Yvan Marzin

TOUT EN BAS! Ascenseur expressInterview de Jean Patrick Costa, président de l'association ARUTAM

 

 

Vos réactions à ce sujet :

Mai 2005. Synapse, revue spécialisée en psychologie. Article publié sur SOS-planete avec l'amicale autorisation de notre ami Jean Patrick Costa.

________________________

Jean- Patrick Costa, vous êtes connu comme pharmacien, et en même temps
comme spécialiste du chamanisme. Ce sont là deux questions qui vont
certainement passionner les lecteurs de Synapse. J'aimerais en préalable que
vous nous précisiez votre parcours, et que vous nous expliquiez comment vous
en êtes venu à nouer ces deux domaines.

De formation, je suis pharmacien spécialisé en pharmacocinétique, c'est à
dire dans l'étude des processus d'absorption et d'élimination des
médicaments. C'est dans ce domaine que j'ai travaillé en tant que chercheur
dans deux laboratoires pharmaceutiques privés pendant six ans. Et puis,
comme j'étais déjà un grand voyageur, j'ai souhaité prendre une année
sabbatique (la septième !). J'ai donc contacté Pharmaciens Sans Frontières
pour ouvrir une mission en Amazonie Equatorienne auprès des Indiens Shuar et
Achuar, plus connus en France sous le nom de Jivaros et que je connaissais
déjà.

Là-bas, j'ai implanté un réseau autochtone de soins de santé primaire en
créant de petites pharmacies villageoises, mais très vite je me suis rendu
compte que les Indiens avaient leur propre médecine et qu'elle était menacée
de disparition, suite à l'avancée de la modernité en forêt. A la demande des
Indiens, j'ai alors intégré à notre programme humanitaire, l'étude et la
revalorisation des médecines traditionnelles, en incluant les plantes
médicinales bien sûr, mais aussi les soins magico-religieux (les chamans).
Mon année sabbatique s'est transformée en un séjour passionné de près de
trois ans (1992-1995) : à leur contact, je me suis transformé, ma vision du
monde a changé et j'ai voulu témoigner de cette aventure intérieure en
écrivant des livres.

A mon retour en France, il n'était plus question de réintégrer l'industrie
pharmaceutique, je me suis installé à la campagne dans l'ancienne maison de
mon grand-père et je me suis mis à travailler la terre, conséquence de cette
transformation issue du contact avec les Indiens d'Amazonie. J'ai aussi
suivi une spécialisation en anthropologie de la santé et j'ai continué à
collaborer avec différentes organisations, notamment avec le Conseil des
Chamans Shuar et la Direction Nationale de Santé Indigène, département du
ministère de la santé publique équatorien en charge de l'intégration et de
la légalisation des tradipraticiens. J'ai aussi écrit trois livres qui
reflètent en fait mon propre cheminement : « Indiens Jivaros », récit de la
situation des Indiens aujourd'hui, « L'Homme-Nature », essai comparant la
philoS. occidentale à celle des peuples de la forêt, et enfin « Les
Chamans, hier et aujourd'hui » qui décrit le phénomène du chamanisme dans le
monde. Ce livre sera d'ailleurs réédité dans une version révisée et plus
étendue aux Editions Sang de la Terre en Juin prochain.
 
Quel est le cadre institutionnel de vos travaux? Quelles sont les
recherches que vous menez  actuellement?

Depuis quelques années, suite à la création de l'association Arutam,
association de soutien aux peuples premiers (http://arutam.free.fr), j'ai un
contact privilégié avec un certain nombre de chamans équatoriens, péruviens
et mexicains, reconnus dans leur pays et par leur peuple. Tous ces chamans,
par une étonnante coïncidence qui n'en est pas une, ont pour spécialité de
recourir à des plantes psychoactives pour soigner (ayahuasca, peyotl). Si
bien qu'en travaillant à leurs côtés sur ces programmes de revalorisation
des tradipraticiens, j'ai accumulé un nombre impressionnant d'expériences et
de témoignages troublants. C'est en fait ce lien privilégié et ce vécu qui
m'a donné la force de me lancer dans la rédaction de « Les Chamans », une
enquête sur le chamanisme qui se veut rationnelle et exhaustive, mais aussi
la plus respectueuse possible de la pensée de ces guérisseurs hors-norme.
Ainsi, ce qui me différencie de bien d'autres spécialistes du chamanisme,
c'est un souci de coller à la vision du monde des peuples autochtones, sans
me soucier du conformisme universitaire, très prégnant surtout lorsque l'on
touche des domaines qui précisément remettent en question les bases mêmes de
notre société.

Alors pour répondre à votre question, je suis un chercheur éternel des
phénomènes mystérieux de la vie, comme le sont les chamans et comme nous
devrions tous l'être. Je ne suis lié à aucune structure et je n'ai aucun
cadre institutionnel, ce qui m'amène à réfléchir et écrire sur ce que je vis
dans ma chair. Finalement, dans cette recherche quotidienne, mon seul cadre
seraitŠ de ne pas prendre tous mes rêves pour des réalitésŠ phénomène
fréquent lorsque l'on s'immerge dans le chamanisme !
 
 
Vous êtes invités dans des congrès, comment êtes-vous perçu par les
universitaires ?

Je ne sais pas, c'est plutôt à eux qu'il faudrait leur demander. J'imagine
qu'ils doivent me prendre pour un illuminé ! J'ai quand même remarqué qu'en
France, il fallait être d'une université pour être écouté ou cité dans un
papier scientifique. C'est moins le cas dans les pays anglo-saxons, en
Belgique, en Suisse. En tout cas, je voudrais leur dire qu'aujourd'hui les
choses changent, le savoir scientifique n'est plus cantonné à une élite du
Nord, il se diffuse dans les pays du Sud, par internet dans toutes les
couches sociales. On découvre aussi que la sagesse notamment des peuples
autochtones est une autre forme de savoir. A ce titre, j'apprécie par
exemple l'école suisse d'anthropologie réflexive (Kilani, Rossi) qui pose
l'intéressante question du regard conditionné que nous portons sur l'Autre.
En fait, tout ce qui pourrait nous ouvrir à d'autres formes de pensée, me
paraît bénéfique.
 
J'ai eu l'occasion à deux reprises de vous entendre donner une conférence
sur l'origine des savoirs indigènes, et j'ai été fasciné par les
perspectives que vous  ouvrez. Vous expliquez par exemple que les
Amérindiens n'ont pas acquis le savoir très élaboré qu'ils ont sur les
plantes par un tâtonnement empirique, par essai et erreur, mais par des
voies plus mystérieuses ...

Vous me donnez là l'occasion d'illustrer concrètement mes propos antérieurs.
En effet, dans mon article « Les origines du savoir autochtone », ma
recherche s'inspire directement des paroles de certains chamans
ayahuasqueros que j'ai rencontré en forêt, et ceci en les prenant au pied de
la lettre :

« Pour comprendre (le monde), il faut prendre la Grand-Mère Ayahuasca »
« Elle est une plante enseignante, intelligente, maîtresse »
«Elle travaille en moi. Tout ce que je dis vient de la plante. C'est elle
qui me l'a appris »
 « Elle fait venir à moi les plantes qui conviennent à mon patient »
« On ne trouve pas les vertus thérapeutiques d'une plante donnée, c'est elle
qui se manifeste à nous. »
« Elles se mettent en travers de notre chemin  elles nous appellent 
elles changent (d'attitude) si on leur parle. »

A partir de là et en constatant que les Indiens n'avaient ni calpin, ni
système sophistiqué de mémorisation, ni méthode en matière de transmission
intergénérationnelle du savoir, je me suis dit que la théorie du tâtonnement
empirique, par essai et erreur, ne pouvait pas fonctionner chez eux, qu'elle
était une extrapolation à partir de notre propre conception du monde. Alors,
je me suis permis d'imaginer une autre explication, celle-là plus conforme
aux peuples autochtones : les plantes sont douées d'intelligence, elles ont
une mémoire de l'univers parce qu'elles font partie du même processus de la
Vie que nous. Il nous est possible de communiquer avec elles, selon
certaines conditions (la transe, le rêve notamment) et ainsi pouvoir en
retirer des informations, de type thérapeutique par exemple.

Et puisque je n'ai aucun cadre institutionnel, j'ai même avancé l'hypothèse
que les plantes « nous manipulaient » depuis des millénaires, pour assurer
leur propre pérennité. Dans les sociétés sédentaires agricoles, on peut par
exemple s'interroger sur le degré de coopération des plantes dans les
phénomènes ayant concourus à leur domestication. En d'autres termes, les
céréales ont­elles été transformées de manière passive par les premiers
agriculteurs ou bien ont-elles pris une part active à cette évolution ?
Ailleurs, on observe que les sociétés semi-nomades ont sacralisé leur source
alimentaire sylvestre principale, comme le palmier sagoutier, au point d'en
assurer une gestion rigoureuse. Qui donc des hommes ou du palmier en tire le
meilleur profit ? Ne peut-on imaginer une co-évolution, comparable
l'orchidée qui utilise l'abeille pour améliorer sa fécondation ?

Vous imaginez en quelque sorte une symbiose millénaire entre la plante et
l'homme...

Cette symbiose va même au-delà du biologique, comme je le disais tout à
l'heure. Nous sommes l'air que nous respirons, nous sommes les aliments que
nous mangeons, nous sommes le soleil que nous captons tous les joursŠ Toute
personne qui prend le temps de vivre, le ressent un jour où l'autre dans son
corps. Alors dans ces conditions, on peut penser que le règne végétal qui
historiquement et biologiquement nous a enfanté, se comporte un peu comme
une mère pour nous : elle nous nourrit, nous surveille et peut-être nous
protège contre nous-mêmes...

Inutile de dire que cette hypothèse va a l'encontre de notre rationalité et
qu'elle est donc irrecevable pour le monde scientifique. En tout cas, il me
plait à la présenter partout où l'on m'invite et notamment dans des congrès
scientifiques, ne serait-ce que pour montrer à tous que rien ne doit être
figé dans nos têtes...

Effectivement, votre hypothèse déroute complétement l'idée que l'on se fait
du savoir et de son acquisition en Occident. Pouvez-vous nous donner un
exemple concret? 


Je peux vous citer le cas d'un tradipraticien qui lorsque je l'interroge sur
la préparation qu'il vient de prescrire, me dit qu'il a eu une vision la
nuit dernière : certaines plantes se sont approchées de lui et lui ont dit
qu'elles pourraient soigner tel patient en consultation chez lui. Et comme
il demandait (dans son rêve) plus de précisions concernant la posologie, une
des plantes s'est mise en mouvement, un certain nombre de feuilles se sont
déposées dans sa main, lui indiquant par la même, quelle partie de la plante
était active et à quelle dose...

Un autre facteur est important : les Indiens n'ont pas une classification
détaillée des plantes. Ils les nomment d'ailleurs, non pas en fonction des
caractéristiques physiques (comme dans la classification de Linné), mais
selon les relations qu'ils ont avec elles : exemple, kupiniamar maïkuia veut
dire littéralement « datura-pour-les-fractures ». Ainsi, en forêt, on
rencontre une énorme variabilité des dénominations, d'un village à l'autre,
voire d'un individu à l'autre. Autant dire qu'une même plante a souvent
plusieurs nomsŠ Et il n'est pas rare de voir dans un jardin médicinal, deux
plants identiques servant bien distinctement, dans l'esprit du guérisseur,
pour deux choses différentes. Ce qui montre que la relation des hommes avec
les plantes est plutôt l'affaire de chacun, en son fort intérieur, fonction
de son vécu et de son ressenti.

La façon dont les Amérindiens accèdent à la connaissance des plantes n'est
pas sans évoquer  la transe magnétique des XVIII° et  XIX° siècles en
Europe. Les somnambules magnétiques, eux-aussi,  prétendaient accéder
pendant leur transe à la connaissance intime des propriétés des plantes. Ils
voyaient à la fois la maladie de ceux qui venaient les consulter, et, dans
la forêt, la plante qui allait les guérir. Comment expliquez-vous  que l'on
trouve le même type d'expérience dans des cultures aussi dissemblables?

S'il existe un lien entre tous les êtres vivants (qui d'ailleurs partage une
histoire et des structures génétique et biologique communes), il semble
logique que celui-ci dépasse les cultures, car elle concerne l'être profond.
On peut alors postuler que certaines sociétés ont cherchées à développer ce
lien et que d'autres l'ont négligé, notamment toutes les civilisations
hiérarchisées (essentiellement concentrées en zone tempérée). Il faut dire
que partout où la nature est généreuse (tropiques) ou à l'opposé, là où elle
est extrême (pôles, désert), les hommes ont donné un large crédit aux rêves,
comme étant des messages du monde des esprits. On voit là une certaine
prédisposition à écouter la nature, tout comme leur nature intérieure

Alors, si au XVIIIème et XIXème siècles, le magnétisme est apparu en Europe,
on peut penser que les conditions sociales et culturelles du moment ont
permit la résurgence de ce lien ou en tout cas, la formulation d'expressions
en lien avec la nature, comportements proches des peuples chamaniques.
D'ailleurs aujourd'hui, on pourrait en dire de même pour le néo-chamanisme,
l'hypnose ou bien d'autres thérapies dites alternatives qui valorisent la
« guérison intérieure ».

N'est-on pas obligé, pour rendre compte de cette étrange connaissance
intuitive des plantes, de postuler une sorte de connivence première de
l'homme et du monde, qui nous confronterait en quelque sorte à la vérité de
l'animisme? 

L'animisme, c'est à dire l'attribution d'une âme aux êtres vivants (et aux
choses), n'a jamais disparu du c¦ur des hommes. Il s'est juste exprimé
différemment dans les religions, dans le scientisme et même dans notre
société de consommation (qui se voudrait athée) : ne dit-on pas que tel
objet ou telle ¦uvre d'art a une âme ? Comme le disent souvent les peuples
chamaniques pour les objets qu'ils fabriquent.

Avoir à l'esprit que nous faisons partie d'un Grand Tout est aussi une
valeur portée par l'écologie. Ainsi partout, il est possible de relever les
signes tangibles de cette connivence entre l'homme et l'univers entier, bien
au-delà du biologique. Et c'est peut-être le défi majeur qui attend
« l'homme mondialisé » du XXIème siècle que de devoir intégrer ou plus
exactement réintégrer cette connaissance de manière concrète, s'il ne veut
pas disparaitreŠ

D'ailleurs, à ce propos, j'ai toujours été impressionné par la nonchalance
des chamans traditionnels face à la question cruelle d'une disparition
prochaine des peuples autochtones (sous forme d'ethnocide ou
d'acculturation). Beaucoup m'ont confié qu'il n'y avait là aucune gravité :
« Nous mourons et nous renaîtrons de nos cendres dans plusieurs siècles,
comme un graine enfouie sous la terre ». Une sagesse à méditer, lorsque
l'on constate toute l'énergie que le monde moderne déploie pour se battre
contre la mort.
 
 
Ne craignez-vous pas que la vogue occidentale pour l'ayahuasca, et tout le
tourisme qu'elle suscite en Amérique du sud, ne conduisent à une
acculturation des Amérindiens ? Sont ils conscients de ce risque, et
capables d'y remédier ?  

C'est vrai que nous n'avons pas encore beaucoup parlé des plantes
psychoactives, jusqu'à présent. D'autant plus que le chamanisme que je
connais le mieux, s'appuie presque exclusivement sur un phénomène induit par
certaines plantes (si difficiles à trouver dans l'immense biodiversité de la
forêt vierge) et que l'on appelle volontiers « état modifié de conscience ».
Quelle surprise pour des cartésiens comme nous de voir des sociétés entières
se construire, s'organiser et se mobiliser autour d'une valeur centrale qui
pourrait se résumer de la manière suivante : la vérité se voit sous l'effet
d'une plante dite hallucinogène ! Autant dire une drogue !

Et pourtant, forcé de constater que ces sociétés, certes fragiles, ont vécu
dans l'abondance (de « l'enfer vert » ! sic pour notre vision !) pendant des
millénaires et qu'elles ont toujours su que leur survie dépendait du respect
de l'harmonie avec cette nature qui nous nourrit. Alors, ayons à notre tour
un peu de respect, ces sociétés dites primitives nous ont largement
précédées (elles ont au moins 10.000 ans) et pourraient bien nous survivre
Dans ce contexte, votre question devient toute relative. L'attrait des
Occidentaux pour les plantes psychoactives et pour le chamanisme en général
est à la fois un atout et un péril pour les peuples autochtones. Mais
laissons-les, cette fois-ci au moins, en décider eux-mêmes. Déjà, ils se
sont défendus efficacement pour faire tomber un brevet inique sur leur
plante sacrée, l'ayahuasca. Ailleurs, en Colombie, ils s'organisent pour
définir des codes d'éthique. D'autres, conscients des périls écologiques, se
lancent à l'assaut du monde moderne, déterminé à le faire changer avant
qu'il ne soit trop tard. Aussi vais-je conclure à la manière des Indiens :
faisons confiance aux plantes...

Je suppose que c'est une multinationale qui a voulu breveter la plante
sacrée. Comment cela s'est-il déroulé? Qu'est-ce qui a fait capoter
l'entreprise?

Dans le cas de ce fameux brevet sur l'ayahuasca, c'est en fait un aventurier
indépendant, Loren Miller, qui a prélevé un spécimen d'une certaine variété
de liane Banisteriopsis cultivée par les Indiens Secoyas d'Equateur. Il l'a
exportée illégalement aux Etats Unis, puis a fait valoir qu'elle était une
variété jamais répertoriée par les scientifiques, en se basant sur la
collection du jardin botanique d'Hawaï. Il l'a donc brevetée comme étant une
variété nouvelle (inventée par lui !) présentant quantité de propriétés
thérapeutiques à démontrer dans le futur. Cette information est venue par
hasard aux oreilles des Indiens qui ont alors déposé un recours contre ce
brevet, par l'intermédiaire des avocats de la COICA, la Coordination des
Organisations Indigènes du Bassin Amazonien. Le bureau des brevets américain
a été très prompt à réagir, en faisant tomber ce brevet, peut-être justement
parce qu'il n'y avait aucune multinationale derrière et donc un faible enjeu
économique immédiat.

Il reste que différents laboratoires de par le monde s'intéressent de près
aux savoirs autochtones, dont notamment un au nom prédestiné, Shaman
Pharmaceutical Inc. ! Ils ont maintenant compris que la stratégie la plus
simple était d'acheter la matière première, sans chercher à breveter la
plante. Les gros laboratoires transnationaux déploient, quant à eux, une
autre politique : ils analysent tous les échantillons végétaux qu'ils
peuvent se procurer, en vue de trouver des structures chimiques inédites.
Celles-ci pourront être brevetées, sous prétexte d'avoir « inventé » une
nouvelle moléculeŠ Car aujourd'hui il est tout à fait possible de breveter
le vivant et ses dérivés, position contre laquelle les Indiens se sont
toujours opposés.

N'y-a-t-il pas un danger pour un occidental non préparé à s'immerger dans le
chamanisme?

L'immersion dans le chamanisme comporte de réels dangers pour celui qui
n'est pas préparé. Dans notre société très pragmatique, nous n'avons pas été
habitués à côtoyer/gérer le monde invisible qui s'approche autrement que par
nos cinq sens. Par exemple, nous ne recevons aucune formation sur l'analyse
de nos rêves ou sur la transe, ce que les sociétés autochtones, au
contraire, cultivent dès la plus tendre enfance. Ainsi chez les Shuar, on
commente, à l'intérieur de la cellule familiale, les rêves tous les matins
au réveil, avant que le soleil ne se lève et on écoute tout particulièrement
les rêves des jeunes enfants, sensés être plus porteurs de messages émanant
du monde invisible que ceux des adultes, parce que tout simplement cela fait
peu de temps qu'ils font partie de ce monde.

Je rajouterai que chez les peuples chamaniques, il y a un chaman pour 100 à
300 individus. Tout le monde ne peut devenir chaman, il faut avoir un don ou
tout du moins, certaines particularités. Or s'initier au chamanisme revient
à se plonger dans des pratiques, de tout temps, réservées à une minorité. Le
néochamanisme en extrayant quelques techniques à l'intérieur d'une globalité
intimement liée à une société donnée, tend à faire croire que le chamanisme
est à la portée de tous. Une fausse idée qu'il faut dénoncer. Les risques de
décompensation au sortir d'une transe sont bien réels, si bien que l'on ne
peut se passer d'un guide aguerri lors des premières expériences. 

Quels sont vos projets à l'heure actuelle? 

Je cherche à éditer un roman, sorte de thriller chamanique d'anticipation,
rempli d'infos scientifiques. Celui-ci n' a jusqu'à présent pas retenu l'
attention des éditeurs parisiens  auxquels je l'ai présenté. Mais je ne
désespère pas que les choses changent.

BM : Cela ne m'étonnerait pas que les choses changent, car si les éditeurs
sont souvent,  au début, aveugles à leur propre intérêt, cela ne dure jamais
très longtemps. Et la vogue du thriller métaphysique et ésotérique qui se
développe actuellement va sans doute contribuer à  faire qu'ils
s'intéressent à votre projet. Entre-temps lançons la bouteille à la mer...
chers les lecteurs de Synapse.


___________________
Bibliographie :

· Indiens Jivaros, histoire du mort programmée, Ed. du Rocher, 1997
· L'Homme-Nature ou l'alliance avec l'univers, Ed. Sang de la Terre, 2000
· Les Chamans, hier et aujourd'hui, Ed. Sang de la Terre, 2005
· Visions Chamaniques, Jan Kounen et Coll., Ouvrage Collectif, Ed.
Télémaque, 2005

Pour plus d'informations : http://arutam.free.fr et arutam@free.fr
Association ARUTAM
_____________________________
 

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Mise en garde :

Suite à la mésaventure de Cédric Mercier, président de Terre sacrée, tous les documents concernant le site des Shuars de Yawints ont été supprimés de notre base.

Nous tenons toutefois à informer les internautes que Monsieur Tzamarenda Naychapi Estalin, messager de l'association Y.A.M.I. (Yawints Arutam Mura International) et son "université" équatorienne des sciences ancestrales (UNCIA), est plus intéressé par l'argent qu'il demande pour des séjours de cinq mois que par les enseignements "spirituels" qu'il est sensé transmettre.

Aussi, si vous étiez tentés par cette expérience en Amazonie, nous vous recommandons malheureusement une extrême méfiance.

Cette mise en garde ne concerne bien sûr pas le noble peuple Shuar dans son ensemble.

 

En savoir plus. Terre sacrée a testé pour vous : L'arnaque du bout du monde

 

 

 

 

Advertencia :

 

Despuès la mesaventura de Cédric Mercier, presidente de Terre Sacrée, todos los documentos sobre el sitio de los shuars de Yawints han sido cancelados de nuestra base.

 

Queremos informar los internautas que el senor Tzamarenda Naychapi Estalin, mensajero de l'asociacion Y.A.M.I (Yawints Arutam Mura International) y su « universidad » ecuatoriana de las ciencias ancestrales (UNCIA), està màs interesa por el dinero que manda para estancias de cinco meses, que las ensenanzas « espirituales » que se debe de transmitir.

 

Por otra parte, si  ustedes estais tentados por esta experiencia en Amazonia, les recomendamos una grande prudencia.

 

Obviamente, esta advertencia no concierne toda la noble poblacion Shuar.

 

Saber más sobre eso : Tierra sagrada testó para ustedes : La estafa del cabo del mundo

 

__________________

 

Beware :

Following the mishap of Cédric Mercier, president of Terre sacrée, all the documents regarding the Shuars of Yawints site have been erased from our base.

However, we do want to inform the web-surfers that Mr Tzamarenda Naychapi Estalin, messenger of  the YAMI association (Yawints Arutam Mura International) and its ecuadorian "university" of ancestral sciences (UNCIA), is more interested in the money he is requesting for the five months stay than in the "spiritual" teaching he is supposed to be transmitting.

Therefore, if you are tempted by this experience in the Amazone, we unfortunately recommend that you'd be highly distrustful of it.

This warning doesn't of course concern the noble people of Shuar as a whole.

 

Terre sacrée has tested on your behalf : The scam from the far end of the world

______________

 

Warnung :

Infolge des Missgeschicks vor Cédric Mercier, demm Präsidenten vor Terre sacrée, wurden alle Dokumente, die das Homepage der Shuars aus Yawints beieffen, entfernt.

Jedenfalls wollen wir den Internauten folgende Information mit teilen : Herr Tzamarenda Naychapi Estalin, Bote des Y.A.M.I. Vereins, -sowie seine sogenannte Universität (UNCIA)- beschäftigt sich viel mehr mit Geldbeschaffung (Geld, das vonihm für die 5 monatl. Aufenthalte verlangt wird), anstatt sich für die "geistigen" Lehre zu interessieren, die er überliefern sollte.

Deswegen warnen wir euch! Falls ihr von dieser Erfahrung in Amazonien versucht würdet, dann seid bitte auf der Hut!

Diese warnung betrifft naturlich nicht das edle Volk der Shuar.

_____________

 

a

Aviso :

Em seguida a desastrosa aventura de Cédric Mercier, presidente de Terre sacrée, todos os documentos dos Shuars de Yawints foram retirados da nossa base.

Queremos avisar os internautas que o Senhor Tzamarenda Naychapi Estalin, mensageiro da associação Y.A.M.I. (Yawints Arutam Mura International) e a sua "universidade" equatoriana das ciências ancestrais (UNCIA), está mais interassado por o dinheiro que pede para os estudos de cinco meses do que pelo ensino "espiritual" que quer tansmetir.

Por isso, si estam tentados por esta experiência na Amazonía, recomendamos-lhe infelizmente um cuidado extremo.

Atenção é aviso é só pelos Shuars de Yawints, o nobre povo Shuar não está metido nesta vigarice descuberta.

Saber mais : Terra sagrada testou para vocês : A vigarice do cabo do mundo

 

Anne EsperetLogo crée bénévolement par notre ami Louis Rocquin.environnement, nature, écologique, bio

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