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Cette actualité a été publiée le 21/09/2009 à 23h23 par Michel WALTER.


UN REMÈDE PIRE QUE LE MAL ?

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Un remède pire que le mal ?

Information recueillie par Michel

Selon un sondage IFOP publié lundi 21 septembre par le Quotidien du médecin, seuls 42 % des médecins libéraux seraient prêts à se porter volontaires pour être vaccinés contre le virus H1N1. Une adhésion faible pour une catégorie professionnelle désignée comme prioritaire par le ministère de la santé. Même son de cloche du côté des infirmiers. Selon les résultats d'une consultation menée par le Syndicat national des professionnels infirmiers, 26 % seulement des infirmières seraient disposées à recevoir le vaccin.

Sanofi livrera ses premiers vaccins fin novembre

Le groupe pharmaceutique français Sanofi-Aventis pourra livrer à la France ses vaccins contre la grippe H1N1 "à partir de fin novembre", estime son directeur général Chris Viehbacher dans un entretien publié lundi dans Le Figaro. "L'agence européenne du médicament n'a pas encore homologué les vaccins. Nos données cliniques seront prêtes à la mi-octobre (...). Il faudra ensuite quelques semaines pour obtenir les approbations. Nous pourrons livrer la France à partir de fin novembre", déclare M. Viehbacher. Il explique aussi que son laboratoire soumettra deux dossiers aux autorités sanitaires. L'un pour un vaccin avec adjuvant, l'autre sans adjuvant.

Le phénomène ne touche pas que le secteur médical français. Une étude publiée au Royaume-Uni en août 2009 dans le journal professionnel anglais Nursing Times révélait déjà que seulement tiers des infirmières britanniques accepteraient de se faire vacciner contre le virus H1N1 le cas échéant. Même résultat à Hong Kong, où une étude publiée dans le British medical journal révèle que 48 % des personnels de santé refuseraient l'injection. Si le sondage IFOP mené auprès des médecins libéraux souligne un lien très clair entre le refus de vaccination et la faible inquiétude des médecins vis-à-vis du virus (89% des médecins interrogés se sont dits "confiants" devant l'arrivée de l'épidémie), les autres études révèlent en outre les doutes des professionnels quant à l'innocuité du vaccin.

LES ADJUVANTS EN QUESTION

Les inquiétudes liées au vaccin contre le H1N1 sont de deux types. La première concerne le lien entre la vaccination contre la grippe et le développement du syndrome de Guillain-Barré, une affection neurologique rare mais potentiellement grave. Bien qu'avéré, ce risque ne devrait pas empêcher les gens de se faire vacciner. "La corrélation entre la survenue de syndromes de Guillain-Barré et la vaccination contre la grippe est établie et quantifiée", explique Carmen Kreft-Jaïs, responsable de la pharmacovigilance à l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). "On observe effectivement un à deux cas supplémentaires de Guillain-Barré par million de personnes vaccinées." Deux cas qui ne justifient pas une telle méfiance : "L'évaluation des bénéfices/risques plaide en faveur de la vaccination", confirme Vincent Enouf, responsable du Centre national de référence pour la grippe de l'Institut Pasteur. "D'ailleurs, le nombre de syndromes de Guillain-Barré n'est pas plus élevé que pour le vaccin contre la grippe saisonnière", ajoute-t-il.

Autre sujet d'inquiétude, la présence d'adjuvants dans la composition du vaccin. Les adjuvants sont des substances ajoutées au vaccin afin de stimuler le processus immunitaire et favoriser la fabrication d'anticorps. Or, les adjuvants sont soupçonnés d'être responsables des effets indésirables susceptibles d'apparaître à la suite d'une vaccination. Ils présentent notamment un risque pour les jeunes enfants et les femmes enceintes. Autorisés en France et dans de nombreux autres pays, les adjuvants sont en revanche interdits aux Etats-Unis, un argument très largement repris par les adversaires de la vaccination. Le ministère de la santé américain a récemment accepté d'accorder une immunité juridique aux laboratoires pharmaceutiques produisant le vaccin contre le virus H1N1. Une décision aussitôt interprétée par les lobbies anti-vaccination comme une preuve de la dangerosité du produit.

Face à la polémique, la ministre de la santé Roselyne Bachelot se veut rassurante. "Par mesure de précaution, en attendant que les procédures de vérifications soient faites, nous proposerons aux femmes enceintes ou aux personnes immuno-déprimées des vaccins sans adjuvant", a-t-elle déclaré dimanche 20 septembre lors de son intervention dans l'émission Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro. Concernant les réticences des personnels de santé à se faire vacciner, la ministre s'est en revanche montrée confiante. "Je n'imagine pas qu'un professionnel de santé puisse ne pas se faire vacciner", a-t-elle ajouté, contredisant des chiffres nettement plus pessimistes.

Audrey Fournier