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Cette actualité a été publiée le 26/01/2010 à 13h31 par Tanka.


UN PANDA DE GOUTTIÈRE

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Un panda de gouttière

Information recueillie par Tanka

Un panda est généralement reconnaissable à sa fourrure noire et blanche. Or, en novembre dernier, on découvrait un de ces animaux paré d'un pelage brun et blanc. C'est d'ailleurs cette couleur inhabituelle qui a alors attiré l'attention d'un membre du personnel de la réserve naturelle de Foping, située dans les montagnes de Qinling, en Chine, et qui suscite aujourd'hui bien des questionnements chez des chercheurs chinois.

Selon un écologiste du département des ressources naturelles de l'Université chinoise de Twente, en Enschede, Tiejun Wang, le panda au pelage blanc et brun récemment découvert représente le 7e animal de la sorte à être aperçu dans la région depuis environ 25 ans. L'écologiste et son collègue Andrew Skidmore, tels que cités dans le périodique Nature, sont préoccupés, puisqu'ils attribuent ce pelage atypique à une reproduction consanguine.

Comme chez les humains, les gènes des pandas comportent chacun deux allèles, les différentes formes que peut prendre un même gène : l'un hérité du père et l'autre, de la mère. Le chercheur Tiejun Wang considère l'hypothèse selon laquelle les pandas de Qinling possèderaient un gène dominant pour le pelage noir et un récessif pour le pelage brun. Un panda ne pourrait ainsi avoir la fourrure brune et blanche que s'il hérite de ce gène de ses deux parents. La théorie du gène récessif a d'ailleurs été démontrée lorsque la première femelle panda à arborer une fourrure brune et blanche a été découverte en 1985. Son accouplement avec un panda de fourrure noire a alors donné naissance à un mâle normal.

Le professeur au Département de biologie à l'Université Laval, Steeve Côté, ne partage toutefois pas exactement cette hypothèse. Il ne qualifie pas la théorie d'impossible, mais attribuerait plutôt la couleur rare de la toison à une mutation. L'expert explique effectivement qu'au moment de la reproduction et de la réplication de l'ADN, une mutation change la conformation d'un gène, ce qui change ses paires de base et le pousse à s'exprimer sous une différente forme. Il compare cette situation à une saleté qui se déposerait sur une feuille lors d'une photocopie, incident qui changerait ainsi le double. Steeve Côté estime donc que ces phénomènes sont principalement le fruit du hasard.

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'une pareille situation se produit, puisque des cerfs de Virginie et des ours noirs, notamment, en furent déjà victimes dans le passé. Le professeur précise à cet effet que les animaux à fourrure possèdent moins de gènes impliqués dans la coloration et qu'une telle mutation est donc plus facile chez eux que chez un oiseau, par exemple. Steeve Côté suggère que puisque la population des pandas est relativement faible, il y a un manque de mouvement de dispersion, ce qui augmente la chance que deux animaux portant le gène récessif s'accouplent». La variabilité génétique de leur espèce est assez élevée, ce qui signifie qu'il ne s'agit probablement pas d'un cas de consanguinité, comme le supposent notamment les chercheurs chinois.

De futures études sont prévues pour Wang et ses collègues qui envisagent de comparer des pandas bruns et des pandas noirs de différentes régions, afin d'en découvrir davantage sur la base génétique de cette espèce.

Par : Sarah-Catherine Lessard - Source : impactcampus.qc.ca

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