Utiles ou futiles, le cas des nano-revêtements - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 05/05/2011 à 18h38 par Fred.


UTILES OU FUTILES, LE CAS DES NANO-REVÊTEMENTS

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Utiles ou futiles, le cas des nano-revêtements

 
Antibactériens, antipollution, autonettoyants ou antitumoraux, les nanorevêtements envahissent le quotidien pour des finalités parfois discutables et pour des risques mal cernés.

Entre recherche de pointe et techno-gadgets, faire le tri et arbitrer dans ce nano-bazar incombe-t-il aux industriels, aux consommateurs, ou aux citoyens et leurs élus ?

Dans un marché mondial des nanoproduits estimé à 170 milliards de dollars en 2008 (1) avec plus d'un millier de produits déjà commercialisés, l'élaboration de revêtements actifs constitue le troisième champ d'application des nanomatériaux après les cosmétiques et les plastiques.

Ces innovations se développent pourtant dans un contexte où les incertitudes et l'absence de transparence sont la règle : incertitudes scientifiques sur les risques sanitaires et environnementaux, absence de définition des nanomatériaux, réglementation insuffisante, secrets industriels, pluralité des acteurs...

Satisfaire un marché concurrentiel...

Les industriels, largement promoteurs de ces innovations, semblent peu enclins à clarifier ce paysage. Par exemple, sur les dix-sept membres de l'industrie sollicités pour participer au projet de co-expertise CoExNanos, seuls trois ont accepté de s'impliquer.

Lors de la table ronde portant sur la consommation qui s'est déroulé durant la rencontre CoexNano du 15 mars 2011, les participants ont estimé que « le premier problème auquel répondent ces produits est un besoin d'innovation des entreprises pour maintenir leur image de marque, et demeurer compétitives dans un marché mondialisé de plus en plus concurrentiel ».

Cette orientation explique le développement important d'applications que l'on pourrait qualifier « d'ordinaires », comme des ciments, peintures, enduits, ou verres photocatalytiques incorporant du dioxyde de titane et des revêtements antibactériens pour l'électroménager ou le textile (nano-argent).

D'autres utilisations des propriétés antibactériennes du nano-argent pour l'emballage alimentaire ou la fabrication de tétines de biberons peuvent paraître encore plus anecdotiques en terme d'utilité, même si elles restent non négligeables d'un point de vue financier.

ou s'accorder sur des finalités !

Globalement, ces « innovations » ne font qu'améliorer « à la marge » des produits déjà existants en y ajoutant de nouvelles fonctionnalités non essentielles. « Les interrogations devront porter sur l'utilité et la signification de ces nouveaux produits, ainsi que sur la finalité en gardant en vu l'horizon de l'intérêt général », souligne Bernadette Bensaude Vincent, philosophe des sciences et présidente de VivAgora. « Les questions sur ces nanoproduits ne sont pas uniquement des questions portant sur les risques, mais aussi de choix de société » insiste-t-elle.

Le public présent lors de la journée CoExNano du 15 mars estime qu'un tri est à réaliser parmi ces innovations. Par exemple, il demande de restreindre au cadre hospitalier l'utilisation du nano-argent dans les pansements en veillant à ce que les déchets soient correctement pris en charge.

Avec une efficacité antibactérienne variant de 0 à 99% suivant les produits aux nano-argent, ces derniers montrent un intérêt discutable. « Un usage généralisé pourrait favoriser une dérive hygiéniste et induire des risques annexes non négligeables » signale Alain Lombard, toxicologue et membre du conseil scientifique de CoExNano.

Sans se montrer alarmiste, le toxicologue souligne aussi que « des questions se posent concernant le contact avec la peau et l'éventuelle pénétration de nanoparticules d'argent à travers la peau ».

 

 

Choisir le temps et l'intensité d'action

Si les nano-argents et autres oxydes de titane utilisés dans les revêtements présentent des incertitudes importantes pour des finalités parfois peu convaincantes, les technologies des nano-revêtements ne se limitent pas à ces produits.

Des chercheurs de l'Institut Charles Sadron, un laboratoire du CNRS spécialisé dans la recherche fondamentale sur les polymères, développent des techniques pour réaliser des films composés de plusieurs couches superposées.

« En jouant sur les différentes couches et en modifiant l'architecture, il est possible d'obtenir des comportements différents du revêtement avec le même principe actif » explique Pierre Schaaf, responsable de l'Équipe Ingénierie Macromoléculaire aux Interfaces à l'Ecole Européenne de Chimie Polymères et Matériaux de l'université de Strasbourg.

Il est par exemple possible de varier le temps ou l'intensité d'action d'un revêtement biofonctionnalisé grâce à des protéines ou des composés chimiques pour avoir un effet anti-tumoral ou anti-inflammatoire.

Une interface avec le vivant

Les principales pistes de recherche consistent à développer de nouveaux outils pour diffuser intelligemment des substances actives dans l'organisme afin de traiter des affections pour lesquelles les remèdes manquent aujourd'hui.

Cette technologie de revêtements multicouches initiée par Gero Decher, responsable du groupe Multicouches de Polyélectrolytes et Multimatériaux Nano-Organisés à l'Institut Charles Sadron, s'applique aussi pour élaborer des revêtements anti-coagulants pour des dispositifs médicaux en contact avec le sang, des revêtements hydrophiles pour des lentilles de contact ou des revêtements de troisième génération pour les implants.

Dans ce dernier cas, les implants sont biofonctionnalisés à l'aide d'un revêtement dans lequel sont incorporés des anneaux auto-assemblés d'ADN afin d'éviter que les tissus du patient implanté ne rejettent la prothèse.

Pour les prothèses osseuses, le revêtement biofonctionnalisé agit comme une interface entre l'organisme et le métal (souvent du titane) en facilitant la croissance de cellules osseuses. Des revêtements incorporant de l'ADN peuvent aussi servir pour la transfection génétique, une technique consistant à introduire un fragment d'ADN exogène dans une cellule hôte.

Du tri dans les nanos

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(1) Cientifica CEO, The Nanotechnology Opportunity Report (NOR) 2008, 3rd Edition & Lux Research – Juin 2008
 

Un article de François Rebufat, publié par vivagora.org

 

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Source : www.vivagora.org