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Cette actualité a été publiée le 30/04/2010 à 15h51 par Tanka.


UNE NOUVELLE ARCHE DE NOÉ

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Une nouvelle arche de Noé

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Quelles espèces devrait-on sauver si jamais le raz-de-marée des changements climatiques s'abattait sur la faune?

Autrefois, les médecins qui travaillaient dans les infirmeries installées à proximité des champs de bataille devaient se livrer à un cruel exercice. Faute de moyens et de temps, il leur était impossible de sauver tous les blessés, aussi devaient-ils faire un tri: les cas graves mais récupérables passaient en premier, les cas de gravité moyenne venaient ensuite, et les cas désespérés étaient laissés à la grâce de Dieu.

«Il est possible que nous ayons à faire la même chose avec les espèces animales qui seront affectées par les changements climatiques», a avancé André Desrochers, professeur au Département des sciences du bois et de la forêt, lors d'une conférence prononcée le 23 avril devant les membres du Centre d'étude de la forêt.

L'idée est choquante, reconnaît-il, mais il n'est pas trop tôt pour amorcer une réflexion sur le sujet parce que l'heure des choix approche. «Idéalement, nous aimerions conserver toutes les espèces, mais nous ne disposerons pas assez de ressources pour y arriver.

Nous allons devoir établir des critères pour choisir les animaux vers lesquels les efforts de conservation seront dirigés.

Il faudra choisir des espèces clés qui sont récupérables à un coût raisonnable ainsi que des espèces que nous n'avons pas les moyens de perdre. Selon les critères retenus, il se peut que nous ayons à abandonner des animaux charismatiques comme l'ours blanc.»

L'ampleur des pertes que pourraient entraîner les changements climatiques est très incertaine pour le moment. Les espèces animales rares et celles dont le statut est déjà précaire en raison de la fragilité de leur habitat sont sur la ligne de feu, estime André Desrochers.

C'est le cas par exemple du monarque de Rarotonga, un oiseau qui vit sur une des îles Cook dans le Pacifique Sud et dont les effectifs s'établissaient sous la barre des 40 spécimens à la fin des années 1980. Les efforts de conservation ont permis de faire grimper sa population à plus de 200 oiseaux, mais il suffirait de quelques revers de fortune pour porter le coup de grâce à l'espèce.

Reste que la capacité d'adaptation des animaux ne doit pas être sous-estimée, ajoute le professeur. «Autrefois, les goélands ne s'alimentaient pas dans les dépotoirs et les faucons émerillons ne vivaient pas dans les villes. Certaines espèces ont une plasticité et une capacité d'adaptation rapide sur les plans morphologique, physiologique et comportemental.

La faune en a vu d'autres au fil des millénaires. Il ne faut pas perdre de vue qu'il y a 15 000 ans, l'endroit où nous nous trouvons aujourd'hui était recouvert d'une couche de glace de un kilomètre d'épaisseur.»

Les changements climatiques doivent aussi être mis en perspectives par rapport aux autres menaces qui pèsent sur la faune, a rappelé André Desrochers. Ce n'est qu'un des problèmes — et sans doute pas le pire — qui mettent en péril la survie des espèces animales. Jusqu'à maintenant, la destruction d'habitats naturels causée par l'augmentation de la population humaine, la déforestation, l'accroissement des superficies consacrées à l'agriculture et la pollution a fait beaucoup plus de victimes que les changements climatiques.

Par Jean Hamann - Source : aufil.ulaval.ca

Information recueillie par Tanka

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