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Cette actualité a été publiée le 13/02/2011 à 19h43 par Mich.


UNE RÉVOLUTION EN ISLANDE

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Une révolution en Islande

L'Islande est un pays de 320 000 habitants se situant au 2ème rang mondial en terme d'IDH. L'ouverture des négociations d'adhésion de ce pays à l'UE est en discussion depuis plusieurs années mais butte sur des obstacles divers et variés (une volonté fluctuante des citoyens islandais, une économie qui aurait du mal à supporter une ouverture trop grande à la concurrence, l'autorisation de la chasse aux baleines...)

Depuis la crise économique de 2007-2009, ce pays a subit de très gros dommages. Tout d'abord, les 3 principales banques nationales se sont écroulées. Le taux de chômage, comme l'inflation ont grimpé à des niveaux jamais atteints sur l'île.

Des milliers de personnes ont perdus leurs logements, leurs emplois... En conséquence de quoi, des manifestations impressionnantes se sont déroulées à Reykjavik début 2009. Menée par ceux qu'on appellerait en France les « anarcho-autonome » et par les écologistes, la foule a envahi le palais présidentiel, réclamant le départ du gouvernement.

Ces manifestations furent couronnées de succès puisque le gouvernement, de centre-droit, démissionna.

Les élections qui s'ensuivirent portèrent au pouvoir une coalition de sociaux-démocrates et d'écologistes.

Cette coalition décida la nationalisation des 3 banques islandaises ayant frôlé la faillite et assura le remboursement de tout les islandais qui avaient placé leurs économies dans ces banques. Tout les islandais, mais pas les étrangers. Or, des particuliers et des entreprises anglais et hollandais avaient placé leurs argent dans ces banques. Le Royaume Uni et les Pays Bas demandèrent alors à l'Islande de les rembourser également, en leur proposant un crédit à 5,5%.

Le parlement, dominé par la coalition sociaux-démocrate/écologiste, accepta le principe. Mais le président refusa de ratifier la loi permettant ce remboursement, et demanda la tenue d'un référendum. Sur les 60% d'islandais qui se déplacèrent, 93% refusèrent le remboursement des créanciers anglais et hollandais.

Après de nombreuses discussion, un nouveau taux a été proposé, à 3%.

Le parlement n'a pas encore ratifié la loi permettant ce remboursement, mais ce n'est qu'une question de temps, le résultat ne faisant aucun doute.

Nationalisation, baisse du taux d'emprunt, les islandais mettent en oeuvre des solutions nouvelles, taboues, que les autres pays d'Europe n'osent pas mettre en place. Et ce n'est pas tout.

La monnaie a été fortement dévaluée afin de permettre la relance des exportations.

Les dirigeants des banques ayant coulée pour cause « d'actifs pourris » se retrouvent devant la justice avec comme chef d'inculpation « manipulation des marchés ».

En plus de ça, il a été décidé qu'une nouvelle constitution serait rédigée. Pour ce faire, les méthodes sont tout à fait nouvelles, et leur caractère ultra-démocratique plairait fortement aux adhérents d'Europe Ecologie-Les Verts :
Un appel à candidature a été fait à la population. Seul critère : avoir au moins 18 ans, être soutenu par au moins 30 personnes et ne pas être élu national. De quoi dépoussiérer les têtes pensantes du pays.

Plus de 500 personnes portèrent leurs candidatures. Finalement, 25 personnes furent élues le 27 novembre 2010.

Elles ont à charge de rédiger une nouvelle constitution.

Leurs premières lignes directrices sont un bol d'air dans notre monde néolibéral : nationalisation de l'ensemble des ressources naturelles ; liberté totale d'Internet...

Mais elles auront à faire face à de nombreux obstacles. On peut déjà parler de la saisine de la Cour Suprême d'Islande par un propriétaire terrien et fluviale, qui voit dans la nationalisation des ressources naturelles un gros danger pour son business.

Les points invoqués par ce propriétaire pour dissoudre l'assemblée constituante: la hauteur de la cloison en carton séparant les isoloirs, le fait que le bulletin ne pouvait être plié en deux...

Le 25 janvier 2010, la Cour Suprême a donné raison à ce propriétaire et a dissous l'assemblée constituante.

De nouvelles élections devront avoir lieu.

Ce n'est peut être pas à une révolution que l'on assiste en Islande (demande de soutien du FMI, remboursement des dettes, économie de marché...) mais certainement à une belle évolution démocratique et à un renouveau des solutions politiques.

De tout notre coeur, soutenons les islandais dans la réalisation d'un Etat plus démocratique et plus respectueux de l'humain et de la nature.

Lance-toi! Deviens vite lanceur d'alerte. Rejoins ceux qui ont la rage!

Le site étrange qui dérange même les anges!





Source : uneautreeurope.europe-ecologie.net