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Cette actualité a été publiée le 13/02/2012 à 13h02 par Tanka.


UN CRUSTACÉ GÉANT SE CACHAIT À 7.000 MÈTRES

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Un crustacé géant se cachait à 7.000 mètres

 
Cette « crevette géante », comme l'appellent maladroitement des articles de presse, mesure 28 cm et sa forme est bien étrange. Mais pas inédite : tout le monde connaît la puce de mer qui sautille sur les plages. Cet amphipode-là, dix fois plus grand que la plupart de ses congénères et trois fois plus que le dernier géant répertorié, est seulement... monstrueux. Morale de l'histoire : les abysses recèlent encore bien des mystères.

Découvrez les abysses et leur étonnante biodiversité

Les chercheurs n'en croyaient pas leurs yeux quand la nasse revenue du fond, à 7.000 mètres sous la surface, a été vidée sur le pont du Kaharoa. Comme ses collègues, Alan Jamieson, de l'université d'Aberdeen (Royaume-Uni), attendait un poisson de grand fond, de la famille des liparidés, que les anglophones appellent poisson-serpent (car il nage en se tortillant sur le fond).

L'équipe d'océanographes, sur le navire du Niwa (National Institute of Water & Atmospheric Research), cherchait en effet, avec une caméra et un piège spécial, à caractériser la faune benthique entre 6.900 et 9.900 mètres de profondeur, dans la fosse de Kermadec, au nord de la Nouvelle-Zélande, dans l'océan Pacifique. À une telle profondeur abyssale, les surprises étaient possibles voire probables, comme en témoignent les récentes découvertes d'une faune inconnue dans les sources hydrothermales de l'océan Austral.

L'amphipode géant des grands fonds de la fosse des Tremadec, d'espèce inconnue. On remarque le dos rond, le corps aplati latéralement, les antennes pointant vers le bas, l'absence de carapace (cette cuirasse dorsale des crevettes, homards et langoustes) et les plaques de cuticule latérales qui flanquent le haut des pattes. C'est bien un amphipode. Mais est-ce une espèce complètement nouvelle ou bien un cas de gigantisme dû à l'environnement abyssal ?

L'amphipode géant des grands fonds de la fosse de Tremadec, d'espèce inconnue. On remarque le dos rond, le corps aplati latéralement, les antennes pointant vers le bas, l'absence de carapace (cette cuirasse dorsale des crevettes, homards et langoustes) et les plaques de cuticule latérales qui flanquent le haut des pattes. C'est bien un amphipode. Mais est-ce une espèce complètement nouvelle ou bien un cas de gigantisme dû à l'environnement abyssal ? © Oceanlab, University of Aberdeen

Les abysses : un monde encore largement inconnu

Mais les biologistes marins ne s'attendaient pas à voir un amphipode de 28 centimètres de longueur. Du jamais vu. Cette famille de crustacés, lointaine parente des crevettes, peuple les océans à toutes les profondeurs, avec un grand nombre d'espèces, et certaines vivent en eau douce. On les reconnaît facilement à leur dos rond, leurs antennes pointant vers le bas et leur corps aplati latéralement.

Sur les plages européennes, il suffit de soulever des algues pour voir des amphipodes : des puces de mer, c'est leur nom, se mettent alors à sauter dans tous les sens, jusqu'à des hauteurs étonnantes pour leur taille. Car ces crustacés, comme tous les amphipodes, sont petits, moins d'un centimètre le plus souvent, les plus grandes espèces atteignant péniblement 3 centimètres.

On avait tout de même déjà rencontré des géants, à grande profondeur également, en Antarctique et à Hawaï, par grand fond. Leur grande taille, jusqu'à 10 cm, avait surpris et leur avait déjà valu la qualification de « supergéant ». Les monstres néozélandais de près de 30 cm étaient donc tout à fait inattendus. « C'est comme trouver une blatte de 30 cm » plaisante Alan Jamieson. Sept spécimens ont été ramenés à bord et neuf autres ont été filmés sur le fond, le plus grand atteignant 34 cm. Les chercheurs, pour l'instant, ignorent si tous sont de la même espèce et si elle est la même que le géant hawaïen découvert dans les années 1980.

Cette fosse ayant déjà été explorée deux fois, la trouvaille démontre combien les abysses sont difficiles à étudier et encore bien mal connus. De nombreuses espèces, microscopiques ou non, attendent encore notre visite. N'oublions pas que les fonds océaniques représentent 72 % de la surface de notre planète...
 

Un article de Jean-Luc Goudet, publié par Futura-Sciences

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Auteur : Jean-Luc Goudet

Source : www.futura-sciences.com