Une banquise arctique réduite cet hiver - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 05/04/2011 à 21h08 par Fred.


UNE BANQUISE ARCTIQUE RÉDUITE CET HIVER

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Une banquise arctique réduite cet hiver

 
La banquise arctique a connu une mauvaise reconstitution cet hiver. A son maximum, fin mars, il lui manque environ un million de kilomètres carrés de glace pour couvrir la mer comme durant la moyenne des 30 derniers hivers.

Cette évolution prend place dans une diminution nette de son épaisseur et de sa surface depuis dix ans. Et une chute très marquée de la banquise estivale depuis 2007.

Il s'agit là d'un phénomène attendu par les climatologues dans le cadre du changement climatique en cours(ici le record de 2010) provoqué par l'intensification de l'effet de serre par nos émissions de gaz carbonique, de méthane et autres gaz de même effet. Mais sa rapidité dépasse de très loin les prévisions des modèles climatiques depuis 2007.

L'orgine de l'existence des deux banquises, arctique et antarctique, provient de l''inclinaison de 23° de l'axe de la terre sur le plan de son orbite. Elle empêche les rayons du soleil d'atteindre les deux pôles en même temps. L'absence d'énergie solaire sur un pôle plonge celui-ci dans la nuit et un froid intense pendant 6 mois.

Sur les continents la neige qui tombe se transforme en glace formant des calottes polaires, qui atteint plus de trois kilomètres d'épaisseur sur le Groenland et le continent Antarctique.

Cette énorme réserve d'eau douce correspond au total à plus de 60 mètres de niveau marin planétaire. Elle a également enregistré les températures locales et la teneur en gaz à effet de serre planétaire, ce qui a permis aux climatologues de reconstituer les relations entre ces deux phénomènes physiques.

Sous l'action du froid intense la température de surface de l'océan diminue. Comme l'eau de mer contient du sel - de 29 à 35 grammes par kilogrammes d'eau dans les régions polaires-, elle congele entre –1,7 °C et –1,9°C. (...)

La banquise agit comme une couche isolante entre l'océan et l'atmosphère en réfléchissant environ 70% de l'énergie solaire qui atteint sa surface. La surface enneigée et glacée n'absorbe donc que 30% de cette énergie alors qu'une mer libre en absorbe presque 95%.

Ce processus limite la fonte et assure le maintien de la banquise pendant plusieurs mois. Inversement, lorsque la surface de la banquise diminue durant la période où cette région est éclairée, il provoque une rétroaction positive qui renforce le réchauffement planétaire.

Or, avec l'écart à la moyenne de sa surface, elle a fortement diminué ces dernières années, et singulièrement en été.

La banquise joue un autre rôle climatique important. Lorsqu'elle entre en formation, elle rejette des eaux très salées (car le sel ne s'incorpore pas à la banquise), froides et denses, qui dans certaines régions océaniques vont plonger jusqu'au fond de l'océan (notamment autour du continent Antarctique).

A la surface, par compensation, des eaux plus chaudes affluent. Cette circulation océanique profonde de chaleur et de sel joue un rôle important dans la répartition de la chaleur sur Terre et se nomme circulation thermohaline.

Constamment en mouvement, entraînée notamment par les courants océaniques et le vent, la banquise engendre d'importants transports d'eau douce et de sel, qui agissent en retour sur la circulation océanique globale et, par suite, sur le climat de la planète.

L'avenir de la banquise demeure mystérieux. Des simulations informatiques du climat futur, avec comme hypothèse un doublement du gaz carbonique atmosphérique d'ici à 2100 (une hypothèse probablement en dessous de ce qui est en train de se produire), débouchent sur un océan arctique totalement libre de glace en été vers la fin du XXIè siècle.

En hiver, cette banquise serait beaucoup plus fine qu'actuellement (quelques dizaines de cm au lieu de 2 mètres environ), mais presque aussi étendue.

Pour la banquise antarctique, en revanche, les simulations ne la voient qu'un peu moins étendue qu'actuellement. A droite l'écart à la moyenne depuis 30 ans de la banquise Antarctique, qui ne montre pas de tendance claire.)
 

Un article de Sylvestre Huet, publié par liberation

 

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Auteur : Sylvestre Huet

Source : sciences.blogs.liberation.fr