Véhicule propre : la voiture électrique au lithium-ion n'est pas la solution miracle - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 02/10/2009 à 21h18 par Jacques.


VÉHICULE PROPRE : LA VOITURE ÉLECTRIQUE AU LITHIUM-ION N'EST PAS LA SOLUTION MIRACLE

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Véhicule propre : la voiture électrique au lithium-ion n'est pas la solution miracle

Information sélectionnée par Jacques

Depuis quelques mois la voiture électrique connaît un engouement croissant et il ne se passe pas une semaine sans qu'une annonce spectaculaire ne vienne confirmer cette nouvelle passion française : l'état va ainsi commander 40 000 véhicules électriques et accorder un bonus de 5 000 euros pour l'achat d'un véhicule électrique (VE). Côté constructeurs, c'est également l'euphorie.

Carlos Gohn, le PDG de Renault ne jure plus que par la voiture électrique. Il vient de présenter au salon de l'automobile de Francfort quatre modèles Renault électriques et parie sur 10 % de véhicules électriques en 2020.

Peugeot Citroën s'est quant à lui allié au japonais Mitsubishi Motors pour lancer une voiture électrique en Europe fin 2010, construite par Mitsubishi sur le modèle de sa voiture électrique déjà existante la i-MiEV. L'iMiev, rechargeable sur prise secteur et équipée d'une batterie lithium-ion, est déjà en test au Japon et sera testée à Hong-Kong fin 2009, notamment pour évaluer les besoins en stations de recharge. Bolloré doit lancer sa voiture électrique de nouvelle génération, la "Bluecar" (équipée de la fameuse batterie Lithium-Ion-Polymère) en 2010

Face à cette euphorie ambiante un récent rapport de l'ADEME est venu tempérer l'enthousiasme des partisans du "tout électrique" et semer le doute sur le scénario d'un basculement rapide de notre parc automobile vers la propulsion électrique. Il est vrai qu'à l'heure actuelle, les batteries lithium-ion ne permettent pas de parcourir de longues distances. Personne ne sait comment vieilliront ces réservoirs d'énergie ni combien de cycles de recharge ils pourront supporter. Les batteries lithium-ion sont lourdes et nécessitent de l'entretien.

Une étude du cabinet Oliver Wyman estime que le surcoût lié à la batterie s'élève à 20 000 euros. Autre incertitude, l'autonomie, qui oscille entre 100 et 200 kilomètres et la destine surtout aux zones urbaines et péri-urbaines. En outre, les batteries ont une durée de vie limitée, de 10 000 à 50 000 km, selon les spécialistes. Un rapide calcul montre qu'à raison de 50 km par jour durant deux cent vingt jours, la batterie tiendra au mieux cinq ans, ce qui est insuffisant. Enfin, et surtout, le lithium, utilisé dans les batteries de nouvelle génération est certes recyclable mais ses réserves limitées (4 millions de tonnes extractables) sont concentrées dans quelques pays et permettent au mieux une production mondiale de 8 millions de voitures électriques par an. En outre, le prix du lithium est passé de 350 à 3 000 euros la tonne entre 2003 et 2008.

Ces contraintes limitent l'utilisation de la voiture électrique et la rendent surtout très chère à l'achat. Si les constructeurs la facturaient au coût réel, une petite voiture électrique coûterait bien plus de 40 000 euros. Naturellement, les prix devraient baisser et la capacité des batteries augmenter dès que la production en série sera lancée. Mais pour les constructeurs, le coût de fabrication d'un véhicule électrique reste sans commune mesure avec celui d'un véhicule thermique.

Mais le principal obstacle au développement massif de la voiture électrique est lié aux infrastructures et à l'augmentation considérable de la production électrique que suppose une telle mutation. Non seulement, il faudra équiper nos villes de bornes électriques en nombre suffisant mais la circulation d'un nombre croissant de véhicules électriques nécessite un véritable saut qualitatif en matière de gestion intelligente du réseau, pour "lisser" la consommation totale et éviter les ruptures de charge. Enfin, il est absolument indispensable que l'augmentation considérable de la production électrique nécessaire dans la perspective d'un parc automobile majoritairement électrique se fasse sans impact sur l'environnement, c'est-à-dire sans augmenter d'un gramme nos émissions de carbone.

Or, au niveau européen, il faut savoir que le "bilan carbone" d'une voiture électrique est proche de celui des voitures thermiques récentes car la part des énergies fossiles dans la production électrique européenne reste très importante. Avec l'arrivée massive de voitures thermiques ou hybrides émettant moins de 100 grammes de CO2 par km à l'horizon 2015, ce "bilan carbone" des voitures électriques pourrait même devenir moins bon que celui des véhicules thermiques ou hybrides de dernière génération, au moins au niveau européen.

En France la situation est différente car 90 % de notre électricité est produite avec très peu d'émissions de CO2, principalement par le nucléaire, et l'hydraulique et marginalement par l'éolien (2 % de la consommation électrique en 2009). Mais la France produit et importe de l'électricité carbonée dès qu'elle doit faire face à des pics de consommation.

En 2007, ....

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