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LE MONDE | 24.11.2003

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Lula a provisoirement légalisé la production du soja génétiquement modifié.
Dans l'Etat du Rio Grande do Sul, les agriculteurs applaudissent, et
certains élus sont touchés par la grâce du pragmatisme.
Au Brésil, même la samba peut être transgénique. Depuis que, pour avoir
autorisé le soja génétiquement modifié, le président Luiz Inacio Lula da
Silva a été traité de "transgénique de la politique" par le chef du
Mouvement des sans-terre, Joao Pedro Stedile, tout est possible. Alors, pour
le prochain carnaval, les écoles de samba de Porto Alegre ont décidé de se
saisir d'un thème résolument d'actualité  : "Les OGM, vérités et mensonges".
Elles feront assaut d'imagination pour représenter sur leurs chars les
petites graines de soja classique ou transgénique, voire les tourteaux et
autres aliments pour bétail.


Le soja génétiquement modifié est une culture controversée mais très
appréciée dans cet Etat du Rio Grande do Sul, qui en est le principal
producteur brésilien. Le choix des écoles de samba ne doit donc rien au
hasard. Au Brésil, les OGM étaient officiellement interdits jusqu'à la
décision du gouvernement Lula d'autoriser - provisoirement - la vente du
soja génétiquement modifié pour la récolte 2003, puis la plantation et la
commercialisation pour la saison 2004. C'est peu dire que la mesure a rempli
d'aise les fermiers du Rio Grande do Sul, comme ceux des Etats voisins du
Parana et du Mato Grosso do Sul. Les gros et les petits, malgré l'opposition
officielle des représentants de ces derniers et des gouverneurs du Parana et
du Mato Grosso do Sul.

Décision surprise  ? "Oui, et une bonne surprise", explique Antonio Sartori,
de la société exportatrice Brasoja, qui souligne "l'intelligence" du
gouvernement. Il reçoit dans une vaste pièce un peu vieillotte, encombrée de
bureaux, au sommet d'un immeuble de parkings, près du port de Porto Alegre.
Ses collaborateurs ont, dès 7  heures du matin, l'oil fixé sur les écrans de
télévision qui donnent les cours du soja à la Bourse aux grains de Chicago.
"Waouh  ! Ça monte  !", s'écrie-t-il en quittant un instant du regard son
ordinateur où défile le monde du soja en statistiques. Il n'a pas le temps
de s'appesantir. Dans quelques minutes, il reçoit une délégation de
parlementaires pour leur démontrer que la culture de différentes variétés de
soja, classique, transgénique ou biologique, est l'avenir du pays.

Une surprise, donc  ? "Pas vraiment, affirme Luis Carlos Federizzi,
spécialiste de la génétique des plantes à l'université de Porto Alegre,
parce que le gouvernement n'avait pas le choix." Tout de même, un
"soulagement", reconnaît Odacir Klein, secrétaire pour l'agriculture du Rio
Grande do Sul. La décision n'allait pas en effet de soi pour Lula, qui avait
fait campagne contre les OGM, et pour son parti, le Parti des travailleurs
(PT), allié aux Verts. Dans le Rio Grande do Sul, le PT a d'ailleurs perdu
le gouvernement régional en partie à cause de cette opposition aux OGM.

La décision présidentielle, le 25  septembre, d'autoriser le soja
transgénique pour la récolte 2004 a fait pleurer la ministre de
l'environnement, Marina Silva. Sa conseillère, Marijana Lisboa, était une
des coordinatrices de la campagne de 1999 organisée par Greenpeace contre
les OGM. Son collègue du développement rural, Miguel Rosetto, un ami de José
Bové, était contre, lui aussi. Le député Fernando Gabeira a quitté le PT en
signe de protestation, tout en dédouanant le gouvernement précédent de
Fernando Henrique Cardoso, qui "a vécu avec le soja transgénique mais jamais
n'en a légalisé la culture clandestine". Pour les adversaires des OGM, le
verdict ne fait pas de doute  : le nouveau pouvoir a cédé à l'agribusiness,
dont le ministre de l'agriculture, Roberto Rodrigues, serait, selon ses
adversaires, le représentant à la capitale, Brasilia.

"Le gouvernement fédéral n'a pas changé de position. Il a pris acte d'une
réalité", affirme Paulo Pimenta, le jeune député PT du Rio Grande do Sul.
Après avoir lui aussi fait campagne contre les OGM, il a été touché par la
grâce du pragmatisme. Lula a dit  : "Sur les transgéniques, nous ne voulons
pas un débat idéologique mais un débat scientifique." Paulo Pimenta affirme
en écho  : "Etre contre les biotechnologies, c'est comme être contre les
mathématiques." Attablés avec lui autour d'un churrasco (barbecue), les
dirigeants de la Farsul, la fédération des exploitants agricoles du Rio
Grande do Sul, qui ne sont certainement pas de ses électeurs, sont ravis.
"La question n'était pas de savoir si on plantait ou pas du soja
génétiquement modifié. Il y en avait. La question était  : comment agir sur
cette réalité  ?", poursuit le député.

Il y a en effet du soja transgénique. Et pas seulement les plants des enclos
expérimentaux de Monsanto que José Bové, avec quelques militants du
Mouvement des sans-terre, s'était fait un plaisir d'arracher en janvier
2001 à l'occasion du Forum social mondial de Porto Alegre. Le chef de la
Confédération paysanne avait été expulsé. On en sourit aujourd'hui à Porto
Alegre, qui a perdu la prochaine édition du Forum social mondial au profit
de Bombay. "C'est dommage, dit le plutôt conservateur Odacir Klein, c'était
bon pour l'économie de la ville. Et José Bové était un moindre mal."

On cultivait donc le soja transgénique au Rio Grande do Sul depuis au moins
six ans quand le nouveau gouvernement a décidé d'en légaliser la production.
"J'ai commencé en 1997-1998", explique Almi Rebello, qui possède une
exploitation à Tupancireta, au centre du Rio Grande do Sul. Avec ses 500
ha, il se considère comme un "petit" fermier. A l'échelle du Brésil, c'est
peut-être vrai. Mais la majorité des exploitations dans le Rio Grande do Sul
ont entre 20 et 50  ha. Cet ingénieur agronome d'une quarantaine d'années
est aussi président du Club des amis de la Terre. Il y a une quarantaine de
clubs dans tout le pays qui se sont donné pour mission de montrer que les
fermiers sont les meilleurs défenseurs de l'environnement.

Entre deux gorgées de maté qu'il tire soigneusement de sa cuya, un petit
récipient en terre cuite rempli d'herbes et d'eau chaude, Almi Rebello
explique comment un quart environ du soja produit au Brésil est
génétiquement modifié. Et, dans cette production, le Rio Grande do Sul se
taille la part du lion  : 8  millions de tonnes sur un total de 10
millions. Pourtant, avant la décision de Lula, ce soja était officiellement
illégal. Après la première récolte que la CTNBio, la Commission technique
nationale de biosécurité, n'avait pas jugé bon de soumettre à autorisation,
Greenpeace et l'Institut brésilien de défense du consommateur avaient porté
plainte. En attendant la décision définitive des juges - quatre ans après,
elle n'a toujours pas été rendue -, la culture du soja transgénique n'était
donc pas autorisée et, regrettent les scientifiques comme le professeur
Federizzi, toutes les recherches sur les OMG ont pratiquement été arrêtées
; elles auraient pourtant pu permettre de trouver des semences mieux
adaptées aux différents climats du Brésil.

La production a continué et s'est même développée avec des semences
importées clandestinement d'Argentine, ce qui leur a valu d'être baptisées
"Maradona". Ou du Paraguay, par ceux qu'on appelle les "brasiguais", les
fermiers brésiliens installés au Paraguay. L'Argentine est, avec les
Etats-Unis et le Canada, un des principaux producteurs mondiaux de soja
transgénique. C'est une bonne affaire pour l'agro-industrie argentine. Par
fax, les fermiers brésiliens reçoivent des firmes spécialisées argentines de
véritables catalogues sur les différentes variétés de semences qu'ils
peuvent commander. Des churrascadas, d'immenses barbecues, sont organisées
entre voisins pour promouvoir le transgénique. Il n'est pas rare de voir
dans les champs brésiliens des techniciens argentins venus prêter main-forte
à leurs collègues locaux.

Pour l'exportateur Antonio Sartori, le succès du soja transgénique
s'explique par l'explosion de la demande mondiale d'aliments  pour bétail  :
"L'Union européenne importe 34  millions de tonnes de soja, de trois pays
seulement, Brésil, Etats-Unis, Argentine. Elle ne peut pas renoncer au
transgénique, sauf si elle est prête à payer beaucoup plus cher." Un autre
acteur est entré dans le jeu, la Chine, où les besoins croissent de manière
exponentielle. Or les Chinois se soucient peu de savoir si le soja contient
ou non des OGM  ; ils se contentent d'un papier du ministère brésilien de
l'agriculture certifiant que le produit n'est pas nuisible à la santé ou à
l'environnement. Le ministère le délivre volontiers.

Avec son Club des amis de la Terre, Almi Rebello a encore d'autres arguments
à faire valoir. Il réfléchit à deux fois avant de les développer, car il se
méfie de la presse étrangère, surtout ici, à Porto Alegre. Mais, une fois
lancé, il est intarissable. "Avec le soja transgénique, on n'a pas besoin de
retourner la terre. La plantation directe réduit l'érosion. Avec le soja
conventionnel, nous avons besoin de trois herbicides  ; avec le transgénique
un seul suffit, et il est actif même en période de sécheresse. C'est une
véritable révolution. Les risques de pollinisation des cultures non
transgéniques sont minimes car le soja est une plante autoféconde. Non
seulement nous sommes les vrais écologistes, poursuit Almi Rebello, mais les
rendements ont augmenté de 30  % et sont maintenant plus élevés qu'aux
Etats-Unis. Les couts de production sont divisés par trois." Tant que les
semences étaient importées clandestinement, les fermiers brésiliens, il est
vrai, ne payaient pas de royalties à Monsanto.

Il y a quelque chose d'étrange à entendre ces fermiers parler ouvertement
d'une activité illégale. "La police fédérale faisait des contrôles dans les
fermes et sur les routes pour verbaliser les contrevenants, puis
transmettait les plaintes à la justice, qui, dans la quasi-totalité des cas,
ne poursuivait pas", déclare Odacir Klein, le secrétaire d'Etat à
l'agriculture de l'Etat de Rio Grande do Sul. "Les poursuites sont tombées
en désuétude", confirme la Farsul. La fin de l'illégalité, c'est aussi la
fin du marché noir, "et c'est une bonne chose pour la sécurité alimentaire",
ajoute le professeur Federizzi.

Est-ce bien sûr  ? La loi autorisant provisoirement la récolte de soja
transgénique pour la saison 2003-2004 prévoit que les agriculteurs pourront
utiliser, pour leurs propres besoins, les semences qu'ils possèdent. Il
restera illégal d'en acheter. Il est donc probable que le trafic avec
l'Argentine et le Paraguay se poursuivra. "Je ne sais pas, répond Odacir
Klein. En tout cas, ne demandez pas à un représentant de l'Etat de se
prononcer là-dessus." Il faudrait aussi que le transport et le stockage des
différentes variétés de soja soient strictement séparés. C'est loin d'être
le cas général. Bien souvent, tout est mélangé car ni les fermiers ni les
coopératives n'ont réalisé les investissements nécessaires à une ségrégation
rigoureuse.

Paulo Pimenta a organisé des réunions dans tout le Rio Grande do Sul pour
discuter des OGM avec les paysans et les consommateurs. Il a invité
Greenpeace et les autres organisations d'écologistes à superviser avec lui
une étude scientifique sur les produits génétiquement modifiés - "sur leurs
avantages", avoue-t-il ingénument. " Pour le moment, dit-il, je n'ai pas
reçu de réponse." Et d'ajouter  : "Il faut donner aux producteurs une base
scientifique afin qu'ils n'aient plus un sentiment de culpabilité." C'est
vrai aussi des petits producteurs, une clientèle électorale
traditionnellement sensible aux arguments du Parti des travailleurs. Or,
selon Paulo Pimenta, 138  000 petits producteurs, dans le Rio Grande do Sul,
font du soja transgénique et constatent que, l'année suivante, sur les mêmes
terrains, le rendement du blé et du riz est bien meilleur.

"Notre grand souci, explique un collaborateur du ministère de
l'environnement, est de gérer la transition de la situation actuelle de
clandestinité à un marché régulier, selon les normes nouvelles de la loi sur
la biosécurité."Le projet a été adopté le 29  octobre par le gouvernement
Lula. Pour le moment, il donne satisfaction à tout le monde. Aux partisans
des OGM, parce qu'il ne les interdit pas mais soumet leur autorisation à une
commission de biosécurité remaniée qui n'aura plus qu'un rôle consultatif.
Aux écologistes, parce que la décision finale reviendra à une instance
politique et parce que les contrevenants seront passibles d'un à trois ans
de prison. Il restera, une fois que la loi aura été votée par le Congrès, à
la faire appliquer, sans perdre un grain de ce précieux soja qui représente
13  % des exportations brésiliennes et rapporte par an 8  milliards de
dollars.

Daniel Vernet

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU MONDE DU 25.11.03

http://www.lemonde.fr/web/recherche_articleweb/1,13-0,36-343116,0.html

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