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Cette actualité a été publiée le 06/01/2010 à 07h27 par Tanka.


VOTRE DÉPOUILLE NOUS APPARTIENT

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Votre dépouille nous appartient

Information recueillie par Tanka

Enfin! C'est une véritable bombe qui vient d'exploser dans les mondes mêlés de la bioéthique et de la chirurgie des greffes d'organes; une bombe violente et purificatrice. Résumons. On a appris le 29 décembre que le gouvernement finlandais allait prochainement présenter au Parlement un projet de loi visant à autoriser le prélèvement d'organes sur toutes les personnes décédées qui ne s'y étaient pas préalablement expressément opposées. Cette initiative est destinée à faire face à la pénurie d'organes et d'éléments issus du corps humain. «Les organes, tissus et cellules pourront être prélevés s'il n'y a pas d'indication ou de raison de penser que la personne décédée s'est opposée à l'intervention» précise le projet de loi du gouvernement (de centre-droit) finlandais.

En Finlande (comme en France) l'absence de déclaration écrite de la personne décédée (soit l'immense majorité des cas) faisait jusqu'à présent qu'il revenait aux membres les plus proches de la famille du défunt d'accepter ou de refuser le prélèvement des organes ou des tissus à des fins de transplantation. Le nouveau projet de loi doit être présenté au Parlement en février. Adopté, le texte entrerait en vigueur le 1er août 2010. «Le but de la proposition est d'augmenter le nombre de transplantations et de faire évoluer les mentalités en faveur du don d'organes pour sauver des vies» explique le gouvernement finlandais. Les prélèvements d'organes sur les mineurs et les adultes sous tutelle resteraient toutefois du ressort de la famille. En Finlande, où 400 transplantations d'organes ont lieu chaque année, 3.500 personnes vivent grâce à une greffe.

Trembler? La Finlande franchit-elle ici une nouvelle et considérable étape vers l'appropriation par une collectivité nationale des éléments constitutifs du corps des citoyens qui la composent? Parce qu'elle renvoie à des souvenirs d'oeuvre de science-fiction autant qu'au spectre d'un prochain totalitarisme sanitaire une telle initiative peut certes faire frémir. On aurait tort: on peut aussi voir là une action logique de nature à en finir avec la méchante hypocrisie développée - pour la bonne cause - au fil du temps et des progrès réalisés dans le domaine des greffes d'organes; des progrès considérables qui sont allés de pair avec l'augmentation (du fait de la pénurie chronique de greffons) du nombre des personnes inscrites sur les listes d'attente.

Exemple: le dernier bilan français disponible fournit par l'Agence de biomédecine et concernant 2008. Cette année là 13 687 personnes étaient en attente d'une greffe, 1 563 personnes ont été prélevées d'un ou de plusieurs organes et 4 620 personnes ont été greffées. Les prélèvements sur donneurs vivants n'ont représentés que 5% de l'ensemble et 222 malades inscrits sur les listes d'attente sont morts faute d'avoir pu trouver à temps des greffons disponibles. Des chiffres qui, toutes catégories confondues augmentent sans que la question de la pénurie ne trouve de remède satisfaisant.

Résumons cette problématique éthique et chirurgicale. Il existe, schématiquement, deux conceptions radicalement opposées à travers le monde.

Trafics et rémunérations financières

Ce phénomène concerne les pays qui ne font rien (quand il ne l'encourage pas) contre le trafic -hautement rémunérateur pour les intermédiaires- des prélèvements d'organes. Quand l'argent est présent les prélèvements peuvent être effectués de deux manières. Soit autoritairement sur des personnes décédées: des condamnés à mort, juste avant ou juste après leur exécution. Soit chez des personnes vivantes (prélèvements de reins) «volontaires» pour «donner» moyennant une rétribution compensatoire. Selon l'OMS, qui combat le «tourisme de transplantation», de nombreux pays, pauvres ou émergents, sont concernés. Longtemps la Chine donna dans ce domaine l'exemple le plus détestable.

«Dans ce pays les organes étaient greffés sur des receveurs étrangers. Des agences japonaises spécialisées avaient pignon sur rue à Pékin. Cette activité, qui représentait plusieurs milliers de transplantations annuelles, permettait à des établissements ou à des individus de s'enrichir. En novembre 2005, le professeur Huang Jiefu, vice-ministre chinois de la santé, avait confirmé que l'essentiel des transplantations était effectué à partir d'organes prélevés sur des condamnés à mort » déclarait au Monde en 2007, le Dr Luc Noël, coordinateur de l'unité procédures cliniques de l'OMS et grand spécialiste de cette question.

Source : slate.fr


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