Yann Arthus-Bertrand : "Les yeux de l'humanité seront braqués sur Copenhague" - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 12/11/2009 à 17h34 par Tanka.


YANN ARTHUS-BERTRAND : "LES YEUX DE L'HUMANITÉ SERONT BRAQUÉS SUR COPENHAGUE"

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Yann Arthus-Bertrand : "Les yeux de l'humanité seront braqués sur Copenhague"

Information recueillie par Tanka.

"Telles que les choses se présentent, il ne faut sans doute plus attendre la signature d'un accord intergouvernemental au sommet de Copenhague, constate Yann Arthus-Bertrand, mais le plus important n'est pas là !" L'homme qui murmure à l'oreille de la Terre espère davantage des rencontres informelles qui se tiendront lors de ce sommet. Cet incurable optimiste pense qu'une immense mobilisation écologique pourrait naître de milliers de discussions entre écologistes, chefs d'État, hommes politiques, industriels, experts de tout poil, scientifiques, journalistes... "Les yeux de l'humanité seront braqués sur Copenhague. C'est ce qu'il faut", s'enthousiasme-t-il.

Forcément, le photographe a prévu d'être présent à Copenhague où il a loué une grande salle de cinéma pour accueillir la crème verte de la planète. Al Gore a promis de passer. Le président du Mali y annoncera son désir de faire de son pays le premier à compenser toutes ses émissions de carbone. Le ministre de l'Écologie Jean-Louis Borloo est espéré. Et bien d'autres... Il souhaite en faire un sommet bis. À tous, YAB projettera son nouveau film Climate voices , composé de centaines de témoignages d'habitants des quatre coins de la planète racontant leur souffrance, déclenchée, d'ores et déjà, par le réchauffement.

La caméra est braquée sur leurs visages désespérés, meurtris. Avec des mots simples, ils racontent leurs maux terribles. C'est bouleversant. Un éleveur australien avoue le suicide de ses voisins ruinés par la sécheresse. Un habitant du Bangladesh crie sa peur de la mer : "Où pouvons-nous aller ? L'eau se rapproche chaque jour un peu plus. Nous n'avons aucun moyen d'aller ailleurs." Une jeune femme taïwanaise réprime ses larmes en évoquant le typhon qui a tué en deux secondes une vingtaine de personnes dans son village. Un paysan malgache, visiblement à bout de force, interpelle ses frères humains à travers la caméra : "C'est d'eau dont j'ai besoin pour sortir de mon tourment. Même s'il n'y a pas d'eau ici, je ne veux pas quitter mon village. Je ne sais pas vers qui me tourner, alors je m'adresse à vous, pères et mères, à vos dirigeants, à vous étrangers."

Justement, ce dimanche 8 novembre, à un mois de Copenhague, Arthus-Bertrand vole vers Madagascar. Pas pour prendre des photos ou pour tourner un film. Le temps de l'action sur le terrain est venu. L'association GoodPlanet , qu'il a fondée en 2005, vient de jeter un pont historique entre la France et la Grande Île, sous la forme d'une superbe coopération pour lutter contre la déforestation malgache. Grâce à son entregent, Air France finance pour 5 millions d'euros un projet du WWF (Fonds mondial pour la nature) consistant à protéger et replanter 500.000 hectares de forêts sèches et humides à Madagascar.

Ce qu'il y a surtout de remarquable dans cette initiative, c'est que, pour une fois, un projet de conservation repose sur les populations locales. On paiera les villages pour assurer la gestion des forêts environnantes. Ce qui signifie que les villageois pourront retirer un bénéfice de la nature exploitée selon les critères du développement durable. C'est de ce mariage entre villageois et ONG, grâce au financement d'entreprises espérant en retirer des crédits carbone, que l'on parviendra peut-être, enfin, à enrayer la déforestation après tant de tentatives ratées. Loin des chipotages politiques de Copenhague, voilà du concret. Qui permet à Yann Arthus-Bertrand, le VRP de la planète verte, de rester un incurable optimiste.

Pour en savoir plus sur la situation planétaire