petite société, toutes les civilisations continuent de marcher dans cette injonction impérative sans voir qu'elle est devenue obsolète et extrêmement dangereuse. Comme l'a rappelé Albert Jacquard dans « Cinq Milliards d'Hommes dans un vaisseau », lorsque les religieux de toutes confessions brandissent cette phrase inscrite dans la Bible pour s'opposer à la contraception ou l'avortement, ils en oublient la seconde moitié. En effet, l'injonction entière faite aux Hommes est exactement celle-ci: « Croissez, multipliez, et EMPLISSEZ LA TERRE ». Il est évident que la Terre est remplie : nous pouvons donc arrêter de procréer sans retenue. Nous avons accompli notre mission... A cause de notre surnombre, nous détruisons tout notre environnement, nous vivons mal, nous élaborons des systèmes pervers. Notre surnombre porte en lui le germe de notre propre apocalypse : qu'aurions-nous besoin de tant d'armées, de bombes nucléaires, de virus mortels, si nous étions mille fois moins sur terre ? Avant qu'il ne soit trop tard, il est important de régler notre problème de démographie.

L'apprentissage de la maîtrise de la fécondité est une priorité.

Tous les moyens contraceptifs et les connaissances s'y rapportant doivent être mis gratuitement à la disposition des populations.

De plus, ce n'est pas uniquement en termes de ressources que nous devons parler du monde mais en termes de proportion.

La proportion d'individus dans une espèce donnée est déterminée depuis la nuit des temps par la pyramide des espèces. C'est elle qui permet le maintien de la biodiversité et la continuation de la Vie. Chaque fois que la pyramide des espèces a été rompue localement, la richesse du milieu a été perturbée gravement, voire totalement détruite. Que l'on pense, par exemple, à l'introduction des lapins en Australie, aux crapauds buffles en Europe, aux ragondins, aux tortues californiennes....

La pyramide des espèces détermine le nombre proportionnel viable d'espèces en fonction de leur mode nutritionnel : c'est-à-dire le nombre de prédateurs et le nombre de proies, soit le nombre de carnivores, d'herbivores, de végétaux, etc...

Normalement, comme son nom l'indique, la pyramide est une pyramide ! La base, large et stable, accueille les micro-organismes, puis les végétaux, puis les insectes, puis les herbivores, puis les premiers prédateurs. Au fur et à mesure que l'on monte vers le sommet on trouve, normalement, les grands prédateurs, en nombre de plus en plus réduit.

À l'origine, nous étions plutôt proies que prédateurs. Mais notre intelligence technique, notre faculté d'adaptation nous a fait passer au statut de prédateurs. Et non seulement de prédateurs, mais de superprédateurs : plus rien n'est à l'abri de nos fourchettes insatiables, de nos tronçonneuses, de nos abattoirs, de nos bulldozers. Nous mangeons les mammifères, les volailles et les poissons [1], nous exterminons des arbres vénérables. Les insectes sont encore bien représentés, mais, déjà, nous mettons en route l'élevage des insectes comestibles à grande échelle, nous réduisons en cendres les espaces sauvages, nous détruisons des milliards d'animaux vivant dans le sol « grâce » à nos motoculteurs, nos engrais et nos cultures intensives. En déboisant massivement, nous stérilisons la couche arable, nous réduisons les forêts anciennes qui abritent des millions d'espèces [2] de toutes natures. Notre action sur le changement climatique achève ce que nos couteaux ou notre industrie ne font pas. Bref, nous sommes en présence non plus d'une pyramide équilibrée, mais d'un champignon maléfique, de bien sinistre mémoire.

De deux choses l'une : ou nous réduisons efficacement notre nombre, par une éducation poussée au contrôle de notre propre fertilité, pour revenir à un chiffre compatible avec une pyramide saine des espèces, ou nous changeons radicalement notre rapport au monde, en particulier dans notre mode alimentaire. Ce n'est même pas par conscience ou par compassion que nous devons le faire, d'une certaine manière, mais par pure logique de survie de notre propre espèce : quand nous aurons tout détruit, tout dévoré, que nous restera-t-il avant de redevenir cannibales et d'enfin nous autoréguler ? Allons-nous laisser la Terre entière aussi vide qu'un rocher dévasté ?

Pour la bioéconomie il est fondamental de respecter la pyramide des espèces, c'est une question de survie pour notre propre espèce, au-delà de l'amour que nous pourrions avoir pour l'ensemble des êtres vivants.

Un enfant, par le biais de la nourriture, construit une à une les cellules de son corps, développe ses organes et grandit. Ce qui caractérise un enfant, entre autres, c'est son incapacité à assumer seul ses besoins : pour ceux-ci, il est dépendant des autres, des adultes. Le jour où la croissance se termine, il a acquis son autonomie, il a pour devoir de se maintenir en bonne santé, et de passer de la construction matérielle de son corps à la construction intellectuelle de son esprit.

Pour notre société, c'est comparable : nous avons matériellement atteint notre taille adulte car nous sommes en mesure de répondre à tous nos besoins matériels.

En réalité la "course à la Croissance" est un mode de fonctionnement dû, directement, à la démence du système monétaire :

« Dans notre système, la croissance est rendu indispensable par le fait que l'argent créé est temporaire et que les banques ne créent que le capital emprunté, pas les intérêts. Dans ces conditions, et pour que le système fonctionne, nous sommes condamnés à une fuite en avant : il faut créer chaque année plus d'argent que la précédente afin qu'il y ait assez en circulation pour permettre le remboursement du principal... et des intérêts ! » (Philippe Derudder - « Les trente mutantes »)

Nous ne pourrons en sortir, vraisemblablement, qu'en réformant le système monétaire.

De même qui donc pourrait dire que ce n'est pas une bonne chose le « développement durable » ? On va apporter la Science, le sacro-saint Progrès - autre concept largement sujet à controverse -, l'éducation occidentale, la médecine occidentale, la technologie occidentale, la culture occidentale, les solutions occidentales... Celui qui ose remettre en cause le Progrès, le Développement ne peut être qu'un réactionnaire, un tenant de l'archaïsme, voire un dangereux passéiste...

Quand on parle de « développement durable, soutenable », on parle d'un développement axé sur le matériel, le bien-être technologique, la consommation sans limite (rappelons-nous : « six milliards d'acheteurs potentiels, quelle aubaine !») en respectant la nature, bien sûr... comme s'il était possible de la respecter dans le modèle occidental fondé sur une rationalité schizophréniante et sur une séparation avec la nature...

Le problème est que, de plus en plus, ce terme permet une mystification conceptuelle, destinée en fait à étendre l'impact d'une pensée économique agressive... et d'une pensée culturelle dominante, ce qui est peut-être plus grave encore. Pour de nombreux auteurs il est temps de remettre en cause ce concept même...

« Il n'y a pas le moindre doute que le développement durable
est l'un des concepts les plus nuisibles ». . .
(Nicholas Georgescu-Roegen,1991)

Plutôt que de développement,
il est temps, et enfin,
de parler de SOLIDARITE DURABLE...

Tout comme une nourriture surabondante encrasse le corps, un progrès uniquement fondé sur la consommation des objets menace la santé de la société par encrassement (accumulation d'objets inutiles, course vers la mode, abêtissement général, gâchisd'énergie et de travail...) et par pollution du milieu extérieur (trop de déchets, déchets toxiques, changement climatique). La Croissance équivaut à manger, manger sans cesse, sans satisfaction véritable... Les articulations se remplissent de déchets toxiques et le ventre de mauvaises graisses, de métaux et de molécules de plastiques, tandis que la tâche à effectuer est stupide, répétitive, sans intérêt, sans avenir, sous-payée, voire pire. Par ailleurs, un garrot ligote un ou plusieurs membres, pour une rétention du sang-monnaie au profit d'un autre membre, entraînant inévitablement une gangrène. Et pendant ce temps-là, nulle nourriture intellectuelle, culturelle, ou si peu, ne vient nourrir l'Esprit. Les besoins affectifs ne sont absolument pas comblés. Notre société est donc comme un adulte toujours en manque, débile, inculte et malheureux, au corps encrassé, gonflant comme une baudruche, avec un risque d'amputation certain.

La consommation pour la consommation n'a aucun sens, elle est même dangereuse. En produisant une insatisfaction perpétuelle avec le matraquage publicitaire omniprésent, elle met en péril l'environnement, et pose le risque non négligeable du tarissement définitif des ressources nécessaires à sa survie.

S'il y a consommation, celle-ci doit donc être en stricte adéquation avec les besoins réels et les possibilités de la Terre.

Toute consommation des ressources doit être compensée par une restauration équivalente voire supérieure de ces mêmes ressources.

Clairement, dans une logique purement bioéconomique, le mythe de la croissance doit être dénoncé vigoureusement,tout au moins celui de la croissance matérielle.

Car indéniablement, si nous avons achevé la croissance du corps social, nous sommes loin d'avoir achevé la croissance de son esprit ou de son intelligence affective ! La seule croissance possible n'est donc pas matérielle mais immatérielle. Les besoins affectifs, intellectuels, spirituels (au sens large), eux ne sont jamais comblés, car, contrairement au corps, c'est dans la nature même de l'esprit de s'accroitre sans limite.

La croissance matérielle doit être remplacée par la croissance immatérielle.

La croissance des biens immatériels est sans limite.

Seul le développement des services, des métiers du bien-être, seule une décroissance matérielle et une croissance immatérielle seront donc favorables à la vie.

Dans les pays où la croissance matérielle atteint déjà des limites inacceptables en terme d'impact environnemental, la décroissance respectueuse doit être urgente et importante. Dans les pays où les besoins premiers ne sont pas résolus, du fait du manque de volonté politique, une croissance matérielle est encore nécessaire pour les besoins vitaux, mais celle-ci doit se faire dans le respect de l'environnement.

Tant qu'il y aura des humains pour assouvir les besoins immatériels, la croissance immatérielle étant sans limite, il n'y a aucune raison qu'existe un quelconque chômage et une récession.

Au contraire !
Un âge d'or s'ouvre devant nous, véritablement, mais c'est celui de l'or immatériel, pas matériel. Nous devons simplement changer de priorité, et que nos politiciens intègrent la notion de bien-être au lieu de bien-avoir.



[1] « Pour la décroissance soutenable, il faut également relocaliser l'économie, faciliter l'installation de petites structures agricoles à taille humaine et renoncer à ces monstruosités industrielles où des millions de créatures perçues comme des protéines souffrent le martyre pour alimenter nos insatiables mandibules » (Pierre Rabhi)

[2] 762 espèces de plantes et d'animaux sont maintenant considérées comme éteintes. 58 espèces survivent encore, seulement en culture ou en captivité. 12 259 espèces sont menacées d'extinction immédiate (en danger critique d'extinction, en danger ou vulnérables). (Source : Liste rouge de l'UICN Union mondiale pour la nature (2003))

 

http://bioeconomie.12h60.com

 

S. M.

 

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Anne Esperetenvironnement, nature, écologique, bio

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