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Cette actualité a été publiée le 18/12/2011 à 22h01 par Tanka.


UN INCROYABLE COCKTAIL DE MOLÉCULES

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Un incroyable cocktail de molécules

 
Cela n'en finit plus. On passe du bisphénol A à l'aspartame, de l'oxyde d'éthylène dans les tétines de biberons au mercure dans les plombages dentaires. À chaque fois, on redécouvre la lune, comme si tout ce qui avait précédé n'existait pas. Mais prenons le cas du mercure dentaire, qui oppose encore, au moment où j'écris, deux camps. Je précise d'emblée que je ne suis, pour ma part, sûr de rien.

À ma droite, nombre de services officiels et ministériels, et parmi eux l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).

En 2005, cette agence publique a publié un volumineux rapport sur les amalgames dentaires contenant du mercure, dont j'extrais ceci : « Selon les valeurs calculées par l'OMS en 1997, il faudrait environ 530 amalgames pour atteindre des concentrations de mercure urinaire (...) pour lesquelles on a pu observer un effet biologique. » Passons sur la polémique qui a suivi, pointant les limites de ce travail. Et notons que la Commission européenne, de son côté, juge que les amalgames dentaires contenant du mercure doivent être tenus pour des déchets dangereux (2000/532/CE).

De leur côté, nombre d'associations françaises sérieuses, au premier rang desquelles le Réseau Environnement Santé (1), dénoncent une position française estimée incohérente, qui ferait de notre pays un cas au plan européen. Nos responsables refuseraient d'admettre les risques de santé publique provoqués par la présence du mercure dans tant de bouches. André Picot, longtemps directeur – il est retraité – de l'unité du risque chimique au CNRS, pousse plus loin encore en posant, dans un article cosigné avec Marie Grosman, cette question vertigineuse : « Le mercure des amalgames dentaires, l'un des principaux facteurs étiologiques de la maladie d'Alzheimer ? »

Il faut être prudent, très prudent, et il n'y a pas là trace d'hypocrisie. Car de la question à l'inquiétude, et même à l'angoisse, la distance est souvent bien faible. Il demeure qu'un point commun se dégage de toutes ces alertes de santé publique, et c'est celui de la chimie.

Certes, le mercure est connu et utilisé depuis la Haute Antiquité, mais l'amalgame dentaire, lui, ne s'est imposé que depuis le XIXe siècle, sur fond de révolution technique – et chimique – universelle. Et la plupart des molécules qui surgissent au détour de tant de pages de journaux étaient parfaitement inconnues jusque dans les années trente ou quarante du siècle écoulé.

La chimie de synthèse a paru une formidable avancée humaine, avant de devenir une préoccupation majeure. Rappelons que l'assemblage de molécules en laboratoire en « recrée » certaines qui existent déjà dans la nature. Mais il produit surtout, massivement, des molécules qu'aucun être vivant n'est capable, spontanément, de reconnaître. Simplement parce qu'elles n'ont encore jamais existé.

Bien que nous soyons là dans le domaine de l'estimation – grossière –, on pense généralement qu'environ 100 000 substances chimiques différentes sont désormais commercialisées en Europe. Non seulement une forte majorité n'ont pas subi de tests toxicologiques sérieux, mais l'étude de leurs effets de synergie est en outre hors de portée. La synergie, c'est le résultat de cet incroyable cocktail de molécules qui, se rencontrant, forment de nouveaux assemblages incontrôlables, dont une partie se fait dans notre propre corps.

Est-ce raisonnable ? Sûrement non. Est-ce réformable ? Telle est bien l'épineuse question.
 

(1)

 

Un article de FABRICE NICOLINO, publié par La Croix
 

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Auteur : FABRICE NICOLINO

Source : www.la-croix.com