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Cette actualité a été publiée le 21/06/2010 à 16h31 par Tanka.


USA : LE CONGRÈS ACCUSE BP D'AVOIR MENTI SUR LES RISQUES

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USA : le Congrès accuse BP d'avoir menti sur les risques

D'après un document interne à la compagnie britannique, la marée noire pourrait, dans le pire des cas, atteindre 100.000 barils de brut par jour.

BP reste dans le collimateur des autorités américaines. Au coeur de la controverse, un vieux sujet de polémique : les estimations toujours revues à la hausse de la quantité de brut qui s'échappe du puits depuis le début de la marée noire.

Un document interne à la compagnie britannique, transmis au Congrès américain, affirme que dans le pire des scénarios, en cas de panne ou de retrait d'un des composants clés du puits, 100.000 barils (15,9 millions de litres de pétrole) pourraient se déverser chaque jour dans le Golfe du Mexique. Le chiffre est encore plus élevé que le montant actuel et suggère qu'une aggravation est toujours possible.

Selon le gouvernement américain, 60.000 barils par jour se répandent actuellement dans l'océan. A titre de comparaison, samedi, BP a réussi à en récupérer 21.000. Depuis l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon le 20 avril, l'équivalent de 249.500 barils a été traité.

Le président de la sous-commission de l'Energie et de l'Environnement à la Chambre des représentants, le démocrate Ed Markey, qui a rendu le document public, a accusé dimanche BP «d'avoir menti pour minimiser ses responsabilités ou d'être grossièrement incompétent». L'élu rappelle qu'au moment où l'entreprise a transmis le mémo au Congrès, la compagnie britannique affirmait que la fuite ne représentait que 5000 barils par jour et qu'au maximum elle atteindrait 60.000 barils.

«Le document soulève de nombreuses questions sur ce que BP savait et quand il le savait. Il est clair que depuis le début, il n'a pas été franc avec le gouvernement sur la taille véritable de la marée noire», s'est indigné Ed Markey sur NBC.

BP : «Ce chiffre n'a pas de signification»

BP a protesté devant cette interprétation de son document interne. Le mémo ne dit pas que le montant de 100.000 barils par jour est l'estimation de la quantité s'échappant du puits endommagé.

Ce scénario catastrophe ne pourrait se produire que si l'obturateur anti-éruption (ou dôme de confinement) venait à être retiré du puits. «Il n'est pas prévu de l'enlever, ce chiffre n'a pas de signification», insiste un porte-parole de la compagnie. «Il n'y a pas eu sous-estimation», se défend BP. «Nous avons toujours dit que nous ferions avec, quelle que soit la quantité qui se répandrait, et c'est exactement ce que nous faisons».

Les mauvaises nouvelles s'accumulent pour BP. Un employé de Deepwater Horizon a révélé dimanche sur la BBC qu'une fuite avait été repérée, quelques semaines avant l'explosion, sur l'obturateur anti-éruption. Au lieu de corriger le défaut, les techniciens de la salle de contrôle ont préféré activer un autre obturateur.

Cet employé ignore si, le jour de l'explosion, ce bloc avait été remiseen fonction ou pas. Pièce maîtresse du dispositif de sécurité, le bloc utilisé par Deepwater Horizon, quel qu'il soit, n'a pas fonctionné le 20 avril. Si on avait choisi de réparer l'obturateur, il aurait fallu arrêter la production sur la plate-forme. Une interruption qui aurait coûté des milliers de dollars pas jour d'arrêt.

Ce témoignage renforce les soupçons de négligences de la part de BP et de Transocean, propriétaire de la plate-forme. Début juin, des emails entre des responsables du groupe pétrolier, transmis au Congrès, sous-entendaient déjà que le groupe a sciemment pris des risques en construisant leur plateforme pour réduire les coûts.

La marée noire, qui entre dans son 62e jour, s'est avérée très onéreuse pour BP, qui va lever 50 milliards de dollars. La firme a déjà dépensé deux milliards pour récupérer le pétrole, améliorer ses dispositifs de collecte et dédommager les autorités locales et fédérales. BP a reçu 65.000 demandes de dédommagement et en a satisfait 32.000, pour une somme de 105 millions de dollars. La compagnie a mis sur pied, la semaine dernière, un fonds d'indemnisation de 20 milliards de dollars pour couvrir ces coûts.

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

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Auteur : Constance Jamet

Source : www.lefigaro.fr