Préservation du ciel nocturne : des avancées prometteuses - Premium

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Cette actualité a été publiée le 18/09/2010 à 23h22 par Jacques.


PRÉSERVATION DU CIEL NOCTURNE : DES AVANCÉES PROMETTEUSES

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En cette Année Mondiale de la Biodiversité qui fait suite à l'Année Mondiale de l'Astronomie, la lutte contre la pollution lumineuse commence à porter ses fruits. Petit tour d'horizon des sujets de satisfaction pour les amoureux du ciel étoilé.

Ces dernières décennies la pollution lumineuse a pris des proportions inquiétantes, comme on peut s'en rendre compte en découvrant les cartes réalisées par l'astronome amateur Frédéric Tapissier, membre de l'Avex.

Pour répondre à une forte demande de sécurité, les installations destinées à éclairer lieux publics et voies de circulation se sont multipliées, encouragées par les producteurs d'électricité qui cherchaient à vendre une énergie plus abondante et moins chère la nuit.

Depuis quelques années, l'ANPCEN (Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l'Environnement Nocturnes) va à la rencontre des élus et du public pour montrer les méfaits de cet hyper éclairage.

L'excès d'éclairage a des conséquences négatives sur l'homme (trop de lumière nocturne est à l'origine de stress, de fatigue et de troubles du sommeil) mais également sur la faune et la flore (la régression ou la disparition de certaines espèces victimes du suréclairage a des conséquences sur toute la chaîne alimentaire).

En tordant le cou à quelques idées reçues (notamment en matière de sécurité) et en montrant les économies que réalisaient les villes qui choisissaient un éclairage raisonné, l'ANPCEN peut aujourd'hui dresser un premier bilan positif : 30 communes françaises ont signé la Charte de l'Association pour la protection du ciel et de l'environnement nocturnes, et de nombreuses autres sont engagées dans des programmes de modernisation des luminaires publics avec une réduction du temps d'éclairage.

Quand nuit ne rime plus avec insécurité

En 2006, l'autoroute A16 dans le nord de la France se retrouve plongée dans le noir définitivement : Etat et Région ne sont pas parvenus à se mettre d'accord pour payer la facture d'électricité.

Depuis cette date, la Dirif (Direction des Routes d'Ile de France) constate que le nombre d'accidents et de victimes est en baisse de plus de 30%, avec aucun tué depuis octobre 2008. Un résultat qui met à mal l'équation plus de lumière égale plus de sécurité mais qui est logique : dans l'obscurité les conducteurs roulent moins vite et sont plus vigilants...

Forte de ce constat, la Dirif vient d'éteindre 130 kilomètres supplémentaires de tronçons routiers en Ile-de-France et va continuer dans ce sens, l'objectif étant d'atteindre une baisse de 40% de la consommation électrique sur l'ensemble du réseau de la région.

De leur côté, les communes qui se sont engagées dans une gestion raisonnée de leur éclairage font toutes le même constat.

Qu'ils aient choisi de baisser l'intensité lumineuse des lampadaires, d'en éteindre un sur deux ou de plonger leur commune dans le noir complet entre 3 et 5 heures par nuit, les élus sont unanimes pour reconnaître que ces dispositions n'ont pas diminué la sécurité, bien au contraire. Ils observent moins de cambriolages (les malfaiteurs n'aiment pas le noir), moins de tapage nocturne (les groupes bruyants se disloquent quand les éclairages s'éteignent) et moins d'accidents pour les mêmes raisons que celles évoquées dans le cas de l'A16.

Sans compter l'aspect économique : à Joué-lès-Tours par exemple, seconde ville du département d'Indre-et-Loire, l'extinction des lumières 5 heures par nuit représente une économie annuelle de 150.000 euros, soit 50% de la dépense électrique totale !

Comme le souligne l'ANPCEN, les projets de réduction de temps d'éclairage ne peuvent se concevoir que si on les accompagne d'une sensibilisation importante des élus et des habitants des communes concernées.

Réunions publiques, périodes d'essai sur des secteurs géographiques limités, présentation du bilan et prise en compte des remarques des usagers : comme toujours la réussite de l'opération passe par le dialogue pour faire tomber préjugés et idées reçues.

Grâce à son engagement, l'ANPCEN est également à l'origine de l'article 66 du Grenelle de l'environnement qui prévoit d'imposer des restrictions en vue de limiter l'émission de lumières artificielles et la consommation d'énergie qui en découle.

Un cadre législatif qui vient en renfort des arguments de bon sens que chacun peut avancer pour mener chez lui la lutte contre la pollution lumineuse ...

Pour en savoir plus sur la situation planétaire
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Auteur : Jean-Baptiste Feldmann

Source : www.futura-sciences.com