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Cette actualité a été publiée le 09/04/2010 à 14h32 par Lo.


POLÉMIQUE AUTOUR DU PROJET DE RÉSERVE MARINE DE L'ARCHIPEL DE CHAGOS

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Polémique autour du projet de réserve marine de l'archipel de Chagos

Le Royaume-Uni va créer la plus grande réserve marine mondiale autour de l'archipel des Chagos, dans l'Océan Indien. Si le projet est salué par des ONG écologistes, il est contesté par les populations locales et engendre des tensions diplomatiques.

Le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband a annoncé le 1er avril la création de la plus grande réserve marine du monde, s'étalant sur 544.000 km2, autour de l'archipel des Chagos, dans l'Océan Indien. Comparée à la Grande Barrière Corallienne de l'Australie ou des Galápagos par les écologistes, la réserve sera située à l'ouest des Seychelles, au sud des Maldives. Cette aire marine protégée (AMP) exclura la pêche commerciale.

Les 55 îles de l'archipel appartiennent à la Grande-Bretagne depuis 1814. Elles abritent 220 espèces de coraux, un millier d'espèces de poissons mais aussi 175.000 couples d'oiseaux marins. ''Les eaux entourant les îles sont parmi les plus pures du monde et abritent la plus grande structure corallienne'', a souligné Le Pew Environment Group, une ONG dédiée à la conservation des espèces, qui s'est félicité du projet britannique.

L'archipel est également ''le refuge pour les tortues de mer, dont la population décline progressivement'', a rappelé l'ONG, mais aussi pour les thons jaunes et crabes de cocotier. 76 espèces vivant dans les eaux de l'archipel des Chagos figurent sur la Liste Rouge de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).

Un projet de réserve controversé...

Seule une île de l'archipel est habitée : une base militaire est installée à Diego Garcia (27 km2), louée aux Etats-Unis. Mais pour laisser place aux soldats américains, la Grande-Bretagne a expulsé 2.000 Chagossiens dans les années 60 et 70 vers l'île Maurice et les Seychelles.

Les anciens habitants qui militent depuis quarante ans pour récupérer leurs terres, critiquent la création de la réserve marine. Ils accusent le Royaume-Uni de lancer ce projet pour empêcher leur retour sur l'île. C'est à ce titre qu'ils ont intenté une action devant la Cour européenne des Droits de l'Homme qui devrait statuer sur le sujet d'ici fin 2010. David Miliband a précisé que la création de l'aire protégée n'entraverait en rien la décision de justice.

Le gouvernement mauricien, qui revendique sa souveraineté sur l'archipel, voit d'un mauvais oeil ce projet de réserve et dénonce un ''éco-impérialisme'' de la part des Britanniques. Des rumeurs circulent également autour d'un renforcement de l'arsenal militaire stocké à Diego Garcia en cas de ''conflit avec l'Iran'', selon le ''Sunday Herald'', qui aurait motivé les Britanniques à sanctuariser les Chagos...

Or, le Royaume-Uni a souligné que la base militaire sera exclue de la future zone protégée et confirmé son engagement de céder l'archipel à l'île Maurice lorsqu'il ne sera plus utilisé pour les besoins de la défense. Les tenants et les aboutissants s'avèrent donc confus.

Derrière des arguments écologiques se cacheraient-ils des intérêts géo-politiques ? Le projet de réserve britannique intervient pourtant après une longue période de consultation publique, où ''plus de 90% des répondants ont indiqué clairement leur soutien à une plus grande protection du milieu marin'', a affirmé le ministre dans un climat des plus suspicieux...

La future aire marine protégée vise à créer un site de référence pour la recherche scientifique et la préservation des récifs de corail. ''Le territoire offre de grandes possibilités de recherche dans tous les domaines de l'océanographie, la biodiversité et de nombreux aspects du changement climatique'', a souligné le ministre britannique.

...alors que moins de 1% des océans du monde est protégé

Rappelons qu'avant l'archipel des Chagos, la plus grande aire marine protégée avait été celle créée en 2006 par l'ex- président américain Georges Bush, au Nord-ouest d'Hawaii (350.000 km2) comprenant une dizaine d'îles inhabitées et une centaine d'atolls.

Au total, selon le PNUE, il existerait un peu plus de 5.000 aires marines protégées s'étendant sur une surface de 3,1 millions de km², soit seulement moins de 1% de la surface de la Terre . ''Environ 12% des terrains sont couverts par des zones protégées, mais moins de 1% de l'environnement marin a le statut de zone protégée - il faut que cela change et que cela change vite'', a exhorté Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE à l'occasion de la Journée mondiale des Océans, le 8 juin dernier. Les organisations environnementales à l'instar de WWF ou de Greenpeace plaident pour la création de 30 à 40 % d'aires marines protégées sur les océans du globe, dont ''10% en réserve intégrale'', estime le WWF.

Rachida Boughriet

Source: Actu-Environnement

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