Vinci, des profits de guerre aux profits de l'air - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 28/08/2011 à 14h32 par Kannie.


VINCI, DES PROFITS DE GUERRE AUX PROFITS DE L'AIR

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Vinci, des profits de guerre aux profits de l'air

 

Notre-Dame-des-Landes : et si on parlait de l'entreprise Vinci

Le numéro un mondial du BTP ne fait pas que du béton et du bitume. Il trimballe aussi des casseroles.

*Du ciment armé à l'Armement*

Coté en bourse, partie prenante du CAC 40, Vinci est un groupe jeune qui a une vieille histoire. Sous ce nom, Vinci n'existe que depuis l'an 2000. Mais le groupe de béton remonte à la fin du XIXe siècle, créé en 1899 par deux polytechniciens, Alexandre Giros et Louis Loucheur, et vite surnommé Girolou avant de devenir la SGE, Société générale d'entreprise. Le second a laissé son nom à une loi sur le logement et les habitations à bon marché.

Passé des affaires à la politique, Louis Loucheur, industriel spécialiste du ciment armé se retrouve naturellement à l'armement en 1916, sous-secrétaire d'État à l'Armement et aux Fabrications de guerre. Malgré des accusations de «profiteur de guerre» largement reprise par la presse en 1919, il sera élu parlementaire, passera aux ministères du commerce, à l'industrie, au travail, aux finances dans divers gouvernements.

*Le roi des concessions*

Ciment armé, centrales électriques, chemin de fer, la SGE qui a poursuivi son activité est contrôlée dans les années soixante par la Compagnie générale d'électricité, devenue Alcatel. Puis par Saint-Gobain, puis par la Compagnie générale des eaux devenue Vivendi, avant d'être rebaptise Vinci en devenant le leader mondial du BTP devant Bouygues. Les différents secteurs et filiales de Vinci s'occupent de transport, d'aéroports, d'autoroutes, de parkings, cumulant les fonctions de construction puis de gestion.

La nébuleuse de sociétés comprend des entreprises comme Cofiroute et ASF, Campenon Bernard, GTIE, Cegelec, Freysinnet, Dumez, Eurovia... De par le monde, Vinci se montre le roi des concessions : deux ponts sur le Tage à Lisbonne, le tunnel du Prado Carenage à Marseille, Coentunnel à Amsterdam, Stade de France, stade du Mans, des aéroports de Lyon, Grenoble, Chambéry, Clermont-Ferrand notamment, mais aussi trois aéroports au Cambodge, 4500 km d'autoroute en France, des autoroutes à péage en Allemagne, en Grèce, les tramways à Lyon, Mulhouse, l'éclairage public et les feux de circulation à Rouen.

Pour le marché de l'aéroport de Notre Dame des Landes, Vinci est associé à ETPO, Entreprise de travaux publics de l'Ouest, chapeauté par la holding CIFE, Compagnie industrielle et financière d'entreprise, qui me BTP et promotion immobilière.

*Marchés publics profitables*

Le groupe Vinci est très impliqué dans des opérations de partenariat public-privé, dites PPP, qui sont en fait la transmission aux entreprises capitalistes de services jusqu'ici publics, tant pour la conception que pour la gestion opérationnelle. Les autoroutes en sont un bon exemple, tout comme la construction et la gestion de prison privatisées.

Vinci est même une des premières sociétés accourues lors des premières ouverture au privé à la SNCF, en commençant par se voir octroyer la concession de la ligne Tours Bordeaux. [...]

Pour l'aéroport au Nord Ouest de Nantes, l'État a donc choisi Vinci. L'été précédent le choix, le ministre des transports Dominique Bussereau avait fait des voyages d'affaires avec les dirigeants de Vinci au Vietnam, en Grèce.

Pour signer et débattre avec les gouvernements vietnamien et grec d'un «protocole d'accord pour la construction-concession » de routes (600 millions de dollars à la clef pour Vinci au Vietnam) et des projets ferroviaires, autoroutiers et aéroportuaires. Ça permet de déblayer le terrain. L'État français joue ainsi moins l'ambassadeur que l'assistant commercial à l'export de ce fleuron du capitalisme tricolore. Mais en France, promis juré, les règles équitables de l'appel d'offres dictent les choix.

*Service public passé privé*

L'État confie donc à la multinationale les manettes, sous les applaudissement des édiles locaux. Ici essentiellement des socialistes, convertis au libéralisme sans négliger le double discours de la responsabilité sociale, tout en privatisant allègrement leur service public, par exemple en ouvrant grande la porte à la mainmise à Veolia sur les transports et l'environnement, ou en sous traitant le nettoyage à des société privées, poussant vers la précarité des taches qui étaient jusque là assurées par des fonctionnaires municipaux.

*Les exploits russes*

Plus largement que dans le seul marigot nantais, on retrouve aujourd'hui Vinci dans de nombreuses opérations douteuses : Vinci est mise en difficulté pour construire une enceinte de confinement à Tchernobyl, mais aussi accusée par l'ONG Transparency international de corruption de bureaucrates du ministère russe des Transports, y compris le ministre, et de destruction écologique pour le tronçon d'autoroute traversant la forêt entre Moscou et son aéroport international de Cheremetiev (AFP, 20 juillet 2010 ). Bien sûr, chaque entité du groupe se proclame «citoyenne», «engagée», «respectueuse de l'environnement»...

Ce texte sur Vinci est extrait d'un livre à paraitre ce printemps. Titre provisoire : «Aéroport de Notre Dame des Landes : Dégage, on capitalise !», (avec un petit clin d'oeil au bouquin écrit sur le même sujet en 1976, « Dégage, on aménage !»)

Depuis juin 2010, à l'occasion de la venue de la troupe de la revue Z, un collectif d'une petite dizaine de personnes s'est formé pour écrire un bouquin sur les enjeux de ce projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes. Notamment pour montrer que contrairement à l'enfermement voulu par les promoteurs du projet lors du débat public bidon de 2003, ce projet ne concerne pas que les riverains futurs et les paysans, mais que c'est bien une question d'urbanisme, de compétition de villes, de marketing territorial, de transformation en marchandise de l'offre urbaine.

Le lobby des partisans du projet, élus de droite et de gauche, montre sa fascination pour la vitesse et la circulation qui se veut aussi rapide que les capitaux. Le crédo aveugle dans le progrès et la croissance atteste de la soumission aux logiques de marché. Rien à voir avec un bien commun et un intérêt public. Témoignages de paysans et de nouveaux occupants et points sur les autres luttes dans le monde, sont complétés par un DVD qui présentera au moins deux films, l'un déjà tourné et monté, l'autre en cours de tournage.

 

Source : blog du collectif de lutte contre l'aéroport de Notre Dame des Landes
Pour une lutte radicale contre le projet d'aéroport ! Terre et liberté ! Lien

 

 

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Le site étrange qui dérange même les anges !

 

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Auteur : Blog Collectif de lutte

Source : danactu-resistance.over-blog.com