Vaccin grippe A : Les personnels de santé comme cobayes? - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 10/09/2009 à 21h39 par Michel Walter.


VACCIN GRIPPE A : LES PERSONNELS DE SANTÉ COMME COBAYES?

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Vaccin grippe A : Les personnels de santé comme cobayes?

Information recueillie par Michel

H1N1-VaccinLes professionnels de santé seront les premières personnes à être vaccinées contre la grippe A (H1N1). « On ne veut pas servir de cobayes », réagit Thierry Amouroux, le Secrétaire Général du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI). Un sondage lancé par ce syndicat a enregistré 2.074 réponses : 26% acceptent la vaccination H1N1 (sondages précédents à l'étranger 37% en Angleterre, 48% à Hong Kong). Au delà des chiffres, nous vous invitons à lire les paroles d'infirmières en fin d'article.

Le syndicat National des Professionnels Infirmiers estime qu'une vaccination massive contre un virus grippal relativement bénin, pourrait présenter des risques, du fait d'un vaccin développé trop rapidement dans les conditions actuelles, et d'un « adjuvant susceptible de déclencher des maladies auto-immunes ». Le vaccin contre la grippe A (H1N1) est « fabriqué rapidement dans un cadre réglementaire dérogatoire...Injecter 94 millions de doses d'un produit sur lequel nous n'avons aucun recul peut poser un problème de santé publique. »

De son côté, l'Union régionale des médecins libéraux de la Réunion monte au créneau. Elle interpelle la Préfecture sur les dangers de la vaccination massive qui s'apprête à être mise en oeuvre dans l'île. Selon l'union le corps médicale n'est pas prêt pour une telle vaccination, mais surtout le produit utilisé comporterait des risques pour la santé.

« Nous avons reçu lundi 7 septembre l'invitation pour la réunion qui a lieu ce jour mercredi 9 à 14 h 30 et qui doit décider des modalités de la vaccination dans notre département. Vu les délais et l'horaire de cette réunion, les médecins libéraux ne pourront y être représentés.

Ceci est très regrettable, dans la mesure où nous avons des choses à dire au sujet de cette vaccination telle qu'elle apparaît dans ses grandes lignes, à la lecture de la circulaire ministérielle du 21 août.

Nous comprenons le contexte, et mesurons en particulier le court délai entre l'apparition de ce nouveau virus et la campagne de vaccination. L'absence de gravité particulière de cette grippe et l'immunisation naturelle d'une bonne partie de la population réunionnaise suite à l'épidémie qui chez nous a commencé au mois d'août, enlèvent toutefois à cette campagne, le caractère d'extrême urgence que certains auraient pu lui attribuer, et conduisent à analyser son rapport bénéfice risque avec la rigueur qui s'impose pour toute campagne de santé publique.

Les médecins libéraux de la Réunion s'inquiètent en particulier de certaines dispositions qui transparaissent à la lecture du communiqué ministériel :

- Les risques d'une telle vaccination ne doivent pas être cachés à la population, et il faut en particulier garder à l'esprit les syndromes de Guillain Barré qui ont accompagnés d'autres vaccinations antigrippales, et les risques allergiques « non négligeables ».

La traçabilité du vaccin préparé sur cellules souches de rein de singe vert semble insuffisante. Nous avons noté la volonté d'obtenir une autorisation de mise sur le marché mais les laboratoires pharmaceutiques ont obtenus des autorités américaines une immunité juridique (cela peut se comprendre vu l'urgence dans laquelle on leur a demandé de sortir ce vaccin mais cela laisse d'autant plus perplexe).

- L'étude de la toxicité éventuelle dans certains cas particuliers (chez les femmes enceintes et les personnes déjà immunisées naturellement par exemple), nous parait difficile à mener dans l'urgence.

- Il faudra veiller à ce que ceux qui recevront le vaccin, aient bien eu une information honnête de manière à avoir un consentement éclairé. Cela est particulièrement important en cas de vaccination de masse chez des enfants mineurs, par exemple dans des écoles. Dans ce cadre, il nous semble nécessaire que l'accord parentale soit donné par écrit au préalable

Nous comprenons la problématique des pouvoirs publics qui sont pris entre la nécessité de fournir une protection aux personnes qui le désirent contre ce nouveau virus, sans gaspiller l'argent public par la mise en place d'un dispositif surdimensionné.

Tout cela nous conduit à la plus extrême prudence quant à cette campagne de vaccination de masse, et nous pensons qu'il est urgent d'étudier la possibilité d'un transfert de cette vaccination vers le secteur libéral qui a l'habitude de s'occuper de celle de la grippe saisonnière.

Je vous prie de croire Monsieur le Préfet, Mesdames et Messieurs, à l'expression de nos sentiments distingués. »