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Cette actualité a été publiée le 12/02/2010 à 19h19 par Phil.


UN AVOCAT POUR LES ANIMAUX? DUEL À LA BARRE

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Un avocat pour les animaux? Duel à la barre

L'écologiste Luc Recordon, favorable, et le libéral Christian Lüscher, opposé, débattent de l'initiative pour l'institution d'un avocat de la protection des animaux. Duel d'avocats

Christian Lüscher et Luc Recordon ont des points communs: ils sont tous deux avocats, conseillers nationaux et se sont un jour portés candidats au Conseil fédéral.

Mais le libéral genevois et l'écologiste vaudois, qui s'entendent par ailleurs très bien en privé, cultivent bien des différences, notamment sur un des objets soumis à votation le 7 mars prochain.

Luc Recordon plaide ainsi en faveur de l'initiative pour l'institution d'un avocat de la protection des animaux, tandis que son adversaire politique Christian Lüscher dénonce une «hérésie absolue».

Le Temps: Luc Recordon, en quoi exactement un avocat pour animaux serait utile?

Luc Recordon: Il permettrait de faire appliquer la législation en place dans les cas les plus graves de torture ou de maltraitance à l'égard d'un animal.

– La loi n'est pas appliquée?

– L.R.: C'est extrêmement variable d'un canton à l'autre. Certains prennent cela au sérieux, mais il y a des cas choquants, que je ne citerai pas, où la loi n'est pas appliquée.

– Christian Lüscher, un avocat pour animaux qui garantit une application plus stricte de la loi sur la protection des animaux, ça vous pose problème?
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Christian Lüscher: La loi octroie déjà des compétences aux cantons. Depuis 2008, elle les oblige à se doter d'un office vétérinaire, et à transmettre à la justice pénale tous les cas de maltraitance intentionnelle.

Elle leur offre la possibilité d'avoir des offices qui interviennent devant les tribunaux, et cela restera possible en 2011 [ndlr: avec la future procédure pénale].

Punir la maltraitance animale relève du pouvoir public.

Il faut donc ouvrir les yeux. Soit la loi actuelle est appliquée et l'avocat des animaux n'amène aucune plus-value.

Soit les cantons n'appliquent pas la loi et la Confédération peut intervenir.

En aucun cas, ces avocats privés des animaux que réclament les initiants ne sont la réponse au problème. C'est une hérésie absolue!

– L.R.: Je conteste cette interprétation. Le texte de l'initiative ne parle pas d'«avocat privé». Mais d'«avocat des animaux».

La notion d'Anwalt, en allemand, est plus générale que celle d'«avocat». Le modèle de Zurich [ndlr: qui s'est doté d'un avocat pour animaux en 1992] consiste à déléguer cette tâche à un avocat de formation, passionné par la cause – peut-être un peu trop d'ailleurs.

Mais on peut aussi imaginer un procureur spécialisé, qui exerce l'action publique, et dont la tâche principale serait de défendre les animaux.

Ou encore rattacher un juriste à l'Office vétérinaire cantonal. A Zurich, la fonction d'avocat pour animaux représente un travail à 80%. Pour Vaud, on peut imaginer un procureur à mi-temps.

Source : Le Temps.ch

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