Trois mille bouées à la dérive lèvent un voile sur le climat - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 18/05/2010 à 17h47 par Tanka.


TROIS MILLE BOUÉES À LA DÉRIVE LÈVENT UN VOILE SUR LE CLIMAT

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Trois mille bouées à la dérive lèvent un voile sur le climat

Dans un climat réchauffé, les scientifiques relèvent —avec leurs modèles— une intensification du cycle de l'eau. Un duo de chercheurs australiens montre que les conséquences de cette intensification se constatent dans l'océan.

Dans les régions du monde où les apports de pluie sont importants, l'eau de surface des océans est de moins en moins salée, tandis que dans les autres, le taux de salinité semble bien évoluer à la hausse. Des travaux publiés dans le Journal of climate, de la Société américaine de météorologie.

Paul Durack et Susan Wijffels, travaillent au CSIRO. L'équivalent en Australie du CNRS français. Ils ont analysé 1,6 millions d'enregistrement disponibles depuis 1950, et notamment les données enregistrées quotidiennement par les 3254 bouées du programme ARGO qui mesurent la température, la salinité et les courants océaniques.

Ces bouées errent sur tous les océans du globe, plongeant régulièrement jusqu'à deux mille mètres de profondeur pour enregistrer les profils, avant de remonter en surface pour les transmettre à des satellites.

Bien évidemment, il n'existe pas de pluviomètre à la surface des océans! Les scientifiques disposent seulement des enregistreurs installés dans les petits pays insulaires. C'est donc la salinité des eaux de surface qui joue le rôle d'indicateur. Car elle est est gouvernée par deux mécanismes concurrents: l'évaporation —qui accroît le taux de sel— et la pluie —qui le fait diminuer—.

Après avoir soustrait les mécanismes cycliques connus, qui influent sur cette salinité, comme les oscillations El Niño, ils dressent un panorama du cycle de l'eau au dessus des océans.

Dans les régions où l'évaporation domine, comme dans les zones subtropicales de l'océan Indien, de l'Atlantique et du Pacifique, la salinité des eaux de surface tend à augmenter. Dans les régions tropicales et aux latitudes tempérées, l'eau de mer est de plus en plus douce.

Deux phénomènes qui se constatent en surface, mais qui ont commencé à se diffuser dans les profondeurs océaniques. Autant de signes que le cycle de l'eau s'est intensifié depuis 1950. Lancé en 2000, le programme Argo fait ici toute la preuve de son importance pour comprendre l'évolution des océans.

D'autres bouées, ancrées celles-là, on aussi fait parler d'elles cette semaine, dans la revue Nature Geoscience, cette fois. Fixées par 4500 mètres de profondeur par des chercheurs australiens et japonais, et capable de remonter jusqu'à mille mètres de fond, elles ont permis de découvrir un puissant courant de profondeur, inconnu jusque là, le long du continent Antarctique.

Longeant le continent avant de remonter vers l'Australie et le Pacifique, il affiche un débit équivalent à quarante fois celui du fleuve Amazone, et transporte de l'eau très froide, qui reste liquide grâce au sel malgré une température inférieure à zéro degrés.

Un courant plutôt puissant puisque, avec une vitesse 20 cm/s en moyenne sur deux ans, il est le plus rapide jamais observé à cette profondeur.

Source : mondedurable.science-et-vie.com


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