Tchernobyl mon amour - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 27/03/2011 à 15h44 par Jacques.


TCHERNOBYL MON AMOUR

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Le robot s'est donc approché en cahotant du cratère. Car il s'était formé un cratère. Le réacteur avait explosé parce que le système de descente des barres de cadmium, absorbant les neutrons, n'avait pas fonctionné. Et mon interlocuteur d'ajouter :

- Cette catastrophe s'est produite parce que les Russes n'ont pas été fichus d'aligner de quoi remplacer un composant à cinq cent dollars. Mais, de toute façon, en matière de nucléaire, tout peut arriver, partout.

C'est une question de coût de maintenance. Partout où on réduira ces budgets on sera en risque de voir se produire une catastrophe similaire.

Mais que s'était-il produit au juste ?

Selon cet ingénieur, l'explosion avait entraîné la fusion du coeur du réacteur. Des barres de combustible avaient fusionné, en montant à très haute température. Il s'était formé une boule d'une dizaine de centimètres de diamètre, qui avait commencé par traverser le fond de la cuve du réacteur, en acier, puis le soubassement en béton de celui-ci.

- Le syndrome chinois ?
- Oui....

Il y aurait eu, selon ses dires, début de syndrome chinois. Que veut dire ce mot, inventé par des journalistes ? Cela signifie simplement que quand une telle catastrophe se produit, la fusion des barres de combustible crée un véritable creuset, qui monte à des dizaines de milliers de degrés. Il fond alors tout ce qui se trouve sur son passage et descend... descend.

Le mot syndrome chinois évoque le fait que l'objet pourrait traverser la Terre et ré-émerger aux antipodes. Çà n'est qu'une image destinée à frapper les imaginations. Mais sous le site de Tchernobyl il y a nécessairement une nappe phréatique, de l'eau, à une certain profondeur.

Si la boule en fusion arrivait jusque là, une immense région d'Ukraine aurait vu toutes ses eaux contaminées pour des milliers d'années.

- Les Russes voulaient savoir ?
- Oui, ils voulaient avoir des valeurs de radioactivité. C'est pour cela qu'on avait amené notre robot. Pour qu'il aille au bord du cratère, avec une perche tendue, porteuse d'une sonde.
- Et qu'est-ce que ça a donné ?
- Ca a été très simple. Il y a une dose de radiations qui, si un être humain chope cela en un an, entraîne sa mort. La sonde a mesuré une émission de cette quantité de radioactivité... en une seule seconde.
- Un flux trente millions de fois plus fort, donc. C'était cela ?
- Non. On ne connaîtra jamais la valeur exacte. Notre robot n'était pas conçu pour effectuer de telles mesures. Le détecteur est simplement arrivé en buté. C'était seulement " au moins ça ".
- Et qu'est devenu le robot ?
- Il est resté sur place, K.O. Arrivé au bord du cratère il a fonctionné pendant une seconde, puis s'est arrêté.
- Qu'on fait les Russes ?
- A un moment ils ont très sérieusement envisagé de lâcher une bombe à hydrogène sur le réacteur.
- Ca aurait aggravé la situation.
- Pas du tout. La bombe H, explosant à basse altitude, aurait tout volatilisé et la puissante ascendance créée aurait emporté ces débris dans la haute atmosphère.
- Mais ... tout le monde aurait pris cela sur la tête !
- Exact. Mais au moins on sortait de terre cette fichue boule représentant ce coeur du réacteur en fusion. En dispersant tous ces débris on aurait évité le plus grave : la pollution irrémédiable de toute la nappe phréatique ukrainienne.
- Ils n'ont finalement pas envoyé de bombe H.
- Non. Ils ont envoyé mille huit cent mineurs, pour creuser une immense galerie sous le réacteur.
- Ah bon.

 

 

- Ces gars-là, on n'en a jamais plus entendu parler. Ils sont tous morts, très rapidement. Mais ça a permis de couler une énorme quantité de béton sous le réacteur.
- Pour stopper l'enfoncement du coeur en fusion ?
- Oui.
- Et ça a marché ?
- Il semble.
- A quelle profondeur le coeur s'est-il arrêté ?
- Personne n'en sait rien.
- Il est toujours actif ?
- Bien sûr. Il continue à dégager calories et radioactivité.
- On a une idée de sa température actuelle ?
- Non. En parallèle les Russes ont installé en surface ce qu'on a appelé le " sarcophage " de béton.
- Ils ont tout recouvert.
- Oui, mais c'était plus pour détourner l'attention vis à vis de ce qui se passait en dessous, du creusement de la galerie.
- C'est effarant.
- On m'a demandé de fermer ma gueule à propos de tout cela, sinon je pourrais avoir de gros ennuis. Alors, je l'ai fermée.

 

 

Les véritables dimensions de la catastrophe de Tchernobyl

Lettre du Professeur Nesterenko Janvier 2005

Chers collègues,

Bien peu sont encore en vie aujourd'hui de ceux qui, dès les premiers jours de la catastrophe de Tchernobyl, participèrent directement à l'estimation de la situation radiologique au bloc 4 de la centrale atomique de Tchernobyl, ainsi qu'aux actions visant à prévenir la dégradation de cette catastrophe en explosion atomique.

Par malheur l'académicien Valeri Legassov, radiochimiste de talent, nous a quittés un an [2 ans] après la catastrophe. Il était, comme moi, membre du Conseil interministériel à l'énergie atomique d'URSS. Dès avant l'accident de Tchernobyl, à nombre de réunions du Conseil présidées par le ministre de la construction mécanique moyenne, Efim Slavski, en présence de l'académicien Anatoli Alexandrov, Legassov a exigé le durcissement des mesures de sécurité de l'exploitation de la centrale atomique de Tchernobyl qui dépendait du Ministère d'Energétique d'URSS (ministre Piotr Neporojni).

Je vais donc essayer de reconstituer à l'aide de mes archives (notes de 1986) la chronologie des événements et je décrirai les mesures prises par le Gouvernement d'URSS et la Commission Spéciale du Conseil des Ministres pour essayer de localiser [circonscrire] l'accident survenu à la centrale de Tchernobyl.

Le 27 avril 1986 je pris l'avion pour Moscou où je devais me rendre pour affaires. Je remarquai dans l'avion que mon dosimètre de poche donnait des valeurs bizarres une très grande puissance de dose (des centaines de fois supérieures à ce qu'on observe d'ordinaire à une altitude de 8 000 mètres). Je me dis que mon appareil était hors d'état.

 
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Auteur : Rédaction www.jp-petit.org

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