Tara Océans : entre pirates et trésors - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 14/06/2010 à 23h47 par Frederic.


TARA OCÉANS : ENTRE PIRATES ET TRÉSORS

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Tara Océans : entre pirates et trésors

Neuf mois que Tara Océans a quitté Lorient pour trois ans et un tour du monde inédit.

Cette expédition internationale vise à analyser la vie microscopique de toutes les mers du globe.

Récit de cette pêche à l'infiniment petit.

Voici en quelques mots-clés la chronique des 30 premières escales de Tara Océans, une mission scientifique qui a pour ambition de construire le premier arbre de la vie des océans.

BUDGET :

Pour Tara, c'est aussi la course aux fonds.

Il manque encore 800 000 euros pour boucler le budget 2010.

Etant donné l'audience grandissante de l'expédition auprès du monde anglophone, Etienne Bourgois, codirecteur du Tara Océans et patron d'Agnès b., vient de créer une fondation aux Etats-Unis pour multiplier les sources de financement.

L'exemple de La Boudeuse, voilier « scientifique » symbole du Grenelle de la mer, qui faute de moyens, a dû stopper les machines du côté de Caracas, est dans toutes les têtes.

CORAUX :

Les récifs coralliens ne sont pas oubliés dans cette aventure.

Vingt-huit plongées ont été effectuées sur le site corallien environnant Djibouti, qui n'avait pas été étudié depuis dix-huit ans.

Le site de Brandon, atoll au nord de l'île Maurice, va, lui, être échantillonné pour la première fois de son histoire.

DIPLOMATIE :

Ce n'est pas parce que le bateau vogue en mer qu'il ne connaît pas de problèmes de frontières : il a ainsi traversé 30 eaux territoriales en neuf mois.

Et ses prélèvements d'eau ne sont pas anodins pour certains pays.

L'Inde a, par exemple, refusé que le bateau effectue des recherches dans sa zone. Crainte d'espionnage ? Peur de vols de biodiversité?

Quand la science flirte avec la diplomatie.

FROID :

Le soleil de plomb, qui a dominé pendant cette première année de navigation, a compliqué la conservation des échantillons.

Pour respecter la chaîne du froid, les micro-organismes sont conservés dans de l'azote liquide et envoyés régulièrement aux laboratoires, dont le Génoscope, le Centre national de séquençage.

Un protocole rigoureux a été mis en place pour cet exercice de recensement naturaliste d'un nouveau genre : ces organismes ont des tailles comprises entre quelques microns et un millimètre.

PIRATES :

L'équipage et les scientifiques ont connu une année particulière dans ces eaux traversées par de nombreuses bandes de pirates.

Le bateau a vu passer sur ses flancs plusieurs vedettes qui visaient des bateaux de pêche alentour.

Par sécurité, pendant cette période, le site de Tara donnait moins d'informations sur sa localisation. A Djibouti, une dizaine de fusiliers marins sont venus les protéger.

ROBOTS :

Non contente de mobiliser 300 scientifiques et de pouvoir étudier la vie sous-marine jusqu'à 2000 mètres de profondeur, Tara Océans possède le nec plus ultra en termes de robots de mer.

Les gliders – des robots sous-marins bardés de capteurs qui transmettent leurs données en direct – largués au large de Chypre ont ainsi permis d'étudier en profondeur un tourbillon que les satellites percevaient à peine en surface.

Les techniques et technologies utilisées sont tellement récentes que l'expédition n'aurait pas pu être réalisée il y a seulement cinq ans.

TRESORS :

Zooplanctons, protistes, girus, virus, procaryotes...

Depuis les bactéries jusqu'aux larves de poissons, Tara Océans analyse tout.

La connaissance de ces micro-organismes va permettre de mieux comprendre le piégeage du CO2 dans l'atmosphère, la régulation du climat et la chaîne alimentaire.

Le plancton est à l'origine de la moitié de l'air que nous respirons.

Mais il y a du gène sur la planche puisque par litre d'eau, on peut trouver de 10 000 à 100 000 organismes planctoniques, de 1 à 10 millions de protistes et de 10 à 100 millions de virus par litre d'eau.

Les scientifiques en ont pour des dizaines d'années pour venir à bout de l'étude de tout ce « matériel génétique » : 90% d'entre eux ne sont pas connus.

Certaines molécules pourraient, en outre, intéresser des laboratoires pour leurs principes bio-actifs.

Source : ici

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

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Auteur : Karen Bastien

Source : www.terra-economica.info