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Cette actualité a été publiée le 22/05/2010 à 15h11 par Lo.


PÉDAGOGIE DE LA COMPLEXITÉ

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Pédagogie de la complexité

Les sciences du climat subissent une instrumentalisation politique constante. Le débat public est biaisé par une confusion entre chercheurs, écologistes et politiques.

De multiples défis scientifiques sont liés à l'observation, la compréhension et l'anticipation du comportement du système climatique. Les activités humaines modifient profondément la composition de l'atmosphère et les échanges radiatifs. Le climat se réchauffe, c'est un fait. La répartition spatiale du réchauffement récent, les changements de cycle hydrologique sont cohérents avec les calculs théoriques de l'impact d'un surplus de gaz à effet de serre sur le climat.

Quand nous expliquons posément les faits scientifiques, les données à court et long termes, les théories, les calculs basés sur la physique du climat, et leurs incertitudes, nos interlocuteurs répondent que "si c'est vrai, alors c'est un problème majeur dont il faut tenir compte". Cela conduit à des défis politiques, technologiques, économiques, diplomatiques, pour l'adaptation ou l'atténuation de l'impact des activités humaines sur le bilan radiatif de la Terre et le climat.

A cause de ces multiples défis, les résultats scientifiques ont souvent été utilisés sans discernement et avec exagération par certains écologistes et surtout par ceux qui sont appelés les climato-sceptiques. Dans les médias, cela a conduit à jeter le discrédit sur la science du climat et ses chercheurs.

Etonnamment, le débat médiatique est davantage centré sur les défis scientifiques ("Est-ce bien vrai ?") que sur les défis politiques. Il faut d'abord rappeler que le doute fait intrinsèquement partie de la (notre) démarche scientifique. Les débats sont permanents chez les climatologues qui, comme tous les chercheurs, sont des sceptiques professionnels !

Notre communauté fonctionne avec la même rigueur et les mêmes critères que les autres domaines scientifiques, tels que la physique, la chimie, la biologie, l'astronomie ou la géologie : publication détaillée des résultats, évaluation des travaux par les pairs, reproduction des mesures et des calculs par des groupes indépendants, débats lors de colloques internationaux ouverts à tous les scientifiques qui peuvent alors exposer leurs accords et désaccords.

Le grand public ne sait pas toujours que les avancées scientifiques et les débats techniques font l'objet de publications dans des journaux internationaux destinés aux scientifiques professionnels, mais souvent illisibles pour tous les autres. La publication d'une étude constitue le stade ultime concrétisant des années de travail et permettant de diffuser au monde scientifique les résultats d'une recherche.

Avant publication, un article doit d'abord être évalué par les pairs de façon anonyme sous le contrôle d'un scientifique reconnu qui assure le rôle d'éditeur, se portant garant de l'éthique du processus et mettant publiquement en jeu sa crédibilité personnelle. Ce système de "peer-review" est le pilier de l'assurance-qualité de la science dans tous les domaines scientifiques, y compris la climatologie.

Ce système n'est pas parfait, mais, comme la démocratie, c'est le pire à l'exception de tous les autres. Il fournit un critère de qualité nécessaire, mais pas suffisant. La littérature scientifique est donc encombrée de publications médiocres ou erronées, mais qui ne sont pas ou plus jamais utilisées (et citées) par les autres chercheurs.

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SOS-planete

Auteur : Edouard Bard et Valérie Masson-Delmotte

Source : www.lemonde.fr