Une journée à Gaia, écovillage argentin - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 07/05/2011 à 19h40 par Mich.


UNE JOURNÉE À GAIA, ÉCOVILLAGE ARGENTIN

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Une journée à Gaia, écovillage argentin

 

Mener une vie « soutenable » : c'est le choix fait par les habitants de l'écovillage de Gaia, en Argentine. Respecter la biodiversité, inventer des échanges économiques alternatifs, créer l'autosuffisance énergétique, repenser l'architecture... Les membres de la communauté de Gaia expérimentent une vie différente, fondée sur une simplicité volontaire. Reportage.

À la descente du bus ce dimanche-là, les rues de Navarro sont quasi-désertes. Au bout de quelques minutes, un remis – un taxi argentin – apparaît sur la route. À l'évocation du nom de Gaia, le chauffeur ne demande pas plus de précisions et nous embarque sur un chemin de pampa. Dans cette ville de 9.000 habitants située à 120 kilomètres de Buenos Aires, tout le monde connaît l'écovillage Gaia.

Il y a 14 ans, les membres de l'association du même nom ont acheté un terrain d'une vingtaine d'hectares à sept kilomètres de Navarro. « Ceux qui connaissent Gaia étaient assez circonspects au début, se souvient le chauffeur de taxi, mais maintenant ils se disent que s'ils veulent vivre différemment, c'est un choix, et ils le respectent. »

Au bout d'une piste non goudronnée, une clôture signale la fin d'une zone entièrement dédiée aux automobilistes et le début du sentier qui mène à l'écovillage. Après avoir pénétré une forêt verdoyante, on traverse des clairières richement plantées d'arbres fruitiers.

Un peu plus tard, Gustavo Ramírez, l'un des fondateurs de l'association, précisera qu'ils cultivent au coeur des 3,5 hectares de forêt, 850 arbres fruitiers de 40 variétés différentes. À l'orée du bois, des habitations à la beauté singulière se découpent ; les murs en pisé de ces maisons affichent les couleurs brunes de la terre cuite.

Militer activement pour le changement

La démarche assurée, Silvia Balado vient à notre rencontre. Thérapeute, elle vit ici depuis le début du projet, qu'elle a initié avec Gustavo, son compagnon. Pour elle, « Gaia est une proposition de vie soutenable mise en pratique, une manière de militer activement pour le changement de monde dont nous rêvons ».

Une expérience ouverte à l'ensemble des personnes désireuses d'apprendre, de rechercher et de vivre d'une façon différente. Attablées autour d'un menu maison avec tartes salées et salade du jardin, plus d'une quinzaine de personnes sont venues pour quelques heures renouer avec « l'alternative authentique et réelle ». Le dimanche est l'une des deux journées réservées aux visites guidées.

Le reste du temps, les douze habitants permanents de Gaïa partagent ce centre de vie et d'apprentissage avec ceux venus participer aux cours et ateliers. D'une durée de deux jours à une semaine, ces formations payantes, principales sources de revenu de la communauté, vont de la permaculture (pratiques agricoles pérennes) à la construction naturelle, en passant par les énergies renouvelables et la cuisine bio, et même... la vie communautaire !

« Nous nous organisons comme une communauté égalitaire, explique Gustavo, mais ce type d'organisation sociale, avec ses relations interpersonnelles, la résolution des conflits et la prise de décisions, est un défi quotidien. » S'il prône notamment « une économie communautaire », Gustavo reconnaît qu'« il y a aussi des personnes qui conservent leurs économies personnelles ».

Une vie monastique ?

Jusqu'à présent, Gustavo et Silvia ont vu de nombreuses personnes désireuses de s'installer à Gaia sur le long terme qui sont finalement reparties au bout de quelques semaines. « Vivre à Gaia requiert beaucoup de travail sur soi et de dévouement, la vie ici est parfois perçue comme celle d'un éco-monastère, » admet Silvia en souriant. Renoncer à ses biens privés pour aller vers un travail commun, au profit de chacun, relève encore du défi pour beaucoup.

La cinquantaine, Monica a décidé de venir s'installer dans l'écovillage en janvier dernier. Depuis 2005, elle venait régulièrement passer quelques jours dans ce lieu « par goût pour la nature, mais pas forcément pour l'écologie », tient-elle à préciser. Elle se dit heureuse d'avoir fait ce choix même si elle reconnaît qu'il n'est pas dénué de contradictions.

Travaillant à Buenos Aires, elle fait chaque jour plus de 200 km en voiture. Dans les prochaines semaines, Monica n'écarte pas l'idée de vivre quatre jours à Buenos Aires et trois jours dans la communauté. Son compagnon qui l'a rejoint pour le week-end considère la vie à Gaïa « comme un changement radical encore plus difficile à assumer lorsque l'on vieillit ».

 

 

Autosuffisance énergétique

Mais pour Gustavo, ce changement relève non plus d'un idéalisme utopique mais d'« une urgence environnementale ». Avec force et patience, il a construit avec les habitants de Gaia, mais aussi avec l'appui des volontaires et stagiaires, un espace harmonieux et d'une grande beauté où coexistent habitat et réserve de biodiversité.

92% de l'électricité est produite par des éoliennes domestiques, le reste provient de panneaux photovoltaïques. Au moyen de fours solaires paraboliques et de collecteurs solaires, les habitants de Gaia utilisent cette énergie pour cuisiner végétarien.

Dans l'espace « agroforestier », 650 variétés de céréales, légumes et plantes médicinales sont maintenues et cultivées, estime Gustavo. Qu'il parle d'activité économique, d'habitat ou d'organisation sociale, Gustavo revient toujours à l'idée de permaculture. Pour lui, nul besoin de labour, de pesticides ou d'engrais chimiques.

« Il nous faut concevoir l'écosystème comme un cycle continu, sans déchet, et c'est la raison pour laquelle nous copions le plus possible la nature dans ce système agroforestier. Notre seul investisseur est la "pachamama", la terre-mère, qui donne tout en échange d'intérêts nuls. »

Des bâtiments à l'architecture durable

L'architecture des bâtiments a aussi été pensée pour ne générer aucun coût ni pollution. Ainsi, prend-elle en compte les différentes inclinaisons du sol pour que les logements soient frais en été et chauds en hiver. Des ouvertures orientées côté nord, un auvent qui permet le passage des rayons du soleil en hiver et les retient en été quand le soleil est plus haut dans le ciel.

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Un article de Sophie Chapelle, publié par bastamag.net

 

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Auteur : Sophie Chapelle

Source : www.bastamag.net