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Cette actualité a été publiée le 17/11/2010 à 02h34 par Mich.


VERS UNE GOUVERNANCE MONDIALE DE L'ALIMENTATION?

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Vers une gouvernance mondiale de l'alimentation?

C'est une petite révolution silencieuse qui s'est déroulée la semaine dernière à Rome dans le domaine de la lutte contre la faim. La première réunion du Comité de la sécurité alimentaire (CSA) de la FAO depuis la réforme engagée l'année dernière par ses 183 Etats membres a posé les jalons d'une véritable gouvernance mondiale de l'alimentation.

(...)

Crispations autour des accaparements de terre

A ce titre, les débats autour des accaparements de terres au niveau international, objet d'une des trois tables rondes de cette année, ont illustré la véritable schizophrénie au sein de la communauté internationale s'agissant des solutions au défi de la sécurité alimentaire.

La ruée sur les terres des pays du Sud est le fait aussi bien de pays importateurs qui ne font plus confiance au marché mondial pour s'approvisionner que d'investisseurs en quête de profits et de spéculation.

Elle signifie trop souvent des conflits avec les populations locales, qui ne profitent guère de ces nouveaux projets d'agriculture à grande échelle, et sont même victimes d'éviction, de restriction d'accès à leurs territoires de subsistance, ou de détérioration de leur environnement.

Alors que les achats de terres se multiplient et vont se poursuivre, faut-il que les pays en développement accueillent à bras ouverts ces investissements, ou faut-il au contraire qu'ils protègent les droits des populations les plus vulnérables, quitte à ce que cela incite les acheteurs à aller voir ailleurs?

Faut-il encourager les propositions à l'initiative de la Banque mondiale sur des principes directeurs à l'attention des investisseurs, ou renforcer les directives de la FAO pour une meilleure gouvernance du foncier par les Etats?

La solution réside sans doute dans la convergence de ces options, d'où l'enjeu d'une meilleure coordination des acteurs et d'une plus grande cohérence des propositions entre elles.

Le collectif à l'épreuve des intérêts particuliers

A l'instar de la question de la régulation des marchés agricoles, les débats dévoilent les intérêts nationaux et les dogmes idéologiques de chacun. Bonne nouvelle, les Etats-Unis, la Nouvelle-Zélande et les autres pays anglo-saxons, souvent rétifs à l'idée de gouvernance mondiale, n'ont pas fait cette fois-ci obstruction au processus.

Celui-ci a cependant été principalement porté par l'Union européenne, dont il faut saluer le rôle, en articulation avec la société civile. Pays investisseur, la Chine s'est prononcée en faveur de conclusions d'un groupe intergouvernemental sur ce sujet, mais... le plus tard possible, et à titre purement consultatif.

Surtout, les pays africains, principalement concernés puisqu'ils sont les premiers vendeurs de terres, ont fait preuve d'une hypocrisie tenace en brandissant leur indépendance et leur souveraineté pour fustiger toute initiative contraignante en vue de protéger les droits des petits paysans.

Et ce alors que leurs populations sont les premières affectées par la faim...

Un pas en avant

Au final, la participation de la société civile – fait nouveau dans ces négociations – a sûrement permis d'aboutir au compromis satisfaisant des conclusions: une exigence de convergence des processus Banque mondiale et FAO d'ici octobre 2011, tout en engageant un travail d'expert sur les avantages comparatifs des investissements à grande échelle avec le soutien à l'agriculture familiale...

Satisfaisant, certes, mais une chose est sûre: les investisseurs n'ont pas de souci à se faire avant longtemps!

Alors, une réunion de plus pour rien?

(...)

Certainement pas! Car au final, les mauvais choix réalisés par les élites au pouvoir ne proviennent pas d'un manque de connaissances, mais sont bien le résultat de conflits d'intérêts avec, justement, l'intérêt général.

Résoudre la faim n'est pas une fatalité, elle est à portée de main: cela suppose simplement de remettre la lutte contre la pauvreté au coeur des politiques économiques et sociales. Loin des sommets à Rome, les sociétés civiles ont encore de belles luttes des classes devant elles...

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Auteur : Ambroise Mazal Youphil (France) Planète Urgence

Source : www.infosdelaplanete.org