Vaccin H1N1 : les Français de plus en plus réticents - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 13/10/2009 à 01h47 par Phil.


VACCIN H1N1 : LES FRANÇAIS DE PLUS EN PLUS RÉTICENTS

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Vaccin H1N1 : les Français de plus en plus réticents

Information recueillie par Phil'

Le scepticisme est encore plus marqué chez les médecins et les infirmiers.

À quelques semaines du début de la campagne nationale de vaccination contre la grippe A pandémique, tout est presque prêt sauf... la population. Ces derniers mois, de multiples sondages et enquêtes montrent que les Français, simples citoyens ou professionnels de santé, ne sont pas très décidés à se faire vacciner. Ils le seraient même de moins en moins, selon les dernières données disponibles. «Dans une étude que nous avions menée en juin auprès d'un échantillon re­présentatif de 1 000 personnes, 60 % avaient l'intention de se vacciner, et 40 % n'en avaient pas l'intention. Des estimations datant de mi-septembre suggèrent que la tendance s'est inversée», révèle le sociologue Michel Setbon (CNRS), spécialiste des questions de santé publique et de sécurité sanitaire.

En clair, les volontaires pour le vaccin anti-H1N1 seraient désormais minoritaires, de l'ordre de quatre individus sur dix. Une situation d'autant plus préoccupante pour les autorités sanitaires que les catégories de population les plus motivées ne sont pas forcément les plus vulnérables au virus. Dans l'étude conduite par Michel Setbon - présentée à un congrès et en cours de publication dans une revue scientifique -, le taux le plus élevé d'intention vaccinale se retrouve chez les plus de 60 ans. Or, ceux-ci apparaissent relativement protégés depuis le début de la pandémie. Inversement, les 20-40 ans, largement plus touchés par la grippe H1N1 et par ses formes graves, sont nettement moins nombreux à avoir l'intention de se faire vacciner. «Le paradoxe, souligne le sociologue, c'est que le facteur le plus prédictif pour cette vaccination contre la grippe A/H1N1 est d'avoir eu l'expérience du vaccin contre la grippe saisonnière, et non pas l'expérience de la maladie grippale elle-même.»

Selon lui, un deuxième élément pèse lourd dans la faible motivation des citoyens : les appréhensions limitées vis-à-vis de la grippe pandémique. «L'inquiétude est en général un facteur clé dans l'appréciation subjective d'un risque, continue Michel Setbon. Or ici, le niveau d'inquiétude est plutôt bas, voire très bas. La majorité de la population ne voit donc pas dans le vaccin un outil prioritaire. Bien sûr, tout cela peut évoluer très vite. Si l'on apprend que l'épidémie s'emballe, qu'il y a davantage de cas graves ou de décès, il est possible que les Français reconsidèrent la nécessité de se vacciner.»

Mais en l'état actuel, le sociologue craint qu'ils ne se bousculent pas au portillon. De plus, il reste dubitatif sur l'acceptation par la population d'une campagne dans des centres spécifiques, en dehors des cabinets médicaux. «Les pouvoirs publics ont misé essentiellement sur la vaccination pour contrôler l'épidémie, mais ils n'ont pas mesuré la perception qu'ont les Français du risque de grippe A, ni pris en compte les modifications nécessaires pour assurer une couverture vaccinale conforme à leurs objectifs», regrette-t-il, en soulignant le manque de moyens alloués à des études psychosociologiques menées en temps réel.

Le manque d'enthousiasme n'est pas propre à la population française. Aux États-Unis, la proportion de sujets sûrs de se faire vacciner serait également de 40 %, selon une étude de la Harvard School of Public Health. Et seulement un Américain sur deux déclare vouloir faire vacciner ses enfants.

Rapport bénéfice/risque

Qu'en est-il des professionnels de santé, médecins ou infirmiers, considérés comme prioritaires pour la vaccination, et vecteurs d'information pour leurs patients ? Là aussi, les études et sondages montrent une faible motivation, voire carrément une défiance. En septembre, le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) a lancé une consultation sur Internet auprès de 12 607 infirmiers. Parmi les 4 100 premières réponses, 65 % exprimaient un refus de la vaccination, 9 % n'avaient pas pris leur décision, et seulement 26 % se disaient prêts à se faire vacciner. Reste à savoir si ces résultats - comparables à ceux d'un sondage chez des infirmières anglaises - sont représentatifs de la profession. Le SNPI, qui se présente comme le principal syndicat d'infirmiers salariés, affiche en effet depuis des semaines de grandes réserves vis-à-vis du rapport bénéfice/risque des vaccins pandémiques. «Nous avons d'un côté une grippe très bénigne, de l'autre un vaccin pas dénué d'effets secondaires», insiste Thierry Amouroux, secrétaire général du SNPI CFE-CGC.

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