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Cette actualité a été publiée le 14/12/2009 à 17h59 par Tanka.


UN PREMIER BILAN DE CINQ ANS DE RECHERCHES SUR L'EMBRYON

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Un premier bilan de cinq ans de recherches sur l'embryon

Information recueillie par Tanka.

L'Agence de biomédecine tient les 14 et 15 décembre à Paris ses premières journées. Depuis août 2004, elle a délivré 48 autorisations de recherches sur l'embryon ou les cellules souches embryonnaires

La loi de bioéthique de 2004 avait, on s'en souvient, décidé d'ouvrir pour cinq ans, à titre dérogatoire et sous conditions restrictives, la possibilité de mener des recherches sur l'embryon. Cinq ans plus tard, où en est-on ? L'esprit et la lettre de la loi ont-ils été respectés ? L'Agence de biomédecine (ABM), créée par cette même loi, dresse aujourd'hui un premier bilan.

Au 31 octobre 2009, le gouvernement (ministères de la santé et de la recherche), puis l'ABM avaient délivré 48 autorisations de protocoles de recherche à 36 équipes. Principalement, des équipes de l'Inserm (30) et/ou basées dans les hôpitaux (16). Seules cinq équipes appartenaient au secteur privé. Pour quoi faire ?

« Sur les 48 protocoles, 11 étaient à visées de recherches sur l'embryon lui-même, 37 concernaient les cellules souches embryonnaires », détaille Arnaud de Guerra, responsable de l'unité Recherche à la direction médicale et scientifique de l'Agence.

Alors que les recherches sur l'embryon visaient principalement à comprendre les mécanismes de son développement, celles sur les cellules souches ont eu parmi leurs objectifs l'étude de diverses pathologies. Pour les mener, les chercheurs ont utilisé des lignées de cellules importées de l'étranger.

Ils ont aussi créé 19 lignées de cellules, en France, à partir d'embryons issus d'un diagnostic préimplantatoire (DPI). Il s'agit d'embryons porteurs de maladies graves, le DPI étant destiné à éviter à des couples de transmettre une pathologie à leur descendance. En clair, « cela veut dire que ces cellules serviront de modèles pour étudier des maladies génétiques, neurodégénératives ou autres », poursuit Arnaud de Guerra.

Premier bénéfice probable : « le criblage des médicaments »

D'autres projets consistent à utiliser ces cellules pour tester des médicaments potentiels. Car leur faculté de se maintenir dans le temps permet de les soumettre, in vitro, à plusieurs centaines de substances et d'observer l'action obtenue. « Les premiers bénéfices thérapeutiques issus de la recherche sur les cellules souches viendront probablement de ce criblage de médicaments », estime Arnaud de Guerra.

Aujourd'hui, les premiers de ces protocoles de recherche, qui avaient été autorisés pour cinq ans, arrivent à échéance. Les équipes peuvent demander un renouvellement des autorisations. « Les extensions ne seront accordées qu'après examen approfondi, poursuit Arnaud de Guerra. Les projets pourront être reconduits s'ils sont convenablement argumentés par rapport aux objectifs initiaux de la recherche. »

La loi avait fixé deux conditions à l'ouverture des recherches sur l'embryon : que celles-ci « soient susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs » et qu'elles « ne puissent être poursuivies par une méthode alternative d'efficacité comparable ». Ont-elles été respectées ?

Aurait-on pu faire aussi bien avec des cellules souches adultes ?

La question a été posée la semaine dernière par la sénatrice UMP de Paris Marie-Thérèse Hermange lors d'une table ronde organisée par elle au Sénat. Il semble, au vu de ce bilan, que les chercheurs ont joué le jeu, en focalisant leurs travaux sur l'étude de pathologies graves, ou sur les moyens d'y remédier.

Aurait-on pu faire aussi bien en ne recourant qu'à des cellules souches adultes, qui ne posent pas de problème éthique ? En l'absence de bilan comparatif, la question reste aujourd'hui difficile à trancher. L'Agence de la biomédecine a prévu d'évaluer les deux types de recherche d'ici à juin prochain. On saura alors à quoi s'en tenir.

Marianne GOMEZ

Pour en savoir plus sur la situation planétaire