Une expédition part explorer cinq monts sous-marins de l'océan Indien - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 11/11/2009 à 17h07 par Tanka.


UNE EXPÉDITION PART EXPLORER CINQ MONTS SOUS-MARINS DE L'OCÉAN INDIEN

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Une expédition part explorer cinq monts sous-marins de l'océan Indien

Information recueillie par Tanka.

À bord du DR Fridtjof Nansen, quinze scientifiques doivent quitter La Réunion aujourd'hui pour une enquête de quarante jours sur la biodiversité de cinq monts sous-marins de l'océan Indien. Les conclusions permettront de déterminer l'implantation de futures aires marines protégées.

Quai sucrier n° 7 au port Ouest hier, le navire scientifique Dr Fridtjof Nansen (57 m de long, 12,5 m de large), battant pavillon norvégien et appartenant à l'institut océanographique de ce pays, se remarque de loin. Ce bateau, l'un des rares de sa catégorie à oeuvrer dans l'océan Indien, est arrivé lundi. Il doit repartir aujourd'hui vers 17 h en direction de la ride sud-ouest océanique indienne.

L'équipe internationale composée de quinze scientifiques, dont un thésard réunionnais du laboratoire d'Écologie marine (Ecomar), va ausculter cinq monts sous-marins au sud ouest de La Réunion et au nord de Crozet dans des eaux internationales. Les sites n'ont pas été choisis au hasard. Certains ont souffert de surpêche au début des années 2000, d'autres bénéficient aujourd'hui d'une certaine protection instaurée par l'association des pêcheurs en eau profonde de l'océan Indien.

Un état des lieux comparés doit émerger. Et pour cause, ces monts immergés sont bien souvent des points chauds de la biodiversité marine. Des zones extrêmement riches où se forment des chaînes alimentaires allant des coraux profonds au phytoplancton. Leur présence attire par là même poissons migrateurs, cétacés et oiseaux marins ainsi que les pêcheurs. L'expédition est placée sous la houlette du docteur Alex Rogers de l'institut de zoologique de Londres.

Des zones à protéger

Cet expert de renom international explique : “À travers le globe, les monts sous-marins sont peu explorés. On a commencé à s'y intéresser qu'il y a 20 ou 30 ans. En Atlantique, les connaissances ont progressé mais notre expédition est une première dans l'océan Indien”. Il poursuit : “On souhaite comprendre leur fonctionnement, inventorier les espèces présentes dans chaque mont, ausculter l'état de la biodiversité et voir les connexions qui lient les différents monts”.

Cette expédition qui part pour quarante jours (elle s'achèvera en Afrique du sud) va donc réaliser une longue série de mesures océanographiques et sur le milieu benthique. La collecte d'espèces s'étalera jusqu'à 2 000 mètres de profondeur et couvrira “du micro-organisme au plus haut de la chaîne alimentaire”. Patrick Pinet, le thésard de l'Ecomar, va, quant à lui, travailler sur les oiseaux marins et les cétacés. “Les données transmises par les oiseaux que nous avons équipés des balises Argos montrent que cette zone est importante. Nous allons enfin pouvoir croiser celles-ci avec les observations in situ.

Le recensement des cétacés y est associé car la chasse des oiseaux marins s'organise autour de leur présence”, rapporte-t-il. Cette première expédition, portée par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) en liaison avec divers programmes mondiaux et organismes (*), va être complétée par une deuxième en 2011 qui se fixera sur le milieu benthique (plus profond). Au total, ce sont six millions de dollars qui vont ainsi être investis pour, au final, déterminer les points chauds de la biodiversité à protéger par des aires marines

Bruno Graignic

(*) : La société zoologique de Londres, le Projet Grands Écosystèmes Marins d'Agulhas et de Somalie protection de l'environnement, le programme écosystème du coelacanthe africain, le projet EAF-Nansen de la FAO.


Pour en savoir plus sur la situation planétaire