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Cette actualité a été publiée le 13/12/2009 à 14h35 par Tanka.


UNE MARÉE HUMAINE PACIFIQUE ENVAHIT COPENHAGUE

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Une marée humaine pacifique envahit Copenhague

Information recueillie par Tanka.

COPENHAGUE - Venues de Bolivie, d'Allemagne ou du Burkina-Faso, des dizaines de milliers de personnes ont réclamé samedi à Copenhague un accord équitable pour lutter contre les changements climatiques.

Sous un pâle soleil d'hiver, un immense défilé de plusieurs kilomètres a relié dans l'après-midi le château de Christiansborg, siège du Parlement danois, au Bella Centre, où se déroule depuis lundi la conférence des Nations unies sur le climat.

Les estimations variaient de 25.000 manifestants selon la police à 100.000 selon les organisateurs.

Dans la soirée, la police avait interpellé au total entre 600 et 800 personnes en queue de manifestation où des manifestants vêtus de noir ont jeté des bouteilles et brisé des vitrines. "Et ce nombre augmente", a dit Flemming Steen Munch, porte-parole de la police danoise.

Selon la police, quatre voitures ont été incendiées dans la nuit. Un policier a été blessé par une pierre.

"Il n'est pas nécessaire d'exercer ce genre de violences pour être entendu", a dit la ministre danoise Connie Hedegaard, la future commissaire européenne au Climat qui préside la conférence sur le climat.

Dix ans après les heurts qui avaient émaillé la réunion de l'Organisation mondiale du Commerce à Seattle, les organisateurs de la marche intitulée "Planet first, People first" - un collectif de plus de 500 organisations, partis et associations du monde entier - ont multiplié les consignes de calme.

La marche s'est déroulée sous la surveillance de plusieurs hélicoptères tandis qu'au sol, des policiers jalonnaient le début du parcours tous les dix mètres.

"ON NE FAIT PAS L'AUMÔNE"

Pour tenter d'influencer les délégations officielles, les manifestants brandissaient des pancartes rédigées dans toutes les langues exigeant la "justice climatique tout de suite", un "changement de système pas des changements climatiques" ou bien intimant "Faites l'amour, pas du CO2" et prévenant qu'"Il n'y a pas de planète B".

De très nombreux syndicalistes, étudiants ou écologistes, de l'Allemagne voisine ont fait le déplacement. Les familles danoises sont également légion, transportant les plus petits dans des carrioles tirées par des vélos.

Côté français, l'ancien leader altermondialiste José Bové a marché avec ses collègues députés européens d'Europe Ecologie et la dirigeante des Verts, Cécile Duflot.

Un homme déguisé en Yéti vert fait la joie des photographes en brandissant sa banderole "Heureusement, je ne suis pas un ours polaire", de même qu'un petit orchestre andin dont les musiciens se sont drapés dans de grands ponchos multicolores.

Dans le cortège où on enregistre 0°C, les militants débattent chaudement des propositions avancées cette semaine dans le cadre des négociations officielles. Si on veut inverser le processus de réchauffement, il faut aller plus loin que "1,5 degré celsius que proposent les Danois", estime un responsable d'ONG belge.

L'aide de sept milliards d'euros annoncée par l'Union européenne vendredi pour aider les pays les plus vulnérables à s'adapter aux changements climatiques, "ce n'est pas assez", tranche Zenuba, déléguée du Burkina-Faso. "On ne fait pas l'aumône: c'est une compensation qu'on demande. Nous ne sommes pas responsables de la dégradation du climat mondial", plaide la jeune femme.

La délégation de parlementaires européens écologistes, regroupée sous les ballons verts "Die Grünen", rappelle avoir fixé la quote-part de l'Union européenne à 35 milliards d'euros.

Tout au long du défilé, le nucléaire fait figure d'épouvantail ultime comme le système capitaliste. Sur fond de crise économique mondiale, les revendications environnementales tendent à fusionner avec les exigences sociales.

Dans la matinée, des milliers de personnes vêtues de bleu avaient formé une vague géante pour balayer les "fausses solutions" pour lutter contre le réchauffement climatique, comme les systèmes de compensation carbone.

A la nuit tombée, un rassemblement à la lueur de la bougie s'est tenu dans Copenhague. "Ils ont marché à Berlin, et le mur est tombé. Ils ont marché dans Le Cap, et le mur est tombé. Ils ont marché à Copenhague, et nous espérons obtenir un véritable accord", souligne l'archevêque sud-africain Desmond Tutu, prix Nobel de la paix.

Pour en savoir plus sur la situation planétaire