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Cette actualité a été publiée le 28/06/2012 à 18h05 par kannie.


NOS ÉOLIENNES VONT-ELLES S'ARRÊTER DURANT LE PASSAGE DES OISEAUX ?

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Nos éoliennes vont-elles s'arrêter durant le passage des oiseaux ?

 

Les éoliennes provoquent chaque année la mort de millions d'oiseaux et de chauves-souris. Pourtant des solutions en apparence simples existent pour limiter les conséquences de ces engins. Par exemple, pourquoi ne pas arrêter les éoliennes durant le passage des oiseaux migrateurs ? Des tests ont été réalisés en Espagne, le résultat est positif, d'autant plus que la productivité annuelle des installations n'a pas trop souffert.

À lire, le dossier sur l'énergie éolienne

 


 

Le vautour fauve (Gyps fulvus -cliché ci-dessus et ci-dessous) apprécie les climats chauds et ensoleillés régnant sur le pourtour méditerranéen. Contrairement aux adultes sédentaires, les juvéniles effectuent chaque automne des migrations en direction de l'Afrique. Ils passent notamment par le détroit de Gibraltar, lorsqu'ils y arrivent...

Ces rapaces, tout comme d'autres espèces d'oiseaux ou de chauves-souris, doivent en effet faire face à de nouveaux dangers depuis quelques années. Leurs couloirs migratoires sont parfois littéralement hachés en certains lieux par des pales d'aérogénérateurs (vitesse de 270 km/h à leurs extrémités), notamment au niveau des treize fermes à éoliennes situées dans la province de Cádiz, à proximité de Gibraltar.

 


 

Rien qu'en Espagne, où sont plantées 18.000 éoliennes, entre 6 et 18 millions d'oiseaux ou de chauves-souris meurent chaque année à la suite de collisions avec des pales.

Que faire pour régler ce problème ? Marc Bechard de la Boise State University (aux États-Unis) a réussi, grâce à l'aide de collègues espagnols de la Doñana Biological Station à Séville, à réduire le taux de mortalité de 50 % pour les vautours traversant les fermes de Cádiz, grâce à une méthode assez simple. Elle ne nécessite qu'un seul prérequis : scientifiques et opérateurs doivent travailler main dans la main. Cette solution, développée et mise en pratique entre 2006 et 2009, est présentée dans la revue Biological Conservation.

L'oiseau passe, l'éolienne s'arrête

La technique mise en oeuvre consiste à observer l'arrivée des vautours, en octobre et en novembre, puis à signaler la présence des volatiles aux gestionnaires des installations.

Les éoliennes situées sur le trajet migratoire sont alors simplement arrêtées, le temps de laisser passer les oiseaux, puis redémarrées.

Est-ce vraiment rentable pour les opérateurs ? Oui, la technique des arrêts sélectifs réalisés en vue de sauver des oiseaux a provoqué, en 2009, une perte au niveau de la productivité de seulement 0,07 %.

Cette méthode a cependant un défaut non négligeable. Elle ne peut être utilisée que pour préserver des oiseaux migrateurs durant leur passage, c'est-à-dire pendant une période de l'année relativement courte.

La productivité des aérogénérateurs diminuerait fortement s'il fallait sans cesse les arrêter pour protéger des populations résidentes. Heureusement, d'autres solutions plus adaptées à ce type de situation sont testées depuis quelques années, notamment aux États-Unis.

De meilleurs sites d'installation, de plus grandes éoliennes

À Altamont Pass, par exemple, les 179 éoliennes de « petite taille » ont été remplacées en 2006 par 38 nouvelles installations de « grande taille ». Le risque de collision avec des animaux a donc fortement diminué.

 


 

Par ailleurs, le choix des sites d'implantation pour les nouvelles infrastructures a été réalisé en tenant compte des habitudes des populations de l'avifaune locale. Les résultats ne se sont pas fait attendre. Le taux de mortalité a fortement chuté, de 50 à 75 % selon les espèces de rapaces (l'aigle royal Aquila chrysaetos canadensis, par exemple -cliché ci-dessus et dessous).

 


 

L'Iberdrola Renewables Casselman Wind Project a quant à lui imaginé une autre solution pour cette fois protéger les chauves-souris, des animaux chez qui les turbulences induites par les mouvements des pales suffisent pour causer des hémorragies internes.

La mise en route des installations, qui dépend de la vitesse du vent, a simplement été retardée. Les éoliennes se mettent en mouvement lorsque le vent souffle à plus de 5,5 m/s, contre 4 m/s auparavant, vitesse que n'apprécient pas les mammifères, qui restent alors cloîtrés dans leurs tanières. Le résultat est, une fois encore, impressionnant. Le taux de mortalité a chuté de 93 % tandis que la productivité annuelle de l'installation a seulement diminué de 1 %.

À l'heure où les fermes éoliennes se développent un peu partout sur la planète, il est rassurant de voir les efforts entrepris pour limiter un maximum leurs impacts sur la vie sauvage et la simplicité parfois toute relative des solutions à mettre en place.

 

Un article de Quentin Mauguit, publié par Futura-Sciences

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Auteur : Quentin Mauguit

Source : www.futura-sciences.com