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Cette actualité a été publiée le 08/08/2009 à 14h17 par laurence.


ECOLOGIE : POUR H. REEVES, NOUS SOMMES FACE AU PIRE DES SCÉNARIOS

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Ecologie : pour H. Reeves, nous sommes face au pire des scénarios

Information sélectionnée par Laurence

Cette année, le thème du festival de musique de chambre Pablo Casals est "Cosmophonia" ce qui permet au scientifique que vous êtes de vous exprimer sur des sujets d'actualité ?

Michel Lethiec, directeur du festival, aime ajouter des dimensions écologiques à la manifestation. J'ai déjà eu l'occasion de présenter des sujets qui tournent autour de l'astronomie et de l'écologie. C'est un peu ce que je vais refaire lors de la conférence en évoquant l'histoire de l'impact de l'Homme sur la planète avec tous les problèmes que nous connaissons.

Galilée est l'invité de cette édition. Pourquoi ce choix ?

C'est l'année mondiale de l'astronomie car c'est le 400 e anniversaire du moment où Galilée a regardé pour la première fois dans le ciel avec des lunettes. Grâce à ses observations il a vraiment bouleversé la pensée humaine : c'était la confirmation du fait que la Terre n'est pas le centre du monde...
Pour célébrer ce grand moment historique, Michel Lethiec a décidé de faire jouer ce soir (NDLR : hier soir) une oeuvre de son père, Vicenzo Galilei, qui était musicien. Il y aura aussi du Messiaen, "Appel interstellaire" , ensuite "Les échos" de Haydn : c'est un peu l'image des planètes habitées qui échangeraient des messages... On vient de fêter le 40 e anniversaire des premiers pas de l'homme sur la Lune.

Est-ce vraiment important pour l'humanité ?

Scientifiquement, modérément ; psychologiquement, énormément. L'idée que des êtres humains puissent marcher sur la Lune, c'était quelque chose que l'on avait de la difficulté à croire. Ça a l'air tellement lointain !

Aujourd'hui vous êtes fortement préoccupé par l'avenir de notre planète : qu'est-ce qui vous inquiète le plus ?

Il y a tellement de causes d'inquiétude. La plus spectaculaire c'est le réchauffement climatique. C'est le fait que les glaces des pôles et des glaciers fondent à des vitesses qui sont supérieures à tout ce que l'on avait prévu dans les années 2000. Il avait été envisagé le scénario le "plus pire" et le "moins pire" et la réalité est plus grave que le "plus pire". Alors que l'on pensait que les glaces au Pôle Nord disparaîtraient dans les années 2050, maintenant on pense que c'est en 2020. Ça se rapproche très, très vite. C'est vraiment inquiétant d'abord parce que ça amène une montée du niveau de la mer qui va faire des millions de réfugiés écologiques. Tous les gens qui vivent près du bord de l'eau, au Bangladesh ou dans des grandes villes comme New York, Shanghaï... seront touchés. Les tempêtes aussi sont de plus en plus violentes...
Moins spectaculaire, il y a l'érosion de la biodiversité. C'est visible quand on voit disparaître les rhinocéros gris ; ce n'est pas visible quand on voit disparaître les vers de terre, et les vers de terre c'est toute la fertilisation des sols. La disparition des abeilles, c'est visible aussi et les abeilles, c'est toute la pollinisation. Alors que la population continue à augmenter, les ressources en nourriture sont en diminution. La quantité de terres arables diminue aussi. Un autre problème important, c'est l'usage des pesticides. J'ai des enfants et des petits-enfants et je suis très inquiet de savoir comment ils vont vivre en 2040-2050.

Quelles vous paraissent être les priorités ?

C'est d'abord diminuer les émissions de gaz carbonique. Il va y avoir en décembre une conférence à Copenhague où vont se prendre des décisions qui vont influencer l'humanité pour des siècles. On sait qu'il y a des progrès, on sait qu'il y a des prises de conscience. On a bien vu comment aux Etats-Unis le gouvernement Obama est prêt à envisager le problème, ce que n'envisageait même pas M. Bush. On a vu également que les Chinois sont conscients du problème. Le gouvernement français aussi avec le Grenelle de l'environnement. Un peu partout on voit des signes positifs. La question c'est : "Est-ce que c'est assez rapide ?" Par exemple, les Chinois disent : "On veut bien diminuer mais si les Américains diminuent plus que nous ? Car nous on est encore nouveaux dans le niveau de vie convenable, vous, vous êtes installés..."

On sait qu'il faudrait diminuer de 60 à 70 % les émissions de CO2, ce qui veut dire qu'il faudra avoir un mode de vie très différent. Sommes-nous prêts à agir et qui doit agir, l'individu, le politique ?

Entre dire "il faudrait faire ça", c'est une chose, et le faire, c'est une autre chose. On l'a vu avec le Grenelle de l'environnement, beaucoup de choses vont dans le bon sens. Je crois que le gouvernement a été très influencé par Nicolas Hulot qui a joué un rôle majeur. Il se fait des choses.

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