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Cette actualité a été publiée le 25/02/2010 à 15h12 par Tanka.


VIANDE : UN RISQUE POUR L'ENVIRONNEMENT ET LA SANTÉ

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Viande : un risque pour l'environnement et la santé

L'actu : la consommation de viande, qui augmente au niveau mondial, pourrait avoir à terme des « conséquences catastrophiques sur les moyens d'existence, la santé humaine et animale, et l'environnement », d'après le rapport annuel de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Le contexte

Pour la première fois depuis 1982, le rapport annuel de la FAO sur "la situation mondiale de l'alimentation et de l'agriculture" publié mi-février était centré sur le secteur de l'élevage. Alors qu'il ne représente qu'environ 2% du PIB mondial, l'élevage est responsable d'environ 18% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit plus que le secteur des transports.

L'enjeu

Le rapport de la FAO souligne que l'élevage est un «secteur clé de la lutte contre la faim et la pauvreté» qui «fait vivre un milliard de personnes». L'organisation reconnaît cependant l'existence de « risques systémiques », liés principalement aux conséquences écologiques et sanitaires de l'explosion de la consommation de viande dans le monde.

- L'évolution de la consommation

Si elle s'est tassée depuis quelques années, la consommation de viande dans les pays développés est toujours importante. D'après la FAO, elle est passée de 76,3 kg par personne en 1980 à 82,1 kg aujourd'hui. La France fait cependant partie des meilleurs élèves, puisque sa consommation a baissé durant la dernière décennie, passant de 150 grammes par jour en 1999 à 117 grammes par jour en 2007.

La FAO redoute surtout les conséquences des nouvelles habitudes alimentaires des pays en développement. En Chine, la consommation est ainsi passée de 13,7 kg à 59,5 kg par habitant et par an entre 1980 et 2005. Dans le même temps, elle régressait dans les pays d'Afrique subsaharienne, passant de 14,4 à 13,3 kg/an/habitant. La consommation devrait encore croître dans les prochaines années, du fait de l'urbanisation et de la hausse du niveau de vie dans des pays émergents comme le Brésil ou l'Inde. La FAO prévoit ainsi que «la production mondiale annuelle de viande devra augmenter de 228 millions à 463 millions de tonnes d'ici à 2050» pour satisfaire la demande à travers le monde.

- L'impact écologique

La production de viande est gourmande en terre et en eau. Près de 70% des terres arables sont consacrées à l'élevage, qui engloutit également environ 9% des ressources en eau douce consommées chaque année. L'élevage favorise également la déforestation, du fait du manque de pâturages et du besoin de cultures fourragères pour nourrir les bêtes. Le rapport de la FAO souligne ainsi qu'en Amérique du Sud, 70% des terres autrefois boisées sont aujourd'hui consacrées à l'élevage.

Mais l'impact écologique de l'élevage s'explique surtout par le mode d'alimentation des bovins. En France, beaucoup d'éleveurs nourrissent encore leurs bêtes à l'herbe. Les prairies destinées à nourrir les vaches permettent, par ailleurs, de stocker des quantités non négligeables de carbone. Ailleurs, en revanche, le menu des bovins est souvent composé de céréales, une alimentation qui entre en concurrence avec celle de l'Homme. Aujourd'hui, près de 40% de la production céréalière est destinée à alimenter le bétail.

- L'impact climatique

L'élevage bovin a également un impact important sur les émissions de plusieurs gaz à effet de serre. A l'échelle mondiale, la conversion de terres en pâturages est responsable de 9% des émissions mondiales de CO2, d'après le rapport de la FAO. Les éructations du bétail produisent également 37% des émissions mondiales de méthane, un gaz dont le potentiel de réchauffement global est 23 fois supérieur à celui du CO2. Enfin, le stockage et l'épandage de fumier sont également à l'origine de 65% des émissions d'oxyde nitreux, considéré comme le gaz à effet de serre le plus puissant.

Le débat

La FAO juge « nécessaire » l'intervention des pouvoirs publics, car « le secteur de l'élevage a un potentiel énorme en matière de contribution à l'atténuation » du réchauffement climatique. Pour y parvenir, l'organisation onusienne recommande de mettre en place des sanctions financières pour les éleveurs qui abusent des ressources naturelles : « Les prix actuels des terres ou de l'eau ne reflètent pas la vraie valeur rare de ces ressources, ce qui entraîne leur surconsommation », peut-on lire dans le rapport. La FAO propose également de mieux nourrir les bovins pour limiter les émissions de méthane liées à leurs éructations, et de favoriser la consommation de volaille ou de porc, la production de viande blanche ayant un impact moins important sur l'environnement.

Par Blaise Mao - Source : geo.fr


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Information recueillie par Tanka

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