Un des derniers rhinocéros de Java a été abattu par des braconniers - L'atelier

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 09/06/2010 à 21h10 par Jacques.


UN DES DERNIERS RHINOCÉROS DE JAVA A ÉTÉ ABATTU PAR DES BRACONNIERS

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • Linked in
  • Tumblr
  • Google+  FaceBook   Twitter
  • LinkedIn  Tumblr
SOMMAIRE de Demain l'Homme - Accès aux derniers articles quotidiens du module principal WikiSurTerre
Un des derniers rhinocéros de Java a été abattu par des braconniers

Début mai 2010, un rhinocéros de Java a été retrouvé mort dans le Parc National de Cat Tien au Vietnam.

Les premiers résultats de l'enquête renforcent la thèse du braconnage pour le plus rare de tous les rhinocéros, et l'un des grands mammifères terrestres les plus menacés au monde.

Situé à 180 km au nord de Hô Chi Minh-Ville et 120 km au sud de Dalat, Le parc national de Nam Cat Tien s'étend sur 74 000 hectares sur le plateau de Bao Loc.

Cet endroit est notamment prisé par les touristes qui viennent y observer les derniers bambous du Vietnam et surtout tenter de voir des grands mammifères devenus bien rares comme les éléphants, les tigres et le dernier rhinocéros de Java.

Le 7 mai 2010, un rhinocéros de Java(1), devenu extrêmement rare et en danger critique d'extinction, a été retrouvé mort, abattu par plusieurs balles de gros calibre avec sa corne arrachée.

Les équipes de l'organisation WWF ont constaté des marques de découpe artificielles qui prouvent que la corne a été arrachée ainsi qu'une grande partie de la mâchoire supérieure.

Les autorités du Parc national de Cat Tien, qui luttent avec une vingtaine de gardes forestiers contre le braconnage, ont été immédiatement prévenu de ce massacre.

Le rhinocéros de Java est pourtant un animal massif : plus de 3 mètres de long, 170 cm de hauteur au garrot, pour un poids de 1,8 tonne) avec une espérance de vie de 30 à 40 ans. Chez le mâle, la corne, objet de toutes les convoitises, peut atteindre 25 cm.

La corne du rhinocéros est un produit très prisé dans le commerce illégal d'espèces sauvages.

De nombreuses pharmacies en Asie vendent des produits faits à base de corne de rhinocéros pour soit-disant traiter toutes sortes de maladies.

Pour les Chinois, la corne de rhinocéros serait fébrifuge(2) tandis qu'en Inde, elle serait aphrodisiaque... Des vertus médicinales sont également attribuées aux excréments de rhinocéros.

Pourtant, la loi vietnamienne protège le rhinocéros et en interdit la chasse, la capture, la poursuite, l'abattage, le commerce ou le déplacement souligne le WWF.

Et cette interdiction est valable aussi bien pour l'animal que pour les parties de son corps.

Toutefois, cela n'arrête pas les braconniers qui doivent pouvoir les revendre ensuite plusieurs milliers d'euros pièce comme en témoigne une vente en cours.

Un vendeur français propose une corne de rhinocéros de Java rapportée d'une expédition lors de la guerre d'Indochine en 1952 au prix de 20 000 euros !(3)

Malheureusement, ces croyances archaïques et ces caprices de collectionneur ont des conséquences lourdes sur les populations de rhinocéros.

Selon la Liste Rouge des espèces menacées(4) de l'IUCN, le rhinocéros de Java est en danger critique d'extinction depuis 1996, dernier pallier avant qu'il ne disparaisse définitivement du milieu naturel.

Et pour cause : il en resterait moins de 50 adultes cantonnés en Indonésie et au Vietnam...

Dans le Parc National de Cat Tien où a été retrouvé le cadavre du rhinocéros de Java, ils ne seraient plus que cinq sans et aucune naissance n'a été observée depuis des années. Ces survivants, voués à disparaître, sont soit trop vieux, soit du même sexe et ne peuvent donc plus s'accoupler.

L'IUCN conlut que la population en voie d'extinction du Parc National de Cat Tien n'est plus viable et qu'il faudrait recourir à des mesures d'urgence pour les sauver, peut-être même en les capturant pour qu'ils puissent se reproduire en captivité et être réintroduits ensuite dans leur milieu naturel si fragile.

Pour en savoir plus sur la situation planétaire
.
.





Auteur : Christophe Magdelaine

Source : www.notre-planete.info