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Cette actualité a été publiée le 15/12/2011 à 22h43 par Jacques.


LES USA S'INTÉRESSENT AUX PETITS RÉACTEURS NUCLÉAIRES CIVILS

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Une étude récemment publiée par l'Institut politique de l'énergie à l'Université de Chicago (EPIC) conclut que les petits réacteurs atomiques modulaires (SMR) pourraient détenir la clé de l'avenir de la production nucléaire américaine.

"De toute évidence, une industrie robuste du SMR serait très avantageuse pour de nombreux secteurs aux États-Unis", a conclu l'étude, dirigée par Robert Rosner, directeur de l'Institut et par William Wrather Professeur en astronomie et astrophysique.

"Ce serait un énorme stimulus pour la création d'emplois à forte valeur ajoutée, que de restaurer le leadership américain en matière de technologie de réacteurs nucléaires et, surtout, de renforcer son influence dans un monde post-Fukushima, sur des questions liées à la sûreté nucléaire, la sécurité nucléaire, la non-prolifération, et la gestion des déchets nucléaires", a noté aussi le rapport.

L'un des deux rapports SMR a été dévoilé ce mois-ci au Centre d'études stratégiques et internationales de Washington. Grâce à ses travaux comme ancien scientifique et ancien directeur du Laboratoire national d'Argonne, R. Rosner s'est impliqué dans diverses questions de politiques nationales, dont celles du développement des énergies renouvelables et de la technologie nucléaire.

Les études ont évalué la faisabilité économique d'un réacteur classique d'un gigawatt et l'éventualité d'une nouvelle génération de réacteurs modulaires. Ces derniers qui auraient une capacité de 600 mégawatts, (voire moins), sortiraient des usines en tant que composants modulaires, puis expédiés aux endroits sélectionnés pour débuter une phase d'assemblage.

Le département américain de l'Energie (DOE) a financé les rapports de l'Argonne. Les principaux auteurs du rapport sont R. Rosner et Stephen Goldberg, adjoint spécial au directeur de l'Argonne.

Ces rapports font suite à l'étude de 2004 émanant de l'Université de Chicago sur l'avenir économique de l'énergie nucléaire. L'étude de 2004 a conclu que l'industrie de l'énergie nucléaire aurait besoin d'incitations financières du gouvernement fédéral afin de construire de nouvelles usines qui pourraient rivaliser avec les centrales à charbon et à gaz.

Le premier rapport intitulé "Analysis of GW-scale Overnight Costs", ("Analyse des coûts immédiats à l'échelle du GW"), met à jour les estimations de coûts signifiées dans le rapport de 2004. Selon le nouveau rapport, "cela coûterait maintenant 4210 dollars par kilowatt pour construire un nouveau réacteur à l'échelle du gigawatt". Ce coût serait d'environ 2210 dollars par kilowatt plus élevé que l'estimation de 2004 en raison des variations de prix des matières premières et d'autres facteurs.

Le 1er décembre, John Hamre, Président du Centre Stratégique et Etudes Internationales (CSIS), déclarait que des questions d'ordre économique avaient entravé la construction de nouveaux réacteurs à grande échelle aux États-Unis. Pour lui, le principal enjeu de l'industrie américaine, c'est "l'écart de 7 à 9 ans entre la prise d'un engagement pour construire une centrale nucléaire et la génération des revenus."

Peu d'entreprises peuvent se permettre d'attendre aussi longtemps pour voir un retour sur investissement de 10 milliards de dollars qu'une centrale nucléaire le nécessiterait. "C'est un vrai problème", a déclaré M. Hamre, mais l'avènement du petit réacteur modulaire "offre la promesse de construction de centrales efficaces associées à un calendrier beaucoup plus court."

Le gaz naturel deviendrait le principal concurrent de l'énergie nucléaire générée par de petits réacteurs modulaires, mais les prédictions du marché énergétique dans les 10 ans à venir demeurent un exercice risqué, a expliqué R. Rosner. "Nous parlons du prix du gaz naturel non plus d'aujourd'hui, mais dans les 10 à 15 ans, quand ce type de réacteur pourrait effectivement arriver sur le marché."

La viabilité économique des petits réacteurs modulaires dépendra en partie de la rapidité avec laquelle les fabricants peuvent apprendre à les développer de manière efficace. "Plus vite vous apprendrez, meilleurs vous serez sur le long terme parce que vous serez au point où vous aurez réellement gagné de l'argent rapidement", a t-il ajouté.

"Les petits réacteurs modulaires pourraient s'avérer particulièrement attrayants pour les marchés qui ne seraient pas en mesure d'accueillir d'énormes centrales, un créneau actuellement occupé par les veilles centrales à charbon (200 à 400 MW) susceptibles d'être supprimées lors de la prochaine décennie", a t-il encore indiqué. Un facteur inconnu qui aura une incidence sur l'avenir de ces centrales sera certainement lié à la nouvelle réglementation d'assainissement de l'air qui pourrait voir le jour en 2012.

Un aspect important concernerait la sécurité des petits réacteurs modulaires. En effet, ils seraient conçus pour ne plus avoir de besoin d'une intervention humaine en cas d'urgences. Dans certains concepts, J. Rosner explique que "le chargement du coeur à pleine puissance pourrait être effectué d'une manière passive par convection thermique. Il ne serait donc pas nécessaire d'utiliser des pompes."

Avant de pouvoir fabriquer les premiers réacteurs atomiques modulaires, la politique américaine devra donner son feu vert. "C'est un projet qui doit être soutenu et longuement réfléchi" a conclu Rosner. "Il y a une longue distance entre ce que nous faisons en ce moment et la mise en oeuvre effective de la politique nationale."

 

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Auteur : Rédaction enerzine

Source : www.enerzine.com